Entre riches et pauvres : toujours de grands écarts

Même si l’on peut se réjouir que la crise sanitaire n’ait, pour l’instant, pas entraîné, en moyenne, de trop fortes aggravations de la situation économique et financière des Français.e.s, force est de constater que les questions du pouvoir d’achat, du « reste à vivre », du retour de l’inflation, des nécessaires hausses de salaires… sont fortement à l’ordre du jour.

Elles sont d’autant plus d’actualité que le sentiment d’une augmentation des disparités financières est largement partagé. Ne s’agit-il d’ailleurs que d’une perception ? Sous le titre « un pognon de dingue », le n°6 de la revue Oblik met en évidence le creusement des inégalités. Le domaine de l’éducation n’échappe pas à ce constat.

Des écarts qui se creusent

Entre 1998 et 2018 le niveau de vie annuel moyen des 10 % des Français.e.s les plus riches est passé de 46 750 euros à 61 090 euros soit (une fois corrigé les effets de l’inflation) une hausse de 31 %. Dans le même temps ce niveau de vie moyen n’augmentait que d e9 % pour les plus pauvres et de 17 % pour les classes moyennes.

Concernant le patrimoine, la démonstration est encore plus flagrante. Entre 1998 et 2018 la richesse détenue par les 10 % les plus riches a progressé de 77 % alors qu’elle a diminué de 58 % pour les 10 % les plus pauvres.

La pauvreté elle aussi progresse, hélas. Si en 1997, 14,2 % des Français.e.s vivaient sous le seuil de pauvreté et que ce seuil a baissé jusqu’en 2003 (13%), il ne fait que remonter depuis pour atteindre 14,8 % en 2018, 14,5 % en 2019, 14,6 % en 2020.

La pandémie aura aussi permis l’enrichissement de certains : ainsi le nombre de milliardaire a progresser de 700 personnes dans le monde entre avril 2020 et avril 2021 et leur patrimoine s’est accru : 17,6 % en plus pour les milliardaires français.e.s.

L’effet « héritier.e.s »

« En majorité, le niveau de revenu des Français.e.s ressemble à celui de leurs parents » constate la revue, qui donne le chiffre de 53 % d’équivalence en France entre le revenu des .parents et celui des enfants. Un pourcentage à comparé avec les 25,8 % de la Suède.

Mais cet héritage n’est pas uniquement financier. La réussite scolaire dépend aussi du milieu familiale. La proportion d’élèves en retard à l’entrée en 6ème (en 2018) le montre de manière évidente. 14,5 % des élèves en retard ont des parents inactifs, 8,6 % des parents ouvriers, 4,6 % des parents agriculteurs et 1,8 % des parents cadres.

Des écarts qui ont ensuite des incidences sur le parcours scolaire. Ainsi, 57,2 % des effectifs des filières professionnelles au lycée sont composés de jeunes issus d’une catégorie sociale défavorisée contre 16,3 % de jeunes issus d’une catégories sociale favorisée ou très favorisée.

Or, le diplôme a une incidence très forte sur l’emploi ou le risque de chômage. Là encore les chiffres donnée par Oblik sont révélateurs : « sur les 6,9 millions de personnes de 15 ans ou plus vivant sous le seuil de pauvreté (fixé à 60 % du niveau de vie médian) en 2018, plus de quatre sur cinq ne sont pas allées au-delà du baccalauréat ».

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