Publié dans vu, lu pour vous

Par où « pass » l’accès à la culture ?

« La question de l’accès à la culture des jeunes est-elle d’abord un problème économique et technologique avant d’être un sujet éminemment symbolique, marqué des freins bien connus d’accès par les mécanismes généraux d’exclusion sociale, tel que semble le postuler, sans que cela ne soit débattu, le projet de pass culture du Gouvernement  ? »

Telle est l’une des interrogation qu’a soumise l’Union syndicale des entreprises publiques du spectacle vivant (USEP-SV) à Françoise Nyssen, ministre de la culture, dans un courrier le 10 juin dernier à propos du « pass culture », ce « projet phare » de la politique culturelle macronienne.

Les contours de cette application mobile qui réunira les offres culturelles à proximité et sera créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans, commencent à être connus et jusqu’en septembre, environ 400 jeunes volontaires, répartis dans cinq départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Hérault, Finistère, Guyane), vont la tester. A la rentrée, ils seront 10 000 à l’expérimenter, avant une généralisation prévue, « dans l’idéal », au premier trimestre 2019, mais qui dépendra du « temps d’analyse de l’expérimentation », indique le ministère de la Culture.

« Aucune offre ne sera exclue, insiste la ministre. Tous les acteurs culturels publics ou privés, physiques ou numériques, sont les bienvenus sur le Pass. » On devrait donc y trouver des propositions de sorties (places de concert, théâtre, musée, cinéma…), des cours de pratiques artistiques, des jeux vidéo, du tourisme culturel, des abonnements à la presse numérique ainsi qu’à des plates-formes de musique ou de vidéos en ligne.

Ce « pass » culture est inspiré d’une expérience italienne, le «Renzi Bonus» qui est loin d’avoir été un succès puisqu’il n’a pas réussi à résorber les inégalités culturelles mais a parfois suscité un marché noir d’achat de tablettes numériques et d’ordinateurs dissimulés sous de fausses factures de livres. Reprenant ce fiasco italien, Jack Lang n’a pas manqué de faire la critique du projet : «ça a profité surtout à la fréquentation de spectacles de pur divertissement (…) et pas nécessairement à l’élévation culturelle de la jeunesse. Ça n’a pas beaucoup encouragé la fréquentation ni des théâtres ni des musées ni des monuments».

«Et puis c’est une idéologie qui n’est pas la mienne», a ajouté l’ancien ministre interrogé sur France Inter. «C’est à partir de la création que doit s’établir une politique des arts. Qu’on fasse confiance aux institutions: quand vous voyez les opéras s’ouvrir aux jeunes, certains musées devenir de véritables écoles… qu’on les encourage à ouvrir largement les portes, au lieu de favoriser une sorte de mentalité consumériste. Je pense aussi qu’il est préférable d’organiser une entrée en masse de l’art à l’école ! »

Politique d’offre et d’accompagnement ou de demande et de consommation ? Par où passe l’accès à la culture, c’est bien la question qui est posée avec ce nouveau dispositif que le Président de la république avait promis, dès la campagne électorale des présidentielles.

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