Des enseignant.e.s se jugeant moins efficaces face à une plus grande hétérogénéité des élèves

Que savons-nous du métier d’enseignant et de son évolution dans sa perception par les professionnels de l’éducation eux-mêmes (enseignant.e.s de collèges et chef.fe.s d’établissements) ? A partir des résultats de l’enquête internationale Talis et en croisant d’autres données, la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale propose dans le dernier numéro de sa revue Éducation & formations une analyse des données éclairant ce sujet : « Le métier d’enseignant : pratiques, conditions d’exercice et aspirations – Les apports de l’enquête Talis 2018 » par Axelle Charpentier, Laetitia Longhi, Christelle Raffaëlli et Anaëlle Solnon.

Deux éléments montrent une évolution notable des approches entre 2013 et 2018 : une « dégradation du sentiment d’efficacité personnelle des enseignants en France » et une « évolution concomitante des représentations des enseignants sur les difficultés des élèves ».

Ainsi, le graphique ci-dessus met en évidence une nette chute du sentiment d’efficacité des enseignants à la fois par rapport à la moyenne des enseignants de l’Union européenne et par rapport à leur propre ressenti de 2013. Cette dégradation « est observée quels que soient leur sexe, leur ancienneté et leur secteur d’enseignement ». Elle signifie pas pour autant des évolutions dans les pratiques pédagogiques. Au contraire, « par rapport à l’édition 2013, les enseignants français interrogés en 2018 rapportent plus fréquemment faire travailler leurs élèves en groupe (+ 12 points de pourcentage) », de même ils sont plus nombreux (36 % soit une hausse de 12 points de pourcentage également par rapport à 2013) à déclarer laisser les élèves utiliser le numérique en classe. Rapprochant ces données d’une absence de déclaration d’une détérioration du climat de classe (« la proportion d’enseignants acquiesçant avec la proposition selon laquelle « Au début de la séance, je dois attendre assez longtemps avant que les élèves se calment » reste stable dans le temps : 35 % en 2018 contre 38 % en 2013 »), les auteurs interrogent le fait que cette « évolution des pratiques pourrait peut-être à court terme entraîner des difficultés pour tenir la classe et gérer les comportements des élèves et, de fait, expliquer pour partie les doutes exprimés par les enseignants français lorsqu’ils sont interrogés sur leur efficacité personnelle en matière de gestion de classe ». En effet, alors qu’ils étaient 41 % en 2013 à déclarer une grande capacité à gérer les comportements perturbateurs en classe, ils ne sont plus que 22 % en 2018, à le rapporter.

Il faut toutefois nuancer la stabilité du climat scolaire par les réponses des enseignant.e.s en éducation prioritaire pour lesquel.le.s la situation se dégrade : seulement 55 % considèrent que les élèves de leur classe s’efforcent de faire régner un climat agréable d’apprentissage contre 71 % en 2013, 43 % affirment qu’il y a beaucoup de bruit qui perturbe la classe contre 27 % lors de la précédente édition. « la part d’enseignant.e.s exerçant en EP estimant que leur établissement est un endroit où il est agréable de travailler et qu’elles/ils le recommanderaient a également chuté (passant de 82 % en 2013 à 65 % en 2018) » même si « ces enseignant.e.s restent très nombreux à considérer que, dans leur collège d’exercice, les élèves et les enseignants s’entendent plutôt bien (87 % contre 95 % en 2013) et à rapporter aimer y travailler (84 % contre 91 % en 2013) ».

Attaché.e.s à leur métier, les enseignant.e.s français.e.s apparaissent exigeant.e.s par rapport à la réussite des élèves : « en 2018, 58 % des chefs d’établissement (54 % en EP) considèrent que dans leur collège les enseignants ont des attentes élevées à l’égard des élèves ». Cette exigence rencontre la difficultés de classes hétérogènes et d’un sentiment de forte augmentation des élèves à besoin éducatifs particuliers. « Ainsi, en 2013, moins d’un enseignant français sur trois considérait qu’il enseignait à des classes comptant plus de 10 % d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers 4. En 2018, cette proportion est passée à 2 enseignants sur 5 en moyenne »,

Parmi les moyens demandés, la diminution de la taille des classes grâce à un recrutement de personnel arrive en tête pour 86 % des enseignant.e.s interrogé.e.s devant l’augmentation de leur salaire, le soutien aux élèves ayant des besoins éducatifs particuliers et la formation professionnelle.

Article complet à retrouver ici : https://www.education.gouv.fr/les-enseignants-panorama-carrieres-et-representations-du-metier-education-formations-ndeg-101-306501

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