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L’esprit et la lettre

Aux grands maux, les grands remèdes. Face à la crise de confiance, le président de la République lance une grande consultation qu’il initie par une lettre aux Française et Français.

D’autres présidents se sont en leur temps livré à cet exercice d’écriture (François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, François Hollande) avec des objectifs différents et des succès différents.

Il ne nous revient ni d’anticiper sur les effets d’un tel courrier, ni d’en faire l’exégèse exhaustive, mais de regarder la place des sujets qui nous concernent.

Dans sa lettre Emmanuel Macron évoque l’école, la citoyenneté, la laïcité, la fonction publique.

Qu’en dit-il ?

L’École, l’Éducation ne font pas partie des questions posées par le président. Il n’y a d’ailleurs aucun axe proposé à la réflexion sur le domaine éducatif et culturel, pas plus d’ailleurs que sur la formation et l’insertion professionnelle.

L’évocation de l’Éducation correspond donc d’abord à une fierté nationale : « Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune.» Affirmation certes juste en terme d’accès, mais totalement démentie par toutes les études lorsqu’il s’agit de la réussite scolaire. Ensuite le président réaffirme la ligne de sa politique et redit son soutien aux réformes en cours : « Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance… » Ce qui semble accréditer tout de même que tout ne pas si bien que cela dans l’Éducation en France. Mais c’est surtout au niveau européen que le président dessine le projet d’ « inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. »

La page est tournée, le président n’en dit pas plus sur le sujet. Mais comme « il n’y a pas de questions interdites », les débats pourront s’en emparer.

La citoyenneté est au cœur du message présidentiel. Est-ce bien sûr? Le mots « citoyen» est utilisé trois fois, dont deux fois dans un sens plutôt générique et « citoyenneté » deux fois dans le quatrième axe, introduit ainsi : « Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. »

Cette citoyenneté, Emmanuel Macron lui confère deux caractéristiques. La première, historique, est d’être électeur : « Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen », même s’il reconnaît que « ce système de représentation […] socle de notre République, […] doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections» sans pour autant jusqu’à dessiner les contours d’une démocratie participative. La seconde est « le fait de vivre ensemble », définition qui permet d’introduire la question de l’immigration (un raccourci qui déjà en dit long…) et de poser, comme incidemment, la question, « une fois nos obligations d’asile remplies » de « fixer des objectifs annuels définis par le Parlement », une limitation du nombre d’étrangers accueillis qui n’est pas sans rappeler « l’immigration choisie » chère à Nicolas Sarkozy.

« Valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques », la laïcité est alors évoquée par Emmanuel Macron de manière partielle, évoquant la « liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix », mais pas celle absolue de conscience et questionnant sur son renforcement dans «  le rapport entre l’État et les religions » et sur le « respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République »

C’est en évoquant l’impôt que le président de la République aborde la question de la fonction publique. D’abord pour rappeler que « c’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. » Ensuite, toujours sur le plan économique et sans remettre en cause la politique mise en œuvre depuis le début de son quinquennat, il propose de « poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique» et interroge donc sur « les économies […] prioritaires à faire » en posant deux questions :

« Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité?

À l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? »

Une manière de réaffirmer le coût des services publics et de mettre en relation celui-ci avec leur utilité…dont on peut se demander laquelle (utilité sociale ou rentabilité financière?).

Nul doute que les questions évoquées par le président de la République dans sa lettre et celles qui au-delà seront abordées dans le grand débat sont d’importance et méritent de faire l’objet d’une concertation citoyenne qu’il aurait peut-être mieux fallu avoir avant les élections présidentielles que quelques mois après… Mais mieux vaut tard que jamais. L’échange peut avoir lieu, il faut souhaiter qu’il débouche sur une autre manière de faire vivre la politique et la démocratie. Ce n’est qu’à cette condition qu’il permettra d’agir, comme semble le souhaiter Emmanuel Macron qui conclut sa lettre par ces mots, « en confiance ».

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Vie démocratique : quand la méfiance s’installe…

Lassitude (32%) , morosité (31%) et méfiance (29%) sont les trois qualificatifs qui caractérisent le mieux l’état d’esprit actuel des Français loin devant sérénité (17%), bien-être (14%) ou confiance (11%), selon le baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, dont la dixième édition est parue aujourd’hui.

Il y a bien entendu un effet « gilets jaunes » dans les résultats de cette perception. Mais pas uniquement. Depuis plusieurs années déjà cette étude annuelle comme d’autres confirment une montée des craintes et une perte de confiance dans une grande partie des institutions.

Pour 70% des sondés, en France la démocratie ne fonctionne pas très bien, seuls 27 % ont une opinion positive sur son fonctionnement, même si comme Churchill, 86 % reconnaissent que la moins pire des solutions est d’avoir un système politique démocratique.

Le pouvoir actuel fait évidemment les frais de la contestation. La politique du gouvernement suscite de l’inquiétude pour 73 % des sondés, de la colère pour 64 %, de l’enthousiasme pour 17 %, alors que l’indice de confiance est de 23 % (en baisse de 13 point en 1 an) pour le président de la République Emmanuel Macron et de 25 % (moins 11 points) pour le premier ministre Édouard Philippe.

Dans ce contexte, les revendications de modes d’expression, de prise de parole et de participation du peuple sont davantage revendiquer, 53 % des personnes interrogées estimant que, « les citoyens n’ont plus besoin aujourd’hui des partis politiques ou des syndicats pour exprimer leurs demandes ».

La confiance dans les syndicats se maintient à 27%, celle dans les médias baisse légèrement (de 1 points) à 23% et celle des partis politiques stagne à 9%. En revanche les hôpitaux (78%, +2 points), les PME (78%, + 2 points), l’armée (74%, – 1 point), la police (74%, + 1 point)demeurent très majoritairement appréciés. Tout comme l’école qui avec 69% de confiance améliore son score de 4 points. Un satisfecit des réformes en cours ? Plutôt le soutien à davantage de moyens dans un investissement d’avenir pour une École dont il est attendu à 59 % qu’elle donne « avant tout le sens de la discipline et de l’effort », contre 37 % des sondés qui pensent qu’elle « devrait former avant tout des gens à l’esprit éveillé et critique ».

Bien entendu, il ne s’agit que d’une enquête réalisée auprès d’un peu plus de 2000 personnes, pour autant elle donne une photographie assez fidèle et inquiétante de l’évolution de l’opinion publique par rapport à la société française et à sa démocratie. Elle montre particulièrement une progression d’une défiance dont il est urgent que les responsables tant politiques que syndicaux tiennent compte et à laquelle, il faut impérativement répondre.

L’ensemble des résultats du baromètre du CEVIPOF sont à retrouver ici : https://www.sciencespo.fr/cevipof/sites/sciencespo.fr.cevipof/files/CEVIPOF_confiance_vague10-1.pdf

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Quand on reparle des rythmes, mais cette fois au lycée…

Valérie Pécresse, présidente de la région Île de France vient de demander au ministre de l’Éducation nationale d’expérimenter le début des cours à 9h en lycée.

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L’idée n’est pas nouvelle. Les chronobiologistes (on peut se référer, entre autres, aux travaux de François Testu et de Claire Leconte sur le sujet) ont depuis longtemps mis en évidence le besoin de sommeil des adolescents et jeunes adultes, ainsi que leurs rythmes qui nécessitaient une heure de levé et une prise d’activités plus tardives.

Jean-Michel Blanquer, invité du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, ne s’est pas dit hostile à la proposition : « Je suis très ouvert aux expérimentations (…) Lorsqu’il y a une proposition comme cela, il faut l’écouter (…) Pourquoi pas, à une petite échelle pour expérimenter.« 

Ainsi donc le Ministre qui a mis fin à la semaine de cinq demi-journées de classe en primaire, alors que cela était favorable aux enfants, pourrait être celui qui permet l’adaptation des horaires du lycée…

Il est vrai qu’expérimentation ne signifie pas généralisation, pas plus que dérogation n’équivalait à suppression.

Le temps scolaire en France reste supérieur à celui des autres pays. Ainsi la moyenne des pays de l’OCDE est de 26 heures hebdomadaires pour un peu moins de 5 heures de cours par jour. Par contre il est plus resserré, puis que sur moins de 178 jours alors que la moyenne des pays de l’OCDE se situe à 187 jours.

Au-delà de ce décalage d’une heure en début de journée de cours, c’est donc bien plus globalement l’organisation de l’ensemble du calendrier scolaire qui se pose. Combien d’heures de cours ? Quelle organisation de la journée ? De la semaine ? De l’année ?

Sans parler du rythme même des cours et à l’intérieur de ceux-ci, dans l’alternance des différentes situations pédagogiques.

Si la réforme du lycée a un peu allégé le nombre d’heures de cours annuel, elle n’a pas pris en compte l’ensemble de ces éléments et n’apporte aucune réponse globale. Et comme cela ne relève pas des compétences régionales, peu de chance de voir les choses évoluer dans l’expérimentation francilienne.

 

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Environnement : les jeunes davantage informés mais pas encore mobilisés à l’écocitoyenneté

La question de l’environnement, la lutte contre le réchauffement climatique, l’enjeu écologique sont au cœur des préoccupations actuelles. Si les décideurs politiques et économiques du monde peinent à construire des solutions ambitieuses et universellement partagées, l’implication citoyenne au quotidien est également requise. Elle implique des changements de mentalités et de comportements, auxquels l’Éducation peut largement contribuer, en visant à rendre les jeunes plus sensibilisés et plus encouragés à agir en écocitoyens.

Ainsi, au travers des résultats de l’enquête internationale PISA, l’OCDE s’est interrogé pour savoir si les jeunes de 15 ans sont davantage « verts ».

Les principaux résultats montrent une certaine efficacité de l’information puisque le nombre d’enquêtés « se disant informés (« Je vois de quoi il s’agit et je pourrais expliquer cela dans les grandes lignes ») ou bien informés (« Je connais ce sujet et je pourrais clairement expliquer de quoi il s’agit ») a connu une hausse modérée, en moyenne, dans les pays de l’OCDE. » Ainsi entre 2006 et 2015, « le pourcentage d’élèves se disant informés de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère a ainsi augmenté, passant de 57 % en 2006 à 64 % en 2015 ; une hausse similaire s’observe au sujet de l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM). »

Dans le même temps, ces mêmes jeunes enquêtés n’apparaissent pas plus optimistes. En effet, « en moyenne, dans les pays de l’OCDE, le pourcentage d’élèves se disant optimistes quant à l’avenir de la planète – ceux estimant que les problèmes environnementaux s’atténueront au cours des 20 prochaines années – est resté relativement stable durant cette même période. » Ainsi , si en 2015, les jeunes de 15 ans s’affirment légèrement « plus optimistes que leurs homologues en 2006 à l’égard des problèmes liés à l’abattage des forêts, aux déchets nucléaires et à la pollution de l’air », ils se disent davantage « pessimistes concernant l’accès à l’eau dans le futur. »

Quels liens avec l’Éducation ?

Il semble que trois caractéristiques puissent se dégager :

Tout d’abord la sensibilisation aux problèmes environnementaux a globalement augmentée dans de nombreux systèmes éducatifs

Ensuite, mieux formés aux questions environnementales et donc plus à même d’en comprendre les enjeux et les évolutions, les élèves sont « considérablement plus susceptibles d’estimer que ceux-ci s’aggraveront dans le futur. » Ainsi, 40 % se disant informés (de l’augmentation des gaz à effet de serre, de la pénurie d’eau et de la pollution de l’air) estiment que ces problèmes s’aggraveront au cours des 20 prochaines années.

Enfin, il est à noter que « les élèves se disant plus sensibilisés aux problèmes environnementaux sont en moyenne ceux issus d’un milieu socio-économique favorisé »  et que les « élèves ayant le goût des sciences – soit les élèves très performants qui participent à des activités scientifiques, envisagent d’exercer une profession à caractère scientifique et s’intéressent aux sujets scientifiques – font part d’une plus grande sensibilisation aux problèmes environnementaux ».

Plus globalement la sensibilisation à ces problèmes est accrue lorsque l’enseignement est fondé sur une démarche d’investigation « et, dans une moindre mesure, lorsque le département scientifique de leur établissement est doté des ressources adéquates et propose des activités scientifiques, notamment des concours et un club de sciences. »

Ce que l’étude de l’OCDE n’analyse pas pas, c’est le rapport entre ce meilleur niveau d’information, cette inquiétude plus grande et l’implication dans des actions de préservation de l’environnement. Il semble en effet que les jeunes ne traduisent pas leur sensibilisation aux questions écologiques par un « engagement important » dans ce domaine comme le montre les travaux de l’INJEP ou une étude de l’INSEE de l’an dernier sur « les acteurs économiques et l’environnement ». Ainsi comme le rapportait Alternatives économiques « les jeunes Français ne sont ni plus ni moins engagés dans les associations environnementales que les autres classes d’âge : 3 % y adhèrent et 1 % y sont bénévoles, exactement comme la moyenne. »

Au-delà d’un enseignement des risques écologiques, ces résultats montrent combien il est devenu essentiel de passer aux actes. Il s’agit dorénavant d’éduquer à l’écocitoyenneté de manière concrète et impliquée, dès les lieux d’enseignement, tant par l’apprentissage et l’application des gestes du quotidien que par une Éducation plus approfondie aux nouvelles relations à construire entre l’environnement naturelle et l’activité humaine : un « nouveau contrat naturel » comme le préconise Michel Serres.

Retrouvez ici l’étude thématique de PISA :

https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/4b2c2054-fr.pdf?expires=1545600360&id=id&accname=guest&checksum=9A5A94B6492263FF3DF356A9BA692D70

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L’évolution des métiers de la fonction publique vue par le CESE

«  […] qu’il me soit permis de conclure en vous proposant un petit exercice d’imagination.

Imaginons un pays en crise profonde du fait de ses fractures sociales, territoriales et économiques, au point qu’une fraction de ses citoyens en vienne à descendre dans la rue.

Imaginons que ce pays si divisé ait en même temps à faire face à des transformations écologiques, numériques et technologiques impératives, transformations qu’il ne pourra réussir sans la mobilisation et donc l’acceptation et le rassemblement de ses citoyens.

Imaginons que, pour faire face, ce pays ait la chance de disposer d’une sorte de bras armé, une Fonction publique de qualité fondée sur l’intérêt général, et, de surcroît, qu’il puisse s’appuyer sur un conseil représentant la société civile organisée qui lui indique des pistes d’évolution et, surtout, de consensus.

Et puis, faisons un dernier effort, et figurons-nous que ce pays imaginaire soit doté d’un gouvernement, en très grande difficulté du fait de la situation sociale, qui s’apprête à écrire une loi sur la Fonction publique.

J’arrête là cet exercice de pure fiction au meilleur moment , celui de la fin. Nous l’attendons tous mais ce n’est pas moi mais le gouvernement en question qui pourra véritablement l’écrire.

Souhaitons qu’avec cet avis il trouve la bonne inspiration car, si les contes de fées peuplent peu le réel, il est des histoires qui peuvent s’y finir très mal. »

Ainsi concluait Luc Berille, le 11 décembre dernier, l’avis de l’UNSA sur le rapport du CESE relatif à « l’évolution des métiers de la Fonction publique ». Une évolution qui concerne 5,4 millions d’agents publics au sein des trois versants de la fonction publique et que le gouvernement a décidé de mettre en réflexion jusqu’à l’aboutissement d’une loi qui devrait être proposée et débattue au premier trimestre 2019. La rapport du CESE, sous saisine gouvernementale, vient, dans ce contexte, éclairer les futurs débats.

A partir d’un état des lieux des disparités importantes qui existent au sein des différents métiers et des trois versants de la fonction public, les rapporteurs font une vingtaine de préconisations qui, s’appuyant sur les enjeux actuels de l’apport du numérique et de la question environnementale, concernent cinq leviers d’évolution :

– la gouvernance,

– les ressources humaines,

– la formation tout au long de la vie,

– la mobilité,

– les missions nouvelles.

Parmi les principales propositions, on retiendra :

– la mise en place d’un dispositif de pilotage en matière de gestion des ressources humaines comportant -entre autres, « une mission de prospective, visant une meilleure anticipation et une meilleure intégration des facteurs d’évolution dans les métiers de la fonction publique » ;

– l’élaboration, prévue dans la loi, d’un « plan pluriannuel sur la formation continue nécessaire à l’évolution des métiers de la fonction publique, répondant aux besoins en qualifications » ;

– la différenciation des entretiens annuels de formation de ceux d’évaluation ;

– la conception de « postes à profil destinés à l’expérimentation de projets innovants, sur des périmètres spécifiés, dans les différents corps et cadres d’emplois de la fonction publique » ;

– la mise en place d’un « réseau de conseillères et conseillers RH de proximité dans l’Éducation nationale » ;

– la garantie d’ « accès à la formation continue des effectifs contractuels dans les trois versants de la fonction publique et les orienter vers des concours adaptés, en proposant aux personnes concernées des dispositifs de valorisation des acquis de l’expérience (VAE), de reconnaissance de l’expérience professionnelle ou de certificats de qualification professionnelle adaptés au secteur public » ;

– l’encouragement à « toutes les mobilités en aménageant des conditions de retour favorables dans le corps ou cadre d’emplois d’origine, en tenant compte du gain d’expérience acquise et en prévoyant un temps de réadaptation nécessaire à l’emploi retrouvé » ;

– la garantie de « transparence des conditions de recrutement, de l’organisation des temps de travail et des régimes indemnitaires dans les différentes administrations pour faciliter les mobilités inter et intra-versants » ;

– l’intégration « dans la formation initiale et continue et dans les pratiques de travail collaboratif de l’ensemble des personnels de la fonction publique, quelle que soit leur spécialisation de base, la prise en compte des enjeux relatifs à l’environnement, en particulier ceux qui concernent les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité ».

Au travers de celles-ci, le rapport montre que le statut des fonctionnaires est loin d’être le carcan interdisant toute évolution, comme certains se plaisent à le dénoncer.

Reste donc, comme le préconise l’UNSA, au gouvernement de s’en inspirer.

Retrouver le rapport du CESE ici : https://www.lecese.fr/travaux-publies/levolution-des-metiers-de-la-fonction-publique

Le numéro 26 de décembre 2018 de la Newsletter du Groupe UNSA au CESE : Newsletter 26

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Bâtir des ponts, pas des murs

tel est le sous-titre du rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO consacré aux rapport entre migration, déplacement et éducation qu’il est intéressant de citer en cette journée internationale des migrants.

La rapport rappelle tout d’abord que « la migration est à la fois source d’ordre et de désordre ». Ainsi, migration volontaire et migration forcée coexistent dans les flux migratoires, mêlant celles et ceux qui décident de partir travailler ou étudier ailleurs à celles et ceux qui fuient (les guerres, les persécutions, les catastrophes climatiques, la famine, les maladies…). Ici, ces déplacements de population peuvent générer des clivages, là ils sont un apport de richesses (main d’œuvre, culture…)

Face à cet interminable dilemme entre chance ou menace, atout ou fardeau, « deux attitudes coexistent, l’accueil et le rejet. Les uns s’adaptent à leur nouvel environnement, les autres non. Les uns veulent aider, les autres veulent exclure » : pour le dire simplement « soit on construit des murs, soit on jette des ponts

Évidemment, la vocation même de l’UNESCO est d’agir pour la création de ponts afin d’ « instaurer la confiance, favoriser l’intégration, rassurer. »

L’Éducation apparaît comme un des levier essentiel pour construire ces ponts. Et cela dans une triple dimension :

– l’Éducation favorise l’intégration des enfants migrants ou déplacés dans les régions ou les pays d’accueil. Même lorsque leur scolarité apparaît comme difficile, elle est le plus souvent un facteur positif, limitant les marginalisations et les risques de délinquances ;

– le fait d’accueillir des élèves migrants ou déplacés influe également sur l’Éducation des autres enfants. La nécessité de mettre en œuvre une pédagogie adaptée, de prendre en compte des langues et des cultures différentes, de répondre à des difficultés spécifiques modifie la manière même d’éduquer tous les enfants. L’accueil est donc vecteur d’inclusion ;

– plus globalement, « l’attitude envers les immigrants est influencée par le niveau d’étude. Il apparaît que les personnes plus instruites sont moins ethnocentriques, qu’elles valorisent davantage la diversité culturelle et qu’elles considèrent les effets économiques de la migration sous un jour plus favorable. »

Si l’École est le lieu privilégié de cette éducation inclusive et tolérante, le rapport insiste sur les apports de l’éducation non formelle qui joue un rôle capital « dans l’édification des sociétés résilientes », rôle souvent négligé du fait que ne faisant généralement pas partie du système public, elle est peu étudiée. Or « l’art et le sport offrent à l’éducation non formelle des ressources très efficaces » pour « favoriser les échanges interculturels » et « mettre en valeur les contributions positives des étrangers dans le pays. »

Alors que tant de fausses informations circulent autour de l’accueil des migrants, exacerbées par les opposés au traité de Marrakech, le rapport de l’UNESCO permet, sans nier les difficultés, de réaffirmer les richesses dont les migrants sont porteurs et qui nécessitent d’être développées par les ponts que l’Éducation peut aider à construire et par les murs qu’elle peut contribuer à faire tomber.

Rapport à retrouver ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000265996_fre

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Avenir environnemental : et si la leçon venait des plus jeunes…

Si on ne fait pas attention, seuls les riches pourront consommer et les pauvres en seront victimes. Il faut donc que l’argent leur revienne.”

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Stockholm., Sweden 2018-08-28.Greta Thunberg

 Cette parole n’est ni celle d’un « gilet jaune », ni celle d’un leader politique d’extrême gauche. Elle vient d’une adolescente suédoise de 15 ans. Elle s’appelle Greta Thunberg et depuis le 9 septembre dernier, tous les vendredis, elle fait la grève de l’école devant le Parlement suédois pour que les responsables de son pays prennent réellement au sérieux le changement climatique.

Bien qu’invitée à la COP 24 par l’association Scientist’s warning qui soutient son action et son cri d’alarme, la jeune fille est très critique sur ces « grands-messes » internationale : « C’est beaucoup de parlotte mais il ne se passe rien. Ça fait 24 ans et ça ne mène nulle part. Il faut qu’on se fâche, qu’on demande des comptes aux générations plus âgées pour le désordre qu’ils nous laissent et dans lequel ils s’attendent qu’on vive« . 

Aussi, ce jeudi 13 décembre, a-t-elle posté sur les réseaux sociaux, une vidéo qui invite d’autres adolescents à l’imiter : « Où que vous soyez, qui que vous soyez, on a besoin de vous maintenant. S’il vous plait faites la grève du climat avec nous. Mettez vous devant votre parlement ou votre représentation locale, même si c’est un court instant, pour leur dire qu’on veut de l’action pour le climat« .

Un grève de l’école pour alerter sur le réchauffement climatique ?

« Certains disent que je devrais plutôt être à l’école, mais pourquoi étudier pour un futur qui n’existera peut-être pas. Quand personne n’essaye de sauver ce futur ? » affirme-t-elle.

Une telle réaction ne peut qu’interroger. Si, en effet, l’essentiel des mesures à prendre en faveur de l’environnement dépend des responsables politiques et économiques du monde, l’avenir de l’humanité sur la terre nous concerne tous et sera l’héritage des jeunes générations.

Il ne peut y avoir d’alternative simpliste entre éducation et développement durable, pas plus qu’il ne peut y avoir opposition entre transition écologique et justice sociale.

Si le monde est devenu notre village, si un battement d’aile de papillon ici entraîne un tsunami là-bas, si le choix des uns interfère dans l’existence des autres, c’est parce que tout est lié, tout fait système. La réponse politique doit donc être à cette dimension, à cette hauteur, à cette ambition. Celle d’accompagner une transformation globale, mondiale, systémique, qui n’oppose pas mais relie, rassemble et permet d’agir ensemble.

Nul doute que les réponses actuelles ne sont pas satisfaisantes et que la responsabilités des dirigeants du monde est immense.

Nul doute non plus, que l’Éducation a sa part d’engagement à prendre. Elle est importante, essentielle même. Lieux d’expression des interrogations, des demandes, des attentes, des espoirs des enfants et des jeunes, elle doit en être également la caisse de résonance et se mobiliser tant dans la mise en œuvre de gestes du quotidien respectueux de l’environnement que dans la diffusion des savoirs qui transformeront les mentalités et les pratiques.

Et si pour une fois, la leçon venait des enfants, que l’école puisse la transmettre et les adultes l’écouter, l’entendre et en tenir compte…

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Éduquer à s’orienter : une priorité pour l’égalité et la réussite de toutes et tous

Un jeune sur deux déclare ne pas avoir été bien accompagné par son établissement au sujet de l’orientation dont les filles, les élèves hors éducation prioritaire et ceux qui ont poursuivi leurs études en voie générale.

18 % des 18-25 ans considèrent qu’ils n’ont pas eu le choix de leur orientation, particulièrement lorsqu’ils sont issus de l’enseignement professionnel.

Une minorité des personnels de direction (27% en collège et 36 % au lycée) déclarent avoir été formés spécifiquement à l’orientation en tant que chefs d’établissement.

Ces chiffres mis en lumière par les travaux du CNESCO interrogent la politique d’éducation à l’orientation scolaire en France.

Marquée par une multiplicité de réformes et donc par une confusion dans les objectifs politiques visés, l’orientation pâtit d’une difficulté de coordination entre les différents acteurs et par un manque de lisibilité de l’offre pour les élèves et leurs familles. Les enseignants y sont insuffisamment formés alors que les conseillers d’orientation (PsyEN), formés en psychologie puis spécialisés en orientation, sont inégalement répartis sur le territoire.

Le processus d’orientation est donc marqué par de fortes inégalités sociales et de genre se traduisant entre autres par des phénomènes d’autocensure.


Comment permettre aux jeunes d’ être en capacité de « savoir évoluer » sur le marché du travail ? Dans « les préconisations du Cnesco pour aider les élèves à construire leur parcours d’orientation » issues de la conférence de comparaison internationale conduite en novembre dernier, le conseil invite désormais à « viser non plus uniquement à aider à trouver une formation professionnelle mais apprendre à s’orienter dans le système de formation initiale puis tout au long de la vie pour ajuster au mieux ses compétences professionnelles. »

Pour ce faire, le CNESCO rappelle les principes suivants :

Apprendre à s’orienter plutôt qu’«être orienté»

Mettre en place un continuum de l’éducation à l’orientation de l’enseignement scolaire à l’enseignement supérieur afin de faciliter l’orientation tout au long de la vie et de lutter efficacement contre les inégalités

Mettre en œuvre certaines actions liées à l’orientation dans le cadre de classes entières pour limiter l’autocensure

Permettre des parcours individualisés plutôt que des orientations définitives et des parcours fortement séparés

Favoriser l’interaction de l’école avec les autres parties prenantes

Ils peuvent se traduire par plusieurs préconisations :

Dès le primaire, travailler la connaissance de soi et la compétence à prendre une décision pour lever tous les déterminismes

Dans l’enseignement obligatoire, faire découvrir les métiers de façon alternative pour pouvoir par la suite comprendre l’univers professionnel

Dès le collège, comprendre les voies et filières existantes et les perspectives qu’elles ouvrent

Dès le primaire, déconstruire les stéréotypes de genre chez les élèves, les parents et les enseignants pour limiter leur impact sur l’orientation

Accompagner les élèves en situation de handicap tout au long de leur parcours

Limiter les inégalités d’orientation dues aux caractéristiques sociales des familles

S’appuyer sur les spécificités du territoire pour mobiliser les acteurs et penser l’orientation jusqu’à l’insertion

Rendre possible la mobilité géographique au niveau national et international

Utiliser la formation des acteurs pour construire et partager une

vision commune de l’éducation à l’orientation

Coordonner les acteurs de l’orientation au niveau de l’établissement et inter-établissements

Mobiliser tous les acteurs, du monde l’éducation au monde du travail

L’éducation à l’orientation est une priorité dans l’évolution de la politique éducative. Elle est au cœur de la coéducation et un puissant levier pour l’égalité et la réussite de toutes et tous.

Retrouvez ici tous les travaux du CNESCO sur ce sujet de l’orientation : http://www.cnesco.fr/fr/education-a-lorientation/

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L’avenir de l’Éducation : un intérêt général, mais des réponses divergentes (aussi en jeu dans les élections professionnelles)

Le CIRIEC-France* présentait ce 5 novembre au soir l’ouvrage collectif qu’il a initié, consacré à l’Éducation et l’intérêt général**. A sa demande le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation a rédigé le chapitre traitant du rapport des organisations syndicales face aux réformes.

Plusieurs conclusions s’imposent quand on analyse les réformes scolaires et éducatives.

Tout d’abord, le constat qu’il n’y a pas en France, contrairement à d’autres grands pays, de consensus politique sur la question éducative. Si l’état des lieux est assez partagé et conduit à envisager des évolutions profondes, l’identification de l’École comme élément constitutif de la République, en fait un objet polémique entre courants divergents et souvent opposés.

Ce clivage permanent, et parfois volontairement et artificiellement entretenu, se traduit par une permanence de « réformettes » se chassant les unes les autres au gré des alternances politiques et des nominations de ministres. Le rythme de ses « changements de pied » successifs ne permettent ni leur efficacité, ni leur évaluation. Ainsi se succèdent des injonctions contradictoires qui déstabilisent parents, élèves et personnels éducatifs.

L’élève au centre du système éducatif, comme le voulait la loi d’orientation de 1989 est finalement rarement une priorité. Quant à la prise en compte de l’enfant, elle est souvent oubliée, tant la coéducation n’est pas pensée, pas plus que l’articulation entre les temps, les acteurs et les actions éducatifs dans et hors l’École.

Dans ce contexte, les acteurs éducatifs et au premier rang de ceux-ci les enseignants, doutent des réformes, ne s’y investissent que peu, voire les refusent. Certain.e.s s’enferment dans la solitude de leurs classes, d’autres innovent loin des instructions hiérarchiques. Chacun.e tente de faire au mieux, dans un système qui ne satisfait personne. Ce que confirme une étude menée par Opinionway pour la MGEN ***, dans laquelle 63 % des Français (même 66 % des adhérents MGEN) estiment que l’école évolue moins vite que les transformations de la société, les grands enjeux du monde contemporain n’étant pas assez étudiés.

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Les élections professionnelles : agir sur le renouvellement des syndicats

Les résultats des élections professionnelles dans la fonction publique auront un impact fort sur l’avenir et l’évolution des organisations syndicales.

Évidemment, elles vont permettre de calculer leurs audiences respectives, mais aussi, grâce au taux de participation, leur poids collectif.

Dans le contexte de méfiance par rapport aux corps constitués – les syndicats ne recueillent que 27 % de confiance dans le baromètre du CEVIPOF https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/content/le-barometre-de-la-confiance-politique – et de mouvements non organisés comme les « gilets jaunes », c’est la représentativité des syndicats qui est en cause.

Sont-ils à l’image de la diversité de ceux qu’ils sont censés représenter ? Quelle est la part des femmes, des jeunes, des catégories de travailleurs modestes dans leurs instances ?

Si les études sur les militants syndicaux sont peu nombreuses, elles tendent à montrer souvent une domination masculine et une moyenne d’âge des dirigeants syndicaux autour de la cinquantaine.

Le rajeunissement et la promotion de la parité sont donc deux enjeux dans l’évolution des organisations syndicales, comme le montre bien Bastien Scordia dans son article « Le renouvellement des troupes, condition de survie du syndicalisme » publié le 29 nov. 2018 sur le site acteurs publics https://www.acteurspublics.com/2018/11/29/le-renouvellement-des-troupes-condition-de-survie-du-syndicalisme-4-6

Mais au-delà, et les revendications d’horizontalité et de participation accrue le renforce, c’est le travail même des syndicats qui est interrogé.

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