Publié dans Recherches, vu, lu pour vous

« Le temps », ça s’apprend

Depuis plusieurs années, même quelques dizaines d’années maintenant, la question des rythmes scolaires et tout particulièrement ceux de l’école primaire ont été l’objet de toutes les polémiques. Chacun y cherchant les justifications de ses intérêts : les parents et l’évolution du temps sociétal, les enseignants et l’organisation de leur temps professionnel, les chronobiologistes et les apports sur le vécu du temps par l’enfant. Chaque ministre y est allé de sa réforme, jusqu’à celle, comble d’aberration de Jean-Michel Blanquer qui fixe la règle à 4,5 journées de classe mais permet d’y déroger, ce qu’a fait la majorité des écoles.

Loin d’être réglée, ni de faire consensus, cette question des rythmes se reposera donc et il faut souhaiter qu’elle soit un jour réellement abordée par le prisme de l’intérêt de l’enfant.

Mais les rythmes ne sont pas la seule dimension temporelle qu’il convient de mettre en relation avec l’Éducation et, particulièrement, avec les conditions de la réussite éducative. Dans le numéro spécial d’octobre 2019 que la revue Sciences Humaines consacre à « Réussir à l’école », la notion de temps est à de nombreuses reprises convoquées pour expliquer ce qui permet, ou non, « de devenir un bon élève ».

Quelques éléments mis en avant :

  • le sommeil

Évidemment, lorsque l’on parle des horaires des enfants et des adolescent.e.s, se pose la question du sommeil. « Ange gardien des apprentissages : il fortifie la mémoire, décuple l’attention, stimule la créativité et accélère la maturation du cerveau », annonce l’article « Bien dormir pour mieux apprendre ». En effet de nombreuses études ont montré le lien fort qu’il existe entre sommeil et performances scolaires. La quantité de sommeil a certes son importance, mais c’est également sa qualité qui est essentielle. Une étude américaine révèle ainsi que 80 % des enfants présentant de faibles résultats scolaires souffraient d’une moindre qualité de sommeil. L’hygiène du sommeil : rituels et heures de coucher régulières, activités calmes et sans écrans avant l’endormissement… Un recul des heures de début de cours, en particulier au collège et lycée serait également bénéfique, mais cela renvoie à la difficile question des rythmes.

  • la persévérance

Face aux difficultés d’apprentissage, le risque de la démotivation et l’abandon est grand. Encore plus, peut-être, dans une société qui valorise l’immédiateté. Or apprendre prend du temps. Pour la psychologue Angela Duckworth, il s’agit de « prendre la vie comme s’il s’agissait d’un marathon et non d’un sprint ». Une manière de se donner du temps pour progresser, poursuivre malgré les obstacles ou les échecs, avancer par étape pour réussir. Donner donc du temps au temps et échapper à la contrainte normative qui impose que tous les enfants ou adolescent.e.s apprennent les mêmes choses aux mêmes moments, sans respects de leurs propres modes et vitesses d’apprentissage.

  • l’accompagnement

5 heures et 6 minutes, c’est le temps moyen que les parents déclarent passer par semaine à « superviser la scolarité de leurs enfants ». Mais selon un sondage Harris pour l’observatoire Cetelem (2018) pour beaucoup (68%) ce temps correspond à une « source de tension et de stress » et à « une corvée » pour 50 %. D’où le renforcement de la pression scolaire jusqu’à la maison. Si l’aide et l’accompagnement des parents est un plus, c’est dans la capacité à soutenir et à aider l’enfant à s’autonomiser qu’il est bénéfique et non dans l’imposition d’un rythme de travail supplémentaire et pesant.

  • la gestion du temps

Car gérer son temps ça s’apprend. Et là encore les enfants et adolescent.e.s ne sont pas égaux devant cet apprentissage. l’article « La montre et le martinet » publié dans les « Actes de la recherche en sciences sociales » (n°226-227, 2019) met en évidence une différence sociale de la gestion du temps. Les parents des classes moyennes et supérieures ont tendance à familiariser très tôt leurs enfants « aux outils de mesure et de rationalisation du temps », ce qui est moins le cas des familles populaire qui habituent leurs enfants à des usages du temps plus « spontanéistes ». Des mode de fonctionnement qui ont des conséquences importantes dans l’organisation temporelle de la scolarité souvent assez rigide. Les enfants de milieux sociaux moyen ou supérieur seraient ainsi mieux préparer à comprendre l’emploi du temps, l’utilisation de l’agenda, les heures de cours, là où les enfants de milieux populaires, davantage familiarisés « avec un rapport plus imprévisible et immédiat au temps, seraient plus enclins à attendre que ces limites se manifestent de l’extérieur plutôt qu’à les anticiper et à réguler d’eux-mêmes leur comportement en prévision. »

Apprendre « le temps » en classe, en activité de loisirs ou en famille est donc une piste pour mieux appréhender les exigences scolaires et mieux savoir y répondre.

Publié dans La revue

(7) lieux… au sommaire de [R]

Le territoire est à la mode.

Il est à toutes les sauces. A chaque problème une solution locale. A chaque initiative, un enracinement territorial. A chaque projet, son espace.

Mais à bien y réfléchir, le territoire n’est pas si facile à définir. De l’espace infini à la proximité, le territoire, nous file entre les doigts, comme une notion polysémique insaisissable, un mot valise invitant au voyage.

Choisissons alors de parler de lieux.

Lieux physiques que l’on peut circonscrire et analyser

étude milieu image

[R]appeler que l’école n’est pas isolée. Qu’elle s’inscrit dans un environnement. Et qu’avant d’être sensible aux questions d’écologie, les études du milieux ont proposé que l’enseignement dépasse les murs de la cour de récréation pour y inclure ce qui entoure l’école, le village, la ville, la nature, les habitants…

[R]eposer la question de l’Europe, au lendemain des élections et des désignations des principaux responsables des institutions communautaires. S’interroger sur les défis que notre espace commun, au-delà de son organisation territoriale physique, a désormais à relever.

[R]éflechir avec le maire de la ville de Metz, Dominique Gros, à l’issu de son deuxième et dernier mandat, à la construction d’une cohérence politique centrée sur l’éducation et la culture, dans le périmètre d’une ville qui se veut attractive pour ses habitants, mais aussi pour les voisins de passage.

[R]egarder comment les Québécois ont élaboré leur système éducatif non pour le copier, mais pour le connaître et le comprendre, voir les enseignements qu’il peut apporter, les solutions mises en œuvre, les spécificités développées de l’autre côté de l’Atlantique, là où l’usage de la langue française reste un défi.

Lieux symboliques aussi :

Mise en page 1[R]edire que la langue est plurielle. Qu’elle est identité et culture. Qu’elle permet la communication et la découverte. Qu’elle est aussi ouverture. Sur l’autre, sur sa langue, sur son environnement, sur sa culture.

[R]éaliser alors que construire une démarche d’éducation artistique et culturelle n’est pas proposer un enseignement supplémentaire, ni complémentaire, mais une autre approche du sensible, de la création, de la découverte de sa propre construction au travers de la rencontre d’œuvres, d’artistes… autant de « lieux » d’où regarder le monde.

[R]endre effectif le fait que la finance, cette entité mondialisée, sans nationalité ni frontières, soit au service de la solidarité. Solidarité entre le Nord riche et le Sud en développement. Solidarité entre les villes et les zones rurales. Solidarité entre ceux qui peuvent un peu économiser et ceux qui ne savent pas de quoi sera fait demain. Et si la finance solidaire reliait tous ces gens, tous ces lieux ?

C’est à la découverte de ces 7 lieux, à petits pas, sans bottes de géants, que le numéro 4 de [R] vous entraîne, sans guide et à votre rythme.

Le revue [R] est en vente au numéro (15 euros) et par abonnement (35 euros les 3 numéros).

Bulletin d’abonnement à retrouver ici : https://centrehenriaigueperse.com/2019/02/07/bulletin-dabonnement-a-la-revue-r/

Publié dans quoi de 9 ?

[Quoi de 9 ?] de septembre accompagne votre rentrée

Voici une semaine qu’a eu lieu la rentrée scolaire, mais elle reste encore bien présente dans toutes les têtes. Et donc à la une du [Quoi de 9 ?] de ce 9 septembre.

Une rentrée avec ses nouveautés, mais aussi avec ses nombreux chiffres, à retrouver et analyser avec un peu de recul plus tard dans les publications statistiques des ministères.

Une rentrée au cinéma également avec une CPE à l’écran dans « La vie scolaire » : un collège dans le 93 et des jeunes dont la vie est là…

Une rentrée scolaire particulière que fut celle de septembre 1939 avec l’évacuation de dizaines de milliers d’enfants pour les « mettre à l’abri » de la guerre.

Une rentrée pour la formation des futurs enseignants aussi,  avec un dossier de l’Ifé qui rappelle que leur formation initiale ne peut être que le début d’un continuum qui doit se prolonger durant leur carrière.

Une rentrée qui affirme une grande ambition pour l’enseignement français à l’étranger et annonce des moyens supplémentaires mais qui restent loin de couvrir les réductions des années précédentes.

Une rentrée avec également la présentation des travaux de recherche du Centre Henri Aigueperse, des ressources à voir, écouter, lire et déjà des rendez-vous à noter dans son agenda…

Pas d’hésitation, c’est bien la rentrée et c’est à lire dans [Quoi de 9 ?] de ce mois de septembre, à retrouver ici : quoi-de-neuf, 9 septembre 2019

Publié dans Formation, Recherches, vu, lu pour vous

Formation des enseignants : pour un continuum dont la formation initiale n’est que le début

A l’heure ou les INSPé vont remplacer les ESPé et où, une nouvelle fois, la formation initiale des enseignants est remise en chantier, l’IFé produit un dossier de veille fort intéressant, instructif et complet intitulé « Commencer à se former pour enseigner ». Sous le plume de Claire Joubaire, ce dossier se concentre sur la construction des liens entre les modalités de formation et les difficultés du métier enseignants, interrogeant la manière dont la formation initiale peut faciliter leurs premiers pas dans le métier et leur insertion professionnelle.

La première partie est consacrée à ce que la recherche nous apprend sur les caractéristiques des enseignant.e.s débutant.e.s. Elle met ainsi en évidence la diversité de profils des enseignant.e.s stagiaires comme des étudiant.e.s des ESPé.

Concernant ces dernier.e.s, l’enquête ministérielle des Systèmes d’information et études statistiques : « les effectifs en ESPE en 2019-2019 » (SIES, 2019), montre que les effectifs des mentions MEEF (Master des Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) du 1er degré sont les plus nombreux, représentant la moitié des 65 600 étudiant.e.s inscrit.e.s en ESPE en janvier 2019. Elle révèle une grande diversité de profils ne dépendant pas uniquement de la mention suivie :

l’âge moyen des étudiant.e.s en ESPE varie de 25 ans pour les étudiant.e.s de première année de master MEEF à 41 ans pour les étudiant.e.s en seconde année de master « Pratiques et ingénierie de la formation », dont la plupart sont en reprise d’études ou en formation continue ;

un.e étudiant.e sur dix possède un bac technologique, et seulement 1,8 % un bac professionnel. Ce sont les bachelier.e.s scientifiques qui sont majoritaires, et plus nombreux.ses que dans les autres masters (35 % contre 29 %) ;

les femmes représentent 55 % des étudiant.e.s de la mention second degré, mais 85 % de la mention premier degré, faisant grimper la moyenne à 72 % de femmes, contre 58 % dans les autres masters ;

seulement 51 % des inscrit.e.s en 2e année d’ESPE étaient déjà inscrit.e.s en 1re année l’année précédente, et on constate en plus 15 % de redoublant.e.s.

Malgré cette diversité des profils et des expériences, les « enseignant.e.s novices » sont confronté.e.s aux mêmes difficultés récurrentes liées au «choc de réalité», mais aussi aux écarts « souvent flagrants et troublants » entre « théorie » et « pratique », apports de la formation, parfois jugés peu opérationnels et les réalités et pratiques du terrain.

La variété des dispositifs de formation initiale est également très grande et varie beaucoup dans les différents pays européens, par exemple.

La seconde partie du dossier met en valeur les pistes pour repenser une formation initiale centrée sur le métier s’appuyant sur les recherches en formation centrées sur l’activité enseignante et pointe l’intérêt, pour améliorer la formation initiale des enseignant.e.s, de professionnaliser la formation ainsi que les formateurs et formatrices. Comme le titre du dossier l’indique, il s’agit davantage de penser la formation comme un continuum et donc de considérer la formation initiale comme une entrée en formation, le début d’un processus long et continu et non une fin en soi.

Joubaire Claire (2019). Commencer à se former pour enseigner. Dossier de veille de l’IFÉ, n° 131, septembre . Lyon : ENS de Lyon. En ligne : http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=131&lang=fr

 

Publié dans Aujourd'hui, vu, lu pour vous

Une rentrée en chiffres (à confirmer)

Il n’aura échappé à personne que c’est aujourd’hui le rentrée scolaire, c’est-à-dire le rentrée d’environ 12,4 millions d’élèves, auxquels il faut ajouter 207.550 apprentis et 272.850 élèves des premier et second degrés des ministères en charge de l’agriculture et de la santé.

Si la rentrée scolaire est un moment important qui permet de rappeler les enjeux éducatifs, de faire le point sur les réformes en cours, d’interroger les choix politiques et pédagogiques en matière d’Éducation, elle est aussi une question de chiffres.

Ainsi ce sont 6,7 millions d’élèves qu’accueilleront les écoles, 3,4 pour les collèges et 2,3 pour les lycées.

871 000 enseignants répartis dans 61 900 écoles et établissements publics et privés leur feront cours. Mais se sont également près de 275 000 personnels (auxquels il faut ajouter environ 55 000 Atsem) dits « non enseignants » qui sont présents (majoritairement dans les établissements du second degré) pour faire fonctionner l’ensemble du système scolaire.

La scolarité a un coût. Il est évalué en moyenne à 6550 euros par élève et par an en primaire, à 8710 par collégien, à 11 060 euros par lycéen général et technologique et à 12.730 euros par lycéen professionnel.

Sommes auxquelles il faut ajouter les dépenses à la charge des familles en hausse de 0,17% comparé à la rentrée 2018 avec des disparités selon les niveaux, selon l’enquête annuelle de la Confédération syndicale des familles, qui affirme que les parents devront débourser :

  • 159 euros en moyenne pour un enfant entrant au CP contre 165 euros l’année dernière, soit une baisse de près de 4% ;

  • 361 euros pour les élèves de sixième, une hausse de 5,6% ;

  • 389 euros en seconde générale avec là aussi une baisse de près de 4 %.

Autre moyenne qui masque de très grandes disparités, celle du nombre d’élèves par classe. Officiellement elle est annoncée dans l’enseignement public à 24,3 élèves dans les écoles maternelles, 22,7 élèves par classe à l’école élémentaire, 25,4 au collège, 29,1 au lycée général et technologique ou encore 18,3 en lycée professionnel.

Mais en primaire, en REP et REP+ alors que 10 800 classes de CP et CE1 doivent être dédoublées, on imagine sans peine que les autres classes de ces écoles auront des nombres d’élèves bien plus importants.

En fait, ce n’est souvent qu’après coup, une fois la rentrée largement passée, que les véritables chiffres sont connus et peuvent être analysés. Ainsi faudra-t-il le faire pour l’impact de la scolarité devenue obligatoire dès 3 ans ou pour l’accueil des élèves en situation de handicap : 248.000 dans le premier degré et 160.000 dans le second degré sont attendus, 4.500 AESH supplémentaires ayant été recrutés pour les accompagner, selon le gouvernement.

Même si elle est tardive, la transparence existe dans la publication des données chiffrées de l’Éducation nationale. Ainsi est paru en août 2019 Repères et références statistiques la publication annuelle de la DEPP et de la SD-SIES, qui réunit en un seul volume toute l’information statistique disponible sur le système éducatif et de recherche français. Organisé en onze chapitres et 180 thématiques pour l’édition 2019, ce document apporte de nombreuses données et permet une lecture assez complète de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur en chiffres.

A retrouver ici : https://www.education.gouv.fr/cid57096/reperes-et-references-statistiques-2019.html

Publié dans Histoire sociale

Candidater au Prix Maitron, c’est maintenant

En décembre dernier Gaëlle Boursier recevait le Prix Jean Maitron pour son mémoire de master

« Nous ne resterons pas les bâtards de la sidérurgie »

Histoire de la grève des Batignolles, janvier-mars 1971, Nantes

Le prix Jean Maitron, du nom d’un instituteur syndicaliste créateur du Centre d’histoire sociale de l’université Paris 1 où il fut maître de conférences, créé et financé par l’UNSA Education (ex FEN) est attribué par un jury d’historiens et de syndicalistes.

Il récompense un mémoire de master (ou équivalent sauf thèse) qui prolonge l’œuvre de Jean Maitron dans les domaines du mouvement social, du mouvement ouvrier, du syndicalisme… aux XIX, XX et XXIème siècle en France ou à l’étranger. De nombreuses disciplines peuvent être concernées : l’histoire bien entendu, mais aussi la géographie, les sciences politiques, certains secteurs du droit, de la sociologie, de la littérature comme des sciences de l’éducation.

Le montant du prix est de 1500 euros.

Pour candidater c’est très simple. Il suffit d’envoyer le mémoire en pdf à therese.lortolary@univ-paris1.fr et ce avant le 15 septembre.

La remise du prix auara lieu début décembre.

Publié dans Recherches, vu, lu pour vous

Adjoints gestionnaires : des missions utiles mais des personnels en mal de reconnaissance

Alors que leur rentrée est déjà faite, quelques semaines avant celle des enseignants et des élèves et dans la logique de la campagne de l’Internationale de l’Éducation (notre article : https://nuage.unsa.org/index.php/s/U2rV6EKXmIGSvFI#pdfviewer), qui nous avait déjà permis de l’affirmer, nous revenons sur l’importance des personnels de soutien dans l’Éducation et sur les difficultés de valorisation qu’ils rencontrent.

Le syndicat A&I Unsa a mené une grande enquête auprès de collègues administratifs et recueilli plus de 3400 réponses. Celles-ci viennent renforcer les données du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation  2019.

Il en ressort que les personnels administratifs en charge des missions d’adjoints gestionnaires dans les EPLE jugent à la quasi totalité (95,4%) utiles les missions qui leur sont confiées. Mais que presque 61 % de celles et ceux qui ont répondu considèrent que leur travail n’est pas reconnu par la hiérarchie et 56,4 % ne pensent pas être reconnu.e.s par les usagers des établissements.

Seuls 56,2% estiment avoir les moyens de remplir leurs missions et plus de 70 % (70,1%) ont une forte inquiétude pour l’avenir de celles-ci. Pour rappel 71,8 % des personnels administratifs ayant répondus aux baromètre UNSA des métiers de l’Éducation 2019 estimaient que leur conditions de travail s’étaient dégradées au cours de cette dernière année.

Comment y remédier ?

Par une plus grande reconnaissance, par la formation, par plus de moyens humains…

Autant dire que ces éléments étaient, à l’exception du plan de formation, peu présents dans la conférence de presse de rentrée du ministre de l’Éducation nationale. Même si, face à la demande récurrente des collectivités territoriales, Jean-Michel Blanquer se veut rassurant et affirme que la décentralisation des adjoints gestionnaires n’est pas d’actualité. Une affirmation qui devra être confirmée dans les faits et accompagnée d’une valorisation de ces personnels indispensables mais mal reconnus.

Retrouvez les éléments de l’enquête d’A&I UNSA ici : http://lettre.aeti-unsa.org/IMG/UserFiles/Files/Questionnaire_Adjoint_gestionnaire_8p.pdf

Et ceux du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation : https://nuage.unsa.org/index.php/s/U2rV6EKXmIGSvFI#pdfviewer

Publié dans quoi de 9 ?

[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois d’août

Comment ne pas parler des vacances un 9 août au cœur de l’été ?

C’est ce que vous propose ce [Quoi de 9 ?] qui y consacre l’essentiel de ses infos.

Ainsi [Quoi de 9 ?] :

– se penche sur les tendances de ces vacances, un peu plus conscientes de l’environnement mais aussi marquées par d’importantes inégalités sociales ;

– interroge les évolutions possibles du calendrier scolaire et des petites vacances (relevant dorénavant du réglementaire et non plus du législatif), dans un contexte français caractérisé par beaucoup d’heures de cours en peu de jours de classe ;

– regarde le développement du vivre ensemble chez les enfants et adolescents dans les accueil collectifs de mineurs (ACM) ;

– rappelle l’histoire et l’actualité des cahiers de vacances, succès d’édition mais aussi supports d’inégalités dans un temps qui doit demeurer celui du repos et de la détente ;

– propose un petit passage par les salles obscures pour regarder les vacances quand elles sont projetées sur le grand écran du cinéma.

Mais parler vacances, c’est aussi penser rentrée.

[Quoi de 9 ?

– se demande s’il y aura suffisamment d’enseignants et si la pénurie de recrutement n’est pas à mettre en lien avec la masterisation ;

– réaffirme le rôle indispensable des personnels de soutien dans l’Éducation et valorise la campagne entreprise par l’Internationale de l’Éducation pour les valoriser et les défendre.

Les 9 infos (et un peu plus) de ce [Quoi de 9 ?] du mois d’août sont à retrouver ici : quoi-de-neuf aout 2019

Bon été, bonnes vacances et bonne lecture.

Publié dans Recherches, vu, lu pour vous

Les inégalités (sociales) face aux vacances

Si le droit aux vacances est le même pour toutes et tous, la possibilité des départs l’été est souvent conditionnées aux réalités financières. 65 % des Français déclarent y avoir renoncé au cours des 5 dernières années.

Tel est le constat de Jérôme Fourquet et David Nguyen, de l’Ifop, et Simon Thirot, délégué général de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat), qui à partir d’une étude sur le rapport des Français aux vacances, analysent pour la Fondation Jean Jaurès, les clivages sociaux, générationnels ou territoriaux qui perdurent dans l’accès à cette pratique qui occupe une place importante dans nos sociétés modernes.

Ils estiment « que le niveau d’accès aux vacances d’été constitue une véritable ligne de faille sociologique au sein de la vaste classe moyenne, le taux de renoncement fréquent passant de 48 % dans la partie inférieure de la classe moyenne à seulement 21 % dans sa partie supérieure. Le corps central de la société n’a dès lors plus un rapport homogène à une pratique pourtant cruciale de la vie moderne. Au sein de sociétés où la consommation, les loisirs et les vacances occupent une place déterminante, l’incapacité de près de la moitié de la classe moyenne inférieure à partir régulièrement l’été est nécessairement problématique. Il y a là une des manifestations les plus sensibles et les plus symptomatiques du décrochage du bas de la classe moyenne qui ne parvient plus à accéder ou à répondre aux standards du « way of life » français. »

Les critères de recherche du lieu de vacances sont également marqués socialement : si pour les catégories sociales supérieures « partir loin de chez soi pour déconnecter du quotidien » (37 % citent ce critère en premier), le « confort total » (19 % en premier) et « un endroit sain d’un point de vue environnemental, loin de la pollution » (18 % en premier) arrivent en tête, pour les catégories populaires, ce sont « un endroit pas cher » (33 % en premier), « partir loin de chez soi pour déconnecter du quotidien » (26 % en premier) et le « confort total » (15 % en premier) qui sont privilégiés.

Des vacances pour quoi faire ?

Toutes et tous valorisent ce temps de vacances comme synonyme de repos et de découverte. Pour 35 % des Français, elles sont « un moment de déconnexion par rapport au quotidien » et pour 31 % « un repos bien mérité ». 33 % associent les vacances « à la découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle région ». Le « temps consacré à sa famille et à ses amis » n’arrive lui qu’en troisième position (29 %).

Mais là encore les clivages sociaux sont marqués. « La notion de « découverte » est d’abord retenue par les retraités (47 %) et les catégories sociales supérieures (31 %) bien davantage que les catégories populaires (22 %). Inversement, ces derniers privilégient beaucoup plus la définition de « repos bien mérité » (45 %) que les catégories supérieures (34 %) ou les retraités (19 %). »

Pour les auteurs de cette étude, si un lien peut être fait avec « la pénibilité des métiers des uns et des autres », c’est surtout la possibilité financière qui expliquent ces différences. Les catégories populaires, pouvant moins partir,  « envisagent dès lors davantage leurs congés comme l’occasion de se reposer et les catégories supérieures et les retraités comme l’opportunité de s’ouvrir à de nouveaux horizons. »

https://jean-jaures.org/nos-productions/les-francais-et-les-vacances-quelles-inegalites

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L’organisation des vacances scolaires ne relève plus de la loi : une opportunité pour le ministre Blanquer de la modifier (sans débat) ?

L’article L. 521-1 du code de l’éducation prévoyait : « L’année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes. Un calendrier scolaire national est arrêté par le ministre chargé de l’éducation pour une période de trois années. Il peut être adapté, dans des conditions fixées par décret, pour tenir compte des situations locales. »

A la demande du gouvernement, le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 2019-278 L du 11 juillet 2019, vient de le modifier jugeant que « ces dispositions imposent à l’ensemble des établissements d’enseignement participant au service public national de l’éducation de respecter une durée minimale de l’année scolaire, fixée à trente-six semaines, dans le cadre d’un calendrier national, qui ne peut être adapté que pour tenir compte des situations locales, [et donc qu’]en cela, elles constituent une garantie du principe d’égal accès à l’enseignement et relèvent des principes fondamentaux de l’enseignement au sens de l’article 34 de la Constitution », mais que la répartition en « cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes » est de nature réglementaire et non plus législative.

Ainsi donc, voici le ministre de l’Éducation nationale libre de modifier le calendrier des vacances scolaires sans passer par le débat parlementaire. Une décision qui tombe bien pour Jean-Michel Blanquer puisqu’il ne cesse, depuis sa nomination, d’affirmer qu’il faut changer les vacances.

Serpent de mer sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont penchés, il est vrai que l’organisation du calendrier scolaire français peut faire souci.

Pas tant pour la durée des « grandes vacances » assez comparable à la moyenne basse des congés scolaires d’été dans les autres pays européens. Ainsi, d’après « l’organisation de l’année scolaire en Europe » document publié par Eurostat, l’organisme statistique de la commission européenne, qui compare l’organisation des congés dans 44 systèmes éducatifs européens (puisque certains pays comme le Royaume Uni ou la Belgique comportent plusieurs systèmes éducatifs), 35 d’entre eux ont des congés d’été plus longs que les nôtres.

La différence vient du découpage avec les petites vacances : 4 fois dans l’année en France de manière régulière, ce qui n’est pas le cas ailleurs. 16 systèmes éducatifs européens ont moins de 4 périodes de « petites vacances » et la plupart n’ont pas un découpage régulier. La décision du Conseil constitutionnel va permettre de mettre facilement fin à cette originalité pourtant défendue par les chronobiologistes.

En réalité, l’exception française qui fait problème est celle de la répartition d’un nombre de cours trop élevé. Alors que la moyenne européenne d’enseignement obligatoire est de 7700 heures, elle est en France de 9000 heures. Mais pire encore, ce grand nombre d’heures est réparti sur le plus petit nombre de jours de classe par an : 162 contre de 170 à 190 en moyenne en Europe.

Autant dire qu’en permettant la dérogation à la semaine de 4,5 journées de classe en primaire, le ministre Blanquer n’est pas pour rien dans cet alourdissement des journées scolaires, une des causes à n’en pas douter, de fatigues et donc de difficultés que peuvent rencontrer de nombreux élèves.

Fort de l’opportunité que lui offre la décision du Conseil constitutionnel, le ministre de l’Éducation nationale va-t-il mettre en chantier un nouveau calendrier scolaire, comme il l’affirme ? C’est fort possible. Celui-ci n’aura de sens que s’il prend en compte tous les paramètres du temps éducatif : l’organisation de la journée, de la semaine, de l’année des enfants et adolescents. Un véritable enjeu éducatif qui mériterait certainement, au moins quelques débats…