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Les jeunes s’informent…et mieux encore quand ils y sont formés

Moins de télévision et de médias traditionnels, plus de numérique et de réseaux sociaux, mais un intérêt déclaré pour l’information : une étude de Médiamétrie pour le ministère de la Culture analyse et confirme l’évolution des comportements des jeunes de 15 à 34 ans vis-à-vis de l’accès à l’information et indique l’impact positif de l’éducation aux médias et à l’information.

En décalage avec certaines idées reçues, les jeunes s’intéressent beaucoup à l’information. L’étude montre ainsi que, chez les 15-34 ans :

  • ils sont 93 % à déclarer s’intéresser à l’information, selon une intensité plus ou moins élevée ;

  • 15 % d’entre eux se déclarent même « accros à l’information » ;

  • et ce ne sont que 7 % des jeunes qui affirment ne pas s’intéresser à l’actualité.

Les raisons de cet intérêt sont également éclairantes :

  • Pour 58 %, il s’agit de mieux comprendre le monde qui les entoure ;

  • Apprendre et découvrir de nouvelle choses, concerne 51 % des sondés

  • Pour 35 %, le but est de pouvoir discuter avec son entourage, intérêt qui passe à 42 % chez les 15-19 ans ;

  • 32 % considèrent qu’être informé.e.s leur permet d’être un.e citoyen.ne éclairé.e et de prendre part au débat public.

Par contre, l’analyse des supports d’information des jeunes est, elle, sans surprise. Les réseaux sociaux sont le premier moyen d’information des 15-34 ans, qui, pour 71 % d’entre eux les utilisent quotidiennement. Cette consultation régulière, se fait sur leur smartphone pour 69 %, davantage utilisé que le téléviseur (61%) et l’ordinateur (51%).

L’enquête relève ainsi un recul de fréquentation des médias traditionnels. Les jeunes regardent 14 minutes de moins par jour la télévision qu’il y a trois ans. Ils ne sont plus que 21 % en moyenne à regarder les JT (2016) alors qu’ils étaient 42 % il y a 10 ans. Durand ces dix dernières années, l’écoute de la radio a elle aussi baissé (de 7 points).

En résumé, 79 % des 15-34 ans vont sur internet tous les jours, 64 % regardent la télévision, 43 % écoutent la radio, 32 % consultent la presse papier ou en ligne et pour 71 % d’entre eux, accéder à des contenus d’information en ligne ne se fait pas directement mais passe prioritairement par les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche.

L’effet bénéfique de l’éducation aux médias et à l’information (EMI)

Si seulement 34 % des jeunes de 15 à 34 ans (majoritairement des enfants issus de familles CSP+) déclarent avoir bénéficié d’une action d’EMI dans le cadre scolaire (expérience de création de média, séances de visionnage et de décryptage de vidéos d’information, participation à la semaine de la presse et des médias à l’école…) l’étude montre que c’est parmi eux que se retrouve une majorité de jeunes « accros à l’information » : 22 % contre 12 % pour ceux n’ayant pas bénéficié d’une action d’EMI, qu’ils consultent davantage quotidiennement des contenus d’information en ligne (87 % contre 75%), qu’ils sont plus enclins que ceux qui n’ont pas bénéficié d’une action d’EMI à vérifier les informations auxquelles ils accèdent (65 % contre 42%).

L’éducation aux médias et à l’information produit donc des effets bénéfiques et pérennes sur les comportement informationnels des jeunes et semble même avoir une influence plus grande que le sexe, l’âge, les CSP ou le diplôme. Une raison supplémentaire, avec la nécessité de former à l’esprit critique, de renforcer et de développer cette éducation afin qu’elle profite à toutes et tous.

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La formation des professeur.e.s des écoles doit évoluer

Le rapport Filâtre http://cache.media.education.gouv.fr/file/2018/89/9/Rapport-Filatre-2018_985899.pdf sera-t-il au programme des lectures d’été de Madame Vidal et de monsieur Blanquer ? Des 12 propositions quelles seront celles retenues par les ministres pour améliorer -voire transformer- la formation des professeurs des écoles ? Réponses à la rentrée… En attendant, les éléments essentiels de ce rapport sont riches d’enseignements, même s’ils évitent la question brûlante de la place du concours de recrutement.

« L’ESPE doit préparer les professeurs des écoles à développer une école inclusive, juste, exigeante,bienveillante et apprenante. » Il convient donc « que chaque ESPE propose la même ambition pour ses étudiants apprentis professeurs : une ESPE inclusive, juste, exigeante, bienveillante et apprenante. Ainsi en serait-il des évaluations, des pratiques de classe inversée, de l’individualisation des parcours, des travaux interdisciplinaires, des usages du numérique éducatif... »

Tels sont les propos du rapport rendu par Daniel Filâtre au nom du Comité national de suivi de la réforme de la formation des enseignants qu’il préside. Intitulé « Améliorer la formation initiale des professeurs des écoles », ce document riche de 12 propositions a été remis le 24 juillet 2018 aux Ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Il constate que « le modèle de formation doit évoluer. » Et propose, davantage qu’une transformation du « schéma d’ensemble », de réfléchir à trois changements primordiaux dans paradigmes fondamentaux qui régissent celui-ci.

Le premier changement vise à respecter les principes des master dans la formation des professeurs des écoles, par : « une approche par compétences et une progressivité dans l’acquisition de celles-ci, une structuration modulaire, une capitalisation des modules acquis, une formation à la recherche et par la recherche, une dimension internationale. »

Considérant le futur professeur des écoles comme un professionnel acteur de sa formation, le second changement conduit à le placer à chaque fois au cœur de la formation. « Il doit donc en être ainsi dans la période de formation initiale et continuée : permettre au professeur débutant d’acquérir et de conforter en permanence ses compétences; lui proposer des parcours individualisés et différenciés ; développer les tests d’auto positionnement et les certifications lui permettant de mesurer l’acquisition de chaque niveau de compétences et de s’engager dans de nouveaux parcours… »

« Pour venir en aide aux élèves à besoins éducatifs spécifiques ou à ceux qui sont en difficulté face à certains apprentissages, le professeur doit non pas s’adapter mais changer de posture pédagogique en s’appuyant sur les savoirs scientifiques ainsi que sur les éléments de transfert et de mise en œuvre en situation de classe. » Le troisième changement conduit donc à proposer que « dans sa formation le professeur débutant apprennent à adopter une posture professionnelle permettant d’imaginer des interventions non dictées, non mécaniques mais élaborées à partir des premières difficultés ressenties par l’élève. » Cela suppose « une capacité à expérimenter et surtout à définir des interventions fondées sur des données probantes, le suivi des progrès des élèves et sur un travail collectif sur les manières de répondre à leurs besoins » et donc « que dans sa formation le futur professeur ait appris à développer des programmes, des supports et des interventions validées par la recherche, réinterrogés par le suivi systémique des progrès et adaptés selon les situations. »

Les 12 propositions du rapport

Lire la suite de « La formation des professeur.e.s des écoles doit évoluer »

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L’Éducation n’est pas une marchandise

L’éducation privée existe depuis longtemps dans de nombreux pays et elle se développe de manière rapide depuis ces vingt dernières années. Mais elle change également de visage. Aux écoles communautaires à but social, organisées et gérées localement afin de répondre temporairement à un besoin spécifique se substitue le développement de chaînes d’écoles privées à but commercial.

Cette marchandisation et la privatisation de l’éducation sont souvent le résultat du manque d’écoles publiques et de structures éducatives de qualité dans certaines régions. Mais elles sont aussi dues à des choix politiques qui encouragent ou soutiennent directement l’éducation privée, comme solution de remplacement de l’éducation publique.

Or, « les multinationales de l’éducation », pratiquent une sélection, directe ou indirecte, fondés sur des critères économiques, ethniques, sociaux, culturels, de genre, religieux ou autres et viennent s’inscrire en concurrence avec l’éducation publique, ses valeurs de gratuité et d’accueil de toutes et tous.

La privatisation actuelle de l’éducation crée ainsi une ségrégation socio-économique, culturelle et territoriale, remettant ainsi en cause la possibilité de créer une société ouverte, mixte, juste, et démocratique.

C’est pourquoi, depuis janvier, circule un « appel de la société civile francophone contre la marchandisation de l’Éducation », déjà largement signé (par 400 structures) mais dont l’écho doit être renforcé (au moins mille signataires) pour le prochain sommet de la Francophonie qui se tiendra en Arménie les 11et12 octobre 2018.

Il s’agit de rappeler les enjeux de l’Éducation pour la construction d’une société « du mieux vivre ensemble« , de l’émancipation individuelle et collective ; de dénoncer les méfaits de la marchandisation et de la privatisation de l’Éducation ; d’appeler les États et l’organisation internationale de la Francophonie à agir pour soutenir et développer l’Éducation publique et lutter contre sa privatisation par les « multinationales de l’Éducation » ; de prendre l’engagement de rester mobiliser pour le développement de l’éducation publique de qualité accessible à toutes et tous et pour une formation efficiente des enseignants et des travailleurs de l’éducation.

L’Éducation n’est pas une marchandise, elle est un investissement d’avenir. Cet appel entend le rappeler et agir pour que les politiques éducatives s’engagent à la hauteur de cette ambition.

Retrouver l’appel ici : Appel-fr.-contre-la-marchandisation-de-léducation-1

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[Quoi de 9?] : les 9 infos du mois de juillet

  • le « plan mercredi »
  • le « pass  culture »
  • le « Service national universel »

mais aussi :

  • Georges Lapierre à Troyes au congrès de la JPA
  • un G20 consacré à l’Éducation
  • 23 % d’ « illectronistes » ?

A retrouver parmi les 9 infos de ce 9 juillet, dans [Quoi de ?] : quoi-de-neuf juillet 2018

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« Dis-moi quel est ton diplôme et je te dirai tes chances d’être riche ou pauvre »

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Quand le déterminisme social est avant tout une inégalité éducative

« Si les chances d’accès d’un individu à un niveau de vie élevé sont bien fonction de son origine sociale, ce déterminisme social s’explique d’abord par une inégalité des chances éducatives. »

A l’heure des premier résultats du baccalauréat 2018, les résultats publiés par France Stratégie et consacré à l’origine sociale et au niveau de vie en France résonnent de manière particulière

Il suffit de lire la conclusion du rapport pour s’en convaincre :

« Dans les générations qui ont aujourd’hui entre 30 et 45 ans, l’accès à un niveau de vie élevé comme le risque d’être en situation de pauvreté varient fortement selon l’origine sociale. Cet effet s’avère beaucoup plus déterminant que l’origine migratoire, le sexe ou l’âge de l’individu.

Cet effet s’explique largement par l’influence de l’origine sociale sur le niveau de diplôme atteint par les individus : l’inégalité des chances éducatives contribue pour moitié aux écarts de niveau de vie moyen entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres et pour moitié également à l’écart de chances entre eux de faire partie des 20 % des ménages les plus aisés.

D’autres effets « hors diplôme » sont à l’œuvre, notamment l’homogamie sociale qui, couplée à l’influence sur la réussite éducative, conduit à ce que les conjoints des enfants d’ouvriers sont significativement moins diplômés que ceux des enfants de cadres. À l’inverse, les écarts de structures familiales (nombre d’enfants, situation maritale) entre classes sociales sont faibles et ne semblent jouer aucun rôle significatif sur les écarts de niveau de vie. »

Ainsi, alors que grâce, entre autres, à son système de protection sociale, la France figure parmi les pays les moins inégalitaires en termes de revenus (après redistribution), elle « accuse paradoxalement un niveau élevé d’inégalité des chances ».

De récents travaux de l’OCDE viennent de mettre en évidence qu’il faut, en France, six générations pour que les enfants de familles modestes atteignent le revenu moyen. Preuve que l’ascenseur social en panne ou en tout cas en grave dysfonctionnement. L’étude de France Stratégie montre comment et dans quelle mesure l’origine sociale d’une personne détermine son niveau de vie. Elle apporte non seulement une mesure du déterminisme social mais montre également que l’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives.

Des données qui doivent certes interroger le fonctionnement de notre système d’Éducation et questionner tous ses acteurs, mais qui le dépasse largement pour devenir une responsabilité sociétale majeure : Dans quelle société voulons-nous vivre ?

Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie, le rapport de France Stratégie est à retrouver ici : http://www.strategie.gouv.fr/publications/nes-meme-etoile-origine-sociale-niveau-de-vie

fs-na68-nessouslamemeetoile-05-07-2018

 

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L’obtention d’une licence se joue dès l’école

Le n° 499 de juin 2018 de la revue Économie et Statistique de l’INSEE publie un article intitulé « 50 % à la licence… mais comment ? Les jeunes de familles populaires à l’université en France », signé Yaël Brinbaum, Cédric Hugrée et Tristan Poullaouec, qui interroge la sociologie et le parcours scolaire des jeunes obtenant une licence.

Leur étude est sans appel, « toutes choses égales par ailleurs et une fois contrôlées les origines sociales et migratoires, les chances d’obtenir une licence sont plus de 5 fois plus élevées pour les bacheliers ayant un bac général sans mention et sans retard que pour ceux ayant un bac technologique ou professionnel. Mais surtout, les étudiants dont les résultats aux évaluations de 6ème se situaient dans la moitié inférieure des résultats ont moins souvent obtenu la licence. »

licence

Ainsi donc si l’écart est important entre ceux qui entrent à l’université et ceux qui obtiennent leur diplôme de fin de premier cycle universitaire (61% hors études de santé), une grande partie de cette réussite dépend de la scolarité précédente et de l’orientation.

Or la licence est devenue (avec le système LMD : Licence, Master, Doctorat) la « nouvelle clé de voûte de la politique scolaire française» puisque l’essentiel des concours se situe dorénavant à ce niveau de formation. Depuis 2015, la France a pour objectif de conduire 60 % d’une génération aux diplômes de l’enseignement supérieur, dont 50 % au niveau licence. La réalité actuelle en est encore assez éloignée puisque 44 % des élèves entrés en 6ème en 1995 sont diplômés de l’enseignement supérieur et 44.7 % des personnes de 25 à 34 ans en 2014 en France métropolitaine.

Un important travail de démocratisation de l’enseignement supérieur reste donc encore à mener. L’analyse suggère que cet objectif est indissociable de la lutte contre les inégalités scolaires dès l’enseignement primaire.

Retrouvez ici l’intégralité de l’article : 499_Brinbaum-Hugree-Poullaouec-FR

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de juin

Vous voulez savoir :

  • Comment mai 1968 s’est prolongé en juin ?
  • Pourquoi les neurosciences pourraient faire leur entrée dans la formation des enseignants ?
  • Ce que créoliser la culture veut dire ?
  • Les conditions de liens entre la Recherche et l’Éducation ?
  • Où en est Parcoursup ?

Lisez [Quoi de 9 ?]  et ses 9 infos du mois de juin :  quoi-de-neuf juin18.def

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Une dixième promotion pour le master professionnel M@DOS (Management Des Organisations Scolaires)

Lancé en 2009, le dispositif de master professionnel M@DOS (Management Des Organisations Scolaires) est un parcours de formation continue en e-learning à destination des personnels d’encadrement de l’éducation (chefs d’établissement scolaire, inspecteurs…).

La formation est reconduite à la rentrée prochaine pour sa dixième promotion. Et les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 24 juin prochain.

Initié par l’École Supérieure de l’Éducation Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESENESR) la master M@DOS s’appuie sur un consortium de cinq universités (Angers, Lille, Poitiers, Cergy-Pontoise, Limoges et Versailles-Saint-Quentin). Il conduit à la délivrance d’un titre de Master.

Pluridisciplinaire, professionnalisant et pédagogiquement innovant, le master M@DOS est construit autour d’une plateforme de e-learning, d’une fort accompagnement pédagogique et de cours en présentiels. Il vise à la fois le renforcement des compétences métiers des personnels d’encadrement de l’éducation, une meilleure compréhension des enjeux sociétaux du secteur de l’éducation ainsi que l’appropriation et l’usage des technologies numériques.

Il s’adresse au personnel d’encadrement (personnel de direction et d’inspection prioritairement). Il peut entrer dans le cadre de la formation continue et s’inscrit comme un outil intéressant de développement professionnel.

Vous pouvez retrouver toutes les informations et les modalités d’inscription sur le site de l’ESENESR :

http://www.esen.education.fr/fr/enseignement-scolaire/offre-de-formation/formation-diplomante/master-professionnel-management-des-organisations-scolaires-mdos/

et en savoir davantage en lisant ici la note de présentation Communication Mados 2018 recrutement