Enseignant.e.s, une professionnalité (encore) interrogée

Bien qu’étant toutes et tous dénommé.e.s « professeur.e.s », la mission d’enseigner, perçue au travers d’un métier ne cesse de questionner, au moins sur deux plans. Tout d’abord sur ce qui le constitue, ensuite sur son homogénéité. Le dernier numéro d’Edubref de l’IFé (mai 2022) se demande justement « Enseigner, c’est quoi le métier ? ».

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence que le travail des enseignant.e.s était certes de « faire cours, faire classe« , mais pas seulement. Sans même parler d’une dimension éducative de formation des citoyen.ne.s, transmettre de savoirs s’accompagne obligatoirement d’une « activité de conception que les enseignant·es prennent en charge au quotidien. Invisible en temps ordinaire, elle s’avère décisive pour la nature et la qualité des apprentissages visés et la conduite de la classe : comment anticiper et réguler l’articulation des supports, des temps et des modalités de travail individuels et collectifs requis pour faire apprendre ? » Cette démarche de conception -nous pourrions dire de pédagogie- est d’autant plus rendue complexe qu’elle doit à la fois s’accommoder des exigences de l’institution – parfois très (trop) directive dans ce domaine – mais surtout qu’elle doit prendre en compte « l’hétérogénéité des élèves, de leurs acquis et des rapports qu’elles et ils entretiennent à l’égard de l’institution scolaire » . Si le travail en équipe est de plus en plus développé et si l’apport des recherches en didactique, psychologie, sociologie ou sciences du langage peuvent aider, cela ne peut se substituer en totalité aux questions de moyens, de conditions de travail, de formation.

Par ailleurs demeure la question de savoir si, de la maternelle au baccalauréat voire au-delà, enseigner correspond au même métier. Plus de trente ans après la création du corps des professeur.e.s des écoles, (ainsi que le choix pour l’UNSA d’un syndicat unique d’enseignant.e.s : le se-unsa) le clivage entre premier et second degré continue d’être alimenté. s. « L’objectif affiché d’acquisition par tou·tes les élèves d’un socle commun de connaissances, de compétences et de culture met en tension, en particulier à l’école élémentaire et au collège, des configurations disciplinaires qui oscillent entre logiques de promotion de l’interdisciplinarité (par le biais entre autres des « éducation à ») et de spécialisation (avec par exemple la création d’un Capes en numérique et sciences informatiques en 2020 et d’une agrégation d’informatique en 2022) » écrit ainsi l’IFé.

Pour autant, tou.te.s sont confronté.e.s à de nouveaux rapports rapports aux savoirs, à l’injonction de construire une École (une Éducation) inclusive, de participer à de la coéducation avec les parents, avec d’autres professionnels de l’enfance, de la jeunesse, de l’éducation dans et hors l’École. Tou.te.s souffrent également d’un manque de reconnaissance de leur expertise par leur hiérarchie comme plus globalement par l’ensemble de la société (voire les résultats du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation). C’est vraisemblablement dans cette reconnaissance de leur professionnalité que se trouvent les principaux levier pour refonder, avec les enseignant.e.s, le sens du métier « d’enseigner » pour aujourd’hui et pour demain.

Edubref de mai 2022 : Edubref-mai-2022.pdf (ens-lyon.fr)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :