Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

L’Enseignement public de juin 1968 en ligne

Ce mois de mai a été l’occasion de nombreuses initiatives commémorant mai 68, 50 ans après les événements. Des expositions, des publications de livres historiques ou de témoignages, des documentaires ou bien encore des colloques ont eu pour sujet les journées du mois de mai 1968 et la portée de l’événement. Paradoxalement, puisque l’université et l’école sont au cœur de cet esprit de 68, il a été relativement peu question des enseignant.e.s durant cette période, moins encore de l’action de la Fédération de l’éducation nationale, qui regroupe alors une majorité des personnels de l’éducation. Pourtant, la FEN est en liaison étroite à ce moment avec les représentants étudiants et elle a en son sein des leaders du mouvement par l’intermédiaire du SNESUP. C’est elle qui lance à partir du 22 mai un mot d’ordre de grève générale à tous les personnels de l’éducation nationale. Son secrétaire général James Marangé participe aux négociations qui aboutissent à l’élaboration du « protocole de Grenelle ». ( voir son témoignage https://centrehenriaigueperse.com/2018/05/13/le-basculement-du-13-mai-1968/ ) Par la suite, après la reprise généralisée du travail au mot de juin, les idées de mai essaiment dans les écoles, les lycées et l’université. La FEN entame une mue qui renforce son action dans le domaine pédagogique, mais aussi social et politique. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en ligne et en accès libre le numéro de la revue de la FEN, L’Enseignement Public de juin 1968, entièrement consacré aux événements de mai. On y trouvera des témoignages écrits à chaud, des analyses, une chronologie très riche et commentée des journées de ce mois si particulier. Pour faire l’histoire de mai 68, il faut disposer des sources les plus diverses et ce numéro très riche permet de mieux comprendre l’action des enseignant.e.s et de la FEN au printemps 1968, qui annonçait de très nombreuses nouveautés dans l’éducation.

EnseignementPublicmai68

Lire la suite de « L’Enseignement public de juin 1968 en ligne »

Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

Mobilisation dans la Fonction publique : quand l’approche historique aide à mieux comprendre les enjeux

Aujourd’hui 22 mai, toutes les organisations syndicales de la Fonction publique appellent à une journée de mobilisation et de grève. Au-delà des motifs de mécontentement et des revendications qui s’exprimeront durant cette journée, c’est une vision du service public et du rôle des fonctionnaires que défendent les syndicats dans un mouvement unitaire. Pour mieux comprendre les enjeux, un détour par l’histoire peut être très utile et éclairant.

Nous vous invitons donc aujourd’hui, si ce n’est déjà le cas, à découvrir les travaux de l’historien Émilien Ruiz, maître de conférences en histoire contemporaine et humanités numériques à l’Université de Lille-3.

Il a publié dernièrement dans le magazine de Sciences Humaines et Sociales en ligne Mondes Sociaux un article intitulé « Compter les fonctionnaires ou réduire les services publics ?» ( https://sms.hypotheses.org/11366 ) qui montre que les débats autour du nombre de fonctionnaires, de la réduction des effectifs et des missions de service public sont anciens et récurrents. Cet éclairage historique est particulièrement intéressant et bienvenu au moment où le gouvernement actuel adopte une politique pas toujours en faveur des fonctionnaires et du service public, en évoquant une réduction des effectifs, la révision du statut ou encore le recrutement de contractuels en plus grand nombre. Émilien Ruiz, fort de son analyse historique, nous prévient en conclusion de son article : « C’est donc bien à une aussi sévère que discrète remise en cause du modèle français de gestion de la fonction publique que nous assistons. »

Pour aller plus loin :

Afin de compléter cette analyse, nous vous conseillons également de lire deux autres textes de cet historien :

« Y-a-t-il trop de fonctionnaires ? » paru sur le site en ligne La Vie des idées en mars 2017 ( http://www.laviedesidees.fr/Y-a-t-il-trop-de-fonctionnaires.html )

Émilien Ruiz a également déposé en ligne sa thèse de doctorat soutenue en 2013, intitulée « Trop de fonctionnaires ? Contribution à une histoire de l’État par ses effectifs (France, 1850-1950) » (https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00863780/document )

Le site personnel de l’auteur : http://e-ruiz.com/

Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

La crypte de la Sorbonne : en mémoire des « universitaires » victimes de la guerre et de la résistance

Le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale. En France, ce jour férié permet de commémorer la victoire et le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui ont participé au combat pour la liberté. De très nombreux enseignant.e.s ont agi entre 1940 et 1945 pour lutter contre le nazisme et l’occupation. Beaucoup y ont laissé leur vie. Pour leur rendre hommage, le 11 novembre 1947 est inaugurée la crypte de la Sorbonne : « Cette crypte a été dédiée aux dépouilles de 10 Maitres et deux élèves désignés par la Fédération de l’Éducation nationale pour symboliser l’héroïsme de tous les universitaires morts au service de la France et de la liberté. » Guy Putfin, qui a été responsable entre 2002 et 2006 du département Archives et Histoire sociale du Centre Henri Aigueperse de l’UNSA Éducation  est revenu sur l’histoire de la crypte de la Sorbonne lors d’un colloque le 25 janvier 2018 organisé par l’Himase (Association pour l’histoire des militants associatifs et syndicaux de l’éducation, http://www.himase.fr/ ) « Des personnels de l’éducation dans la résistance » Voici le texte de son intervention où vous retrouverez le parcours de résistantes et de résistants parfois méconnus issus du monde de l’enseignement : texte_Crypte_Putfin.

Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

D’où vient la fête du 1er mai ?

Le 1er mai est un jour férié officiellement depuis 1947. Mais c’était déjà depuis plusieurs dizaines d’années la date traditionnelle des revendications ouvrières et sociales. Vous souhaitez en savoir davantage ?

Le livre de Maurice Dommanget « Histoire du 1er Mai » aide à mieux connaître l’histoire de ce jour symbolique de la fête des travailleurs. L’auteur était un instituteur, féru d’histoire et auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire sociale de la Révolution française, du mouvement ouvrier ou encore de l’éducation. Militant syndical de l’enseignement dans la tradition du syndicalisme révolutionnaire, Dommanget (1888-1976) a été le premier à restituer les pages glorieuses de l’histoire de ce jour, dont l’origine se situe en 1886 à Chicago lors d’une manifestation qui fut durement réprimée. Quelques années plus tard, en 1891, une fusillade à Fourmies (Nord) met un terme à une manifestation pacifique d’ouvriers qui revendiquaient la journée de 8 heures. Ces deux événements douloureux incitent les organisations syndicales à faire du 1er mai un jour de revendications, symbole des luttes sociales jusqu’à aujourd’hui.

Lire la suite de « D’où vient la fête du 1er mai ? »

Publié dans Histoire sociale

1948 : La FEN maintient son unité et choisit l’autonomie

 

Il y a aujourd’hui 70 ans, la Fédération de l’Éducation Nationale, a fait le choix de l’autonomie dans un monde syndical en proie aux divisions et aux difficultés liées à la Guerre froide et aux tensions sociales dans la France de l’époque. Héritière de la Fédération Générale de l’Enseignement d’avant-guerre, la FEN naît en mars 1946 et rassemble tous les syndicats des personnels de l’éducation. Elle appartenait à la CGT qui connaît une scission en 1948, entre la CGT proche des communistes et les minoritaires hostiles au communisme qui se regroupent au sein de la CGT-Force ouvrière (que l’on connaît ensuite sous le nom de FO). Ces tensions se retrouvent au sein de la FEN : faut-il aussi créer deux groupes ou faut-il conserver à tout prix l’unité ? Les débats sont vifs et le SNI, qui constitue le syndicat le plus important de la FEN, propose un référendum auprès des adhérents, suivi rapidement par les autres syndicats de la fédération. Une large majorité s’exprime alors en faveur de l’autonomie par rapport aux confédérations CGT et CGT-FO.

Lire la suite de « 1948 : La FEN maintient son unité et choisit l’autonomie »

Publié dans Histoire sociale

James Marangé : secrétaire général de la FEN en mai 68

 

Dans le cadre des commémorations de mai 68, le site du Maitron fournit en accès libre des notices biographiques d’acteurs de mai. On trouve ainsi la biographie de James Marangé, secrétaire général de la FEN au moment des événements de mai 68 . Nous aurons l’occasion de revenir sur la FEN et mai 68 dans les jours et les semaines qui viennent. En attendant, retrouver ici la biographie de James Marangé (réalisée par Guy Putfin) : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140371