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[Quoi de 9?]: les 9 infos « vacances » du mois d’août

Parce que mois d’août est souvent associé aux vacances, [Quoi de ?] s’est penché sur celles-ci et vous parle de :

  • ceux qui partent
  • ceux qui ne partent pas
  • ceux qui bronzent
  • ceux qui vont aux musées

mais aussi :

  • des animateurs
  • des congés payés
  • des colonies de vacances…

A lire durant les vacances, parmi les 9 infos de ce 9 août, dans [Quoi de ?] : quoi-de-neuf août 18

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« Réveil vert » : de l’attention, de l’intention, de l’action

« Plus rien ne nous menace…sauf nous »

« Si on ne réconcilie pas économie et écologie, on est foutus »

Difficile en ce temps en France de canicule et dans le monde de catastrophes naturelles, de ne pas songer aux paroles de l’astrophysicien Hubert Reeves.

Mieux que beaucoup, il sait mettre ses talents de conteur et de scientifique au service d’une alerte sur l’avenir de notre planète et de la vie humaine sur celle-ci, sur l’urgence à modifier nos comportements.

Parce qu’il est un grand observateur des étoiles, son nom revient en cette période de « nuit des étoiles ». Mais il « observe également l’évolution de la planète, le réchauffement du climat, l’acidification des océans, la biodiversité en danger et porte un regard sur les hommes qui se sont transformés en l’espèce la plus destructrice du monde et ont oublié la totale interdépendance de tous les êtres vivants », comme le montre un long entretien qu’il a accordé à France culture en juin dernier https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/entre-ciel-et-terre-la-voix-est-libre-avec-hubert-reeves.

Fataliste, Hubert Reeves ne l’ai jamais. Et c’est peut-être là sa grande force.

S’il alerte sur les dangers de ne pas prendre en compte la biodiversité, s’il s’alarme sur les prédations humaines, il n’appartient pas pour autant au camp des défaitistes. Il voit des raisons d’espérer, il est attentif à ce qu’il appelle « le réveil vert ». C’est le message essentiel à la fois de résistance et d’espoir, à retenir, du film-documentaire québécois de Iolande Cadrin-Rossignol « La terre vue du cœur » (film dont on peut lire un excellent commentaire dans la revue Sciences et avenir : https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/tele-cinema/hubert-reeves-la-terre-vue-du-coeur_124290 )

Il ne s’agit pas simplement de se lamenter sur les catastrophes écologiques en cours, mais comme le dit l’une des intervenante de ce film, savoir faire preuve « d’attention, d’intention et d’action ». Attention à ce qui se passe. Intention de changer. Agir autrement.

C’est certainement ce qui a guider Hubert Reeves a parrainer le projet de concours de films sur « cinéma et climat » proposé par la fondation de Ségolène Royal « Désirs d’avenir pour la planète », https://desirs-davenir-planete.com/.

Grand pédagogue, Hubert Reeves donne du sens à son double engagement de scientifique et d’écologiste, en affirmant qu’ « on peut voir l’astronomie et l’écologie comme les deux volets d’une même thème : notre existence. L’astronomie en nous racontant l’histoire de l’Univers, nous dit d’où nous venons, comment nous en sommes venus à être ici aujourd’hui. L’écologie, en nous faisant prendre conscience des menaces qui pèsent sur notre avenir, à pour but de nous dire comment y rester. »

Voir, comprendre et adapter son comportement…

Une véritable leçon d’écologie. Plus : une leçon de vie.

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Quand la radio parle de théâtre et d’éducation populaire

Il est des sujets qui ne trouvent une place dans la grille des médias que durant les vacances, lorsque l’actualité est moins dense.

Dommage car ces sujets ne sont pas moins importants… Chance sûrement, car durant l’été, nous avons plus de disponibilité pour y être attentifs et y réfléchir.

C’est ainsi le cas pour l’émission Le Mag de l’été présenté sur France Inter par Charlotte Lipinska et dont le sujet de ce mercredi 1 août 2018 était « Théâtre, territoires et éducation populaire ».

Trois invités : le metteur en scène Luca Giacomoni, la co-directrice du festival Paris l’été Laurence de Magalhaes et le comédien Robin Renucci. Trois « personne de théâtre », pour dire que plus que la diffusion, est venu le temps de l’infusion culturelle. C’est-à-dire de l’implication de publics. Qu’il est indispensable de ne plus les considérer comme des « consommateurs de spectacles », mais comme partie prenante de la construction des expressions artistiques.

Pas pour mener un travail social, de réparation, de pansement. Mais dans une approche inspirée des démarches d’éducation populaire. Pour mener un travail sur la personne afin qu’elle accepte de se penser autrement. Pour mener un travail collectif pour rêver, imaginer, construire le monde différemment. Pour inventer ou réinventer une nouvelle citoyenneté.

Par divers chemins. Mais avec une même volonté, celle de la qualité, comme un luxe, non pour une élite, mais proposée à toutes et tous, reconnu.e.s, chacune et chacun comme porteurs de culture(s).

La culture comme aventure humaine. Une aventure d’émancipation. Et d’utopie réalisable… en tant qu’objectif ou du moins de chemin : “L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne” affirmait René Char. Cette émission à (ré)écouter sur https://www.franceinter.fr/emissions/le-mag-de-l-ete/le-mag-de-l-ete-01-aout-2018 en est un témoignage.

 

 

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Les jeunes s’informent…et mieux encore quand ils y sont formés

Moins de télévision et de médias traditionnels, plus de numérique et de réseaux sociaux, mais un intérêt déclaré pour l’information : une étude de Médiamétrie pour le ministère de la Culture analyse et confirme l’évolution des comportements des jeunes de 15 à 34 ans vis-à-vis de l’accès à l’information et indique l’impact positif de l’éducation aux médias et à l’information.

En décalage avec certaines idées reçues, les jeunes s’intéressent beaucoup à l’information. L’étude montre ainsi que, chez les 15-34 ans :

  • ils sont 93 % à déclarer s’intéresser à l’information, selon une intensité plus ou moins élevée ;

  • 15 % d’entre eux se déclarent même « accros à l’information » ;

  • et ce ne sont que 7 % des jeunes qui affirment ne pas s’intéresser à l’actualité.

Les raisons de cet intérêt sont également éclairantes :

  • Pour 58 %, il s’agit de mieux comprendre le monde qui les entoure ;

  • Apprendre et découvrir de nouvelle choses, concerne 51 % des sondés

  • Pour 35 %, le but est de pouvoir discuter avec son entourage, intérêt qui passe à 42 % chez les 15-19 ans ;

  • 32 % considèrent qu’être informé.e.s leur permet d’être un.e citoyen.ne éclairé.e et de prendre part au débat public.

Par contre, l’analyse des supports d’information des jeunes est, elle, sans surprise. Les réseaux sociaux sont le premier moyen d’information des 15-34 ans, qui, pour 71 % d’entre eux les utilisent quotidiennement. Cette consultation régulière, se fait sur leur smartphone pour 69 %, davantage utilisé que le téléviseur (61%) et l’ordinateur (51%).

L’enquête relève ainsi un recul de fréquentation des médias traditionnels. Les jeunes regardent 14 minutes de moins par jour la télévision qu’il y a trois ans. Ils ne sont plus que 21 % en moyenne à regarder les JT (2016) alors qu’ils étaient 42 % il y a 10 ans. Durand ces dix dernières années, l’écoute de la radio a elle aussi baissé (de 7 points).

En résumé, 79 % des 15-34 ans vont sur internet tous les jours, 64 % regardent la télévision, 43 % écoutent la radio, 32 % consultent la presse papier ou en ligne et pour 71 % d’entre eux, accéder à des contenus d’information en ligne ne se fait pas directement mais passe prioritairement par les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche.

L’effet bénéfique de l’éducation aux médias et à l’information (EMI)

Si seulement 34 % des jeunes de 15 à 34 ans (majoritairement des enfants issus de familles CSP+) déclarent avoir bénéficié d’une action d’EMI dans le cadre scolaire (expérience de création de média, séances de visionnage et de décryptage de vidéos d’information, participation à la semaine de la presse et des médias à l’école…) l’étude montre que c’est parmi eux que se retrouve une majorité de jeunes « accros à l’information » : 22 % contre 12 % pour ceux n’ayant pas bénéficié d’une action d’EMI, qu’ils consultent davantage quotidiennement des contenus d’information en ligne (87 % contre 75%), qu’ils sont plus enclins que ceux qui n’ont pas bénéficié d’une action d’EMI à vérifier les informations auxquelles ils accèdent (65 % contre 42%).

L’éducation aux médias et à l’information produit donc des effets bénéfiques et pérennes sur les comportement informationnels des jeunes et semble même avoir une influence plus grande que le sexe, l’âge, les CSP ou le diplôme. Une raison supplémentaire, avec la nécessité de former à l’esprit critique, de renforcer et de développer cette éducation afin qu’elle profite à toutes et tous.

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La formation des professeur.e.s des écoles doit évoluer

Le rapport Filâtre http://cache.media.education.gouv.fr/file/2018/89/9/Rapport-Filatre-2018_985899.pdf sera-t-il au programme des lectures d’été de Madame Vidal et de monsieur Blanquer ? Des 12 propositions quelles seront celles retenues par les ministres pour améliorer -voire transformer- la formation des professeurs des écoles ? Réponses à la rentrée… En attendant, les éléments essentiels de ce rapport sont riches d’enseignements, même s’ils évitent la question brûlante de la place du concours de recrutement.

« L’ESPE doit préparer les professeurs des écoles à développer une école inclusive, juste, exigeante,bienveillante et apprenante. » Il convient donc « que chaque ESPE propose la même ambition pour ses étudiants apprentis professeurs : une ESPE inclusive, juste, exigeante, bienveillante et apprenante. Ainsi en serait-il des évaluations, des pratiques de classe inversée, de l’individualisation des parcours, des travaux interdisciplinaires, des usages du numérique éducatif... »

Tels sont les propos du rapport rendu par Daniel Filâtre au nom du Comité national de suivi de la réforme de la formation des enseignants qu’il préside. Intitulé « Améliorer la formation initiale des professeurs des écoles », ce document riche de 12 propositions a été remis le 24 juillet 2018 aux Ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Il constate que « le modèle de formation doit évoluer. » Et propose, davantage qu’une transformation du « schéma d’ensemble », de réfléchir à trois changements primordiaux dans paradigmes fondamentaux qui régissent celui-ci.

Le premier changement vise à respecter les principes des master dans la formation des professeurs des écoles, par : « une approche par compétences et une progressivité dans l’acquisition de celles-ci, une structuration modulaire, une capitalisation des modules acquis, une formation à la recherche et par la recherche, une dimension internationale. »

Considérant le futur professeur des écoles comme un professionnel acteur de sa formation, le second changement conduit à le placer à chaque fois au cœur de la formation. « Il doit donc en être ainsi dans la période de formation initiale et continuée : permettre au professeur débutant d’acquérir et de conforter en permanence ses compétences; lui proposer des parcours individualisés et différenciés ; développer les tests d’auto positionnement et les certifications lui permettant de mesurer l’acquisition de chaque niveau de compétences et de s’engager dans de nouveaux parcours… »

« Pour venir en aide aux élèves à besoins éducatifs spécifiques ou à ceux qui sont en difficulté face à certains apprentissages, le professeur doit non pas s’adapter mais changer de posture pédagogique en s’appuyant sur les savoirs scientifiques ainsi que sur les éléments de transfert et de mise en œuvre en situation de classe. » Le troisième changement conduit donc à proposer que « dans sa formation le professeur débutant apprennent à adopter une posture professionnelle permettant d’imaginer des interventions non dictées, non mécaniques mais élaborées à partir des premières difficultés ressenties par l’élève. » Cela suppose « une capacité à expérimenter et surtout à définir des interventions fondées sur des données probantes, le suivi des progrès des élèves et sur un travail collectif sur les manières de répondre à leurs besoins » et donc « que dans sa formation le futur professeur ait appris à développer des programmes, des supports et des interventions validées par la recherche, réinterrogés par le suivi systémique des progrès et adaptés selon les situations. »

Les 12 propositions du rapport

Lire la suite de « La formation des professeur.e.s des écoles doit évoluer »

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Pratiques sportives : un accès encore trop inégalitaire

Y aura-t-il un effet coupe du monde de football entraînant un développement accru des pratiques sportives ? Pas sûr et de toute manière trop tôt pour le dire. Il faudra attendre les inscriptions dans les clubs à la rentrée pour le savoir.

En fait, la pratique sportive augmente régulièrement. Et, si ce sont les jeunes qui représentent la plus grande partie des pratiquants, l’augmentation, elle, est le fait des femmes et des seniors.

Des chiffre qui ne doivent pas masquer les grandes disparités existantes.

Une pratique de jeunes

Les jeunes de moins de 30 ans représentent environ 56 % des licenciés sportifs -71 % des licences dans les nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville,  contre 55 % dans les autres quartiers-, mais dès après 12 ans le pourcentage de licenciés diminue. L’âge augmentant éloigne des clubs et des pratiques compétitives.

Pour autant plus de neuf jeunes sur dix, âgés de moins de 25 ans, déclarent pratiquer une ou plusieurs activités sportives, 46 % des jeunes de 15 à 29 ans se livrent à une activité sportive plus d’une fois par semaine, contre 39 % pour  les 30-49 ans.

Natation, football, vélo, footing sont les sports les plus prisés par les jeunes. Et, si le vélo et la natation appartiennent également aux tranches d’âge plus élevées, la pratique du football et du footing régresse avec l’âge.

Enfin les chiffres (analysés par l’INJEP http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/ias1_le_sport.pdf) montrent qu’ « après 25 ans, un fort écart se creuse entre les hommes et les femmes, le taux de pratique étant de 93 % pour les hommes de 26 à 29 ans, contre 78 % pour  les femmes. »

Une augmentation chez les femmes et les seniors

Les pratiques sportives des Français sont à la hausse passant de 44 % à 47 % de pratiquants entre 2009 et 2015 et de 28 % à 32 % de pratiquants réguliers, c’est-à-dire au moins ayant une activité sportive une fois par semaine.

Bien entendu, le développement de la notion de « sport-santé » explique cette hausse chez les plus de 60 ans.

Mais, précise l’INJEP (http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/ias15_pratiques_sportives.pdf ) cette « embellie sur le front des pratiques sportives des femmes ne doit pas masquer une autre réalité : le genre et l’origine sociale restent encore des facteurs déterminants dans la pratique d’un sport. »

Si pour les hommes, le principal facteur d’arrêt d’un sport est l’âge, pour les femmes, c’est l’arrivée d’un enfant qui est un frein à la pratique.

De même les disparités sociales sont flagrantes : « plus de la moitié des cadres sont sportifs contre un tiers pour les ouvriers. Avoir un niveau de diplôme élevé, une bonne santé, ainsi qu’un niveau de vie élevé, augmente la probabilité d’être sportif tandis que le fait d’avoir au moins un enfant la diminue. »

Saisi par le gouvernement sur son objectif d’augmenter de 3 millions (soit de +10 %) le nombre de personnes pratiquant une activité physique et sportive (APS) d’ici à 2024, pour tous les publics sur tous les territoires, en particulier ceux en situation de carence, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu son avis le 10 juillet dernier (http://www.lecese.fr/travaux-publies/l-acces-du-plus-grand-nombre-la-pratique-d-activites-physiques-et-sportives-0 ). Il met en évidence les « décalages entre besoins et offres, qui nuisent au développement des pratiques d’APS, concernent notamment l’insuffisance mais aussi l’inadaptation des équipements sportifs, ainsi que le manque d’offre d’accompagnement et de pratiques adaptées accessibles au plus grand nombre. » Il précise que « les enjeux de l’accès du plus grand nombre aux pratiques d’APS sont importants : retisser des liens sociaux, lutter contre les inégalités d’accès, s’engager, se faire plaisir, se construire et inciter à se maintenir en bonne santé tout au long de sa vie. » Afin d’atteindre ces objectifs, il fait « des préconisations déclinées en cinq axes : mobiliser la population et co-construire un projet sportif de territoire ; favoriser le développement de la pratique d’APS à l’école et dans l’enseignement supérieur ; remédier aux principales insuffisances en matière d’équipements sportifs et améliorer leur utilisation ; conforter l’accompagnement à tous les âges de la vie, prévoir des stratégies renforcées pour certains publics et miser sur la formation ; renforcer la prise en compte durable des pratiques d’APS dans l’urbanisme et l’espace public. »

Comme l’étude de l’INJEP, le rapport du CESE montre l’effort qui doit encore être mené afin de permettre l’accès aux sports pour toutes et tous. Un chantier qui passe -entre autres- par une réflexion de fond sur la place des APS dans et hors le système scolaire.

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L’Éducation n’est pas une marchandise

L’éducation privée existe depuis longtemps dans de nombreux pays et elle se développe de manière rapide depuis ces vingt dernières années. Mais elle change également de visage. Aux écoles communautaires à but social, organisées et gérées localement afin de répondre temporairement à un besoin spécifique se substitue le développement de chaînes d’écoles privées à but commercial.

Cette marchandisation et la privatisation de l’éducation sont souvent le résultat du manque d’écoles publiques et de structures éducatives de qualité dans certaines régions. Mais elles sont aussi dues à des choix politiques qui encouragent ou soutiennent directement l’éducation privée, comme solution de remplacement de l’éducation publique.

Or, « les multinationales de l’éducation », pratiquent une sélection, directe ou indirecte, fondés sur des critères économiques, ethniques, sociaux, culturels, de genre, religieux ou autres et viennent s’inscrire en concurrence avec l’éducation publique, ses valeurs de gratuité et d’accueil de toutes et tous.

La privatisation actuelle de l’éducation crée ainsi une ségrégation socio-économique, culturelle et territoriale, remettant ainsi en cause la possibilité de créer une société ouverte, mixte, juste, et démocratique.

C’est pourquoi, depuis janvier, circule un « appel de la société civile francophone contre la marchandisation de l’Éducation », déjà largement signé (par 400 structures) mais dont l’écho doit être renforcé (au moins mille signataires) pour le prochain sommet de la Francophonie qui se tiendra en Arménie les 11et12 octobre 2018.

Il s’agit de rappeler les enjeux de l’Éducation pour la construction d’une société « du mieux vivre ensemble« , de l’émancipation individuelle et collective ; de dénoncer les méfaits de la marchandisation et de la privatisation de l’Éducation ; d’appeler les États et l’organisation internationale de la Francophonie à agir pour soutenir et développer l’Éducation publique et lutter contre sa privatisation par les « multinationales de l’Éducation » ; de prendre l’engagement de rester mobiliser pour le développement de l’éducation publique de qualité accessible à toutes et tous et pour une formation efficiente des enseignants et des travailleurs de l’éducation.

L’Éducation n’est pas une marchandise, elle est un investissement d’avenir. Cet appel entend le rappeler et agir pour que les politiques éducatives s’engagent à la hauteur de cette ambition.

Retrouver l’appel ici : Appel-fr.-contre-la-marchandisation-de-léducation-1

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État d’urgence éducatif pour la Guyane

Constat n°1 – Les difficultés que connaît la Guyane en matière éducative sont la conséquence d’une situation générale dégradée, de la pénurie d’enseignants qualifiés ainsi que d’une prise en compte insuffisante des réalités locales.

Constat n° 2 – Il y a urgence à agir en faveur d’un redressement du système éducatif en Guyane, qui se caractérise par des résultats particulièrement faibles ainsi qu’une difficulté à scolariser tous les enfants qui devraient l’être.

Constat n°3 – La Guyane illustre l’inadéquation de la transposition du modèle scolaire métropolitain et la nécessité de son adaptation, tant dans ses objectifs que dans ses moyens que les contenus de l’enseignement.

Constat n°4 – Les mesures phare du Gouvernement –dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, abaissement à trois ans de l’obligation d’instruction, apparaissent hors de portée.Plus qu’ailleurs, c’est à l’école primaire qu’il convient de donner la priorité.

Ces constats ne sont pas nouveaux, mais ils sont alarmants.

Ils sont ceux d’une délégation de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat qui s’est rendue en Guyane du 15 au 21 avril 2018 afin de dresser un état des lieux du système éducatif.

Les membres de la délégation en conclut à la nécessité de repenser le modèle scolaire guyanais et de l’adapter aux réalités locales.

Selon les rapporteurs cela devrait passer -entre autres- par le fait de « remédier à la pénurie d’enseignants et de mieux former ces derniers à la réalité du métier d’enseignant en Guyane », par une amélioration des conditions de vie scolaire, par une plus grande autonomie du recteur et une incitation à « l’innovation pédagogique », par un soutien à l’investissement scolaire, par une démarche de « contractualisation entre l’État et les collectivités territoriales », par un enrichissement de l’offre de formation et une facilitation de la mobilité des étudiants.

Le rapport insiste également sur la difficulté de l’acquisition et de la maîtrise des fondamentaux et en particulier du français alors qu’une part importante de la population n’est pas francophone. Il préconise « une formation des enseignants adaptée au contexte local, en particulier dans le premier degré, mettant l’accent sur l’enseignement du français aux élèves allophones et sur la connaissance des langues et cultures locales. »

Dans cette logique, , le Centre de Recherche, de formation et d’histoire sociale de l’UNSA Éducation a commandité une étude sur l’accueil et l’accompagnement des enfants allophones, dont une partie importante est consacrée à la Guyane. Fort des résultats de ce travail de recherche une formation sera proposée au premier trimestre de l’année scolaire prochaine sur le territoire guyanais.

Une manière pour le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation – même si nous ne partageons pas l’ensemble des conclusions des sénateurs – de prendre notre part dans le plan d’urgence éducatif indispensable pour la Guyane.

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Universités moins chères : une bonne nouvelle ?

Après l’obtention d’un baccalauréat et l’affectation d’une place dans l’enseignement supérieur, voici donc venu le temps des inscriptions en fac. Bonne nouvelle, les frais de celles-ci sont en baisse…enfin en apparence.

En effet les montants des droits de scolarité dans les établissements publics d’enseignement supérieur pour l’année universitaire 2018-2019 sont fixés à :

  • 170 euros en licence : -14 € par rapport à l’année dernière (-7,6 %)
  • 243 euros en master : -13 € par rapport à l’année dernière (-5 %)
  • 380 euros en doctorat : -11 € par rapport à l’année dernière (-2,8 %)

Mais cette baisse est en fait un « trompe l’œil » puisqu’elle masque le retrait du Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) dont le montant était de 16 euros l’an passé. Celui-ci, comme les frais de médecine préventive (5,1 euros), est désormais intégré à la CVEC.

Cette Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) a été instituée par la loi ORE « Orientation et réussite des étudiants », promulguée le 8 mars 2018. Son montant est fixé à 90 euros. A l’exception des boursiers (et de quelques autres catégories spécifiques), elle est redevable par l’ensemble des étudiant.e.s de l’université.

La réelle économie n’est donc pas là, mais dans la suppression de la cotisation obligatoire à la sécurité sociale étudiante d’un montant de 217 euros.

Ainsi pour un.e étudiant.e en licence l’année universitaire 2018-2019 coûtera 260 € (170 € de droit + 90 € de CVEC) au lieu des 406,1 € (184 € de droits + 217 € de sécurité sociale étudiante + 5,1 € de médecine préventive) demandés l’an dernier soit une économie de 35,9 %.

Pour ce qui est de la sécurité sociale (suppression définitive du régime étudiant de sécurité sociale au 31 août 2019), les prochaines années montreront les évolutions et les reports de coûts ou non vers les assurés sociaux.

Quant à la CVEC, à qui la loi confie de nombreuses responsabilités puisqu’elle est « destinée à favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants et à conforter les actions de prévention et d’éducation à la santé réalisées à leur intention » (article L. 841-5 du code de l’éducation), la crainte de la CPU (conférence des présidents d’université) est qu’elle soit censée financer trop de chose. Ainsi la CPU voit d’un mauvais œil l’intégration du montant de la FSDIE dans la CVEC et parle d’un « rendez-vous manqué » dans la réforme des frais d’inscription universitaire.

La baisse des frais d’inscription à l’université est -pour les étudiant.e.s et leurs familles- plutôt une bonne nouvelle puisque ceux-ci avaient augmenté depuis la rentrée 2004, de 25,9 %, en euros courants (sans tenir compte de l’inflation), tous cycles confondus :

  • 13,3% en licence
  • 27,9% en master
  • 31% en doctorat

Il est vrai qu’ils ont baissé depuis 2014 et ont été gelés ces trois dernières années. Mais les universités, toujours en difficultés financières, ont souvent agité leur augmentation comme une solution à la faiblesse de leurs budgets.

Or la véritable question se situe là : comment maintenir une démocratisation de l’enseignement supérieur -et donc des coûts d’inscription faibles- tout en offrant un haut niveau d’enseignement et d’accompagnement des étudiant.e.s ?

Moins chères pour les familles et les jeunes, l’université est un investissement d’avenir qui doit être assumé par la Nation . Le budget de l’enseignement supérieur sera-t-il à la hauteur de cet enjeu ? Les arbitrages budgétaires, qui ne sauraient tarder, donneront une réponse pour l’année 2019.

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[Quoi de 9?] : les 9 infos du mois de juillet

  • le « plan mercredi »
  • le « pass  culture »
  • le « Service national universel »

mais aussi :

  • Georges Lapierre à Troyes au congrès de la JPA
  • un G20 consacré à l’Éducation
  • 23 % d’ « illectronistes » ?

A retrouver parmi les 9 infos de ce 9 juillet, dans [Quoi de ?] : quoi-de-neuf juillet 2018

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« Dis-moi quel est ton diplôme et je te dirai tes chances d’être riche ou pauvre »

ou

Quand le déterminisme social est avant tout une inégalité éducative

« Si les chances d’accès d’un individu à un niveau de vie élevé sont bien fonction de son origine sociale, ce déterminisme social s’explique d’abord par une inégalité des chances éducatives. »

A l’heure des premier résultats du baccalauréat 2018, les résultats publiés par France Stratégie et consacré à l’origine sociale et au niveau de vie en France résonnent de manière particulière

Il suffit de lire la conclusion du rapport pour s’en convaincre :

« Dans les générations qui ont aujourd’hui entre 30 et 45 ans, l’accès à un niveau de vie élevé comme le risque d’être en situation de pauvreté varient fortement selon l’origine sociale. Cet effet s’avère beaucoup plus déterminant que l’origine migratoire, le sexe ou l’âge de l’individu.

Cet effet s’explique largement par l’influence de l’origine sociale sur le niveau de diplôme atteint par les individus : l’inégalité des chances éducatives contribue pour moitié aux écarts de niveau de vie moyen entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres et pour moitié également à l’écart de chances entre eux de faire partie des 20 % des ménages les plus aisés.

D’autres effets « hors diplôme » sont à l’œuvre, notamment l’homogamie sociale qui, couplée à l’influence sur la réussite éducative, conduit à ce que les conjoints des enfants d’ouvriers sont significativement moins diplômés que ceux des enfants de cadres. À l’inverse, les écarts de structures familiales (nombre d’enfants, situation maritale) entre classes sociales sont faibles et ne semblent jouer aucun rôle significatif sur les écarts de niveau de vie. »

Ainsi, alors que grâce, entre autres, à son système de protection sociale, la France figure parmi les pays les moins inégalitaires en termes de revenus (après redistribution), elle « accuse paradoxalement un niveau élevé d’inégalité des chances ».

De récents travaux de l’OCDE viennent de mettre en évidence qu’il faut, en France, six générations pour que les enfants de familles modestes atteignent le revenu moyen. Preuve que l’ascenseur social en panne ou en tout cas en grave dysfonctionnement. L’étude de France Stratégie montre comment et dans quelle mesure l’origine sociale d’une personne détermine son niveau de vie. Elle apporte non seulement une mesure du déterminisme social mais montre également que l’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives.

Des données qui doivent certes interroger le fonctionnement de notre système d’Éducation et questionner tous ses acteurs, mais qui le dépasse largement pour devenir une responsabilité sociétale majeure : Dans quelle société voulons-nous vivre ?

Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie, le rapport de France Stratégie est à retrouver ici : http://www.strategie.gouv.fr/publications/nes-meme-etoile-origine-sociale-niveau-de-vie

fs-na68-nessouslamemeetoile-05-07-2018

 

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Par où « pass » l’accès à la culture ?

« La question de l’accès à la culture des jeunes est-elle d’abord un problème économique et technologique avant d’être un sujet éminemment symbolique, marqué des freins bien connus d’accès par les mécanismes généraux d’exclusion sociale, tel que semble le postuler, sans que cela ne soit débattu, le projet de pass culture du Gouvernement  ? »

Telle est l’une des interrogation qu’a soumise l’Union syndicale des entreprises publiques du spectacle vivant (USEP-SV) à Françoise Nyssen, ministre de la culture, dans un courrier le 10 juin dernier à propos du « pass culture », ce « projet phare » de la politique culturelle macronienne.

Les contours de cette application mobile qui réunira les offres culturelles à proximité et sera créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans, commencent à être connus et jusqu’en septembre, environ 400 jeunes volontaires, répartis dans cinq départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Hérault, Finistère, Guyane), vont la tester. A la rentrée, ils seront 10 000 à l’expérimenter, avant une généralisation prévue, « dans l’idéal », au premier trimestre 2019, mais qui dépendra du « temps d’analyse de l’expérimentation », indique le ministère de la Culture.

« Aucune offre ne sera exclue, insiste la ministre. Tous les acteurs culturels publics ou privés, physiques ou numériques, sont les bienvenus sur le Pass. » On devrait donc y trouver des propositions de sorties (places de concert, théâtre, musée, cinéma…), des cours de pratiques artistiques, des jeux vidéo, du tourisme culturel, des abonnements à la presse numérique ainsi qu’à des plates-formes de musique ou de vidéos en ligne.

Ce « pass » culture est inspiré d’une expérience italienne, le «Renzi Bonus» qui est loin d’avoir été un succès puisqu’il n’a pas réussi à résorber les inégalités culturelles mais a parfois suscité un marché noir d’achat de tablettes numériques et d’ordinateurs dissimulés sous de fausses factures de livres. Reprenant ce fiasco italien, Jack Lang n’a pas manqué de faire la critique du projet : «ça a profité surtout à la fréquentation de spectacles de pur divertissement (…) et pas nécessairement à l’élévation culturelle de la jeunesse. Ça n’a pas beaucoup encouragé la fréquentation ni des théâtres ni des musées ni des monuments».

«Et puis c’est une idéologie qui n’est pas la mienne», a ajouté l’ancien ministre interrogé sur France Inter. «C’est à partir de la création que doit s’établir une politique des arts. Qu’on fasse confiance aux institutions: quand vous voyez les opéras s’ouvrir aux jeunes, certains musées devenir de véritables écoles… qu’on les encourage à ouvrir largement les portes, au lieu de favoriser une sorte de mentalité consumériste. Je pense aussi qu’il est préférable d’organiser une entrée en masse de l’art à l’école ! »

Politique d’offre et d’accompagnement ou de demande et de consommation ? Par où passe l’accès à la culture, c’est bien la question qui est posée avec ce nouveau dispositif que le Président de la république avait promis, dès la campagne électorale des présidentielles.

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Histoire-géographie-EMC : le niveau (re)monte

L’enquête CEDRE (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon) de 2017 permet une comparaison du niveau des élèves en histoire, géographie, enseignement moral et civique, à onze ans d’intervalle, sur trois temps de mesure : 2006, 2012 et 2017.

Conclusion , après une forte baisse (-10 points) entre 2006 et 2012, les résultats pour les 5000 élèves de classe de troisième interrogés en 2017 enregistrent une remontée (+5 points).

Celle-ci est surtout sensible chez les filles qui, jusqu’alors avaient du retard sur les résultats des garçons. Ainsi, par rapport à 2012, pour les filles, le pourcentage d’élèves dans les groupes en difficulté connaît une baisse, de 21,5% à 16,8%. En revanche, leur part augmente dans les niveaux en réussite.

Si en 2017, on constate, une baisse de la proportion d’élèves dans les groupes les plus fragiles, concomitante d’un renforcement quantitatif des groupes davantage en réussite, comme toutes les autres études d’évaluation, l’enquête met une fois de plus en évidence la permanences des inégalités socio-scolaires. Le constat montre que le score moyen progresse à mesure que le niveau social augmente. Dans un contexte d’amélioration globale des résultats, on relève également que l’écart du score moyen entre les élèves des collèges défavorisés et ceux des collèges les plus favorisés apparaît toujours aussi important (34 points en 2012 contre 36 points en 2017).

Sans qu’une corrélation avec les résultats puisse être faite, une majorité d’élèves affirment consacrer davantage de temps de travail personnel à l’histoire, la géographie et l’enseignement moral et civique.

Une nouvelle question posée en 2017,, indique le travail prescrit indistinctement pour les trois matières. Selon les élèves , il leur est «souvent» ou «très souvent» demandé de «lire un document qui sera étudié en classe» (43%), d’ «apprendre une leçon pour la restituer en classe» (41%), d’ «élaborer un résumé, une carte ou un schéma» (37%). D’autres tâches, telles qu’«effectuer une recherche individuelle» (27%), ou «préparer un exposé» (8%) apparaissent en revanche comme des activités moins fréquemment demandées.

Retrouver l’ensemble des résultats de cette enquête du dispositif CEDRE ici : http://cache.media.education.gouv.fr/file/2018/69/0/depp-ni-2018-18-17-cedre-2006-2012-2017-histoire-geographie-enseignement-moral-civique-fin-de-college_974690.pdf

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[R] : votre nouvelle revue éducative et culturelle

Une revue, trois fois par an, qui propose un tour dans le monde éducatif et culturel en 80 pages.

          Ce n’est plus un [R]êve inaccessible,

C’est une [R]éalité tangible.

                                                                                                    Elle s’appelle [R].

Son contenu : un regard d’actualité et …décalé, à retrouver en septembre, janvier et mai avec :

  • le grand interview d’une personnalité impliquée dans l’Éducation,

  • une réflexion sur les cultures,

  • l’apport de la recherche à un sujet de société,

  • un retour sur l’histoire,

  • un voyage dans le système éducatif de nos voisins,

  • des respirations…

Le numéro 0 : BAT Brochure R N°0 20x20cm UNSA Education 0518

et le bulletin d’abonnement (pour ne manquer aucun numéro…): bulletin abonnement [R] 2

sont en ligne.