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« Le temps », ça s’apprend

Depuis plusieurs années, même quelques dizaines d’années maintenant, la question des rythmes scolaires et tout particulièrement ceux de l’école primaire ont été l’objet de toutes les polémiques. Chacun y cherchant les justifications de ses intérêts : les parents et l’évolution du temps sociétal, les enseignants et l’organisation de leur temps professionnel, les chronobiologistes et les apports sur le vécu du temps par l’enfant. Chaque ministre y est allé de sa réforme, jusqu’à celle, comble d’aberration de Jean-Michel Blanquer qui fixe la règle à 4,5 journées de classe mais permet d’y déroger, ce qu’a fait la majorité des écoles.

Loin d’être réglée, ni de faire consensus, cette question des rythmes se reposera donc et il faut souhaiter qu’elle soit un jour réellement abordée par le prisme de l’intérêt de l’enfant.

Mais les rythmes ne sont pas la seule dimension temporelle qu’il convient de mettre en relation avec l’Éducation et, particulièrement, avec les conditions de la réussite éducative. Dans le numéro spécial d’octobre 2019 que la revue Sciences Humaines consacre à « Réussir à l’école », la notion de temps est à de nombreuses reprises convoquées pour expliquer ce qui permet, ou non, « de devenir un bon élève ».

Quelques éléments mis en avant :

  • le sommeil

Évidemment, lorsque l’on parle des horaires des enfants et des adolescent.e.s, se pose la question du sommeil. « Ange gardien des apprentissages : il fortifie la mémoire, décuple l’attention, stimule la créativité et accélère la maturation du cerveau », annonce l’article « Bien dormir pour mieux apprendre ». En effet de nombreuses études ont montré le lien fort qu’il existe entre sommeil et performances scolaires. La quantité de sommeil a certes son importance, mais c’est également sa qualité qui est essentielle. Une étude américaine révèle ainsi que 80 % des enfants présentant de faibles résultats scolaires souffraient d’une moindre qualité de sommeil. L’hygiène du sommeil : rituels et heures de coucher régulières, activités calmes et sans écrans avant l’endormissement… Un recul des heures de début de cours, en particulier au collège et lycée serait également bénéfique, mais cela renvoie à la difficile question des rythmes.

  • la persévérance

Face aux difficultés d’apprentissage, le risque de la démotivation et l’abandon est grand. Encore plus, peut-être, dans une société qui valorise l’immédiateté. Or apprendre prend du temps. Pour la psychologue Angela Duckworth, il s’agit de « prendre la vie comme s’il s’agissait d’un marathon et non d’un sprint ». Une manière de se donner du temps pour progresser, poursuivre malgré les obstacles ou les échecs, avancer par étape pour réussir. Donner donc du temps au temps et échapper à la contrainte normative qui impose que tous les enfants ou adolescent.e.s apprennent les mêmes choses aux mêmes moments, sans respects de leurs propres modes et vitesses d’apprentissage.

  • l’accompagnement

5 heures et 6 minutes, c’est le temps moyen que les parents déclarent passer par semaine à « superviser la scolarité de leurs enfants ». Mais selon un sondage Harris pour l’observatoire Cetelem (2018) pour beaucoup (68%) ce temps correspond à une « source de tension et de stress » et à « une corvée » pour 50 %. D’où le renforcement de la pression scolaire jusqu’à la maison. Si l’aide et l’accompagnement des parents est un plus, c’est dans la capacité à soutenir et à aider l’enfant à s’autonomiser qu’il est bénéfique et non dans l’imposition d’un rythme de travail supplémentaire et pesant.

  • la gestion du temps

Car gérer son temps ça s’apprend. Et là encore les enfants et adolescent.e.s ne sont pas égaux devant cet apprentissage. l’article « La montre et le martinet » publié dans les « Actes de la recherche en sciences sociales » (n°226-227, 2019) met en évidence une différence sociale de la gestion du temps. Les parents des classes moyennes et supérieures ont tendance à familiariser très tôt leurs enfants « aux outils de mesure et de rationalisation du temps », ce qui est moins le cas des familles populaire qui habituent leurs enfants à des usages du temps plus « spontanéistes ». Des mode de fonctionnement qui ont des conséquences importantes dans l’organisation temporelle de la scolarité souvent assez rigide. Les enfants de milieux sociaux moyen ou supérieur seraient ainsi mieux préparer à comprendre l’emploi du temps, l’utilisation de l’agenda, les heures de cours, là où les enfants de milieux populaires, davantage familiarisés « avec un rapport plus imprévisible et immédiat au temps, seraient plus enclins à attendre que ces limites se manifestent de l’extérieur plutôt qu’à les anticiper et à réguler d’eux-mêmes leur comportement en prévision. »

Apprendre « le temps » en classe, en activité de loisirs ou en famille est donc une piste pour mieux appréhender les exigences scolaires et mieux savoir y répondre.

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(7) lieux… au sommaire de [R]

Le territoire est à la mode.

Il est à toutes les sauces. A chaque problème une solution locale. A chaque initiative, un enracinement territorial. A chaque projet, son espace.

Mais à bien y réfléchir, le territoire n’est pas si facile à définir. De l’espace infini à la proximité, le territoire, nous file entre les doigts, comme une notion polysémique insaisissable, un mot valise invitant au voyage.

Choisissons alors de parler de lieux.

Lieux physiques que l’on peut circonscrire et analyser

étude milieu image

[R]appeler que l’école n’est pas isolée. Qu’elle s’inscrit dans un environnement. Et qu’avant d’être sensible aux questions d’écologie, les études du milieux ont proposé que l’enseignement dépasse les murs de la cour de récréation pour y inclure ce qui entoure l’école, le village, la ville, la nature, les habitants…

[R]eposer la question de l’Europe, au lendemain des élections et des désignations des principaux responsables des institutions communautaires. S’interroger sur les défis que notre espace commun, au-delà de son organisation territoriale physique, a désormais à relever.

[R]éflechir avec le maire de la ville de Metz, Dominique Gros, à l’issu de son deuxième et dernier mandat, à la construction d’une cohérence politique centrée sur l’éducation et la culture, dans le périmètre d’une ville qui se veut attractive pour ses habitants, mais aussi pour les voisins de passage.

[R]egarder comment les Québécois ont élaboré leur système éducatif non pour le copier, mais pour le connaître et le comprendre, voir les enseignements qu’il peut apporter, les solutions mises en œuvre, les spécificités développées de l’autre côté de l’Atlantique, là où l’usage de la langue française reste un défi.

Lieux symboliques aussi :

Mise en page 1[R]edire que la langue est plurielle. Qu’elle est identité et culture. Qu’elle permet la communication et la découverte. Qu’elle est aussi ouverture. Sur l’autre, sur sa langue, sur son environnement, sur sa culture.

[R]éaliser alors que construire une démarche d’éducation artistique et culturelle n’est pas proposer un enseignement supplémentaire, ni complémentaire, mais une autre approche du sensible, de la création, de la découverte de sa propre construction au travers de la rencontre d’œuvres, d’artistes… autant de « lieux » d’où regarder le monde.

[R]endre effectif le fait que la finance, cette entité mondialisée, sans nationalité ni frontières, soit au service de la solidarité. Solidarité entre le Nord riche et le Sud en développement. Solidarité entre les villes et les zones rurales. Solidarité entre ceux qui peuvent un peu économiser et ceux qui ne savent pas de quoi sera fait demain. Et si la finance solidaire reliait tous ces gens, tous ces lieux ?

C’est à la découverte de ces 7 lieux, à petits pas, sans bottes de géants, que le numéro 4 de [R] vous entraîne, sans guide et à votre rythme.

Le revue [R] est en vente au numéro (15 euros) et par abonnement (35 euros les 3 numéros).

Bulletin d’abonnement à retrouver ici : https://centrehenriaigueperse.com/2019/02/07/bulletin-dabonnement-a-la-revue-r/

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Publié dans quoi de 9 ?

[Quoi de 9 ?] de septembre accompagne votre rentrée

Voici une semaine qu’a eu lieu la rentrée scolaire, mais elle reste encore bien présente dans toutes les têtes. Et donc à la une du [Quoi de 9 ?] de ce 9 septembre.

Une rentrée avec ses nouveautés, mais aussi avec ses nombreux chiffres, à retrouver et analyser avec un peu de recul plus tard dans les publications statistiques des ministères.

Une rentrée au cinéma également avec une CPE à l’écran dans « La vie scolaire » : un collège dans le 93 et des jeunes dont la vie est là…

Une rentrée scolaire particulière que fut celle de septembre 1939 avec l’évacuation de dizaines de milliers d’enfants pour les « mettre à l’abri » de la guerre.

Une rentrée pour la formation des futurs enseignants aussi,  avec un dossier de l’Ifé qui rappelle que leur formation initiale ne peut être que le début d’un continuum qui doit se prolonger durant leur carrière.

Une rentrée qui affirme une grande ambition pour l’enseignement français à l’étranger et annonce des moyens supplémentaires mais qui restent loin de couvrir les réductions des années précédentes.

Une rentrée avec également la présentation des travaux de recherche du Centre Henri Aigueperse, des ressources à voir, écouter, lire et déjà des rendez-vous à noter dans son agenda…

Pas d’hésitation, c’est bien la rentrée et c’est à lire dans [Quoi de 9 ?] de ce mois de septembre, à retrouver ici : quoi-de-neuf, 9 septembre 2019

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Formation des enseignants : pour un continuum dont la formation initiale n’est que le début

A l’heure ou les INSPé vont remplacer les ESPé et où, une nouvelle fois, la formation initiale des enseignants est remise en chantier, l’IFé produit un dossier de veille fort intéressant, instructif et complet intitulé « Commencer à se former pour enseigner ». Sous le plume de Claire Joubaire, ce dossier se concentre sur la construction des liens entre les modalités de formation et les difficultés du métier enseignants, interrogeant la manière dont la formation initiale peut faciliter leurs premiers pas dans le métier et leur insertion professionnelle.

La première partie est consacrée à ce que la recherche nous apprend sur les caractéristiques des enseignant.e.s débutant.e.s. Elle met ainsi en évidence la diversité de profils des enseignant.e.s stagiaires comme des étudiant.e.s des ESPé.

Concernant ces dernier.e.s, l’enquête ministérielle des Systèmes d’information et études statistiques : « les effectifs en ESPE en 2019-2019 » (SIES, 2019), montre que les effectifs des mentions MEEF (Master des Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) du 1er degré sont les plus nombreux, représentant la moitié des 65 600 étudiant.e.s inscrit.e.s en ESPE en janvier 2019. Elle révèle une grande diversité de profils ne dépendant pas uniquement de la mention suivie :

l’âge moyen des étudiant.e.s en ESPE varie de 25 ans pour les étudiant.e.s de première année de master MEEF à 41 ans pour les étudiant.e.s en seconde année de master « Pratiques et ingénierie de la formation », dont la plupart sont en reprise d’études ou en formation continue ;

un.e étudiant.e sur dix possède un bac technologique, et seulement 1,8 % un bac professionnel. Ce sont les bachelier.e.s scientifiques qui sont majoritaires, et plus nombreux.ses que dans les autres masters (35 % contre 29 %) ;

les femmes représentent 55 % des étudiant.e.s de la mention second degré, mais 85 % de la mention premier degré, faisant grimper la moyenne à 72 % de femmes, contre 58 % dans les autres masters ;

seulement 51 % des inscrit.e.s en 2e année d’ESPE étaient déjà inscrit.e.s en 1re année l’année précédente, et on constate en plus 15 % de redoublant.e.s.

Malgré cette diversité des profils et des expériences, les « enseignant.e.s novices » sont confronté.e.s aux mêmes difficultés récurrentes liées au «choc de réalité», mais aussi aux écarts « souvent flagrants et troublants » entre « théorie » et « pratique », apports de la formation, parfois jugés peu opérationnels et les réalités et pratiques du terrain.

La variété des dispositifs de formation initiale est également très grande et varie beaucoup dans les différents pays européens, par exemple.

La seconde partie du dossier met en valeur les pistes pour repenser une formation initiale centrée sur le métier s’appuyant sur les recherches en formation centrées sur l’activité enseignante et pointe l’intérêt, pour améliorer la formation initiale des enseignant.e.s, de professionnaliser la formation ainsi que les formateurs et formatrices. Comme le titre du dossier l’indique, il s’agit davantage de penser la formation comme un continuum et donc de considérer la formation initiale comme une entrée en formation, le début d’un processus long et continu et non une fin en soi.

Joubaire Claire (2019). Commencer à se former pour enseigner. Dossier de veille de l’IFÉ, n° 131, septembre . Lyon : ENS de Lyon. En ligne : http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=131&lang=fr

 

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Le 3 septembre 1939 : la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais que va-t-on faire des enfants ?

Il y a 80 ans, le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. Cela fait quelques heures que les Britanniques ont déjà adopté une mesure identique. Depuis le début de l’été, les tensions diplomatiques avaient monté d’un cran et les bruits de bottes se faisaient entendre. Ce sont surtout les relations entre l’Allemagne nazie et la Pologne qui se sont dégradées ces dernières semaines. Hitler négocie à la fin du mois d’août un pacte de non-agression avec l’URSS, ce qui lui laisse le champ libre pour attaquer les Polonais devenus une proie facile. Le 1er septembre, les Allemands se lancent à l’assaut de leur voisin et les Britanniques et les Français, alliés de la Pologne, ne peuvent que préparer la riposte. C’est le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale qui allait durer 6 ans et qui a causé le plus grand cataclysme de l’Humanité, avec plus de 60 millions de morts.

Protéger les enfants avant tout

Début septembre, personne n’imagine encore l’ampleur de la catastrophe, même si les plus informés savent que l’ennemi nazi est prêt à tout pour soumettre l’Europe puis le monde. La dernière semaine d’août a rendu l’ensemble de la population plus nerveuse et les autorités veulent anticiper tout risque d’engrenage vers une guerre généralisée. Ainsi, lorsque l’Allemagne lance un ultimatum le 30 août à la Pologne, il est décidé de l’évacuation des enfants habitant Paris. Tout se met en place rapidement : des trains spéciaux sont affectés, plusieurs départements loin de la région parisienne et des départements de l’Est sont sollicités pour accueillir les plus jeunes. En quelques jours, tout a été organisé et l’opération est une réussite : le 1er septembre la presse annonce que les enfants sont arrivés sur les lieux de destination et c’est plus de 31 000 écolières et écoliers qui ont été ainsi évacué.e.s.

Les choses se précipitent ensuite et les premières heures de septembre sont celles où les Françai.se.s prennent conscience de la venue de la guerre. Les départements voisins de l’Allemagne sont à leur tour touchés par les évacuations d’enfants, mais aussi de la population civile, les grandes villes cherchent elles aussi à mettre à l’abri les plus jeunes en cas de bombardements. L’administration travaille nuit et jour pour dresser les plans d’évacuation et accueillir les enfants dans de bonnes conditions. Il faut dire que c’est encore une période de vacances scolaires et que cela peut freiner les opérations. Institutrices et instituteurs sont des aides précieuses pour mener à bien les évacuations partout en France, aidant aussi les parents à accepter l’angoisse du départ vers des lieux plus sereins. Mais la mobilisation générale va freiner le bon déroulement de cette mise à l’abri : ce sont 25 000 instituteurs qui sont mobilisés alors que la rentrée est prévue pour début octobre !

La mobilisation des instituteurs et de leur syndicat

Le vendredi 1er septembre, la France annonce la mobilisation générale. Plus de 25 000 instituteurs qui rejoignent rapidement les casernes pour faire face à l’ennemi nazi. C’est tout le système scolaire français qui est déstabilisé par l’entrée en guerre, avant même la reprise officielle des cours. Comment ouvrir les classes alors que de nombreuses écoles sont réquisitionnées, que des milliers d’enfants ont été évacués à la campagne, surtout si les maîtres manquent pour faire cours ?

Même si le déclenchement de la guerre n’entraîne pas encore de combats généralisés et si la France s’installe pour plusieurs mois dans une « drôle de guerre » où les armées ennemies se font face sans s’affronter, tout le monde comprend néanmoins que la violente déflagration va bientôt avoir lieu. Pour y faire face, toute la population se tient prête. Dans le monde scolaire, le Syndicat National des Instituteurs apporte sa pierre à l’édifice de défense nationale. Le premier numéro de son journal qui sort après la déclaration de guerre affirme : « Le Syndicat continue : avec lui toutes les tâches sociales et humaines qui sont ses raisons d’être. »

Peut-on encore espérer la paix sans vendre son âme au diable ?

On a parfois du mal à le comprendre aujourd’hui, mais le Syndicat national des instituteurs a alors un poids déterminant dans le monde scolaire : plus de 100 000 instituteurs y sont syndiqués sur un total de 120 000, ce qui suffit à montrer sa puissance dans l’éducation primaire. C’est André Delmas qui en est le principal représentant au déclenchement du conflit et il est à la tête d’une équipe rajeunie et très active. Né en 1899, il a commencé sa carrière d’instituteur à Montauban et devient le responsable national du SNI en 1932. Il fait partie des instituteurs qui sont mobilisés dès les premiers jours de septembre. Delmas, à la différence de beaucoup d’autres n’a pas connu la Première Guerre mondiale, puisqu’il était trop jeune. Cela ne l’a pas empêché d’être un des plus fervents pacifistes, faisant du SNI le fer de lance syndical du pacifisme en France et cela jusqu’aux dernières heures de la paix. À la fin du mois d’août, il tente avec quelques amis de lancer un appel pour la paix qui rassemblerait Britanniques, Belges et Français. La tentative échoue, mais un appel pour la paix réunissant les syndicalistes en France est publié les 29 et 30 août dans la presse de gauche :

« L’Europe est aujourd’hui au seuil de la guerre. Des millions de vies humaines seraient sacrifiées dans un conflit international où chaque peuple assisterait à la destruction barbare de ses villes et des richesses accumulées par des générations de travailleurs (…) Dans ces heures de péril, l’opinion ouvrière se doit de maintenir sa tradition toujours vivante d’attachement à la paix (…) Travailleurs d’Europe, aucun de vous ne peut concevoir la catastrophe sans apporter sa raison et son cœur à la cause de la paix. »

Même si quelques heures plus tard, un tel appel à la paix est rendu caduc par la déclaration de guerre, beaucoup de militants du SNI continuent d’être pacifistes, viscéralement, niant la réalité et les ambitions du nazisme allemand. Ils ne veulent pas d’une nouvelle guerre, surtout ceux qui ont vécu la Grande Guerre. Mais peut-on encore être pacifiste en septembre 1939 face à Hitler ? Une telle question divise au sein du mouvement syndical des instituteurs depuis déjà plusieurs mois, voire des années : elle va rapidement briser l’entente et les amitiés d’autrefois, créer des ruptures définitives et pousser vers l’acceptation de la défaite quelques mois plus tard pour certains, ou vers le refus de l’occupation allemande pour d’autres. Mais le 3 septembre 1939, nous n’en sommes pas encore là. Beaucoup en France veulent garder comme préoccupation première la protection des enfants afin de leur éviter les tourments de la guerre, parce que pour reprendre les mots de Marc Bloch écrits dans L’Étrange défaite « Il est un de ces tableaux (…) auquel je sens bien que je ne m’habituerai jamais : celui de la terreur sur des visages d’enfants fuyant la chute des bombes, dans un village survolé. Cette vision-là, je prie le ciel de ne jamais me la remettre sous les yeux, dans la réalité, et le moins souvent possible dans mes rêves. Il est atroce que les guerres puissent ne pas épargner l’enfance, non seulement parce qu’elle est l’avenir mais surtout parce que sa tendre faiblesse et son irresponsabilité adressent à notre protection un si confiant appel. »

Pour aller plus loin :

Olivier Loubes, L’école l’identité, la nation. Histoire d’un entre-deux-France, 1914-1940, Belin, 2017.

Matthieu Devigne, L’école des années noires. Une histoire du primaire en temps de guerre, PUF, 2018.

André Delmas, Mémoires d’un instituteur syndicaliste, Albatros, 1979.

Illustration : Le Populaire du 1er septembre 1939

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Une rentrée en chiffres (à confirmer)

Il n’aura échappé à personne que c’est aujourd’hui le rentrée scolaire, c’est-à-dire le rentrée d’environ 12,4 millions d’élèves, auxquels il faut ajouter 207.550 apprentis et 272.850 élèves des premier et second degrés des ministères en charge de l’agriculture et de la santé.

Si la rentrée scolaire est un moment important qui permet de rappeler les enjeux éducatifs, de faire le point sur les réformes en cours, d’interroger les choix politiques et pédagogiques en matière d’Éducation, elle est aussi une question de chiffres.

Ainsi ce sont 6,7 millions d’élèves qu’accueilleront les écoles, 3,4 pour les collèges et 2,3 pour les lycées.

871 000 enseignants répartis dans 61 900 écoles et établissements publics et privés leur feront cours. Mais se sont également près de 275 000 personnels (auxquels il faut ajouter environ 55 000 Atsem) dits « non enseignants » qui sont présents (majoritairement dans les établissements du second degré) pour faire fonctionner l’ensemble du système scolaire.

La scolarité a un coût. Il est évalué en moyenne à 6550 euros par élève et par an en primaire, à 8710 par collégien, à 11 060 euros par lycéen général et technologique et à 12.730 euros par lycéen professionnel.

Sommes auxquelles il faut ajouter les dépenses à la charge des familles en hausse de 0,17% comparé à la rentrée 2018 avec des disparités selon les niveaux, selon l’enquête annuelle de la Confédération syndicale des familles, qui affirme que les parents devront débourser :

  • 159 euros en moyenne pour un enfant entrant au CP contre 165 euros l’année dernière, soit une baisse de près de 4% ;

  • 361 euros pour les élèves de sixième, une hausse de 5,6% ;

  • 389 euros en seconde générale avec là aussi une baisse de près de 4 %.

Autre moyenne qui masque de très grandes disparités, celle du nombre d’élèves par classe. Officiellement elle est annoncée dans l’enseignement public à 24,3 élèves dans les écoles maternelles, 22,7 élèves par classe à l’école élémentaire, 25,4 au collège, 29,1 au lycée général et technologique ou encore 18,3 en lycée professionnel.

Mais en primaire, en REP et REP+ alors que 10 800 classes de CP et CE1 doivent être dédoublées, on imagine sans peine que les autres classes de ces écoles auront des nombres d’élèves bien plus importants.

En fait, ce n’est souvent qu’après coup, une fois la rentrée largement passée, que les véritables chiffres sont connus et peuvent être analysés. Ainsi faudra-t-il le faire pour l’impact de la scolarité devenue obligatoire dès 3 ans ou pour l’accueil des élèves en situation de handicap : 248.000 dans le premier degré et 160.000 dans le second degré sont attendus, 4.500 AESH supplémentaires ayant été recrutés pour les accompagner, selon le gouvernement.

Même si elle est tardive, la transparence existe dans la publication des données chiffrées de l’Éducation nationale. Ainsi est paru en août 2019 Repères et références statistiques la publication annuelle de la DEPP et de la SD-SIES, qui réunit en un seul volume toute l’information statistique disponible sur le système éducatif et de recherche français. Organisé en onze chapitres et 180 thématiques pour l’édition 2019, ce document apporte de nombreuses données et permet une lecture assez complète de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur en chiffres.

A retrouver ici : https://www.education.gouv.fr/cid57096/reperes-et-references-statistiques-2019.html

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Candidater au Prix Maitron, c’est maintenant

En décembre dernier Gaëlle Boursier recevait le Prix Jean Maitron pour son mémoire de master

« Nous ne resterons pas les bâtards de la sidérurgie »

Histoire de la grève des Batignolles, janvier-mars 1971, Nantes

Le prix Jean Maitron, du nom d’un instituteur syndicaliste créateur du Centre d’histoire sociale de l’université Paris 1 où il fut maître de conférences, créé et financé par l’UNSA Education (ex FEN) est attribué par un jury d’historiens et de syndicalistes.

Il récompense un mémoire de master (ou équivalent sauf thèse) qui prolonge l’œuvre de Jean Maitron dans les domaines du mouvement social, du mouvement ouvrier, du syndicalisme… aux XIX, XX et XXIème siècle en France ou à l’étranger. De nombreuses disciplines peuvent être concernées : l’histoire bien entendu, mais aussi la géographie, les sciences politiques, certains secteurs du droit, de la sociologie, de la littérature comme des sciences de l’éducation.

Le montant du prix est de 1500 euros.

Pour candidater c’est très simple. Il suffit d’envoyer le mémoire en pdf à therese.lortolary@univ-paris1.fr et ce avant le 15 septembre.

La remise du prix auara lieu début décembre.

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Adjoints gestionnaires : des missions utiles mais des personnels en mal de reconnaissance

Alors que leur rentrée est déjà faite, quelques semaines avant celle des enseignants et des élèves et dans la logique de la campagne de l’Internationale de l’Éducation (notre article : https://nuage.unsa.org/index.php/s/U2rV6EKXmIGSvFI#pdfviewer), qui nous avait déjà permis de l’affirmer, nous revenons sur l’importance des personnels de soutien dans l’Éducation et sur les difficultés de valorisation qu’ils rencontrent.

Le syndicat A&I Unsa a mené une grande enquête auprès de collègues administratifs et recueilli plus de 3400 réponses. Celles-ci viennent renforcer les données du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation  2019.

Il en ressort que les personnels administratifs en charge des missions d’adjoints gestionnaires dans les EPLE jugent à la quasi totalité (95,4%) utiles les missions qui leur sont confiées. Mais que presque 61 % de celles et ceux qui ont répondu considèrent que leur travail n’est pas reconnu par la hiérarchie et 56,4 % ne pensent pas être reconnu.e.s par les usagers des établissements.

Seuls 56,2% estiment avoir les moyens de remplir leurs missions et plus de 70 % (70,1%) ont une forte inquiétude pour l’avenir de celles-ci. Pour rappel 71,8 % des personnels administratifs ayant répondus aux baromètre UNSA des métiers de l’Éducation 2019 estimaient que leur conditions de travail s’étaient dégradées au cours de cette dernière année.

Comment y remédier ?

Par une plus grande reconnaissance, par la formation, par plus de moyens humains…

Autant dire que ces éléments étaient, à l’exception du plan de formation, peu présents dans la conférence de presse de rentrée du ministre de l’Éducation nationale. Même si, face à la demande récurrente des collectivités territoriales, Jean-Michel Blanquer se veut rassurant et affirme que la décentralisation des adjoints gestionnaires n’est pas d’actualité. Une affirmation qui devra être confirmée dans les faits et accompagnée d’une valorisation de ces personnels indispensables mais mal reconnus.

Retrouvez les éléments de l’enquête d’A&I UNSA ici : http://lettre.aeti-unsa.org/IMG/UserFiles/Files/Questionnaire_Adjoint_gestionnaire_8p.pdf

Et ceux du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation : https://nuage.unsa.org/index.php/s/U2rV6EKXmIGSvFI#pdfviewer

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois d’août

Comment ne pas parler des vacances un 9 août au cœur de l’été ?

C’est ce que vous propose ce [Quoi de 9 ?] qui y consacre l’essentiel de ses infos.

Ainsi [Quoi de 9 ?] :

– se penche sur les tendances de ces vacances, un peu plus conscientes de l’environnement mais aussi marquées par d’importantes inégalités sociales ;

– interroge les évolutions possibles du calendrier scolaire et des petites vacances (relevant dorénavant du réglementaire et non plus du législatif), dans un contexte français caractérisé par beaucoup d’heures de cours en peu de jours de classe ;

– regarde le développement du vivre ensemble chez les enfants et adolescents dans les accueil collectifs de mineurs (ACM) ;

– rappelle l’histoire et l’actualité des cahiers de vacances, succès d’édition mais aussi supports d’inégalités dans un temps qui doit demeurer celui du repos et de la détente ;

– propose un petit passage par les salles obscures pour regarder les vacances quand elles sont projetées sur le grand écran du cinéma.

Mais parler vacances, c’est aussi penser rentrée.

[Quoi de 9 ?

– se demande s’il y aura suffisamment d’enseignants et si la pénurie de recrutement n’est pas à mettre en lien avec la masterisation ;

– réaffirme le rôle indispensable des personnels de soutien dans l’Éducation et valorise la campagne entreprise par l’Internationale de l’Éducation pour les valoriser et les défendre.

Les 9 infos (et un peu plus) de ce [Quoi de 9 ?] du mois d’août sont à retrouver ici : quoi-de-neuf aout 2019

Bon été, bonnes vacances et bonne lecture.

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Les inégalités (sociales) face aux vacances

Si le droit aux vacances est le même pour toutes et tous, la possibilité des départs l’été est souvent conditionnées aux réalités financières. 65 % des Français déclarent y avoir renoncé au cours des 5 dernières années.

Tel est le constat de Jérôme Fourquet et David Nguyen, de l’Ifop, et Simon Thirot, délégué général de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat), qui à partir d’une étude sur le rapport des Français aux vacances, analysent pour la Fondation Jean Jaurès, les clivages sociaux, générationnels ou territoriaux qui perdurent dans l’accès à cette pratique qui occupe une place importante dans nos sociétés modernes.

Ils estiment « que le niveau d’accès aux vacances d’été constitue une véritable ligne de faille sociologique au sein de la vaste classe moyenne, le taux de renoncement fréquent passant de 48 % dans la partie inférieure de la classe moyenne à seulement 21 % dans sa partie supérieure. Le corps central de la société n’a dès lors plus un rapport homogène à une pratique pourtant cruciale de la vie moderne. Au sein de sociétés où la consommation, les loisirs et les vacances occupent une place déterminante, l’incapacité de près de la moitié de la classe moyenne inférieure à partir régulièrement l’été est nécessairement problématique. Il y a là une des manifestations les plus sensibles et les plus symptomatiques du décrochage du bas de la classe moyenne qui ne parvient plus à accéder ou à répondre aux standards du « way of life » français. »

Les critères de recherche du lieu de vacances sont également marqués socialement : si pour les catégories sociales supérieures « partir loin de chez soi pour déconnecter du quotidien » (37 % citent ce critère en premier), le « confort total » (19 % en premier) et « un endroit sain d’un point de vue environnemental, loin de la pollution » (18 % en premier) arrivent en tête, pour les catégories populaires, ce sont « un endroit pas cher » (33 % en premier), « partir loin de chez soi pour déconnecter du quotidien » (26 % en premier) et le « confort total » (15 % en premier) qui sont privilégiés.

Des vacances pour quoi faire ?

Toutes et tous valorisent ce temps de vacances comme synonyme de repos et de découverte. Pour 35 % des Français, elles sont « un moment de déconnexion par rapport au quotidien » et pour 31 % « un repos bien mérité ». 33 % associent les vacances « à la découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle région ». Le « temps consacré à sa famille et à ses amis » n’arrive lui qu’en troisième position (29 %).

Mais là encore les clivages sociaux sont marqués. « La notion de « découverte » est d’abord retenue par les retraités (47 %) et les catégories sociales supérieures (31 %) bien davantage que les catégories populaires (22 %). Inversement, ces derniers privilégient beaucoup plus la définition de « repos bien mérité » (45 %) que les catégories supérieures (34 %) ou les retraités (19 %). »

Pour les auteurs de cette étude, si un lien peut être fait avec « la pénibilité des métiers des uns et des autres », c’est surtout la possibilité financière qui expliquent ces différences. Les catégories populaires, pouvant moins partir,  « envisagent dès lors davantage leurs congés comme l’occasion de se reposer et les catégories supérieures et les retraités comme l’opportunité de s’ouvrir à de nouveaux horizons. »

https://jean-jaures.org/nos-productions/les-francais-et-les-vacances-quelles-inegalites

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L’organisation des vacances scolaires ne relève plus de la loi : une opportunité pour le ministre Blanquer de la modifier (sans débat) ?

L’article L. 521-1 du code de l’éducation prévoyait : « L’année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes. Un calendrier scolaire national est arrêté par le ministre chargé de l’éducation pour une période de trois années. Il peut être adapté, dans des conditions fixées par décret, pour tenir compte des situations locales. »

A la demande du gouvernement, le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 2019-278 L du 11 juillet 2019, vient de le modifier jugeant que « ces dispositions imposent à l’ensemble des établissements d’enseignement participant au service public national de l’éducation de respecter une durée minimale de l’année scolaire, fixée à trente-six semaines, dans le cadre d’un calendrier national, qui ne peut être adapté que pour tenir compte des situations locales, [et donc qu’]en cela, elles constituent une garantie du principe d’égal accès à l’enseignement et relèvent des principes fondamentaux de l’enseignement au sens de l’article 34 de la Constitution », mais que la répartition en « cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes » est de nature réglementaire et non plus législative.

Ainsi donc, voici le ministre de l’Éducation nationale libre de modifier le calendrier des vacances scolaires sans passer par le débat parlementaire. Une décision qui tombe bien pour Jean-Michel Blanquer puisqu’il ne cesse, depuis sa nomination, d’affirmer qu’il faut changer les vacances.

Serpent de mer sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont penchés, il est vrai que l’organisation du calendrier scolaire français peut faire souci.

Pas tant pour la durée des « grandes vacances » assez comparable à la moyenne basse des congés scolaires d’été dans les autres pays européens. Ainsi, d’après « l’organisation de l’année scolaire en Europe » document publié par Eurostat, l’organisme statistique de la commission européenne, qui compare l’organisation des congés dans 44 systèmes éducatifs européens (puisque certains pays comme le Royaume Uni ou la Belgique comportent plusieurs systèmes éducatifs), 35 d’entre eux ont des congés d’été plus longs que les nôtres.

La différence vient du découpage avec les petites vacances : 4 fois dans l’année en France de manière régulière, ce qui n’est pas le cas ailleurs. 16 systèmes éducatifs européens ont moins de 4 périodes de « petites vacances » et la plupart n’ont pas un découpage régulier. La décision du Conseil constitutionnel va permettre de mettre facilement fin à cette originalité pourtant défendue par les chronobiologistes.

En réalité, l’exception française qui fait problème est celle de la répartition d’un nombre de cours trop élevé. Alors que la moyenne européenne d’enseignement obligatoire est de 7700 heures, elle est en France de 9000 heures. Mais pire encore, ce grand nombre d’heures est réparti sur le plus petit nombre de jours de classe par an : 162 contre de 170 à 190 en moyenne en Europe.

Autant dire qu’en permettant la dérogation à la semaine de 4,5 journées de classe en primaire, le ministre Blanquer n’est pas pour rien dans cet alourdissement des journées scolaires, une des causes à n’en pas douter, de fatigues et donc de difficultés que peuvent rencontrer de nombreux élèves.

Fort de l’opportunité que lui offre la décision du Conseil constitutionnel, le ministre de l’Éducation nationale va-t-il mettre en chantier un nouveau calendrier scolaire, comme il l’affirme ? C’est fort possible. Celui-ci n’aura de sens que s’il prend en compte tous les paramètres du temps éducatif : l’organisation de la journée, de la semaine, de l’année des enfants et adolescents. Un véritable enjeu éducatif qui mériterait certainement, au moins quelques débats…

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Le vivre-ensemble en accueil collectifs de loisirs et de vacances

Vivre ensemble est notre quotidien. Il est aussi celui des enfants tout au long de l’année. Cette notion prend-elle une dimension particulière quand elle est vécue en accueils collectifs de mineurs (centre de loisirs et colonies de vacances), ces structures qui proposent une vie en commun entre pairs pour faire des activités, s’organiser ensemble, manger, parfois dormir. L’étude « De l’intérêt du vivre-ensemble par les accueils collectifs de mineurs (ACM). Expériences et compétences acquises selon les jeunes et leurs parents » conduite par l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej) rend compte des perceptions des enfants et adolescents ainsi que de leurs parents.

Ci-dessous des éléments de restitution en 10 diapos :

1/ Le vivre-ensemble ce peut être harmonieux ou conflictuel. En séjour, la volonté est de bien vivre-ensemble

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2/ Le vivre-ensemble c’est à la fois la possibilité de faire des choix individuels et la nécessité de respecter des règles collectives

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3/ Pour les parents, le vivre ensemble en ACM doit avant tout être lié au plaisir des enfants

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4/ Pour les parents, vivre-ensemble c’est découvrir et s’adapter

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5/ Vivre-ensemble permet d’acquérir de nouveaux savoirs mais surtout des savoir-être

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6/ Vivre-ensemble développe les compétences psychosociales

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7/ Une complémentarité des apports éducatifs des différents temps du « vivre-ensemble »

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8/ Vivre ensemble c’est aller à la rencontre de l’autre, des différences

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9/ Pour les parents, les apprentissages sont un effet induit du vivre-ensemble en ACM

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10/ Un vivre-ensemble productif mais qui doit resté un temps de loisirs

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Retrouvez une présentation vidéo détaillée de l’étude l’OVLEJ ici : http://www.ovlej.fr/vivre-ensemble-videos-ovlej/

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Les vacances scolaires : une coupure nécessaire ou préjudiciable

Marronnier de l’été (même si ce n’est pas la saison des marrons), avec la coupure des « grandes vacances » revient l’interrogation de leur longueur et de leur effet sur les apprentissages. Pour se rassurer et prolonger les exercices scolaires de manière (voulue) ludique, les familles investissent dans les « cahiers de vacances ». Il s’en vend en France environ 4,5 millions chaque été (principalement entre fin juin et fin juillet).

Invention commerciale de l’éditeur Roger Magnard. Pour compenser la vente de l’édition de luxe en chute depuis la crise de 1929, il modernise avec des coloriages, des collages, des jeux de mots, des devinettes… les austères fascicules de Devoirs de Vacances de la Librairie « l’école des bons livres » (qui deviendra « l’école des loisirs »). Magnard publie ainsi dès 1932 « Les cahiers de Loulou et Babette » avec l’ambition de « raviver les connaissances tout en s’amusant. »

Une support utile ?

Interrogée par Télérama (n°3622 de juin 2019) Marie Duru-Bellat fait un double constat. Tout d’abord, elle rappelle qu’ « un cahier de vacances reste ludique et léger, ce n’est pas non plus un traumatisme de tous les jours ». Mais elle précise également qu’ « une étude de l’IREDU a cependant montré que ce n’était pas sans importance, puisque les vacances creusent les écarts entre les enfants. On pensait simplement que c’était une veille scolaire, un temps de coupure, mais il n’en est rien : les enfants les plus faibles vont encore perdre sur les autres, et ce n’est évidemment pas positif. »

Faut-il donc faire travailler les enfants durant les vacances ? Poser la question peut conduire assez loin. Ainsi certaines familles font-elle le choix de cours privés ou de stages de remise à niveau pour leurs enfants. Certaines écoles proposent également des semaines de pré-rentrée pour les enfants volontaires. Mais comme pour les cahiers de vacances, le constat d’un creusement des inégalités s’imposent. Celui par l’argent, par la motivation, par la possibilité pour les parents d’accompagner le travail de leurs enfants. Ce ne sont pas toujours ceux qui en ont le plus besoin qui participent. Et, « quand les enfants des milieux populaires sont amenés à faire des devoirs de vacances, ils sont moins nombreux à les terminer, faute d’accompagnement » explique Marie Duru-Bellat.

Découvrir autrement

Reste que les vacances sont un temps de détente, de repos, de changement de cadre, de rythme, de règles… Vouloir y imposer les obligations scolaires n’est peut-être pas la meilleure manière de réconcilier les enfants les plus en échec scolaire avec les apprentissages. D’autres approches sont certainement à privilégier. En laissant l’esprit vagabonder, s’imprégner de l’environnement sous un angle différent (car, qu’il soit le lieu d’un départ en vacances ou le cadre de vie quotidien, il est perçu sans les contraintes de l’organisation scolaire : horaires imposés, être enfermé, assis…), en faisant des rencontres, des découvertes, en lisant, en tenant son journal de l’été… de nombreux apprentissages sont possibles.

C’est ce que devrait proposer chaque organisation des temps de loisirs et de vacances, de la bibliothèque et ludothèque jusqu’au centre de loisirs et à la colonie de vacances, en passant par les ateliers de proximité, les activités culturelles et sportives dans les communes, les clubs : un été pour découvrir autrement… sans singer l’école. Le rentrée scolaire ne s’en portera que mieux !

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Pénurie d’enseignant.e.s : la faute à la masterisation ?

Si les raisons ne peuvent que faire l’objet d’hypothèses, le constat est lui sans appel : la France, après avoir été « longtemps épargnée par les pénuries d’enseignants qui sévissent depuis plusieurs années dans la plupart des pays européens », subit aujourd’hui des difficultés importantes de recrutement d’enseignant.e.s, tant dans l’enseignement primaire que dans le secondaire. La cause en est double. D’une part « la forte baisse du nombre de candidats aux concours externes, principales voies d’accès à l’enseignement primaire et secondaire. » Par ailleurs, « une baisse du niveau moyen des candidats », ce qui conduit « les jurys ont renoncé à pourvoir plusieurs milliers de postes depuis 2013. »

Pourquoi une telle pénurie ?

Mélina Hillion, docteure en économie et chargée d’études à la Dares, étudie ce phénomène dans le cadre d’un doctorat effectué à l’École d’économie de Paris (PSE) et au Centre de recherche en économie et statistique (CREST). Elle met en évidence la corrélation entre cette baisse de candidat.e.s et l’élévation du niveau de recrutement. Elle rappelle en effet que, comme dans la majorité des pays européens (en 2013 c’était le cas dans 12 pays européens pour l’enseignement primaire et dans 16 pour le secondaire), « les enseignants en France doivent être titulaires d’un master » depuis 2011.

La comparaison avec le nombre et le niveau des candidat.e.s présentant les concours (comparables) d’entrée aux IRA, demeurés eux au niveau de la licence, montre que la masterisation n’est pas pour rien dans la baisse du nombre de candidat.e.s aux concours d’enseignant.e.s. Ce même constat a d’ailleurs conduit la cour des compte, en mars 2018, à préconiser le retour à un recrutement au niveau licence.

Pourquoi un master ?

Si la chercheuse fait un lien entre le niveau de recrutement au niveau master et la pénurie de recrutement d’enseignant.e.s, elle interroge également les raisons qui ont conduit à cette réforme. Elle en propose deux. Tout d’abord, le fait que la hausse du niveau de qualification des enseignant.e.s permettrait « d’assurer l’excellence de la profession », en allongeant la durée d’étude des enseignants, la qualité de l’enseignement serait améliorée. En fait, cette assertion relève davantage de la conviction que d’une mesure objective, puisque « ce type de mesure n’a en réalité jamais fait l’objet d’une évaluation statistique. » D’autre part, en ne rémunérant plus la formation initiale, le gouvernement a réalisé une réduction de la dépense publique tout en pouvant afficher une baisse du nombre de fonctionnaires « puisque les enseignants en formation initiale ne bénéficient plus de ce statut depuis 2011. »

Faut-il revenir en arrière ?

Les constats de cette étude ne doivent pas conduire à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Les hypothèses formulées pour expliquer la baisse du nombre de candidat.e.s dans un concours au niveau du master sont doubles. « Certains candidats peuvent avoir renoncé à poursuivre leurs études de master parce qu’ils estimaient leur niveau trop bas ou le coût d’opportunité trop élevé, tandis que d’autres peuvent avoir opté pour des emplois plus rémunérateurs. »

Car le premier enseignement de cette recherche est de mettre en lumière une réforme de la masterisation faite avec « un manque de réflexion sur le contexte et les modalités de sa mise en œuvre. » Il faut ajouter que « l’absence de revalorisation salariale, alors que l’écart de rémunération entre les enseignants et les autres professions est considérablement plus élevé pour les titulaires d’un master que pour ceux d’une licence, a probablement joué un rôle important dans le choix des candidats. »

Le chantier de la formation initiale des enseignant.e.s, ne peut se faire sans tenir compte de ce double impératif : construire un recrutement et une formation cohérente pour améliorer le niveau pédagogique des futurs enseignant.e.s et offrir une rémunération en cohérence avec le niveau de formation et de responsabilité du métier. Seules ces conditions réunies pourraient enrayer la pénurie et redonner de l’attractivité à un métier d’enseignant.e enfin reconnu et valorisé.

Retrouver l’article de Mélina Hillion sur le site de la Fondation Jean Jaurès : https://jean-jaures.org/nos-productions/le-metier-d-enseignant-en-france-une-attractivite-en-declin

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Pour des vacances (un peu) plus « vertes »

Privilégier des activités compatibles avec l’écologie (pour 84 % des personnes interrogées), choisir d’un hébergement écologique (71,2 %), partir moins loin que d’habitude (61 %), favoriser des moyens de transports moins polluants (train ou covoiturage, pour 61,7 %) ou renoncer à l’avion ( 56,1 %).

Tels sont les choix pour diminuer l’impact environnemental de leurs vacances sur la planète, que déclarent faire 27 % des Français.e.s interrogé.e.s dans une étude du cabinet Protourisme.

Une évolution lente des habitudes de celles et ceux qui partent en vacances. Mais une prise en compte progressive des enjeux écologiques conduisant à des changements qui pourraient avoir des impacts sérieux. Ainsi, selon l’étude, « entre avril et juin, environ 900 000 personnes auraient renoncé à partir à l’étranger [une baisse de 3 points par rapport à l’an dernier]. Et 200 000 auraient renoncé à prendre l’avion. »

Si seul un (gros) quart des personnes interrogées disent agir, par contre elles sont près de 60 % à considérer que « le fait qu’un professionnel du tourisme soit engagé dans une démarche environnementale est un critère de choix » (tout à fait pour 14,8 % et plutôt oui pour 44,4%).

Du côté de porte-monnaie, la question est plus sensible. 68 % des sondé.e.s ne sont pas prêt.e.s à payer plus de 5 % supplémentaire pour des vacances éco-responsables. Mais 32 % sont d’accord pour le faire dont 26,8% qui accepteraient une augmentation de 5 à 10 %.

Ainsi donc, la prise de conscience environnementale progresse peu à peu, y compris pour penser des vacances (un peu) plus « vertes ». Une dimension que les professionnels du tourisme et des vacances ne peuvent plus ignorer et qui devrait également avoir sa traduction dans les propositions de destinations et d’activités pour les séjours d’enfants et de jeunes, public le plus sensibilisés aux questions écologiques.

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Pas d’Éducation sans personnels de soutien

Elles et ils sont personnel administratif, de santé, d’orientation, d’assistance à l’enseignement et à l’apprentissage, de bibliothèque, de service, de sécurité… Elles et ils sont des personnels de soutien à l’éducation (PSE). Leur rôle est « essentiel dans la réalisation du droit à l’éducation et le déploiement d’une éducation de qualité pour tous les individus. Ils contribuent à promouvoir des environnements d’apprentissage positifs et sécurisés, mais aussi à assurer le bon fonctionnement des écoles et des établissements scolaires pour l’ensemble des étudiant·e·s » affirme l’Internationale de l’Éducation. Et pourtant peu d’étude sont consacrées à cette catégorie professionnelle,

Qui sont ces personnels de soutien à l’Éducation ? Quelles sont leurs conditions de travail? Quels problèmes rencontrent-ils? à l’occasion de la Journée mondiale des PSE 2019, l’Internationale de l’Éducation a lancé une recherche qui vise à mieux comprendre cette catégorie professionnelle bien trop souvent invisible et laquelle plus de 3.000 PSE ont répondu.

Les résultats montre que leur situation est particulièrement préoccupante. Les représentant·e·s des PSE dans chaque région se sentent sous-estimé·e·s et non reconnu·e·s pour leur travail. La majorité des PSE sont des femmes, la plupart d’entre eux sont mal rémunérés et perçoivent un salaire inférieur à la moyenne nationale. Leurs conditions d’emploi sont généralement précaires, tandis que leurs fonctions sont souvent externalisées et mises en péril en raison des resserrements budgétaires que connaît le secteur de l’éducation. Par ailleurs, les PSE se voient offrir peu d’opportunités de progresser dans leur carrière ou de participer à des programmes de développement professionnel.

S’agissant des conditions d’emploi et de travail des PSE, la recherche montre que :

  • les PSE exercent souvent des fonctions qui ne correspondent pas à leurs plus hautes qualifications.

  • les PSE ne changent pas souvent de fonction au sein de leur catégorie professionnelle. La plupart d’entre eux occupent actuellement leur premier et unique poste dans ce secteur professionnel.

  • la majorité des PSE travaillent dans le cadre d’un accord ou d’un contrat de travail.

  • dans la plupart des pays, à l’exception des Philippines, la majorité des PSE ont reçu une description de leur emploi, dont l’actualisation régulière varie entre les sept pays participants.

  • dans chacun des pays participants, les PSE estiment ne pas être rémunérés à la juste valeur de leur travail. Les données par pays montrent que les PSE sont mal rémunérés et perçoivent un salaire inférieur à la moyenne nationale.

  • la notion de sécurité d’emploi est perçue différemment dans les sept pays participants. Certains PSE estiment que leur emploi est stable, d’autres le jugent précaire.

  • la majorité des PSE estiment que leur travail est respecté par le personnel enseignant, les équipes de direction, les étudiant·e·s et les parents.

  • la plupart des PSE estiment que le statut de leur profession est peu ou moyennement reconnu au sein de la société.

  • la plupart des PSE estiment jouir d’une certaine autonomie dans le cadre de l’exercice de leur profession, mais de peu d’autonomie sur leur lieu de travail en général.

  • très peu de PSE se déclarent discriminés sur leur lieu de travail et la plupart d’entre eux considèrent que leur environnement de travail est sûr et sain.

    • dans la plupart des pays, à l’exception des Philippines, la majorité des PSE estiment ne pas avoir d’opportunités de promotion ou de possibilités d’accéder à des postes plus élevés sur leur lieu de travail.

  • dans la plupart des pays, à l’exception du Zimbabwe et du Brésil, la majorité des PSE estiment ne pas avoir la possibilité d’acquérir de nouvelles qualifications tout en maintenant leur emploi.

  • l’accès aux possibilités de formation et de développement professionnels formels varie entre les sept pays. Lorsque ces formations sont accessibles aux PSE, elles sont généralement organisées une fois par an.

Si la majorité des PSE sont satisfaits de leur emploi, se déclarent confiants ou très confiants dans le cadre de l’exercice de leur profession et estiment l’importance de leur mission pour le personnel enseignant, en France, les PSE sont généralement des femmes, âgées de 46 à 60 ans et employées à temps plein sous contrat à durée indéterminée, leur salaire est inférieur à 30.000 EUR et la plupart des PSE estiment ne faire qu’une petite différence. Des données à mettre en regard de celles du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation https://nuage.unsa.org/index.php/s/YWU8bTmu2MIvJov#pdfviewer (près de 82 % de personnels non-enseignants heureux d’exercer leur métier, 84,7 % trouvant que leurs missions ont du sens.)

L’Internationale de l’Éducation déduit de cette recherche dédiée aux PSE, la nécessité d’agir en faveur de cette catégorie professionnelle, et recommande que :

  • les PSE soient soutenus afin de pouvoir être informés de leurs droits et obligations légaux.

  • les syndicats revendiquent des emplois permanents et des salaires plus élevés.

  • la formation et le développement professionnels, ainsi que l’acquisition de nouvelles qualifications, soient accompagnés d’une augmentation de salaire.

  • les syndicats fassent en sorte que le personnel enseignant et les équipes de direction soient mieux sensibilisés aux fonctions des PSE et à leurs conditions d’emploi.

Elle insite sur la nécessité d’offrir des perspectives de carrière pour les PSE et rend hommage au travail accompli par les PSE pour soutenir les élèves et assurer le bon fonctionnement des établissements scolaires.

« A l’IE, nous voyons et reconnaissons le travail des PSE. Passer à l’action est la seule voie possible pour redresser ce déséquilibre mis en avant dans la recherche, entre la précarité de leurs conditions de travail ou de leur statut et l’importance de leur rôle pour les étudiant·e·s, le personnel enseignant et l’instauration d’une éducation inclusive de qualité. Cette recherche permettra de soutenir l’IE dans la défense et la promotion du statut et des droits des PSE dans les années à venir. J’espère pouvoir compter sur votre collaboration dans le cadre des efforts que nous déployons à cet égard» conclut David Edwards, le secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation.

L’intégralité du rapport : Research on ESP – Final Report_FR

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de juillet

C’est l’été. C’est même les vacances scolaires (du moins pour les élèves).

Un moment pour lever le pied, mais certainement pas pour baisser les bras.

C’est le cas pour le chiffre du mois mis en avant dans ce [Quoi de 9 ?] de juillet : une plus grande tolérance vis-à-vis de l’homosexualité pour 85 % des sondé.e.s. Une bonne nouvelle qui doit être amplifiée par l’Éducation et la Culture.

La culture est d’ailleurs à l’honneur avec les premières assises de l’éducation artistique et culturelle à Metz, dont le maire sera le prochain invité du grand entretien de notre revue [R] en septembre.

C’est également des émotions à l’école dont il est question… de la spécificité de l’enseignement agricole, ainsi que de l’importance du 8ème congrès de l’Internationale de l’Éducation.

Et puisque l’été a débuté par un coup de chaleur, il est essentiel pour notre survie sur la planète terre d’amplifier la lutte contre le dérèglement climatique et pour l’Éducation, au-delà des formules, de reconstruire la confiance avec les personnels, les familles, les élèves.

Les vacances pourraient y servir…

Voici donc parmi les 9 nouvelles infos (et un peu plus) de ce [Quoi de 9 ?] du mois de juillet : quoi-de-neuf juillet 2019

Bonne lecture.

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Agriculture : un enseignement différent

Avec 210000 élèves et étudiant.e.s de la 4e au supérieur, 806 établissements dont 590 privés (60% des élèves), 135 centres de formation d’apprenti.e.s (CFA 94 publics et 41privés), 452 centres formation professionnelle continue (CFPA : 169 publics, 283 privés) 19 écoles d’enseignement supérieur agricole (12 publiques, 6 privées), 192 exploitations agricoles dans les établissements publics, 34 ateliers technologiques et centres équestres, l’enseignement a la « taille d’une petite académie » comme aime à le rappeler Guy Sigala (secrétaire général du syndicat de l’enseignement agricole – UNSA), mais c’est aussi un OVNI dans le paysage éducatif français.

En effet, créé en 1960 par le ministère de l’agriculture ce département de l’enseignement initialement en charge de la formation des agriculteurs a su évoluer avec l’apparition de nouvelles professions mais aussi en lien avec le développement des territoires ruraux.

Le dernier dossier de veille de l’IFÉ (n°130 • Juin 2019) est consacré à cet enseignement agricole, synonyme d’ « enseigner autrement » (http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/130-juin-2019.pdf).

Le dossier revient sur une partie historique intéressante qui montre combien les injonctions contradictoires sur les productions agricoles aura eu d’influence sur l’enseignement en charge de former et d’accompagner les agriculteurs.

– Assurer une formation générale, technologique et professionnelle initiale et continue;

contribuer à l’insertion scolaire, sociale et professionnelle des jeunes, comme à celle des adultes (ajoutée en 1999);

participer à l’animation et au développement des territoires;

contribuer aux activités de développement, d’expérimentation et d’innovation agricoles et agroalimentaires;

participer aux actions de coopération internationale, notamment en favorisant les échanges et l’accueil d’apprenant.e.s et d’enseignant.e.s

Ce rappel des 5 missions que la loi confie aux EPELFPA, montre l’étendu du travail attendu mais aussi sa complexité. Ainsi, les « lycées agricoles » sont à la fois établissements d’enseignement général, technologique et professionnel. Dans un souci d’élévation du niveau général de la scolarité, la tendance est de favoriser davantage les disciplines scolaires au détriments parfois des apprentissages liés aux métiers. Le dossier constate ainsi que « bien que l’agronomie soit une discipline identitaire de l’enseignement agricole, sa part dans les curricula a diminué. Dans un objectif d’élévation du niveau de qualification, les horaires dévolus aux matières générales et aux disciplines de gestion ont augmenté, au détriment des enseignements de terrain. » De la même manière, de nombreuses questions restent posées quant à l’ « éducation de l’écocitoyen.ne », confrontée à l’enseignement de nombreuses disciplines qui peuvent y contribuer, mais aussi entrer en concurrence, alors que le sujet est fortement d’actualité, qu’il est au cœur du développement de l’agroécologie, même s’il fait largement débat dans le monde agricole.

Le second élément qui caractérise l’enseignement agricole est sa capacité à innover pédagogiquement et à prendre le » jeune » en compte dans sa globalité. Le dossier de l’IFé cite Etienne (2015) pour qui « la prise en compte de la singularité des personnes dans l’enseignement agricole favorise les apprentissages. » Il fait l’hypothèse que « les lycées agricoles sont situés à la croisée des chemins entre lycées traditionnels et micro-lycées de la seconde chance », leur plus grande marge d’autonomie leur permettant plus d’invention, que ce soit dans l’organisation des enseignements ou dans l’organisation du quotidien. En effet, l’utilisation de la pédagogie de projet, la dimension interdisciplinaire ainsi que l’organisation modulaire visent à davantage impliquer les élèves dans leurs apprentissages, à les mobiliser sur des démarches de recherches participatives et donc à les rendre plus acteurs de leur formation.

Avec l’enseignement des questions socialement vives (QSV), pour lequel l’enseignement agricole est pionnier, l’importance donnée à « la communauté éducative » (bien plus développée que dans l’éducation nationale) et l’enseignement socioculturel, l’enseignement agricole vise à former des professionnels et des citoyens en lien avec la réalité des territoires.

Deux écueils certainement qu’il convient de dénoncer afin de maintenir la spécificité de l’enseignement agricole :

– le risque d’une coupure avec le territoire puisque le relais avec les structures issues de l’éducation populaire, tels les foyers ruraux, sont largement fragilisés et moins en lien avec les projets socioculturels des établissements

– l’imposition progressive des réformes de l’éducation nationale alors que celles-ci disconviennent très souvent au fonctionnement original de l’enseignement agricole.

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Homosexualité : une bien plus grande tolérance, mais pas encore une normalité

« Pour vous l’homosexualité est-elle plutôt une manière comme une autre de vivre sa sexualité ? »

A cette question, les Français.e.s étaient 24 % à répondre positivement en 1975 (alors que pour 42 % c’était « une maladie dont il fallait guérir » et pour 22 % « une perversion sexuelle que l’on devait combattre »), aujourd’hui ce sont 85 % qui répondent par l’affirmative (contre 8 % qui la considère comme une maladie et 7 % une perversion sexuelle).

Bonne nouvelle que révèle l’Ifop dans une enquête de la Fondation Jasmin Roy et de la DILCRAH auprès de l’ensemble des Français sur leur perception de l’homosexualité, de l’homoparentalité et leur degré d’adhésion aux différents préjugés LGBTPHOBES.

D’autant que les résultats de l’étude mettent en évidence une acceptation croissante de l’homosexualité et de l’homoparentalité dans la société.

Ainsi 72 % des personnes interrogées accepteraient bien le fait que leur enfant soit homosexuel.le, seuls 33 % trouvent choquant qu’un couple homosexuel s’embrasse dans un lieu public, 83 pensent qu’un couple homosexuel est capable d’assumer son rôle de parent aussi bien qu’un couple hétérosexuel.

Des chiffres encourageants qui ne doivent pourtant pas masquer des disparités et le fait que «si l’homophobie au sens strict a fortement régressé, notamment depuis les premiers modes de reconnaissance juridique de la conjugalité et de la parentalité homosexuelle, force est de constater que des formes d’hétérosexisme restent prégnantes dans certains pans de la population qui adhèrent par exemple aux injonctions faites aux LGBT à rester invisibles ou en dehors de certains droits (ex : parentalité) » comme le précise François KRAUS (IFOP).

Ainsi l’usage d’insulte à caractère homophobe persiste et en particulier chez les jeunes (47 % des moins de 35 ans déclarent les utiliser), pour 20 % des sondés «certaines professions où l’on est en contact permanent avec des enfants devraient être interdites aux homosexuels» et un.e Français.e sur dix estime que «les violences contre les homosexuels sont parfois compréhensibles.»

Si l’on analyse plus finement la sociologie des répondants, le constat met en lumière le fait que les poches d’hétérosexistes persistent plus particulièrement chez « les personnes ayant un faible niveau socio-culturel, côtoyant peu de LGBT au quotidien ou encore sensibles à une rhétorique religieuse et une morale sexuelle très rigoriste pour ne pas réactionnaire. »

Les résultats de cette étude sont plutôt positifs. S’ils ne disent pas la banalisation de la place des LGBT dans la société, ils montrent une tendance grandissante à la tolérance. Ils invitent à surtout ne pas cesser d’agir pour lutter contre toutes les formes de discrimination. Ils incitent également à poursuivre et intensifier les actions d’éducation qui contribuent largement à casser les stéréotypes et à faire évoluer les mentalités vers davantage de tolérance et d’acceptation de l’autre tel qu’elle ou il est, pour faire des différences une normalité.

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Pas d’Éducation sans émotions

Pour une grande partie des élèves de classe de terminale -et pour leurs familles souvent aussi- s’achève une période de stress, celle de l’examen du baccalauréat. Elle a été précédée par l’angoisse de l’inscription en post-bac par le système parcour’sup et sera prolongée par l’incertitude des résultats qui se traduira par la joie de la réussite pour la plupart, la tristesse de l’échec pour d’autres…

Mais il n’y a pas qu’en terminale que les émotions envahissent le champ éducatif. Chaque élève vit sa scolarité en permanence aux travers de ses émotions et de celles des autres. Car familles, enseignants, camarades, personnels éducatifs, tout en cherchant à s’inscrire dans une attitude distanciée, éducative, professionnelle, réfléchie… n’échappe à pas à ses ressentis, ses affects.

Chance ou frein pour apprendre ou pour transmettre ? Sauf à se laisser déborder par elles, les émotions font partie intégrante de chaque individus et participent à la construction de nos relations collectives. Elle font donc partie intégrante de tout acte éducatif.

C’est à cette question difficile de la place des émotions à l’École que la revue Diversité consacre son n° 195 de mai-août 2019 (https://www.reseau-canope.fr/notice/diversite-n-195-mai-aout-2019.html )

Le première partie « L’émotion dans tous ses états », permet de faire un point sur ce que son les émotions et comment elles interviennent au quotidien. Dans la deuxième partie « Quand les émotions surgissent », il s’agit de prendre en compte leur surgissement dans des situations particulières (lors des attentats ou en cas de harcèlement…). Enfin la troisième partie « Des émotions et des jeunes » rend compte du compte des émotions avec l’activité ou les apprentissages scolaires.

Mais un élève doit-il être « heureux » à l’Ecole ? Ou tout du moins qu’est-ce qu’être un élève « heureux » ? C’est autour de cette question que Régis Guyon interroge Eva Illouz de l’EHESS et Edgar Cabanas, chercheur à l’université Camilo José Cela de Madrid, tous deux auteurs de Happycratie : Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies paru en 2018 chez Premier Parallèle.

Ils précisent que « l’éducation positive est progressivement devenue une priorité absolue dans de nombreux pays, avec un large éventail de programmes, axés sur le bonheur, destinés aux écoles primaires, aux collèges, lycées et aux universités. L’éducation positive est un bon exemple de la façon dont les scientifiques du bonheur agissent comme un canal pour les valeurs individualistes. » Ces valeurs individualistes reposent, selon eux, sur deux axes. Tout d’abord « la ferme conviction que les facteurs psychologiques sont des facilitateurs et des obstacles à l’apprentissage plus fondamentaux que les facteurs économiques ou sociologiques. Celle idée repose sur l’hypothèse que les problèmes éducatifs ont des solutions individuelles et non sociologiques. » Ce raisonnement conduit à affirmer que la solution aux problèmes scolaire dépend de l’élève et non du système. Toutes les dimensions sociales, économiques, culturelles, d’inégalité… sont minimisées voire écartées.

Mais, et c’est le second axe, « derrière l’éducation positive, il y a une intention claire de former un type d’élève et d’étudiant très particulier : les futurs entrepreneurs. L’élève idéal n’est plus celui qui privilégie la connaissance et la pensée critique, mais celui qui privilégie les compétences émotionnelles, développe l’estime de soi, la résilience et la confiance en soi ; fait preuve d’initiative ; construit une vision optimiste envers lui-même et le monde qui l’entoure ; et apprend à commercialiser ses compétences et ses capacités de la même manière qu’elle le ferait pour une entreprise. » Le risque d’un tel mouvement basé sur l’éducation émotionnelle conduit « à sur-infantiliser les élèves ou à leur fixer des attentes irréalistes quant à leurs capacités et à leurs parcours. » Ce qui ne les rend, de fait, pas plus heureux.

Pour Philippe Meirieu, autre interviewer du dossier, « il n’y a pas la transmission qui s’effectuerait exclusivement sur le registre du rationnel et auxquels certains seraient réfractaires parce qu’ils seraient figés dans le registre de l’émotionnel. La transmission, même apparemment rationnelle, véhicule de l’émotionnel. » Il précise que « l’acte pédagogique nécessite, tout à la fois, ce que j’ai appelé une hygiène professionnelle et qui consiste à mettre à distance les émotions – en acceptant la fécondité du principe d’intelligibilité maximale – et l’accompagnement lucide de transactions émotionnelles sans lesquelles l’accès à l’objectalité et à la rationalité des savoirs est impossible. »

Ainsi donc, s’il n’y a pas d’éducation sans émotion, reste à savoir les prendre en compte et leur donner leur juste place. C’est à cet éclairage que le numéro de Diversité participe.

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Lutte contre les inégalités sociales et scolaires : (trop) peu de progrès

En moyenne, « les 10 % des Français les plus aisés perçoivent des revenus 6,7 fois plus élevés que les 10 % les plus pauvres (Insee, 2016) après impôts et prestations sociales. Le 1 % le plus fortuné de notre pays possède 17 % de l’ensemble du patrimoine des ménages ; les 10 % les plus riches, presque la moitié (Insee, 2015). cinq millions de personnes pauvres vivent avec moins de 855 euros par mois pour une personne seule (Insee, 2016). »

Tels sont les constats du 3ème rapport sur les inégalités en France publié début juin 2019 par l’Observatoire des inégalités (https://www.inegalites.fr/L-Observatoire-des-inegalites-publie-le-troisieme-Rapport-sur-les-inegalites-en) .

Ces données ne sont certes pas nouvelles. Avec cynisme, il faudrait même avouer le risque de s’y habituer. Et là réside bien le problème. Ces chiffres ne diminuent pas au fil des années. Bien au contraire, les inégalités stagnent, voire elles augmentent. Ainsi « l’écart de niveau de vie moyen entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres est de 4 000 euros mensuels. Il est stable sur les dix dernières années et a augmenté de 833 euros mensuels sur 20 ans. » Quant au taux de pauvreté, s’il a légèrement diminué de 8,3 % à 8 % entre 2011 et 2016, il a globalement « augmenté de 7,3 % à 8 % entre 2006 et 2016. »

Ces inégalités sociales et économiques ont de lourdes incidences sur l’ensemble de la vie des plus pauvres. Santé, alimentation, logement, culture, loisirs, éducation… aucun domaine n’y échappe.

Et précise le rapport, cette « pauvreté ne frappe pas au hasard, elle a un visage : celui des catégories populaires (presque la moitié des personnes concernées ont au plus le brevet des collèges), des mères de familles monoparentales, des immigrés. Tordons le cou une bonne fois pour toutes à une idée répandue : les enfants pauvres n’existent pas. Leur pauvreté, c’est celle de leurs parents, liée au chômage, aux bas salaires, aux faibles montants des prestations sociales, aux ruptures familiales et aux discriminations. »

Quelles en sont les incidences sur l’Éducation ?

Là encore rien de nouveau par rapport aux travaux  de Marie-Aleth Grard et Jean-Paul Delahaye (2015_13_ecole_reussite , Rapport_IGEN-mai2015-grande_pauvrete_reussite_scolaire_421527 ). Une origine sociale des enfants qui influence fortement leurs résultats scolaires. Ainsi , « en CE2, les élèves les moins favorisés obtiennent une note moyenne de 57 sur 100 en français et de 58 en mathématiques, pendant que le quart issu des milieux les plus favorisés atteint respectivement 87 et 85 (ministère de l’Éducation nationale, 2017) ». Il en va de même pour l’orientation avec un « taux d’accès en seconde générale ou technologique deux fois plus élevé pour les élèves d’origine favorisée (84,8 % contre 42,4 %) que pour les élèves d’origine sociale défavorisée (ministère de l’Éducation nationale, 2012). » Des inégalité qui s’accroissent dans l’enseignement supérieur puisque « les enfants de cadres supérieurs sont 2,9 fois plus nombreux que les enfants d’ouvriers parmi les étudiants (ministère de l’Éducation nationale 2017-2018) alors qu’ils sont presque deux fois moins nombreux dans la population totale. Les enfants d’ouvriers représentent seulement 12 % des étudiants, 7 % des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles et 4 % des effectifs des écoles de commerce. L’université opère en master pratiquement le même tri social que les grandes écoles : si les enfants d’ouvriers composent 13 % des étudiants en licence, ils ne sont plus que 9 % en master et 7 % en doctorat. »

Quant à la parité dans les école d’ingénieurs, elle est pratiquement en panne : ainsi , « les femmes représentaient 26,8 % des élèves en 2005-2006. Dix ans plus tard, elles atteignent 28,1 %. À ce rythme, conclut l’étude, il faudrait 170 ans pour parvenir à la parité. »

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Citéco : l’économie a dorénavant son musée

Est-ce comme le dénonçait Alphonse de Lamartine une mise au cimetière (Je suis las des musées, cimetières des artsdans le Voyage en Orient) ou au contraire un échappatoire à la mort tel que le prônait André Malraux (le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mortdans La Tête d’obsidienne? Toujours est-il que ce 14 juin l’ancien siège de la Banque de France à Paris devient la cité de l’économie, Citéco, un musée dédié à l’économie et à la finance.

Pourquoi un tel musée ?

Le site de Citéco répond :

« Parce que tout le monde est acteur de l’économie

Parce que chacune et chacun apporte sa pierre à l’édifice dans son territoire, dans un monde hyper-connecté et ouvert

Parce que tout le monde participe, peut apprendre et comprendre

Nous offrons un lieu de vie et d’expériences ouvert à toutes et tous

Pour découvrir les concepts et mécanismes de l’économie, de la finance et de la monnaie

Pour s’amuser, manipuler et expérimenter

Pour s’émerveiller des trésors d’ici et d’ailleurs

Pour s’éblouir d’un joyau architectural néo-Renaissance

Pour se détendre, se rassembler et vivre des expériences hors du commun

Pour offrir à toutes et tous l’opportunité de mieux comprendre le monde ; d’agir en citoyen éclairé. »

Un lieu éducatif donc et citoyen.

Évidemment, le risque d’une telle patrimonialisation de l’économie est d’en faire un lieu doctrinaire, d’y imposer une seule vision, d’être au service d’un dogme. Pire encore de faire de l’économie (comme ailleurs de l’art) une fin en soi. En un mot de déifier l’économie : le veau d’or aurait ainsi trouver son temple !

Bien entendu un projet porté par La Banque de France, voulu par son gouverneur Christian Noyer et soutenu par la patronne du FMI Christine Lagarde ne peut qu’interroger sur la possibilité de voir exposée dans ces lieux la diversité des approches et des alternatives économiques.

Les six thématiques du parcours permanent : l’échange, les acteurs, les marchés, les instabilités, les crises (« que les institutions cherchent à réguler ») et la fonction bancaire fond davantage penser à une approche classique de l’économie de marché.

Mais il s’agit d’un musée. Donc d’une mise en espace et en scène. Moins que la vérité « vraie », le musée donne à voir une réalité mise en spectacle, représentée. « Ceci n’est pas une pipe » indiquait Magritte sur son tableau « La trahison des images » rappelant qu’il s’agissait de sa représentation d’un objet appelait pipe. Citéco n’est donc pas l’économie, mais une manière de l’interpréter et de la montrer. Le visiteur, tout à son admiration, n’en est pas moins appelé à rester critique et à réfléchir.

Gageons que dans cette optique Citéco ne peut qu’être qu’un outil efficace à l’éducation économique des citoyen.ne.s. Et rappelons tout l’intérêt de développer une « pédagogie de l’argent » comme nous l’avons montré dans le n°1 de la revue [R] en septembre dernier.

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de juin

Non ce n’était pas mieux avant !

Évidemment c’est Michel Serres qui nous l’affirme en une de ce [Quoi de 9 ?] de juin qui célèbre la lucidité et l’optimisme du philosophe qui vient de nous quitter, mais nous laisse avec la richesse de sa pensée dans l’ensemble de ses ouvrages.

Mais les autres articles de ce [Quoi de 9 ?] ne disent pas autre chose.

  • Denis Meuret l’affirme retraçant les effets positifs de la démocratisation scolaire

  • L’OCDE démontrant l’abandon de la « carte scolaire » augmente les inégalités entre les élèves.

  • le rapport du CESE rappelant combien l’Éducation populaire est d’actualité et innovante.

  • L’Éducation artistique et culturelle, formidable levier de démocratisation si elle s’éloigne de la passéiste « idéologie du don ».

  • L’Europe, qui au lendemain des élection, demeure notre espace d’avenir à construire.

Autant d’invitation à abandonner le déclinisme ambiant et à regarder vers demain.

C’est aussi le cas du troisième numéro de notre revue [R] qui revient sur les mutations de notre monde pour mieux nous inviter à agir.

Bonne lecture de ce nouveau [Quoi de 9 ?] avec ces 9 (et un peu plus) infos du mois de juin : quoi-de-neuf juin 19

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Travail collectif et collectif de travail

Évidemment la réalité évolue et l’image de l’enseignant isolé dans sa classe à la porte fermée est un peu jaunie. Pour autant, l’enseignement reste marqué par son caractère individuel et les injonctions au travail collectif se multiplient.

En avril 2018, l’Ifé consacrait un de ses dossier de veille (http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/124-avril-2018.pdf) à cette question du travail collectif des enseignants et constatait que pour l’enseignant, « nourrir sa professionnalité de l’expérience collective permet une reconnaissance de son travail » et que « coopération et construction d’une culture collective améliorent la professionnalisation, conçue comme une démarche collaborative ». Le dossier concluait donc que si cette « démarche collective peut être soutenue par des routines organisationnelles couplant organisation bureaucratique et collégialité (Spillane etal., 2016) » ou « favorisée par les textes prescriptifs », elle ne peut être imposée. Seuls les actrices et acteurs peuvent « déterminer de façon constructive et évolutive les règles de l’action collective », en reconnaissant «la pluralité des points de vue légitimes» (Bonvin, 2005) et s’emparer « des marges de manœuvre dont elles ou ils disposent en tant que professionnel.le.s de l’éducation. »

Dans le cadre du projet «Cross-curricular Teaching» (CROSSCUT) et d’une journée d’échanges (le 15 mai dernier) autour du travail collectif enseignant, l’Ifé revient sur cette notion et cherche à définir les conditions de sa mise en œuvre (http://ife.ens-lyon.fr/ife/partenariat/international/programmes-et-projets/crosscut/compte-rendu_journeee-echanges_crosscut_15-mai-2019/).

Plusieurs éléments sont à retenir de cette approche, parmi lesquels le fait que « le soutien de la direction, à la fois pour la mise en place et l’animation du travail collectif » soit indispensable. De fait, le travail collectif nécessite de s’inscrire dans un temps, dans un espace. La mobilisation autour d’un projet, d’un problème posé par les élèves ou par une réforme (comme celle du collège ou des EPI) peut en être le cadre, permettant une mobilisation au-delà de son cours ou de sa discipline. L’interdisciplinarité est d’ailleurs un critère principal de sélection des projets soumis aux CARDIE qui peuvent aussi être un levier important du développement des actions collectives.

De même le cadre des entretiens de carrière (PPCR) et plus globalement la démarche de développement professionnel peut conduire à envisager différemment la dimension collective, ce qui repose également la fonction de l’inspection.

Comment organiser le travail coopératif, veiller à l’interdépendance positive du collectif, pour que chaque enseignant.e trouve sa place et se sente responsable du travail du groupe? Cette question trouve certes des pistes de réponses dans des outils mobilisables, mais ce sont surtout le climat dans l’établissement et la formation qui permettent de fabriquer un espace de travail collectif voire collaboratif.

Il s’agit donc « de créer dans l’établissement un climat propice aux échanges professionnels et qui permette aux enseignant.e.s et personnels de direction de rester le plus possible centré.e.s sur les intérêts des élèves. » Cela passe par la capacité de mener « un diagnostic partagé en équipe pédagogique afin d’identifier les besoins d’apprentissage des élèves et engager un travail interdisciplinaire répondant à ces besoins », par la reconnaissance « des compétences ou expertises particulières de chaque personnel de l’établissement et leur mobilisation dans la construction des projets interdisciplinaires », par la valorisation « des projets existants par une plus grande formalisation par les personnels de direction et une insertion dans le projet d’établissement ».

Il s’agirait aussi d’ « organiser des formations dédiées dans les établissements » à travers un « véritable plan de formation aux pratiques collectives et/ou interdisciplinaires à mettre en œuvre dans les établissements, sur le modèle des formations d’initiative locale existantes. »

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[R] : éclairer un monde en mutation

Nul doute, le monde bouge, se transforme, mute. La recherche, la réflexion permettent d’éclairer ces évolutions et d’accompagner ces changements qui interrogent, déstabilisent parfois, enthousiasment aussi.

A sa mesure, notre revue [R] cherche à apporter ces éclairages.

Le troisième numéro qui vient de paraître (fin mai 2019) invite à voyager dans ce monde en mutation écologique, économique, culturel, éducatif, citoyen :

– en regardant lucidement ce que le recherche nous apprend du dérèglement climatique ;

– en analysant avec Xavier Pons, l’invité de notre grand entretien, la construction des politiques éducatives et leurs enjeux ;

– en imaginant avec notre partenaire Arts et Vie, ce qu’habiter le monde par un tourisme social, culturel et citoyen veut dire ;

– en interrogeant la notion de débat et son implication dans une société qui se rêve davantage participative sans trop savoir comment faire

– en considérant la culture comme une richesse à construire et à transmettre, à conserver et à inventer ;

– en s’inspirant d’un système éducatif original comme celui de l’Écosse ;

– en regardant le chemin parcouru de l’école et l’écran pour mieux questionner celui qui reste encore à faire pour une éducation par et à l’image.

80 pages pour un tour dans ce monde en mutation, avec des étapes, des pauses et des respirations. Comme toujours des indications pour « aller plus loin », des conseils de lecture. Des pistes de réflexion et pourquoi pas…d’action afin de prendre part à la transformation de notre monde.

Le numéro 3 de la revue [R] est disponible auprès du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation (celine.pourtier@unsa-education.org). Il peut être acquis au numéro au prix de 15 euros et par abonnement (35 euros pour trois numéros).

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« Petite Poucette » est orpheline

Ce matin « Petite Poucette » est triste. Ses doigts sont gourds sur le clavier. Ses messages remplis de larmes.

« Petite Poucette » est orpheline.

Michel Serres s’en est allé. Ultime voyage vers le grand large pour le philosophe navigateur.

Et nous voici nous aussi, un peu orphelins. Nous venons de perdre un ami de la famille.

Certes, nous ne le connaissions pas bien. Juste sa voix à la radio. Son image à la télévision. Mais surtout la profonde pensée, la réflexion éclairante, l’image juste et questionnante de chacun de ses livres.

A l’inverse de la pièce de Luigi Pirandello, Michel Serres, pédagogue, fut en permanence un auteur en quête de personnages. Un pour chaque concept développé, pour chaque idée exposée, pour chaque nouvelle réflexion. Et la galerie des portraits est longue. Celle des personnages qui peuplent ses plus de 80 livres et qui nous guident dans la compréhension d’une pensée complexe qui relient toutes les disciplines et s’appuie, comme le faisaient les philosophes antiques, au départ sur les avancées de la science.

Qu’on ne s’y trompe pas, Michel Serres n’est pas toujours facile à lire. Espiègle, il l’était aussi dans sa manière de nous conduire, sans toujours nous le dire, vers des abîmes de réflexion. Partis confiants pour un peu de canotage intellectuel, combien de fois, nombre d’entre nous, ses lecteurs, nous sommes nous retrouvés face à la houle des interrogations, au vent violent de la pensée, aux vagues des incertitudes. Mais le lieutenant de vaisseau Serres tient bon la barre et sait nous conduire à bon port.

Alors aujourd’hui, nous sommes un peu tristes et orphelins, comme « Petite Poucette ». Même les « grands-pères ronchons » ont une larmes à l’œil en marmonnant « C’était mieux avant » et ajoutant « quand Michel était encore là ». Mais Hermès, nous le rappelle : Michel Serres est immortel (au-delà du fait qu’il était académicien -sans épée). Le « gaucher boiteux » nous laisse ses livres et la richesse de sa pensée pour nous entraîner encore dans de nombreux nouveaux voyages.

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L’ÉDUCATION POPULAIRE, UNE EXIGENCE DU 21ÈME SIÈCLE (le rapport du CESE)

Adopté avec une très large majorité (166 votes favorables, 5 contre et 4 abstentions), le rapport du Conseil Économique, Social et Environnemental sur « l’Éducation populaire : un exigence du 21è siècle » doit désormais convaincre les décideurs, et en tout premier le ministre en charge de ce secteur, de porter la politique volontariste proposée au travers des 20 préconisations, décrite ci-dessous dans le document de synthèse du CESE.

« L’actualité de ces six derniers mois démontre l’urgence d’ouvrir des espaces permettant aux citoyens et aux citoyennes de s’exprimer, d’échanger, de participer aux débats qui alimentent notre société et surtout d’être entendus et ainsi de contribuer réellement aux décisions locales comme nationales. Parce qu’elle irrigue la société, qu’elle facilite la citoyenneté et l’engagement dans la cité, l’éducation populaire est un réel atout pour mieux « faire société ». Son approche bienveillante, sa reconnaissance que chacun « est capable », ses méthodes actives, tout comme sa volonté d’émancipation des femmes et des hommes, son approche critique, sont autant d’aspects qui peuvent alimenter la recherche de formes et d’espaces nouveaux de démocratie, de participation, de co-production et d’actions concrètes au plus près des réalités vécues. L’éducation populaire s’inscrit dans un projet politique de justice sociale et d’émancipation. Sa capacité de recherche et d’innovation sociale en fait aussi un laboratoire utile à l’intérêt général. L’enjeu de cet avis est de mettre en lumière la modernité de l’éducation populaire. Il propose vingt préconisations concrètes pour contribuer à restaurer et valoriser ses démarches, permettre aux multiples actrices et acteurs de sortir de l’invisibilité et les accompagner dans la nécessaire réforme de leur fonctionnement pour leur permettre de s’inscrire dans une dynamique de renouveau. Elles s’articulent autour de cinq grands axes : investir dans les politiques publiques d’éducation populaire pour contribuer à réconcilier la société ; développer le lien social pour conforter la citoyenneté ; sécuriser le modèle économique ; former les différents acteurs et reconnaître leurs compétences ; favoriser l’engagement et renouveler la gouvernance.

LES PRÉCONISATIONS DU CESE

INVESTIR DANS LES POLITIQUES PUBLIQUES D’ÉDUCATION POPULAIRE POUR CONTRIBUER À RÉCONCILIER LA SOCIÉTÉ

A cette fin, le CESE préconise :

  • l’engagement d’un plan national volontariste dont l’objectif sera de faire vivre sur tous les territoires au moins un équipement pluridisciplinaire, lieu de rencontres, de partage et de débat, en mobilisant pour cela les organisations d’éducation populaire de ces territoires ;

  • que soit nommé, de façon pérenne auprès du Premier ministre, une ou un délégué interministériel à l’éducation populaire ;

  • un renforcement significatif des moyens humains et financiers de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) ;

  • que soit créé et animé, en pleine association avec les actrices et acteurs de l’éducation populaire et des collectivités territoriales, un fonds de soutien à l’innovation et à l’expérimentation ;

  • que le champ de la recherche dans les domaines de l’éducation populaire fasse l’objet d’un soutien accru dans le cadre de la future loi de programmation de la recherche.

    DÉVELOPPER LE LIEN SOCIAL POUR CONFORTER LA CITOYENNETÉ

    A cette fin, le CESE préconise :

  • un plan de relance des projets éducatifs de territoire en en faisant un outil permettant la synergie de l’action des co-éducateurs sur leur territoire avec les établissements scolaires ;

  • de renforcer le Parcours citoyen au collège et au lycée en favorisant le travail partenarial entre les actrices et acteurs de l’Éducation nationale et ceux de l’éducation populaire ;

  • la relance des colonies de vacances et des classes de découverte par la sécurisation de leur cadre juridique et administratif et le retour à un niveau de financement public permettant le départ de chaque enfant au moins trois fois durant sa scolarité ;Êque, sous réserve de l’évaluation des actions réalisées, le dispositif des Fabriques d’initiatives citoyennes soit pérennisé et doté de moyens suffisants pour qu’il puisse se déployer ;

  • l’intégration dans les conventions collectives, grâce à la négociation entre partenaires sociaux, d’une mesure permettant d’accompagner les salariées et salariés des entreprises sans Comité social et économique.

    SÉCURISER LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

    A cette fin, le CESE préconise :

  • de favoriser le recours à la convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) comme mode de financement de l’activité des structures d’éducation populaire ;

  • d’augmenter le nombre de « postes Fonjep » en direction des organisations d’éducation populaire afin de stabiliser et de renforcer leurs actions dans la durée ;

  • la stabilité du cadre fiscal spécifique aux organisations d’éducation populaire au titre du caractère désintéressé de leur gestion, de l’impartageabilité de leurs bénéfices, du but non lucratif et de leur contribution à l’intérêt général conformément à la Charte des engagements réciproques.

    FORMER ET RECONNAÎTRE LES COMPÉTENCES

    A cette fin, le CESE préconise :

  • d’identifier et de coordonner l’offre de formation initiale et continue aux métiers relevant de l’éducation populaire ;

  • après étude, d’ouvrir le Compte engagement citoyen (CEC) à tous les bénévoles qui s’investissent au moins 200 heures par an dans des actions associatives et d’envisager l’abondement du CEC par le compte personnel de formation ;

  • un investissement fort dans la formation des bénévoles en abondant significativement le Fonds de Développement de la Vie Associative (FDVA – Formation des bénévoles ou FDVA).

    FAVORISER L’ENGAGEMENT ET RENOUVELER LA GOUVERNANCE

    A cette fin, le CESE préconise :

  • de développer le Passeport Bénévole®, de le promouvoir dès le lycée pour le rendre accessible à tous et toutes et de renforcer les moyens d’accès aux services civiques dans les organisations d’éducation populaire ;

  • de populariser les articles 10 et 43 de la loi «Égalité et citoyenneté» de janvier 2017 et de faire une évaluation régulière de son application. Cette loi permet à tous bénévoles de bénéficier d’un congé pour siéger dans l’organe d’administration ou de direction d’une association. Elle permet aussi à des jeunes de 16 ans d’en assumer l’administration ;

  • d’expérimenter l’extension, au-delà de six ans, du crédit d’impôt permettant de couvrir les charges liées à la garde d’enfants afin de promouvoir la parité dans les instances statutaires des organisations de l’éducation populaire ;

  • d’inciter les structures de l’éducation populaire à limiter pour leurs dirigeantes et dirigeants à trois le nombre de mandats consécutifs ou à neuf ans, à favoriser l’accès des jeunes et à garantir la parité dans leurs instances statutaires. »

Retrouver sur le site du CESE la séance plénière du 28 mai : https://www.lecese.fr/content/le-cese-adopte-son-avis-sur-leducation-populaire

et ici l’ensemble du rapport : 2019_12_education_populaire

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Et l’on reparle (enfin) d’Éducation populaire

En pleine revendication de plus de participation citoyenne, de la part des « gilets jaunes » et d’autres, nous avions poussé un cri d’alerte : aurait-on oublié l’Éducation populaire ? (https://centrehenriaigueperse.com/2019/01/16/aurait-on-oublie-leducation-populaire/)

Nous avons en effet en France une démarche, déjà ancienne (plus de 150 ans), mais loin d’être ringarde, d’implication des citoyens à la transformation de la société grâce à une éducation culturelle et politique partagée, portée par les pairs de manière transversale et bienveillante.

Une démarche certes qui a connu ses heures de gloire dans des temps passés (la fin du XIXème siècle, le Front populaire, la Libération…), mais qui depuis n’a cessé d’agir et d’innover au quotidien et dans la proximité.

Par chance, nous ne sommes pas les seuls à nous en être souvenus. Le Conseil économique social et environnemental s’est auto-saisi d’un rapport sur cette éducation populaire trop souvent méconnue et en a confié la rédaction à Christian Chevalier de l’UNSA et Jean-Karl Deschamps de la Ligue de l’Enseignement.

La séance plénière du CESE d’aujourd’hui se réunit pour entendre l’avis ainsi que les préconisations et les adopter.

L’objectif d’un tel rapport est triple :

– redonner de la visibilité à l’Éducation populaire, montrer la modernité de son ambition et de ses pratiques ;

– proposer un plan volontariste de soutien aux associations, mouvements et services de l’Éducation populaire souvent confrontés à la concurrence du privé commercial par les appels d’offres, l’absence de vision à moyen et long terme, l’absence de soutien des responsables politiques et du ministère qui en est en charge ;

– mais surtout, il s’agit de mettre en évidence que la fracture sociale, culturelle, citoyenne n’est pas une fatalité, que l’émancipation individuelle et collective est possible, que réconcilier la société commence par des actions du quotidien et de la proximité. Que cet apport est présent sur l’ensemble des territoires sous de multiples formes. Qu’il est déjà à l’œuvre et qu’une politique volontariste d’accompagnement permettrait la démultiplication de son engagement.

Le rapport du CESE sera à retrouver dans un prochain article, juste après la séance plénière de cet après-midi. Pour en savoir davantage, vous pouvez d’ores et déjà consulter le site du CESE : https://www.lecese.fr/content/leducation-populaire-une-exigence-du-21eme-siecle

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En éducation artistique et culturelle (aussi), les inégalités sociales restent encore (trop) souvent un impensé

 

Dans Les Héritiers. Les étudiants et la culture (Paris, Éditions de Minuit, 1964) Pierre Bourdieu et Jean Claude Passeron dénonçaient « l’idéologie du don » consistant à ne concevoir la transmission de la culture qu’au travers du prisme du comportement individuel de l’enfant ou du jeune, son comportement, son attitude, son intérêt, son don pour l’art.

L’éducation artistique et culturelle a pour vocation la démocratisation culturelle. La mise en œuvre des plans successifs de développement de l’EAC. Du parcours inscrit dans la loi de refondation à sa place dans les TAP, jusqu’au ville-laboratoire « 100 % EAC », l’ensemble des dispositifs visent l’implication de chaque enfant dans une approche artistique. Artistes, enseignants, animateurs forment le triptyque des professionnels qui interviennent, mettent en place et fond vivre cet éveil sensible, tant par la découverte des œuvres que par des ateliers de pratiques.

Pour autant, les disparités sociales continuent à jouer un rôle important dans la réception de ces démarches auprès des enfants. Une étude menée par le Laboratoire étude, recherche, formation en action sociale (LERFAS) entre 2015 et 2017 de six dispositifs soutenus par le FEJ est édifiante sur ce point. Répartis dans des contextes sociaux et territoriaux hétérogènes (urbain, péri-urbain, rural, non REP, REP+) portés par des structures à caractère associatif ou public, les activités proposées touchent plusieurs disciplines artistiques : cinéma, théâtre, danse, musique baroque, musique classique, arts plastiques, se déroulent dans le temps scolaire et/ou périscolaire et prennent forme à travers la réalisation d’ateliers.

Lorsque les enfants sont interrogés leur appréciation « varie en fonction du milieu social d’origine. Ce sont les enfants dont les parents sont issus des catégories cadres et professions intellectuelles supérieures qui déclarent plus fréquemment apprécier les activités proposées, contrairement aux enfants d’ouvriers, employés ou sans activité professionnelle qui se déclarent plus indifférents. Par exemple, 93 % des enfants de cadres déclarent apprécier de « découvrir de nouvelles choses », contre 76 % des enfants d’ouvriers. »

Il en va de même face à un spectacle, bien que ceux-ci apparaisse comme un vecteur de la démocratisation culturelle. Ainsi, « si 77 % des enfants déclarent apprécier faire un spectacle, ce sont les enfants d’employés et d’ouvriers qui déclarent plus souvent ne pas apprécier cela, contrairement aux enfants de cadres, professions intellectuelles supérieures ou professions intermédiaires. »

La recherche fait également apparaître que les artistes intervenants dans les dispositifs d’éducation artistique et culturelle sont rarement sensibilisés et donc encore moins formés à la prise en compte de ces disparités sociales : « les évaluations révèlent qu’un certain nombre d’artistes n’appréhendent pas les inégalités de pratiques entre les enfants en fonction des inégalités sociales. Certains intervenants, en effet, nourrissent peu, voire pas d’intérêt pour le milieu social et culturel de leur public. Dans leurs discours, le don ou encore la personnalité de l’enfant opèrent comme des clés de lecture permettant de justifier ces différences. »

Un élément pourtant essentiel à prendre en compte si l’on souhaite que le développement de l’éducation artistique et culturelle contribue à lutter contre les inégalités et apporte à chaque enfant et jeune une ouverture sur le monde, une approche sensible, des moyens de s’exprimer et d’être.

Retrouvez les résultats de cette études dans une note d’analyses et de synthèse de l’INJEP : http://injep.fr/wp-content/uploads/2019/03/IAS22_educationculturelle_BD.pdf

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Focus PISA : le libre choix de l’école augmente, les inégalités scolaires s’aggravent

« Les pays où la ségrégation sociale s’est le plus accentuée sont ceux où l’utilisation du lieu de résidence comme critère d’admission a reculé », tel est le constat d’un focus, à partir de l’analyse des résultats des évaluations PISA, que l’OCDE vient de publier (mai 2019).

Il y a, selon l’étude, un lien indéniable entre l’utilisation du lieu de résidence comme critère d’admission dans les établissements scolaires et les caractéristiques socio-économiques des élèves qui y sont scolarisés.

Ainsi, dans la majorité des pays étudiés, le libre choix de l’établissement laissé aux parents conduit à une concentration des élèves défavorisés dans quelques établissements.

Inversement, l’attribution du lieu de scolarisation en fonction du lieu d’habitation entraîne un équilibre socio-économique entre tous les établissements ou une grande majorité d’entre eux.

En effet, l’enquête fait apparaître que « lorsqu’on les interroge sur les principaux critères qu’ils prennent en compte lors du choix de l’établissement de leur enfant, la majorité des parents, et en particulier ceux de milieux défavorisés, citent la distance parmi les facteurs les plus importants. »

A cela s’ajoute le fait que de nombreuses familles ne connaissent pas ou ne savent pas distinguer ou ne peuvent pas se permettre financièrement de profiter de l’offre pédagogique ou éducative différente pouvant être offerte dans des établissements mis en concurrence. Alors que les familles proches de la culture scolaire savent très bien utiliser ce marché scolaire concurrentiel.

Une carte scolaire stricte serait donc la solution à la mixité scolaire ?

Pas uniquement, puisque, lier le lieu d’habitation et l’établissement scolaire ne peut créer de la mixité scolaire que s’il y a mixité socio-économique sur son territoire de recrutement.

Par contre déréguler les périmètres scolaires revient à aggraver les inégalités socio-économiques entre les établissements.

Or, entre les successives évaluations PISA, particulièrement entre les résultats 2000 et 2015, le nombre d’élèves dont le critère d’attribution d’un établissement dépend de son lieu d’habitation, a fortement baissé. La liberté de choix scolaire est de plus en plus majoritairement laissé au parents. Les inégalités scolaires augmentent.

Pour en savoir plus sur les éléments de ce focus PISA :

https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/943456f0-fr.pdf?expires=1558703171&id=id&accname=guest&checksum=D34F37A600438F1CF85F51D118F105DB

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Éducation : « c’était mieux avant » pas vraiment , mais « peut (encore) mieux faire » c’est certain !

Qui n’a pas entendu (à l’image des « grands-pères ronchons de Michel Serres) l’idée que l’Éducation -ou du moins l’École- c’était mieux avant.

Pas vraiment, répond Denis Meuret (Professeur en sciences de l’Éducation à l’université de Bourgogne-Franche-Comté) dans le dernier numéro hors série de Sciences humaines consacré « aux enjeux de notre temps.

Par vraiment, d’abord parce que rien ne permet de mesurer ce (fameux) déclinisme. Dans les années 1960 « il était impossible de comparer sérieusement les systèmes éducatifs » affirme le chercheur, avant de préciser qu’« aujourd’hui, c’est un progrès, nous pouvons le faire, même si c’est d’une façon encore largement perfectible. »

Pas vraiment parce que si « un tiers des adultes en France souffrent d’un manque de compétences en numératie et/ou en littératie, ce qui représente cinq point de plus que la moyenne des pays de l’OCDE », cela concerne les plus âgés et est à mettre en relation avec leur moindre scolarisation. La France a en effet tardé à démocratiser l’école avec la mise en place du collège et du lycée, puis l’université.

Pas vraiment parce que c’est cette démocratisation scolaire qui a permis une élévation du niveau de compétence, mais aussi de salaire comme l’a montré l’économiste Eric Maurin. Ce qui fait dire à Denis Meuret que « tout ce qui tire vers le haut les qualifications de ceux qui entrent sur le marché du travail tend donc à diminuer les inégalités salariales. »

Quand aux inégalités sociales, en s’appuyant sur une récente étude du sociologue Louis-André Vallet, l’auteur déduit que « le système d’enseignement a joué un rôle majeur » dans la réduction des inégalité sociales dans la société française, à la fois « en réduire l’inégalité des chances face à l’école et en allongeant la durées des études. »

Ainsi donc, vraiment ce n’était pas mieux avant. Et l’on doit à la démocratisation scolaire puis universitaire le développement social, économique, intellectuel du pays.

Est-ce pour autant que tout va bien au royaume de l’Éducation ? Pas vraiment, non plus…

Pas vraiment parce la France est le pays de l’OCDE dans lequel l’effet de l’environnement familial (donc social et culturel) est le plus important par rapport au niveau d’acquisition des compétences des élèves.

Pas vraiment parce que les résultats des élèves issues de l’immigration (première et deuxième générations) demeurent (et même après correction des effet induit par le niveau sociale de leurs familles) bien plus faible que celui des enfants autochtones mais aussi bien mois élevés que celui de leurs homologues dans les autres pays de l’OCDE.

Pas vraiment parce que les « politiques ciblées sur les élèves en difficulté donnent des résultats décevants » ajoute le chercheur.

Le système scolaire français peut donc (encore) mieux faire. Il s’y emploi déjà. Mais si certaines réformes vont dans le bon sens, d’autres risquent de conduire à des reculs. Ainsi en est-il du redoublement, encore trop élevé mais dont la réduction a permis de réduire le taux d’échec scolaire. Qu’en sera-t-il de son retour ? De même pour la suppression des EPI en collège alors qu’il s’agissait là d’une piste intéressante.

La relation parents-enseignants est aussi une piste de (grande) amélioration possible, tout comme les évolutions pédagogiques (travaux de petits groupes, pédagogie de projet…)

Enfin reste le ressenti des enseignants qui impacte leur implication et la priorité faite à la politique éducative. 5 % des enseignants de collèges « estiment que leur métier est valorisé par la société contre 31 % en moyenne dans les 50 pays de l’enquête Talis de 2013 » rappelle Denis Meuret. A la question « Globalement, ressentez-vous de la reconnaissance et du respect dans votre pratique professionnelle ? » du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation 2019, seulement 28, 2 des enseignants répondent positivement soit 8 points de moins qu’en 2018. Sur ce point, vraisemblablement, ce devait être mieux avant !

(Bons points et fragilités du système scolaire par Denis Meuret, Sciences Humaine Hors-série, Mai-juin 2019)

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« L’Europe : un espace plutôt qu’un territoire » selon Arnauld Leclerc

Les élections européennes auront lieu dans 10 jours. Dans le cadre d’une réflexion/formation sur l’Europe, le [C@mpus] du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation a organisé un échange avec Arnauld Leclerc professeur des universités, directeur de la chaire de philosophie de l’Europe à l’université de Nantes

Cet article tente de mettre en évidence les points saillants de l’exposé et des riches échanges qui ont eu lieu entre notre intervenant et les militants fédéraux.

Pour débuter sa présentation Arnauld Leclerc a rappelé quelques données certes connues, mais que l’on oublie trop souvent.

L’Europe est

la 3ème zone démographique du monde,

la 1ère zone économique et d’investissement,

la 1ère zone commerciale du monde,

la 2ème zone monétaire du monde,

la 1ère puissance agricole mondiale mais aussi la 1ère pour les services,

la 1ère zone touristique (elle accueille 1 touriste sur 2).

Avec 7,8% de la population mondiale, elle concentre 30% de la richesse mondiale.

Dans les 6 mois qui viennent, toutes les instances de la communauté européenne vont être renouvelée (Parlement, Commission, Présidence du Conseil de l’Union, Présidence de la BCE).

Nous sommes donc à une période importante pour l’Europe qui s’est façonnée au fil de l’histoire et dont on peut mettre en lumière trois étapes, trois époques  de construction :

l’enfance de l’Europe : qui porte en elle une image un peu romantique, naïve mais qui symbolise l’espoir de paix (Kant)

l’adolescence de l’Europe (aux XIXè et XXè siècles) qui voit la montée des nationalismes et également une conception européenne portée par le nazisme

l’âge adulte de l’Europe, depuis la Libération qui construit une Europe économique, politique, culturelle.

Cette Europe politique s’inscrit dans une construction progressive reposant sur les notions :

d’État de droit

d’économie de marché…

• …à vocation sociale

de démocratie

Pourquoi faire l’Europe ?

Essentiellement pour la paix.

Et cet argument tient jusqu’au traité de Maastricht et la chute du mur de Berlin.

Face à la crise des années 1990, la paix n’est plus une justification. Apparaissent alors les premières réticences, voire résistances, longtemps masquées par un consensus permissif, mais renforcées par la crise de 2005, l’euro, les migrations.

2 grandes questions sont aujourd’hui en débat :

– L’Europe doit-elle avoir une fonction politique ou seulement une fonction économique ?

– Quelle doit être la place de l’union européenne face à la mondialisation et son flux de communication

Les réponses à ces questions entraînent quatre positionnements distincts que l’on peut représenter ainsi :

Pour une Europe politique

Contre une Europe politique

Contre la mondialisation

L’Europe forteresse (fédéralistes)

Repli sur l’Europe des Nations

Pour la mondialisation

Europe cosmopolite et transnationale (plus une vision intellectuelle que politique)

L’Europe du grand marché (Anglais)

L’enjeu des élections à venir est de voir quel est le modèle qui progresse, avec le risque d’une montée des partis populistes (des droites extrêmes), un affaiblissement des groupes majoritaires (le PPE à droite, les sociaux-démocrates à gauche). La question du poids du futur parlement se pose.

Quelques éléments du débat :

Le consensus permissif ?

De 1957 aux années 1980 la majorité de l’opinion publique est favorable à l’Europe même si c’est sous la forme d’un chèque en blanc aux élites qui soutiennent ce projet. L’Europe est encore mal connue et pèse peu sur le quotidien des européens.

Après les années 1980 : l’opinion devient critique alors que l’essentiel des lois nationales ont une origine européenne.

Construire un espace politique européen entraîne forcément des oppositions. L’absence d’une construction identitaire pose problème et interroge le développement de l’union européenne : doit-il passer par la monnaie ? Par la défense ?…

De fait un consensus de façade cache de véritables différences de points de vue qui finissent par éclater (Brexit)

L’Europe : un territoire ?

L’Europe, c’est moins une géographie physique qu’une géographie intellectuelle. L’Europe est davantage un espace, régulé et pacifié par des outils juridiques. Ce n’est pas un territoire avec un modèle vertical, mais plutôt des relations horizontales entre les différentes sociétés qui la composent.

L’identité européenne ?

Elle se construit dans le relationnel. Elle est donc dynamique et inscrite dans le temps. Dans la construction identitaire c’est la relation à l’autre qui permet de se construire soi (Ricoeur). Il est donc nécessaire pour se définir de chercher à l’extérieur, les choses qui viennent d’ailleurs.

L’identité renvoie aussi à la citoyenneté. Il s’agit de valeurs, de droits, de projets partagés. Or la citoyenneté européenne est au niveau zéro. Les droits européens sont ridicules. 5 % des européens vivent en dehors de leur État, mais seulement 50 % d’entre eux utilisent les droits européens.

La défense européenne ?

Un projet qui n’a pas marché ? Tant mieux… S’il s’agit d’un soft power, d’une zone d’influence qui se redéfinit en permanence alors oui l’Europe a un rôle à jouer. Mais construire une défense armée instaurée une fois pour toute, cela peut être dangereux. L’Europe n’a pas vocation à devenir une puissance sur le modèle de l’État.

La monnaie européenne ?

Les pères fondateurs de l’Europe avançaient avec une logique de petits pas. La création d’un espace économique unifié (mené par J. Delors) devant conduire à la monnaie unique. La Théorie de Robert Mundell impose que les économies soient homogènes au sein d’une même monnaie. Or en Europe du Nord il y a un fort investissement entrepreneurial lié à l’industrie alors que l’Europe du Sud connaît un déficit structurel avec un niveau de formation des salariés plus faible et une économie qui repose beaucoup sur le tourisme ou des services non exportables. Pour que la monnaie unique puisse être viable il faut une économie de transferts : des mécanismes de régulation et une démarche solidaire. Ce n’est pas le cas dans l’union européenne actuelle, sauf à la marge.

L’Europe à plusieurs vitesses ?

L’Europe se construit par strates. Il y a toujours eu plusieurs cercles avec des pays membres et des coopérations renforcées. L’Europe d’Erasmus (33 pays) n’est pas celle de la Recherche, de Schengen, de l’Euro (17 pays)…

L’Europe est un ensemble de politiques avec, à chaque fois, des tours de table différents qu’il s’agit de coordonner.

Espace politique européen ?

En fait il s’agit d’un espace démocratique transnational. Le cœur des politiques reste dans les États. On reproche souvent à la commission ce que l’on ne reprocherait pas à sa mairie, alors que le fonctionnement européen est très transparent et que c’est la Conseil de l’Union, c’est-à-dire la réunion des chefs d’État qui a de plus en plus le pouvoir. La difficulté est de trouver des compromis entre la Commission, le Parlement et le Conseil.

L’Europe politique repose sur une logique de compromis entre les groupes politiques au Parlement, entre les États au Conseil, entre la Commission, le Parlement et le Conseil. Ce système empêche la constitution d’un espace politique classique. Ainsi en 2000 tous les gouvernements des pays européens étaient à gauche comme le Parlement et la Commission, en 2010, ils étaient tous passés à droite. Or, les orientations politiques n’ont pas changé. Construire un espace politique européen suppose des lieux de débat, de critique dans les différentes sociétés européennes mais où les options politiques sont lisibles.

Quitter l’Europe ?

Avant le Brexit, beaucoup d’États se posaient la question et la tentation aurait été forte si cela avait positif. Mais les effets assez lourds du Brexit, même s’ils affectent peu l’économie, pour l’instant, et ont fait chuter la monnaie britannique de 15 %, refroidissent. Il faudra attendre le bilan, mais déjà l’impact politique en Angleterre est conséquent. Du coup, la plupart des partis populistes de droite ont renoncé à présenter la sortie de l’Europe comme une option (ex : le FN, le parti d’extrême droite suédois…). Il y peu de rêves de rupture aujourd’hui.

Plus d’Europe, mieux d’Europe ?

Il y a une demande de sens de la construction européenne. Il s’agit de retrouver un projet global. Il devrait être dans sa vocation sociale. Mais comment conserver une protection acquise il y a 70 ans et régulièrement remise en cause ? Il s’agit de faire que ces mécanismes sociaux ne se délitent pas alors que l’Europe a les plus fortes dépenses sociales du monde.

L’idée n’est pas de faire plus d’Europe à Strasbourg ou à Bruxelles, mais il faut surtout faire vivre l’Europe, l’idée européenne, parler de l’Europe dans les territoires nationaux. Pour se développer l’Europe doit occuper plus de place dans les médias, l’éducation, la réflexion quotidienne dans chaque pays membre de l’union.

Le point fort ?

C’est de ne pas raisonner à l’échelle d’une société mais d’un ensemble de 500 millions de citoyens qui pèse dans un monde globalisé.

Le point faible ?

Le risque de délitement des mécanismes sociaux.

 

Pour en savoir davantage sur Arnauld Leclerc et ses travaux : https://www.univ-nantes.fr/version-francaise/m-arnauld-leclerc-225989.kjsp

ainsi que sur la chaire de philosophie européenne de Nantes : https://alliance-europa.eu/fr/

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Contre les discriminations : dire et agir

1 634 actes LGBTphobes. C’est le nombre de « cas » que SOS homophobie relève pour l’année 2018 dans son baromètre annuel. Soit 9 % d’augmentation par rapport à 2017.

Un candidat perçu comme étant d’origine maghrébine a en moyenne un tiers de chances en moins de recevoir une réponse à sa demande de logement. C’est le constat d’une étude menée par SOS racisme.

Discriminations à l’embauche, au logement, dans le sport… Insulte, violence, harcèlement, agressions. Grossophobie, LGBTphobie, racisme, antisémitisme, sexisme…

La liste est longue.

Certes les actions de prévention et de lutte existent. Elle sont à saluer.

Alors que s’ouvre le festival de Cannes, il faut rappeler que c’est du monde du cinéma qu’est venue cette action d’ampleur visant à libérer la parole, combattre le sexisme et les violences faites aux femmes.

Le cinéma tente aussi de rompre le silence dans le sports. Ainsi sur le mode sérieux du documentaire avec « Footballeur et homo, au cœur du tabou », réalisé par Yoann Lemaire et Michel Royer ou avec l’humour de la comédie des « Crevettes pailletées » de Cédric Le Gallo, Maxime Govare, l’homophobie est dénoncée.

Une vague de haine a pourtant accompagné la Une du magazine l’Équipe qui dénonçait l’homophobie dans le sport…

Si les « professionnels du logement » cherchent à lutter contre les discriminations, ce sont les particuliers qui sélectionnent le plus sur le patronyme, l’origine, la couleur de peau…

Il est difficile de dire la souffrance d’être rejeté pour ce que l’on est et les discriminations peuvent conduire de la « tristesse, au repli sur soi, à l’inquiétude, l’angoisse, la dépression, aux conduites à risque et à des tentatives de suicide », comme le rappelle SOS Homophobie.

Alors que celle des agressé.e.s tente d’être libérée, celles des agresseurs se fait également plus entendre…au risque d’être banalisée.

Il s’agit donc de « ne baisser ni les yeux, ni les bras » pour reprendre l’éditorial du rapport de SOS homophobie.

De ne rien laisser passer. De dire et d’agir !

Le baromètre de SOS homophobie est consultable ici : rapport_homophobie_2019_interactif

L’enquête de SOS Racisme est à retrouver sur leur site : https://sos-racisme.org/discrimination-au-logement-un-rapport-edifiant/

illustration : https://education.francetv.fr/matiere/education-civique/premiere/video/lutte-contre-les-discriminations

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de mai

Un 9 mai particulier sur lequel revient [Quoi de 9 ?] puisque c’est aujourd’hui jour de grève dans la fonction publique.

C’est aussi la « journée de l’Europe », 69 ans après le discours fondateur de Robert Schuman.

Au sommaire de ce [Quoi de 9 ?] de mai 2019, vous trouverez aussi  :

le projet culturel algérien « L’art est public »

une réflexion sur la Recherche et l’Éducation

les résultats d’une étude sur l’éducation permanente au prisme d’un regard syndical

les risques de la marchandisation de l’Éducation au niveau international

un clin d’œil fleuri au 1er mai entre églantine et muguet

Ainsi, bien entendu, que quelques propositions à lire, écouter, voir et à noter dans votre agenda.

 

Retrouvez ici les 9 infos (et un peu plus) de ce [Quoi de 9 ?] de mai : quoi-de-neuf ma 19

Excellente lecture.

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Quelle fonction publique pour quelle société ?

Il y a dix ans, en introduction de son livre La fonction publique (La Découverte, 2009), Luc Rouban écrivait ces mots :

« Le principe même d’une fonction publique soumise aux règles rigoureuses d’égalité et d’impartialité traduit la recherche historique d’un ordre républicain et du règne de la loi. Il dépasse les exigences de la vie démocratique pour se revêtir des attributs de la scientificité propres à la République. Les idées de concours de recrutement, d’égal accès aux emplois publics, d’égal traitement des usagers (placés dans des situations identiques) font appel à une rationalité de nature scientifique où il est question d’intervenir sur le monde social de manière équitable parce qu’objective et reproductible suivant des protocoles réguliers. En ce sens, la routine, les formulaires, la paperasserie, qui semblent toujours accuser la fonction publique de quelque paresse intellectuelle, sont aussi les preuves de la systématicité et de la durée. La fonction publique ne constitue pas seulement un ensemble de moyens humains mis au service d’une gestion industrialisée du social. Elle forme aussi un univers humain riche de ses différences, complexe, constituant pour une bonne part la mémoire des temps modernes. On ne peut donc s’arrêter au constat du développement bureaucratique analysé par Max Weber [Weber, 1971]. Plus qu’un produit fonctionnel d’une société mécanisée, la fonction publique constitue en bonne part le tissu vivant de notre modernité.

Cette forte spécificité sociopolitique a toujours focalisé des débats intenses. Sujet d’opprobre ou d’indifférence pour les libéraux, vitrine de promotion sociale ou terrain d’expérimentation pour les socialistes, motif de dérision ou de scandale pour les versions multiples du populisme, la fonction publique donne l’impression d’être la partie la plus malléable, réformable, et donc accessible du système politique. Débats contradictoires qui dénoncent, alternativement, la gabegie d’un système irresponsable, l’inefficacité de l’intervention ou l’inefficience du fonctionnariat. Changer le système de la fonction publique est apparu comme le moyen le plus simple de transformer les règles du jeu politique sans trop toucher à l’équilibre des intérêts sociaux. La transformation de la fonction publique contemporaine est donc à la mesure des enjeux politiques liés à l’évolution de l’État et de la démocratie. »

Nul doute que l’analyse de la « fabrication » de la fonction publique française met en évidence une approche républicaine idéalisée, d’un fonctionnaire (à l’image des instituteurs, hussards noirs de la IIIème République) devant être protégé des pressions du politique afin de faire vivre, à la force de sa conviction et de son désintéressement personnel, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité au bénéfice de toutes les citoyennes et de tous les citoyens. D’où le recours à un statut pour les fonctionnaires, les protégeant contre l’arbitraire et le favoritisme toujours possible du pouvoir politique et leur permettant, en dehors de toute pression, d’assumer leurs missions, dans le seul souci de l’intérêt général.

Évidemment, la naissance de la fonction publique moderne doit d’abord être rattachée au dernier siècle de l’Ancien Régime. L’institutionnalisation qui sépare le politique de l’administration est renforcée par la Révolution et l’Empire et devient la marque d’un nouveau système politique. « Creuset où se rejoignent la tradition et le changement », la fonction publique est alors porteuse de « toutes les ruptures ou de tous les héritages » revendiqués par la République.

Quant au statut de fonctionnaire institué en 1946 « révisé à la baisse en 1959 puis élargi en 1983 » Luc Rouban montre dans un autre texte (Rouban, Luc. « Le statut des fonctionnaires comme enjeu socio-historique », Revue française d’administration publique, vol. 132, no. 4, 2009, pp. 673-687), qu’il est le fruit « de longues périodes de maturation politique où le jeu des acteurs a basculé sans cesse entre l’idée d’appliquer aux fonctionnaires un régime de droit spécifique et l’idée de les assimiler aux salariés du secteur privé, quitte à préserver quelques mesures spécifiques pour les corps participant directement à l’exercice de la puissance publique. »

Depuis, il n’a été de cesse de vouloir réformer la fonction publique. Pour adapter son fonctionnement aux injonctions du marché ? Pour lui donner les règle du management des entreprises privées ? Pour la rendre plus performante ? Pour diminuer ses coûts en personnel ?

Réate, lolf, RGPP… autant de sigles barbares qui ont voulu symboliser cette nécessaire transformation.

Aujourd’hui, il s’agirait de modernisation.

La fonction publique serait-elle malade de son statut ? comme l’interrogeait Jacques Caillosse dans le chapitre 3 de l’ouvrage qu’il dirigea La constitution imaginaire de l’administration (aux Presses Universitaires de France, 2008, pp. 113-144).

A moins que, comme le suggère Luc Rouban (dans la deuxième partie de l’extrait cité plus haut), s’attaquer à la réforme de la fonction publique, demeure la plus simple des manières de tenter d’agir sur le fonctionnement du système politique sans heurter les fragiles équilibres des institutions (et peut être aussi les intérêts du « personnel politique ».)

Moins , voire pas protégé, le fonctionnaire ne ferait-il pas un fusible facile en cas de crise ?

Alors que, dans bien des discours, sa culpabilité semble déjà acquise, il n’est certainement pas inutile de rappeler que la fonction publique correspond à un projet politique, celui de l’idéal de la République et de ses valeurs. Resterait alors à se demander à quelle nouvelle société, à quels enjeux démocratiques et citoyens correspondrait le fait de la « moderniser »…

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« En même temps», une tendance… dans l’air du temps

Il est peut-être le mot d’ordre d’une orientation politique dont il n’est pas toujours évident d’en voir la concrétisation dans les décisions présidentielles ou dans l’action gouvernementale. Mais le slogan « en même temps » est surtout un révélateur de la mentalité et des aspirations actuelles des Française.s.

En bons spécialistes de la communication, les conseillers d’Emmanuel Macron ne s’y sont pas trompés et ont bien ciblé leur public.

La nouvelle livraison de l’enquête « valeurs » qui vient de paraître confirme cet état d’esprit, au premier abord paradoxal, qui mêlent des revendications que l’on penserait plutôt contradictoires, parfois même antinomiques.

Que nous apprend la recherche sur les valeurs des Français.e.s ?

Depuis 1981 l’enquête de l’European Values Study met en évidence tous les 10 ans la mesure et l’évolution des valeurs et des croyances des Européen.ne.s. Si l’étude des résultats au niveau européen ne sera achevée qu’en 2020, l’ouvrage « La France des valeurs » présente les grandes tendances françaises.

Trois enseignements majeurs sont mis en évidence.

Tout d’abord, ce que les auteurs nomment « la progression du libéralisme des mœurs ». Pour eux, comme pour les autres, les Français.e.s entendent que chacun.e puisse vivre comme elle ou il l’entend, faire ses propres choix (sexualité, fin de vie…) et pour cela revendiquent davantage de liberté (« autonomisation, refus des contraintes, épanouissement personnel »). Ainsi en 40 ans la moyenne de l’indice de libéralisme des mœurs est passée de 4,3 à 6,4 (sur une échelle de 1 à 10).

On constate ainsi une montée significative des valeurs liées à l’individualisation.

Mais « en même temps », l’enquête met en évidence que les Français.e.s sont également plus sensibles aux autres. Ils « se disent de plus en plus concernés par les conditions de vie des personnes âgées, malades ou handicapées…mais aussi des chômeurs et des immigrés. » Ainsi, au lieu d’une disparition du lien social et d’un dissolution de la cohésion nationale, prédits par certain.e.s, on assiste à une forte progression, entre 2008 et 2018, de l’altruisme. Les jeunes étant ceux qui développent le plus cette valeur.

Epris.e.s de liberté individuelle, les Français.e.s se révèlent également partisan.ne.s de davantage de respect des règles collectives et réclament dans ce cadre plus d’autorité. Une tendance qui se traduit paradoxalement dans le domaine politique par une forte critique du fonctionnement actuel. Ainsi , « ils sont même très nombreux à penser que la France n’est pas gouvernée démocratiquement. » La moitié des personnes interrogées serait séduite par un gouvernement d’experts, un quart ferait confiance à un « leader fort ». Et « ne même temps », à près de 90 %, elles et ils reconnaissent l’importance « de vivre dans un pays gouverné démocratiquement.»

Comment expliquer ce « en même temps » ?

Les chercheurs tendent à mettre en évidence plusieurs éléments explicatifs. Ainsi l’élévation du niveau d’éducation permet « des formes de sophistication cognitive » qui intègrent « des valeurs à première vue opposées.»

Alors que « le développement économique, la sécularisation et le recul de l’influence des grandes institutions expliquent en partie la montée des valeurs liées à l’individualisation », les mutations de la société créent des incertitudes et des menaces qui paraissent justifier une demande de « plus de sécurité dans la sphère publique », devenue « la condition même de la liberté de choix au niveau individuel. »

Enfin, si « les différences de revenus, de diplôme, d’engagement dans la vie publique, d’intérêt pour la politique façonnent des préférences différentes en matière économique et sociale », dans nombre de domaines, « leur influence n’est pas plus forte aujourd’hui qu’il y a quarante ans. » C’est davantage les identités politiques au sens large (proximité ou non avec un parti, adhésion ou non à des idéologies partisanes…) qui semblent marquer les clivages « et organiser des appartenances multiples et parfois en tension. » Le mouvement des gilets jaunes a d’ailleurs été une parfaite illustration de ce « en même temps » des revendications contradictoires voire opposées, auxquelles le « en même temps » du Président a tenté de répondre…

La France des valeurs. Quarante ans d’évolutions, Pierre Bréchon, Frédéric Gonthier et Sandrine Astor, Presses universitaires de Grenoble, avril 2019

Article de présentation dans le Journal du CNRS : https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-france-de-2019-plus-critique-et-plus-altruiste

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Fleurs de mai

Blanches clochettes porte-bonheur ou révolutionnaire fleur rouge sang… si le 1er mai fête les travailleuses et les travailleurs, il est aussi lié aux fleurs. Et ce depuis fort longtemps.

Jean-Paul Coudeyrette sur le site Compilhistoire (http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/premiermai.html) indique que dès la Rome antique, cette période de l’année donne lieux à des fêtes l’honneur de Flora, déesse sabine des Fleurs et des Jardins et mère du Printemps. Et que l’apogée de ces agapes était atteinte le 1er mai. Ce nom même de mai, en latin « maius » « désignait le mois consacré à Maia, une des Pléiades, fille du titan Atlas et mère de Mercure, déesse romaine du Printemps et de la Croissance, dont le nom provient de la racine sanscrite « mah » (= croître, nourrir). »

Ovide (-43 à 17) évoque également l’instauration d’un culte, le 1er mai, à Rome, à la demande de la vestale Claudia, pour rendre hommage à Bona Dea (la Bonne Déesse). De même que plus tard, des moines au IIIe siècle font correspondre dans le Livre des Invasions de l’Irlande (Lebor Gabâla Erenn), qui raconte la préhistoire mythique de l’Irlande, le 1er mai avec la fête solaire celte de Beltaine, qui signifie feu du dieu Bel.

Renaissance et épanouissement de la nature, le début du mois de mai est ainsi traditionnellement célébré : grandes assemblées appelées « Champs de mai » chez les Francs, vertus curatives du « beurre de mai« , « Maiwein » vin aromatisé de la région d’Arlon en Belgique, « Nuit de Walpurgis » ou « Nuit des sorcières » pour la nuit du 30 avril au 1er mai « durant laquelle les sorcières mènent sabbat», « arbre de mai » en Allemagne…


Premier lien avec le monde du travail : au Moyen Age, pour de nombreuses corporations d’artisans, le 1er mai était l’une des grandes dates de démarrage des contrats d’apprentissage. Et il semble que ce premier jour mai était férié dans de nombreuses contrées.

Pour autant, lorsqu’il c’est agit de placer une fête des travailleurs ou du travail, de nombreuses autres dates ont tout d’abord étaient choisies : le 19 septembre puis le 20 janvier sous la révolution, le 4 mars en 1848 dans les colonies française en commémoration de la date de l’abolition de l’esclavage. C’est en fait la répression dans le sang de rassemblements organisés par les syndicats aux USA le 1er mai 1886 pour revendiquer la journée de 8 heures, qui décidera de consacrer cette journée aux travailleurs. Les ouvriers américains font encore grève les 1er mai 1887, 1888 et 1889.


Et pour revenir aux fleurs de mai… Le 1er mai 1890, les manifestants portent un petit triangle rouge symbolisant la journée idéale (les 3 x 8 : travail, sommeil, loisirs) ; triangle qui sera remplacé plus tard, par une églantine rouge symbole de la Révolution et fleur traditionnelle du Nord de la France Maurice Barrès (Cahiers, t. 11, 1917-18, p. 214) qualifiera ainsi les socialistes et les communistes « d’églantinards ».

On sait les blessés et les morts victimes des répressions des 1er mai suivants (1891 à Fourmies : 9 morts et une soixantaine de blessés ; 1894, près de Chicago, 2 morts ; 1906, à Paris,800 arrestations et beaucoup de blessés…


L’églantine est aussi le symbole de ce sang versé.

Mais dès le 1er mai 1907, apparaît également lors des rassemblements et manifestation, « le muguet de mai (Convallaria majalis), fleur traditionnelle de l’Ile de France, symbole du printemps et du renouveau.»

La vente du muguet se répand peu à peu dans les rues et surtout à partir de 1936 avec l’avènement des congés payés.

L’affiche ci-dessus de l’Humanité en 1936 montre d’ailleurs Marianne arborant un brin de muguet et recevant une églantine.. deux porte-bonheur : efficaces semble-t-il puisque le Front Populaire remporta l’élection et organisa une immense manifestation le 1er mai 1937.

Ainsi muguet et églantine, fleurs de mai, symbole de renouveau, furent réunis pour célébrer les travailleuses et les travailleurs dans leur revendication permanente pour l’émancipation, pour l’épanouissement, pour vivre décemment et pleinement.

Aujourd’hui, « le 1er mai est férié dans au moins 107 pays du monde, ce qui représente au moins 67% de la population mondiale. »


Le travail, c’est une belle invention, parce que tout le monde croit que c’est sacré. (Roger Fournier, Journal d’un jeune marié, 1967)

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Articuler le champ de la recherche et les pratiques de terrain en Éducation

L’actuel ministre de l’éducation nationale revendique le recours à la science pour comprendre et faire évoluer les enseignements scolaires. Il privilégie pour cela le recours aux neurosciences. Il s’appuie ainsi sur ce qui est traditionnel d’appeler « une science dure », par opposition aux sciences humaines ou « anthroposociales ». Cette distinction interroge en particulier les sciences de l’éducation qui appartiennent à cette seconde catégorie et qui souffrent d’une critique souvent assez sévère.

« Quoique souvent prises à partie par les uns ou prises à témoin par les autres, les sciences de l’éducation sont finalement assez mal connues. On leur prête beaucoup d’arrogance quand elles sont, en permanence, en interrogation sur leur identité et leurs méthodologies. On les imagine faisant la leçon alors qu’elles s’efforcent de problématiser la difficile articulation entre observations et prescriptions. On les croit limitées au domaine de l’École quand elles pénètrent tout autant le champ de la santé que celui de la formation professionnelle. » Ainsi est introduit l’ouvrage dirigé par Béatrice Mabilon-Bonfils et Christine Delory-Momberger intitulé  À quoi servent les sciences de l’éducation ? qui vient de paraître aux éditions ESF.

Paradoxalement, c’est essentiellement le rapport au « terrain » qui fait débat. Scientifiquement les sciences de l’éducation « sont remises en cause par les sciences de la nature pour leur manque de « netteté » épistémologique, leur incapacité à se donner un objet délimité et à produire des lois générales, en restant attachées à l’étude de singularités et de situations contextuelles. » On leur reprocherait ainsi leur analyses trop spécifiques des pratiques professionnelles. Mais justement dans ce domaine, les acteurs éducatifs regrettent qu’elles soient au contraire « trop « théoriques », « difficilement applicables », mettant en doute leur possible efficience. »

Dans le chapitre introductif de ce livre Brigitte Albero, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Rennes, précise qu’il convient de bien délimiter les « différents périmètres analysés comme des champs (scientifique, académique, de recherche, de pratiques) qui se traduisent localement par des configurations variées selon l’histoire, les types de regroupements d’acteurs et les évolutions d’un espace social particulier, institutionnalisé en section ».

Elle identifie pour les sciences de l’éducation, « un accord implicite plus ou moins partagé sur une triple exigence de production de connaissances, d’utilité sociale et de conduite éthique, produisant une identité disciplinaire qui fait de cet espace social un microcosme générateur de collectifs de pensée et d’action concernés par leur participation à la vie démocratique de la société. »

Mais surtout, elle met en évidence les enjeux de la construction des sciences de l’éducation par « les positionnements des acteurs du domaine concernant la production scientifique et les pratiques d’éducation et formation, qui peuvent être considérés non pas comme opposés, mais plutôt inscrits dans un continuum. »

Au-delà de « la variété des définitions et des délimitations attribuées aux sciences de l’éducation (SE), ainsi que le rôle des multiples instances qui en animent les activités », il, s’agit de repérer et d’analyser les caractéristiques et les fonctions des zones d’intersection voire de médiation que créent les sciences de l’éducation entre les activités de recherches et la pratiques professionnelle sur le terrain éducatif et social.

Lien entre « pratiques » et « recherches » est également le sujet au cœur du 200e numéro, de la Revue française de pédagogie, qui « a souhaité renouer avec l’une des interrogations fondamentales qui la caractérisent depuis sa création en 1967 : celle des rapports entre recherche, politique, administration et pratique professionnelle en éducation. »

Si le résultat est loin des ambitions très larges posées par l’appel à contributions, il n’en est pas moins riche et intéressant, puisqu’il réussit « la particularité de ne pas regrouper uniquement des articles émanant de chercheurs, mais de croiser ceux-ci avec des contributions d’acteurs aux profils divers. »

Ainsi de la loi sur l’ « école inclusive » tchèque à l’accompagnement scolaire en Suisse dans le canton de Vaud, de la construction de séances didactiques au Mexique aux rôle et fonctionnement de différents « Conseils supérieurs » en France ou au Québec… « les analyses présentées permettent ainsi de couvrir une grande diversité de situations nationales et institutionnelles » autour de deux axes qui « structurent le numéro : l’étude de divers espaces, supports ou acteurs assurant une fonction de médiation entre les univers étudiés ; l’analyse de la place et des transformations de la recherche en contexte non strictement académique (situations d’expertise ou de formation par exemple)

Ces deux contributions enrichissent la réflexion actuelle sur les articulations entre recherche et pratiques en éducation. Xavier Pons, invité du grand entretien dans le numéro 3 de notre revue [R] (mai 2019), témoignera également de cette question et interrogeant la diversité de la recherche en éducation qui ne peut être limité au seul apport des neurosciences.

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M@dos : Une formation pour les personnels d’encadrement de l’éducation

Approche stratégique des organisations scolaires, Les ressources humaines dans une organisation scolaire. Conduite du changement et gestion de projets. Management de la qualité des services. Droit de l’éducation. Les politiques publiques d’éducation. Sociologie de l’éducation : organisations scolaires et acteurs. L’évaluation des performances scolaires. Culture numérique…

Et si les personnels d’encadrement de l’Éducation nationale et, plus particulièrement, les chefs d’établissement, leurs adjoints ainsi que les personnels d’inspection des premier et second degrés avaient besoin de ces connaissances pour exercer au mieux leurs métiers ?

C’est ce que leur propose le dispositif de master professionnel M@DOS (Management Des Organisations Scolaires) dans un parcours de formation continue en e-learning.

Mené depuis 2009, s’appuyant sur un consortium de six universités ; universités de Angers, de Lille, de Poitiers, depuis 2013, les universités de Cergy-Pontoise et de Limoges et depuis 2017 l’université Versailles-Saint-Quentin, le master a déjà accueilli 250 étudiants et lance pour la rentrée 2019 le recrutement de sa 11ème promotion.

M@DOS offre un parcours original pluri-disciplinaire (management, droit, science politique, sociologie des organisations appliqués à l’éducation et vise un triple objectif pédagogique :

le renforcement des compétences métiers des personnels d’encadrement de l’éducation dans le pilotage stratégique et opérationnel des organisations scolaires, à travers des études de cas et des jeux de rôles,

une meilleure compréhension des enjeux sociétaux généraux du secteur de l’éducation, notamment grâce à une analyse comparative internationale

et l’appropriation et l’usage des technologies numériques par les apprenants.

La formation couple le présentiel et l’e-learning. Ainsi, en complément d’une plateforme de télé-enseignement riche en ressources numériques textuelles et audio-visuelles, les étudiants sont encadrés, entre autres, dans le cadre de classes virtuelles. Ils participent à des travaux collaboratifs et sont engagés dans des activités pédagogiques en lien direct avec leur quotidien professionnel.

L’équipe universitaire de M@DOS, enrichie d’une participation de l’université de Montréal a bénéficié d’un programme spécifique de formation à la pédagogie universitaire intégrant les nouvelles technologies, leur permettant de se centrer sur la pédagogie numérique et non sur la simple maîtrise des outils liés à l’univers des nouvelles technologies.

Les dossiers de candidatures pour le 11ème promotion (2019-2021) sont à remettre au plus tard le 18 juin 2019.

Vous trouverez une présentation plus complète ici :Communication Mados 2019 P11 recrutement-1

ainsi que des informations complémentaires sur la formation, le calendrier de recrutement pour la onzième promotion ainsi que les modalités d’admission sont accessibles à l’adresse suivante :

http://www.esen.education.fr/fr/enseignement-scolaire/offre-de-formation/formation-diplomante/master-professionnel-management-des-organisations-scolaires-mdos/

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Un regard syndical sur l’éducation permanente

Formidable levier possible d’épanouissement et de développement social et professionnel jamais réellement abouti, et/ou mécanisme au service des catégories les plus favorisées, inscrit dans des logiques concurrentielles et court-termistes ? L’éducation permanente est à la fois l’un et l’autre. Tels sont les résultats d’une recherche menée par Luc Bentz et Maxime Blanc au titre du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation dans le cadre de l’agence d’objectifs de l’IRES.

De manière rétrospective, l’étude analyse l’évolution du modèle de formation des adultes en France entre 1959 et 2014 au prisme de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN), puis, après 1992, de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA). En reprenant en détail la construction légale progressive qui a conduit à la loi de juillet 1971, le rapport met en évidence les approches syndicales très longtemps « scolaro-centrées » de la FEN, la prééminence que revêtaient pour elle les interactions avec les enjeux de formation initiale (notamment professionnelle), jusqu’au « choc » de l’accord national interprofessionnel du 9 juillet 1970. Il analyse ensuite la prise en compte du sujet dans le projet d’« École de l’éducation permanente » (1973-1981) et ses avatars successifs. Il montre également l’importance de la « formation des adultes » dans la construction de la dimension interprofessionnelle de l’UNSA. Enfin, la dernière partie du travail présente de manière thématique, à partir des caractéristiques et des enjeux repérés par les acteurs professionnels du champ de la formation, le basculement des logiques de formation qui s’opère, devenant progressivement une démarche de responsabilisation et d’individualisation de la formation dans une approche désormais pensée presque exclusivement dans une logique professionnelle.

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Mieux accompagner l’apprentissage des langues vivantes

1. Travailler sur l’oral de manière progressive, de la maternelle jusqu’au lycée

2. Guider les élèves vers l’autonomie, en s’appuyant notamment sur les outils numériques

3. Créer des ponts entre les différentes langues et cultures

4. Évaluation : reconnaître un « droit à l’erreur » et mieux cibler les compétences réelles des élèves

5. Proposer des cours de langues d’une durée plus courte mais plus régulièrement

6. Amplifier, sur le temps scolaire, l’exposition aux langues étrangères

7. Favoriser la mobilité internationale de tous les élèves et des enseignants

8. Redonner une place à l’enseignement explicite des langues

9. Construire un « programme lexical » national

10. Repenser le recrutement et la formation des enseignants en langues

Telles sont les 10 recommandations du jury de la conférence de consensus sur l’apprentissage des langues vivantes conduite par le CNESCO et l’Ifé les 13 et 14 mars dernier.

Le détails des mesures et du travail du jury est à retrouver ici : http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2019/04/190411_RecommandationsLVE.pdf

Il s’appuie sur de nombreuses études qui amène à un constat riche.

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Jouer à l’école maternelle ? La parole aux enseignant.e.s pour dire leurs pratiques et leurs points de vue

Le jeu à l’école maternelle. Finalement qu’en sait-on ? Il apparaît et disparaît au gré des orientations ministérielles. Les programmes de 2015 ont font une spécificité de l’école maternelle. Mais quelles sont les pratiques des enseignant.e.s ? Quelle organisation et quel déroulement des jeux dans la classe ? Quelles différences d’objectifs et de pratiques entre jeu libre et jeu structuré ? Quelles conceptions des rapports entre jeu et apprentissages ?

Pour analyser les pratiques du jeu à l’école maternelle, le laboratoire EXPERICE de l’Université de Paris 13 propose une enquête en ligne.

Investi depuis longtemps dans des recherches sur le jeu et l’éducation des jeunes enfants (https:/experice.univ-paris13.fr), le laboratoire en sciences de l’éducation EXPERICE souhaite associer les enseignant.e.s à une enquête centrée sur cette question du jeu, dans le cadre d’une recherche intitulée :

JOUER à l’École MATERNELLE : 
PRATIQUES ET POINTS DE VUE DES ENSEIGNANT.E.S

Il vous suffira d’une vingtaine de minutes pour répondre aux questions et ajouter vos commentaires toujours très éclairants. Ce questionnaire en ligne est anonyme et ouvert jusqu’au 30 mai 2019. Ses résultats seront diffusés publiquement pour offrir à tous et toutes un état des pratiques et des points de vue des enseignant.e.s sur le/les jeu(x) à l’école maternelle.

Le Centre Henri Aigueperse- UNSA Éducation publiera les résultats de la recherche et invite les enseignant.e.s d’école maternelle à participer dès maintenant à cette enquête à l’adresse suivante :

  https://www.sphinxonline.net/EXPERICE93/Jeuetecolematernelle/questionnaire.htm

Selon la formule consacrée, enseignant.e.s de maternelle, on compte sur vous : laissez-vous prendre au jeu !

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[Quoi de 9 ?] : spécial UNSA

Un nouveau [Quoi de 9 ?].

Mais un [Quoi de 9 ?] exceptionnel. Qui ne répond qu’à une seule question : « à l’UNSA [Quoi de 9 ?] »

Parmi les réponses alors que le 7ème congrès national de l’UNSA se tenait la semaine dernière à Rennes :

– évidemment l’élection de Laurent Escure comme nouveau secrétaire général

– son équipe qui respecte les mixités (de genre, d’origine professionnelle, d’âge et d’expérience)

– un travail de recherche afin de mieux connaître les militants à travers

– un clin d’œil sur une aventure débutée il y a maintenant un peu plus de 25 ans

– un zoom sur le CéFU, centre d’étude et de formation de l’UNSA, avec lequel le Centre Henri Aigueperse travaille en partenariat.

Et puis la TV UNSA pour revivre les moments forts du congrès, le livre d’Alain Olive pour mieux connaître l’UNSA, l’appel de l’UNSA Fonction publique à la grève du 9 mai à retrouver dans  vos rubriques habituelles « à lire, à écouter, à voir » et  » à noter dans votre agenda ».

Alors sans attendre, vous avez rendez-vous ici avec ce [Quoi de 9 ?] spécial UNSA : quoi-de-neuf avril 2019 special UNSA

Bonne lecture.

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Le développement professionnel : une preuve de confiance

« Des enseignants bien formés et satisfaits de leur formation sont des enseignants épanouis qui progressent et montent en compétences, qui considèrent leur professionnalité non pas comme un héritage, mais comme une promesse à venir, au bénéfice de la réussite des élèves qui leur sont confiés.»

Comment ne pas partager cette conclusion de Sophie TARDY et Philippe LHERMET dans leur rapport « La formation continue des enseignants du second degré. De la formation continue au développement professionnel et personnel des enseignants du second degré ? » de septembre 2018 (mais qui vient juste d’être publié en cet fin mars 2019 http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2019/78/8/Rapport_FC_enseignants_second_degre_1093788.pdf)? Elle rappelle évidemment la thèse développée par François Muller dans son livre « Des enseignants qui apprennent, ce sont des élèves qui réussissent : Le développement professionnel des enseignants » (ESF, avril 2017) et avec lequel l’UNSA Éducation a conduit un « colloque inversé » à l’Espé de Besançon.

Comme le montre l’article du 25 mars 2019 « Une formation continue des enseignant.e.s qui reste à asseoir ? » par Catherine Reverdy de l’IFé (https://eduveille.hypotheses.org/13608), la question du passage de la formation continue au développement professionnel se pose. Elle était présente dans les débats des Assises de la formation continue des enseignant.e.s des 14 et 15 mars 2019 comme dans ceux du colloque national organisé du 22 au 24 mars 2019 par l’Association française des acteurs de l’éducation (AFAE) sur la thématique « Existe-t-il une politique des ressources humaines à l’Éducation nationale ? »

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Les trois « histoires culturelles » d’une exposition pharaonique

C’était il y a presque cent ans, début novembre 1922, le britannique Howard Carter devenait l’un des archéologues de l’Égypte ancienne les plus célèbres.

En obtenant de son mécène Lord Carnarvon un ultime financement pour les recherches qu’il a entamée depuis 7 ans, c’était la campagne de la dernière chance pour Carter. Et sa persévérance paie. Dans un des rares périmètre non fouillé de la vallée des rois, ses équipes mettent à jour une marche, puis un escalier et enfin une tombe. Il s’agit d’une nécropole royale. Son ouverture révélera qu’elle n’a pas été pillée et qu’elle renferme des centaines d’objets destinés à accompagner le voyage du pharaon défunt vers le monde de l’au-delà afin de rejoindre son dieu.

Cette découverte rend célèbre son inventeur, mais également, grâce à la multitude et la beauté des objets trouvés, un monarque jusqu’alors méconnu :Toutânkhamon.

C ‘était au XIVème siècle avant notre ère, les dix années de règne d’un jeune pharaon, prenaient fin alors que la mort l’atteignait dans sa dix-neuvième année. La brièveté de son règne, son effacement presque total après sa mort, ne font pas de Toutânkhamon, un des grands pharaons. Il doit donc sa gloire posthume au contenu intact de sa tombe, composé de conserves funéraires, des bouquets de fleurs, un trône doré, des grands lits en forme d’animaux, des chars démontés, des vases en albâtre, de masques, de bijoux en or, d’un très riche statuaire et des différentes pièce du sarcophage… Cet ensemble, s’il donne quelques indications sur la vie et l’action politique et religieuse de pharaon, explique davantage les croyances concernant la vie après la mort de ce dieu-roi et les rites accompagnant ses funérailles.

C’est aujourd’hui, à la grande halle de La Villette, une exposition exceptionnelle présentant 150 objets originaux. Une exposition qui invite le visiteur à se projeter en 1922 et à vivre ces deux histoires, celle de la découverte du tombeau par Howard Carter et, à travers elle, celle de Toutânkhamon. Une exposition en tournée mondiale avant d’intégrer le futur nouveau musée du Caire et dont une partie des bénéfices doit justement participer au financement de musée. Une exposition au tarif de 18 à 25 euros et qui attend plusieurs centaine de milliers de visiteurs.

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« Libres ensemble » : sociologie des militants de l’UNSA

Qui sont les adhérents et les militants de l’UNSA ? Qu’est-ce qui les fédère ? Quelles sont leurs valeurs ?

C’était il y a quatre ans, lors du dernier congrès de l’UNSA. Ces questions se posaient et le Centre Henri Aigueperse, dans le cadre de l’agence d’objectif de l’IRES, commanditait une étude à l’Orseu sur la sociologie de l’UNSA au prisme ou au miroir de ses militants. Visant à mieux comprendre l’organisation dans ses dimensions humaines, il s’agissait aussi d’interroger le défi de l’union dans le respect de l’autonomie.

A partir de l’exploitation d’un questionnaire et d’entretiens, « Libres ensemble » est le résultat de cette recherche. « Libres ensemble » parce que pour les auteurs de l’étude « le sens et la philosophie d’action de l’UNSA sont dans cette association complexe entre liberté et solidarité commune. »

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L’interculturel : d’un apprentissage communicationnel au développement d’une compétence

L’interculturalité est un phénomène d’altérité. Il s’agit de découvrir l’autre, ses différences. Il s’agit aussi de reconnaître que pour l’autre, l’étranger, la/le différent.e c’est moi.

Et au premier rang de nos différences se situe la langue.

Être en capacité de communiquer avec les autres, les habitants des pays voisins ou du bout du monde nécessite l’apprentissage des langues.

Oui mais comment faire ? Ou plus justement comment mieux faire ?

Car en effet comme le pose dès son introduction le récent rapport Manès/Taylor (septembre 2018) : « De l’avis de tous, le Plan de rénovation des langues vivantes, en application en France depuis 2006, a permis d’accomplir des progrès non négligeables en encourageant des méthodes d’enseignement plus actives et plus orientées vers le développement d’une compétence de communication. Les élèves se sentent aujourd’hui plus à l’aise pour s’exprimer à l’oral, sont plus motivés, perçoivent mieux le sens de l’apprentissage des langues, particulièrement de l’anglais, et comprennent plus facilement les locuteurs natifs et les documents authentiques à partir desquels ils travaillent. De l’avis de tous également, ces progrès ne sont pas suffisants et les évaluations nationales et internationales nous le démontrent sans ambiguïté. La France arrive bien au dernier rang des pays européens quant à la maîtrise des langues étrangères enseignées à l’école, que ce soit en première ou en deuxième langue. De plus, des inégalités perdurent entre différentes catégories d’élèves et la réussite reste beaucoup trop souvent liée à l’origine sociale ou au genre. Ce n’est pas acceptable. »

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Bonne nouvelle : les Français.e.s lisent !

Les Français.e.s lisent

En 2019, 88 % des Français.e.s se déclarent lecteurs soit 4 points de plus qu’il y a deux ans (et 3 de plus qu’en 2015) selon le baromètre bisannuel Les Français et la lecture réalisé par Ipsos pour le Centre national du livre (CNL) et publié mercredi 13 mars en prélude à l’ouverture du salon du livre de Paris. 31% appartiennent à la catégorie des grands lecteurs, lisant plus de 20 livres par an. La moitié des sondés affirment lire chaque jour, le soir pour 44 % d’entre eux.  69 % aimeraient même lire davantage. S’ils avaient du temps de loisirs supplémentaire leur priorité serait de sortir avec des amis, de lire des livres, de faire des sorties culturels. Mais ils reconnaissent que le temps consacré aux échanges numériques diminue (pour 68%) celui passé à lire des livres, la presse, à regarder la télévision.

Que lisent-elles/ils ?

Des romans. Ils arrivent largement en tête pour 74 % des lecteurs, et dans cette catégorie, se sont les romans policiers qui prédominent avant ceux de sciences fictions, de fantasy et les romans sentimentaux. Viennent ensuite les livres pratiques (bricolage, cuisine, jardinage, décoration, voyages… pour 56%) et les bandes dessinées et mangas (51%).

Et ces livres sont majoritairement achetés (même si 49 % affirment emprunter des livres à la bibliothèque ou la médiathèque), neufs (82 %), en grandes surfaces culturelles (76%) et en librairies généralistes (68 %) alors que 48 % des lecteurs disent avoir recours à la vente en ligne (soit 10 points de plus qu’en 2015).

Le livre numérique stagne après avoir fortement progressé en 2015 et 2017 et ne concerne que 24 % des lecteurs.

Pourquoi lisent-elles/ils ?

Pour le plaisir ! C’est le cas pour 96% des lecteurs. Mais aussi pour apprendre et découvrir de nouvelles choses (94%), être épanoui et heureux dans sa vie (73%), réussir dans sa vie professionnelle (63%) alors que 33 % seulement considèrent que cela permet d’être bien vu dans la société.

Des disparités derrière ces chiffres ?

Entre les femmes et les hommes : elles lisent bien plus (21 livres en moyennes par an contre 13 pour les hommes), davantage de livres pratiques, de romans (hors policiers et SF) , de livres pour enfants alors qu’ils lisent davantage de BD et de livres sur l’Histoire et de livres scientifiques. Elles lisent plus régulièrement tous les jours à 59 % contre 39 % pour les hommes.

Entre âges : les jeunes lecteurs (15-24 ans) est la catégorie qui a le plus augmenté en pourcentage de lecteurs (91 %, plus 9 points depuis 2017). Ils lisent davantage hors de chez eux (89%) et dans les transports (72%), plus pour leur travail (45%) et moins dans le cadre de leurs loisirs (85%). La science-fiction arrivent en tête de leurs lectures suivie de la bande dessinée, de la littérature classique, des mangas, des livres sur l’histoire. C’est parmi les lecteurs les plus âgés (plus de 65 ans) que l’on trouve le plus de lecteurs (96%) et de grands lecteurs, ceux qui lisent davantage d’essais politiques, philosophiques, religieux et c’est chez eux que l’achat de livres d’occasion progresse le plus (+9 point à 36%).

Entre catégories socioprofessionnelles : Les CSP + offrent davantage de livres et sont plus représenté parmi les lecteurs de livres numériques. Les CSP- sont peu présents chez les grands lecteurs et progressent fortement dans une lecture qui permet d’être heureux et épanoui (+10 points à 27%).

Enfin, il est à rappeler, comme pour l’ensemble des pratiques culturelles, que la transmission familiale reste un levier important d’influence, comme le montre l’infographie suivante :

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Climat : une ambition qui mérite plus qu’un débat cosmétique

A l’exception de quelques grandes causes (guerre de décolonisation, mai 68, CPE,…) il est finalement assez rare que les élèves (essentiellement les lycéens) se mettent en grève pour des raisons autres que scolaires ou universitaires. C’est-à-dire pour des questions qui les concernent immédiatement, dans leur univers proche.

Aussi, l’appel à « une grève pour le climat » pour ce vendredi 15 mars à la suite de la mobilisation de la lycéenne suédoise Greta Thunberg,  ( voir notre article précédent : centrehenriaigueperse.com/2018/12/14/avenir-environnemental-et-si-la-lecon-venait-des-plus-jeunes) est à considérer comme un événement extra-ordinaire, au sens littéral, en dehors de toute action ordinaire.

Il peut alors être tentant de chercher à la ramener dans la « norme » du système scolaire, comme le fait le ministre de l’Éducation nationale en imposant à tous les lycées d’organiser un débat sur le climat le 15 mars de 16 heures à 18 heures argumentant que « structurer une idée va beaucoup plus loin que d’aller dans la rue. »

Certes, une marche, une journée de grève, une manifestation ne suffiront pas. Mais la revendication n’est pas là. Il ne s’agit pas du besoin d’une énième réflexion, mais d’une demande d’action, d’un appel à la prise de conscience des dirigeants, de l’exigence d’une politique environnementale.

Ce « sujet du climat mérite mieux que des actions cosmétiques » affirme Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN-Unsa. C’est justement ce que les jeunes cherchent également à dire. Que si leur avenir se jouent à l’École, celui de l’humanité nécessite une action immédiate pour lutter contre le réchauffement climatique. Et que le premier n’a de sens que si le second est assuré.

L’ampleur de la mobilisation sera connue vendredi. Mais, il s’agit d’une démarche citoyenne qui d’ores et déjà doit être reconnue comme telle. Elle mérite pour le moins une prise en compte. Des réponses concrètes pourraient être apportées rapidement. Par exemple dans le projet de loi relatif à l’énergie et au climat dont la présentation en conseil des ministres a été repoussés parce que « le président souhaitait que des modifications soient réalisées, afin d’en accroître encore les ambitions », selon l’Élysée.

Une occasion pour entendre l’appel de la jeunesse et d’y répondre à la hauteur des enjeux…

Pour une fois ce sont peut-être eux qui ont une leçon à donner !

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos de ce mois de mars

Après le 8 mars vient le 9 et donc un nouveau [Quoi de 9 ?] avec à sa une, le long chemin encore à parcourir pour atteindre l’égalité femmes-hommes.

Mais aussi au sommaire de ce mois de mars 2019 :

– les pratiques d’information des jeunes

la culture qui s’invite dans le grand débat

– un certain décret du 9 mars 1852… quand le pouvoir faisait acte d’autorité sur les personnels éducatifs

– les méthodes pédagogiques mises en question

– une analyse du pilotage et des pilotes de l’Éducation nationale

– tout savoir sur la « Bildung » au cœur de la démarche éducative en Allemagne, ou presque

– et Michel Serres qui dans un petit livre nous invite à l’espièglerie douce…

Le tout, avec des propositions pour lire, écouter, voir et noter dans votre agenda.

 

Retrouvez sans attendre les infos du [Quoi de 9 ?] de ce mois de mars ici : quoi-de-neuf mars 2019

Bonne lecture.

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Décès de Jean-Jacques Romero, ancien secrétaire général du SNPDEN (1995-2002)

par Jean-Paul ROUX

Le départ de Jean-Jacques Romero, c’est d’abord une perte militante irremplaçable.

Sept années à la responsabilité d’un grand syndicat de notre Fédération, le Syndicat majoritaire de la profession, impriment une mémoire durable en celles et ceux qui ont partagé son engagement dans ces temps difficiles et le souvenir d’un militant d’exception chez celles et ceux qui lui ont succédé…

Pour notre syndicalisme, le début des années 90, c’était le temps des déchirements. Ce fût aussi le temps des mutations et surtout celui des constructions, des conquêtes syndicales. Jean-Jacques fût au cœur de cet élan qui ancra à jamais son Syndicat dans sa Fédération et dans son Union qui se bâtissait alors. Pour lui, cette démarche s’appuyait d’abord sur la conscience claire que les Valeurs et la conception éducative, revendicative et syndicale que portait son Syndicat et sa Fédération étaient unes, donc indissociables. Mais cette conviction aurait-elle suffisamment pesé sans cette capacité hors du commun à la faire entendre, comprendre et partager par toutes et tous ? Lors du congrès de Nantes du SNPDEN, du 14 au 17 mai 2002, alors que Jean-Jacques passait le relais à Philippe Guittet, c’est ce que lui a dit Christiane Singevin, militante ancienne et respectée du Syndicat. C’est ce que je lui ai confirmé, au nom de la Fédération, alors que je terminais moi-même mon mandat quelques jours plus tard. Et l’assentiment unanime du congrès qui le saluait debout était la réponse que chacune et chacun attendaient et dont personne ne doutait…

Ainsi ce fils d’un Républicain espagnol, engagé lui-même dès sa jeunesse, mettait-il un terme à sa responsabilité syndicale sans abandonner une once de son engagement. Il devint alors Président de Touraine Inter-âge Université, adjoint au maire de Larcay (37), membre du CA de la Mission Laïque et du jury du Prix Maitron…

Mais pour lui et moi vint aussi le temps de l’amitié cultivée lors de rencontres, trop rares, en particulier lors des congrès de son Syndicat. Nous parlions certes de syndicalisme… Moins d’ailleurs de celui que nous avions assumé que de celui du présent et surtout de l’avenir que construisent celles et ceux qui nous ont succédé.

Nous parlions aussi de la vie quotidienne dans laquelle les nôtres ont repris la place centrale… C’est vers les siennes et les siens, Jeannine son épouse, leurs deux enfants, leurs six petits-enfants que se tournent aujourd’hui ma pensée et ma peine qui accompagnent leur chagrin.

 

Jean-Paul Roux

Ancien Secrétaire général de la FEN

puis de l’UNSA éducation (1997-2002)

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Assemblée générale. Bilan de l’année 2018, le choix d’une redynamisation

« Faire le bilan de l’année 2018, c’est avant tout rappeler le choix de notre assemblée générale extra-ordinaire du 13 mars 2018 : choix de redynamiser le Centre de Recherche, de Formation et d’Histoire sociale, de lui donner une nouvelle image, des moyens pour agir, des missions au service de l’UNSA Éducation et de ses syndicats et de mesurer le chemin parcouru depuis 18 mois. »

Vous pouvez consulter ici le document de l’Assemblée générale du 11 septembre 2019 faisant le bilan de l’année 2018 : AGO 2019-3