Reconnaître et respecter la professionnalité des personnels éducatifs

« Si je n’avais pu anticiper mon départ, j’aurais je le crains, rendu mon tablier. Non par lassitude ou dégoût du métier mais par loyauté.

C’est dur à dire pour ceux qui restent et pour lesquels j’éprouve un respect immense, mais les injonctions paradoxales, les missions impossibles à tenir, le risque de mentir et de se mentir ne permettaient plus de continuer ».

Voilà ce qu’écrit sur son blog un IEN prenant sa retraite en cette rentrée (https://www.mon-sentier-pedagogique.vincentbreton.fr/2020/09/01/rentrez/ )

Dans l’édition 2020 du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation seuls 10,5 % des répondant.es se disent en accord avec les choix politiques fait dans leur secteur d’activité (contre 20,8 % en 2018 et 23,8 % en 2017, à égalité, 10,4 avec 2019). Les réponses mettent également en évidence une forte souffrance au travail (pour 64,8 % des répondant.es) dont les causes sont dans l’ordre d’importance : l’insuffisante reconnaissance professionnelle (68,4%), la surcharge de travail (57,3%), la perte de sens des missions (45,7%).

Ainsi les personnels de l’Éducation souffre de l’absence de reconnaissance et de respect de leur professionnalité. A la question posée par le n° 562 des « Cahiers pédagogiques » de juillet 2020 : « Profs : exécutants ou concepteurs ? », une majorité semblent répondre « exécutants », ce qui ne leur convient pas et dont ils se plaignent à raison.

Dans leur avant-propos intitulé « Se dégager des entraves » Sabine Coste et Nicole Priou, les coordonnatrices du dossier écrivent :

« À écouter les ressentis des acteurs, il est indéniable que beaucoup se sentent entravés au quotidien par l’abondance, la fréquence, voire l’incohérence des prescriptions qui les envahissent. Mais à y regarder de plus près, il est clair que tous ne retiennent pas les mêmes et n’en font pas le même usage. Et de nombreux facteurs influent sur ce qui va être fait par les acteurs de ces prescriptions : leurs valeurs personnelles, la présence ou l’absence de collectifs d’appartenance, les modes de gouvernance rapprochée à l’échelon de l’établissement ou de la circonscription, les postures favorisées en formation ».

Sans sous-estimer les problèmes vécus au quotidien dans certains contextes, elles justifient leur choix de privilégier « ce qui permettait de mieux identifier ce qui pouvait rendre la pratique moins inconfortable, ce qui donnait les moyens d’investir les marges de manœuvre » et ce à trois niveau, la classe, l’établissement, le système dans son ensemble, « même s’il y a quelque artifice à les cloisonner parce que tout fait système ».

Mais le dossier montre également « qu’il suffit parfois de « presque rien » pour enrayer une dynamique collective ou la remettre en marche » et invite à « se donner les moyens – individuellement et collectivement d’être sujets de son histoire professionnelle ? » Une invitation à la professionnalisation qui « ne suppose sans doute pas d’être héroïques mais invite à travailler sans relâche à ne pas subir passivement son histoire, à faire au quotidien ce qui nous semble devoir être fait et que personne d’autre ne fera à notre place si nous, on ne le fait pas ».

Une invitation donc à agir, à la faire collectivement, mais aussi une injonction en direction des dirigeants des ministères éducatifs à enfin prendre en compte, reconnaître et respecter la professionnalité des personnels.

La cahier pédagogique n°562 est à commandé ici : https://www.cahiers-pedagogiques.com/No-562-Profs-executants-ou-concepteurs

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