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Formation des enseignants : pour un continuum dont la formation initiale n’est que le début

A l’heure ou les INSPé vont remplacer les ESPé et où, une nouvelle fois, la formation initiale des enseignants est remise en chantier, l’IFé produit un dossier de veille fort intéressant, instructif et complet intitulé « Commencer à se former pour enseigner ». Sous le plume de Claire Joubaire, ce dossier se concentre sur la construction des liens entre les modalités de formation et les difficultés du métier enseignants, interrogeant la manière dont la formation initiale peut faciliter leurs premiers pas dans le métier et leur insertion professionnelle.

La première partie est consacrée à ce que la recherche nous apprend sur les caractéristiques des enseignant.e.s débutant.e.s. Elle met ainsi en évidence la diversité de profils des enseignant.e.s stagiaires comme des étudiant.e.s des ESPé.

Concernant ces dernier.e.s, l’enquête ministérielle des Systèmes d’information et études statistiques : « les effectifs en ESPE en 2019-2019 » (SIES, 2019), montre que les effectifs des mentions MEEF (Master des Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) du 1er degré sont les plus nombreux, représentant la moitié des 65 600 étudiant.e.s inscrit.e.s en ESPE en janvier 2019. Elle révèle une grande diversité de profils ne dépendant pas uniquement de la mention suivie :

l’âge moyen des étudiant.e.s en ESPE varie de 25 ans pour les étudiant.e.s de première année de master MEEF à 41 ans pour les étudiant.e.s en seconde année de master « Pratiques et ingénierie de la formation », dont la plupart sont en reprise d’études ou en formation continue ;

un.e étudiant.e sur dix possède un bac technologique, et seulement 1,8 % un bac professionnel. Ce sont les bachelier.e.s scientifiques qui sont majoritaires, et plus nombreux.ses que dans les autres masters (35 % contre 29 %) ;

les femmes représentent 55 % des étudiant.e.s de la mention second degré, mais 85 % de la mention premier degré, faisant grimper la moyenne à 72 % de femmes, contre 58 % dans les autres masters ;

seulement 51 % des inscrit.e.s en 2e année d’ESPE étaient déjà inscrit.e.s en 1re année l’année précédente, et on constate en plus 15 % de redoublant.e.s.

Malgré cette diversité des profils et des expériences, les « enseignant.e.s novices » sont confronté.e.s aux mêmes difficultés récurrentes liées au «choc de réalité», mais aussi aux écarts « souvent flagrants et troublants » entre « théorie » et « pratique », apports de la formation, parfois jugés peu opérationnels et les réalités et pratiques du terrain.

La variété des dispositifs de formation initiale est également très grande et varie beaucoup dans les différents pays européens, par exemple.

La seconde partie du dossier met en valeur les pistes pour repenser une formation initiale centrée sur le métier s’appuyant sur les recherches en formation centrées sur l’activité enseignante et pointe l’intérêt, pour améliorer la formation initiale des enseignant.e.s, de professionnaliser la formation ainsi que les formateurs et formatrices. Comme le titre du dossier l’indique, il s’agit davantage de penser la formation comme un continuum et donc de considérer la formation initiale comme une entrée en formation, le début d’un processus long et continu et non une fin en soi.

Joubaire Claire (2019). Commencer à se former pour enseigner. Dossier de veille de l’IFÉ, n° 131, septembre . Lyon : ENS de Lyon. En ligne : http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=131&lang=fr

 

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Pénurie d’enseignant.e.s : la faute à la masterisation ?

Si les raisons ne peuvent que faire l’objet d’hypothèses, le constat est lui sans appel : la France, après avoir été « longtemps épargnée par les pénuries d’enseignants qui sévissent depuis plusieurs années dans la plupart des pays européens », subit aujourd’hui des difficultés importantes de recrutement d’enseignant.e.s, tant dans l’enseignement primaire que dans le secondaire. La cause en est double. D’une part « la forte baisse du nombre de candidats aux concours externes, principales voies d’accès à l’enseignement primaire et secondaire. » Par ailleurs, « une baisse du niveau moyen des candidats », ce qui conduit « les jurys ont renoncé à pourvoir plusieurs milliers de postes depuis 2013. »

Pourquoi une telle pénurie ?

Mélina Hillion, docteure en économie et chargée d’études à la Dares, étudie ce phénomène dans le cadre d’un doctorat effectué à l’École d’économie de Paris (PSE) et au Centre de recherche en économie et statistique (CREST). Elle met en évidence la corrélation entre cette baisse de candidat.e.s et l’élévation du niveau de recrutement. Elle rappelle en effet que, comme dans la majorité des pays européens (en 2013 c’était le cas dans 12 pays européens pour l’enseignement primaire et dans 16 pour le secondaire), « les enseignants en France doivent être titulaires d’un master » depuis 2011.

La comparaison avec le nombre et le niveau des candidat.e.s présentant les concours (comparables) d’entrée aux IRA, demeurés eux au niveau de la licence, montre que la masterisation n’est pas pour rien dans la baisse du nombre de candidat.e.s aux concours d’enseignant.e.s. Ce même constat a d’ailleurs conduit la cour des compte, en mars 2018, à préconiser le retour à un recrutement au niveau licence.

Pourquoi un master ?

Si la chercheuse fait un lien entre le niveau de recrutement au niveau master et la pénurie de recrutement d’enseignant.e.s, elle interroge également les raisons qui ont conduit à cette réforme. Elle en propose deux. Tout d’abord, le fait que la hausse du niveau de qualification des enseignant.e.s permettrait « d’assurer l’excellence de la profession », en allongeant la durée d’étude des enseignants, la qualité de l’enseignement serait améliorée. En fait, cette assertion relève davantage de la conviction que d’une mesure objective, puisque « ce type de mesure n’a en réalité jamais fait l’objet d’une évaluation statistique. » D’autre part, en ne rémunérant plus la formation initiale, le gouvernement a réalisé une réduction de la dépense publique tout en pouvant afficher une baisse du nombre de fonctionnaires « puisque les enseignants en formation initiale ne bénéficient plus de ce statut depuis 2011. »

Faut-il revenir en arrière ?

Les constats de cette étude ne doivent pas conduire à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Les hypothèses formulées pour expliquer la baisse du nombre de candidat.e.s dans un concours au niveau du master sont doubles. « Certains candidats peuvent avoir renoncé à poursuivre leurs études de master parce qu’ils estimaient leur niveau trop bas ou le coût d’opportunité trop élevé, tandis que d’autres peuvent avoir opté pour des emplois plus rémunérateurs. »

Car le premier enseignement de cette recherche est de mettre en lumière une réforme de la masterisation faite avec « un manque de réflexion sur le contexte et les modalités de sa mise en œuvre. » Il faut ajouter que « l’absence de revalorisation salariale, alors que l’écart de rémunération entre les enseignants et les autres professions est considérablement plus élevé pour les titulaires d’un master que pour ceux d’une licence, a probablement joué un rôle important dans le choix des candidats. »

Le chantier de la formation initiale des enseignant.e.s, ne peut se faire sans tenir compte de ce double impératif : construire un recrutement et une formation cohérente pour améliorer le niveau pédagogique des futurs enseignant.e.s et offrir une rémunération en cohérence avec le niveau de formation et de responsabilité du métier. Seules ces conditions réunies pourraient enrayer la pénurie et redonner de l’attractivité à un métier d’enseignant.e enfin reconnu et valorisé.

Retrouver l’article de Mélina Hillion sur le site de la Fondation Jean Jaurès : https://jean-jaures.org/nos-productions/le-metier-d-enseignant-en-france-une-attractivite-en-declin

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Agriculture : un enseignement différent

Avec 210000 élèves et étudiant.e.s de la 4e au supérieur, 806 établissements dont 590 privés (60% des élèves), 135 centres de formation d’apprenti.e.s (CFA 94 publics et 41privés), 452 centres formation professionnelle continue (CFPA : 169 publics, 283 privés) 19 écoles d’enseignement supérieur agricole (12 publiques, 6 privées), 192 exploitations agricoles dans les établissements publics, 34 ateliers technologiques et centres équestres, l’enseignement a la « taille d’une petite académie » comme aime à le rappeler Guy Sigala (secrétaire général du syndicat de l’enseignement agricole – UNSA), mais c’est aussi un OVNI dans le paysage éducatif français.

En effet, créé en 1960 par le ministère de l’agriculture ce département de l’enseignement initialement en charge de la formation des agriculteurs a su évoluer avec l’apparition de nouvelles professions mais aussi en lien avec le développement des territoires ruraux.

Le dernier dossier de veille de l’IFÉ (n°130 • Juin 2019) est consacré à cet enseignement agricole, synonyme d’ « enseigner autrement » (http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/130-juin-2019.pdf).

Le dossier revient sur une partie historique intéressante qui montre combien les injonctions contradictoires sur les productions agricoles aura eu d’influence sur l’enseignement en charge de former et d’accompagner les agriculteurs.

– Assurer une formation générale, technologique et professionnelle initiale et continue;

contribuer à l’insertion scolaire, sociale et professionnelle des jeunes, comme à celle des adultes (ajoutée en 1999);

participer à l’animation et au développement des territoires;

contribuer aux activités de développement, d’expérimentation et d’innovation agricoles et agroalimentaires;

participer aux actions de coopération internationale, notamment en favorisant les échanges et l’accueil d’apprenant.e.s et d’enseignant.e.s

Ce rappel des 5 missions que la loi confie aux EPELFPA, montre l’étendu du travail attendu mais aussi sa complexité. Ainsi, les « lycées agricoles » sont à la fois établissements d’enseignement général, technologique et professionnel. Dans un souci d’élévation du niveau général de la scolarité, la tendance est de favoriser davantage les disciplines scolaires au détriments parfois des apprentissages liés aux métiers. Le dossier constate ainsi que « bien que l’agronomie soit une discipline identitaire de l’enseignement agricole, sa part dans les curricula a diminué. Dans un objectif d’élévation du niveau de qualification, les horaires dévolus aux matières générales et aux disciplines de gestion ont augmenté, au détriment des enseignements de terrain. » De la même manière, de nombreuses questions restent posées quant à l’ « éducation de l’écocitoyen.ne », confrontée à l’enseignement de nombreuses disciplines qui peuvent y contribuer, mais aussi entrer en concurrence, alors que le sujet est fortement d’actualité, qu’il est au cœur du développement de l’agroécologie, même s’il fait largement débat dans le monde agricole.

Le second élément qui caractérise l’enseignement agricole est sa capacité à innover pédagogiquement et à prendre le » jeune » en compte dans sa globalité. Le dossier de l’IFé cite Etienne (2015) pour qui « la prise en compte de la singularité des personnes dans l’enseignement agricole favorise les apprentissages. » Il fait l’hypothèse que « les lycées agricoles sont situés à la croisée des chemins entre lycées traditionnels et micro-lycées de la seconde chance », leur plus grande marge d’autonomie leur permettant plus d’invention, que ce soit dans l’organisation des enseignements ou dans l’organisation du quotidien. En effet, l’utilisation de la pédagogie de projet, la dimension interdisciplinaire ainsi que l’organisation modulaire visent à davantage impliquer les élèves dans leurs apprentissages, à les mobiliser sur des démarches de recherches participatives et donc à les rendre plus acteurs de leur formation.

Avec l’enseignement des questions socialement vives (QSV), pour lequel l’enseignement agricole est pionnier, l’importance donnée à « la communauté éducative » (bien plus développée que dans l’éducation nationale) et l’enseignement socioculturel, l’enseignement agricole vise à former des professionnels et des citoyens en lien avec la réalité des territoires.

Deux écueils certainement qu’il convient de dénoncer afin de maintenir la spécificité de l’enseignement agricole :

– le risque d’une coupure avec le territoire puisque le relais avec les structures issues de l’éducation populaire, tels les foyers ruraux, sont largement fragilisés et moins en lien avec les projets socioculturels des établissements

– l’imposition progressive des réformes de l’éducation nationale alors que celles-ci disconviennent très souvent au fonctionnement original de l’enseignement agricole.

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Citéco : l’économie a dorénavant son musée

Est-ce comme le dénonçait Alphonse de Lamartine une mise au cimetière (Je suis las des musées, cimetières des artsdans le Voyage en Orient) ou au contraire un échappatoire à la mort tel que le prônait André Malraux (le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mortdans La Tête d’obsidienne? Toujours est-il que ce 14 juin l’ancien siège de la Banque de France à Paris devient la cité de l’économie, Citéco, un musée dédié à l’économie et à la finance.

Pourquoi un tel musée ?

Le site de Citéco répond :

« Parce que tout le monde est acteur de l’économie

Parce que chacune et chacun apporte sa pierre à l’édifice dans son territoire, dans un monde hyper-connecté et ouvert

Parce que tout le monde participe, peut apprendre et comprendre

Nous offrons un lieu de vie et d’expériences ouvert à toutes et tous

Pour découvrir les concepts et mécanismes de l’économie, de la finance et de la monnaie

Pour s’amuser, manipuler et expérimenter

Pour s’émerveiller des trésors d’ici et d’ailleurs

Pour s’éblouir d’un joyau architectural néo-Renaissance

Pour se détendre, se rassembler et vivre des expériences hors du commun

Pour offrir à toutes et tous l’opportunité de mieux comprendre le monde ; d’agir en citoyen éclairé. »

Un lieu éducatif donc et citoyen.

Évidemment, le risque d’une telle patrimonialisation de l’économie est d’en faire un lieu doctrinaire, d’y imposer une seule vision, d’être au service d’un dogme. Pire encore de faire de l’économie (comme ailleurs de l’art) une fin en soi. En un mot de déifier l’économie : le veau d’or aurait ainsi trouver son temple !

Bien entendu un projet porté par La Banque de France, voulu par son gouverneur Christian Noyer et soutenu par la patronne du FMI Christine Lagarde ne peut qu’interroger sur la possibilité de voir exposée dans ces lieux la diversité des approches et des alternatives économiques.

Les six thématiques du parcours permanent : l’échange, les acteurs, les marchés, les instabilités, les crises (« que les institutions cherchent à réguler ») et la fonction bancaire fond davantage penser à une approche classique de l’économie de marché.

Mais il s’agit d’un musée. Donc d’une mise en espace et en scène. Moins que la vérité « vraie », le musée donne à voir une réalité mise en spectacle, représentée. « Ceci n’est pas une pipe » indiquait Magritte sur son tableau « La trahison des images » rappelant qu’il s’agissait de sa représentation d’un objet appelait pipe. Citéco n’est donc pas l’économie, mais une manière de l’interpréter et de la montrer. Le visiteur, tout à son admiration, n’en est pas moins appelé à rester critique et à réfléchir.

Gageons que dans cette optique Citéco ne peut qu’être qu’un outil efficace à l’éducation économique des citoyen.ne.s. Et rappelons tout l’intérêt de développer une « pédagogie de l’argent » comme nous l’avons montré dans le n°1 de la revue [R] en septembre dernier.

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Travail collectif et collectif de travail

Évidemment la réalité évolue et l’image de l’enseignant isolé dans sa classe à la porte fermée est un peu jaunie. Pour autant, l’enseignement reste marqué par son caractère individuel et les injonctions au travail collectif se multiplient.

En avril 2018, l’Ifé consacrait un de ses dossier de veille (http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/124-avril-2018.pdf) à cette question du travail collectif des enseignants et constatait que pour l’enseignant, « nourrir sa professionnalité de l’expérience collective permet une reconnaissance de son travail » et que « coopération et construction d’une culture collective améliorent la professionnalisation, conçue comme une démarche collaborative ». Le dossier concluait donc que si cette « démarche collective peut être soutenue par des routines organisationnelles couplant organisation bureaucratique et collégialité (Spillane etal., 2016) » ou « favorisée par les textes prescriptifs », elle ne peut être imposée. Seuls les actrices et acteurs peuvent « déterminer de façon constructive et évolutive les règles de l’action collective », en reconnaissant «la pluralité des points de vue légitimes» (Bonvin, 2005) et s’emparer « des marges de manœuvre dont elles ou ils disposent en tant que professionnel.le.s de l’éducation. »

Dans le cadre du projet «Cross-curricular Teaching» (CROSSCUT) et d’une journée d’échanges (le 15 mai dernier) autour du travail collectif enseignant, l’Ifé revient sur cette notion et cherche à définir les conditions de sa mise en œuvre (http://ife.ens-lyon.fr/ife/partenariat/international/programmes-et-projets/crosscut/compte-rendu_journeee-echanges_crosscut_15-mai-2019/).

Plusieurs éléments sont à retenir de cette approche, parmi lesquels le fait que « le soutien de la direction, à la fois pour la mise en place et l’animation du travail collectif » soit indispensable. De fait, le travail collectif nécessite de s’inscrire dans un temps, dans un espace. La mobilisation autour d’un projet, d’un problème posé par les élèves ou par une réforme (comme celle du collège ou des EPI) peut en être le cadre, permettant une mobilisation au-delà de son cours ou de sa discipline. L’interdisciplinarité est d’ailleurs un critère principal de sélection des projets soumis aux CARDIE qui peuvent aussi être un levier important du développement des actions collectives.

De même le cadre des entretiens de carrière (PPCR) et plus globalement la démarche de développement professionnel peut conduire à envisager différemment la dimension collective, ce qui repose également la fonction de l’inspection.

Comment organiser le travail coopératif, veiller à l’interdépendance positive du collectif, pour que chaque enseignant.e trouve sa place et se sente responsable du travail du groupe? Cette question trouve certes des pistes de réponses dans des outils mobilisables, mais ce sont surtout le climat dans l’établissement et la formation qui permettent de fabriquer un espace de travail collectif voire collaboratif.

Il s’agit donc « de créer dans l’établissement un climat propice aux échanges professionnels et qui permette aux enseignant.e.s et personnels de direction de rester le plus possible centré.e.s sur les intérêts des élèves. » Cela passe par la capacité de mener « un diagnostic partagé en équipe pédagogique afin d’identifier les besoins d’apprentissage des élèves et engager un travail interdisciplinaire répondant à ces besoins », par la reconnaissance « des compétences ou expertises particulières de chaque personnel de l’établissement et leur mobilisation dans la construction des projets interdisciplinaires », par la valorisation « des projets existants par une plus grande formalisation par les personnels de direction et une insertion dans le projet d’établissement ».

Il s’agirait aussi d’ « organiser des formations dédiées dans les établissements » à travers un « véritable plan de formation aux pratiques collectives et/ou interdisciplinaires à mettre en œuvre dans les établissements, sur le modèle des formations d’initiative locale existantes. »

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L’ÉDUCATION POPULAIRE, UNE EXIGENCE DU 21ÈME SIÈCLE (le rapport du CESE)

Adopté avec une très large majorité (166 votes favorables, 5 contre et 4 abstentions), le rapport du Conseil Économique, Social et Environnemental sur « l’Éducation populaire : un exigence du 21è siècle » doit désormais convaincre les décideurs, et en tout premier le ministre en charge de ce secteur, de porter la politique volontariste proposée au travers des 20 préconisations, décrite ci-dessous dans le document de synthèse du CESE.

« L’actualité de ces six derniers mois démontre l’urgence d’ouvrir des espaces permettant aux citoyens et aux citoyennes de s’exprimer, d’échanger, de participer aux débats qui alimentent notre société et surtout d’être entendus et ainsi de contribuer réellement aux décisions locales comme nationales. Parce qu’elle irrigue la société, qu’elle facilite la citoyenneté et l’engagement dans la cité, l’éducation populaire est un réel atout pour mieux « faire société ». Son approche bienveillante, sa reconnaissance que chacun « est capable », ses méthodes actives, tout comme sa volonté d’émancipation des femmes et des hommes, son approche critique, sont autant d’aspects qui peuvent alimenter la recherche de formes et d’espaces nouveaux de démocratie, de participation, de co-production et d’actions concrètes au plus près des réalités vécues. L’éducation populaire s’inscrit dans un projet politique de justice sociale et d’émancipation. Sa capacité de recherche et d’innovation sociale en fait aussi un laboratoire utile à l’intérêt général. L’enjeu de cet avis est de mettre en lumière la modernité de l’éducation populaire. Il propose vingt préconisations concrètes pour contribuer à restaurer et valoriser ses démarches, permettre aux multiples actrices et acteurs de sortir de l’invisibilité et les accompagner dans la nécessaire réforme de leur fonctionnement pour leur permettre de s’inscrire dans une dynamique de renouveau. Elles s’articulent autour de cinq grands axes : investir dans les politiques publiques d’éducation populaire pour contribuer à réconcilier la société ; développer le lien social pour conforter la citoyenneté ; sécuriser le modèle économique ; former les différents acteurs et reconnaître leurs compétences ; favoriser l’engagement et renouveler la gouvernance.

LES PRÉCONISATIONS DU CESE

INVESTIR DANS LES POLITIQUES PUBLIQUES D’ÉDUCATION POPULAIRE POUR CONTRIBUER À RÉCONCILIER LA SOCIÉTÉ

A cette fin, le CESE préconise :

  • l’engagement d’un plan national volontariste dont l’objectif sera de faire vivre sur tous les territoires au moins un équipement pluridisciplinaire, lieu de rencontres, de partage et de débat, en mobilisant pour cela les organisations d’éducation populaire de ces territoires ;

  • que soit nommé, de façon pérenne auprès du Premier ministre, une ou un délégué interministériel à l’éducation populaire ;

  • un renforcement significatif des moyens humains et financiers de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) ;

  • que soit créé et animé, en pleine association avec les actrices et acteurs de l’éducation populaire et des collectivités territoriales, un fonds de soutien à l’innovation et à l’expérimentation ;

  • que le champ de la recherche dans les domaines de l’éducation populaire fasse l’objet d’un soutien accru dans le cadre de la future loi de programmation de la recherche.

    DÉVELOPPER LE LIEN SOCIAL POUR CONFORTER LA CITOYENNETÉ

    A cette fin, le CESE préconise :

  • un plan de relance des projets éducatifs de territoire en en faisant un outil permettant la synergie de l’action des co-éducateurs sur leur territoire avec les établissements scolaires ;

  • de renforcer le Parcours citoyen au collège et au lycée en favorisant le travail partenarial entre les actrices et acteurs de l’Éducation nationale et ceux de l’éducation populaire ;

  • la relance des colonies de vacances et des classes de découverte par la sécurisation de leur cadre juridique et administratif et le retour à un niveau de financement public permettant le départ de chaque enfant au moins trois fois durant sa scolarité ;Êque, sous réserve de l’évaluation des actions réalisées, le dispositif des Fabriques d’initiatives citoyennes soit pérennisé et doté de moyens suffisants pour qu’il puisse se déployer ;

  • l’intégration dans les conventions collectives, grâce à la négociation entre partenaires sociaux, d’une mesure permettant d’accompagner les salariées et salariés des entreprises sans Comité social et économique.

    SÉCURISER LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

    A cette fin, le CESE préconise :

  • de favoriser le recours à la convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) comme mode de financement de l’activité des structures d’éducation populaire ;

  • d’augmenter le nombre de « postes Fonjep » en direction des organisations d’éducation populaire afin de stabiliser et de renforcer leurs actions dans la durée ;

  • la stabilité du cadre fiscal spécifique aux organisations d’éducation populaire au titre du caractère désintéressé de leur gestion, de l’impartageabilité de leurs bénéfices, du but non lucratif et de leur contribution à l’intérêt général conformément à la Charte des engagements réciproques.

    FORMER ET RECONNAÎTRE LES COMPÉTENCES

    A cette fin, le CESE préconise :

  • d’identifier et de coordonner l’offre de formation initiale et continue aux métiers relevant de l’éducation populaire ;

  • après étude, d’ouvrir le Compte engagement citoyen (CEC) à tous les bénévoles qui s’investissent au moins 200 heures par an dans des actions associatives et d’envisager l’abondement du CEC par le compte personnel de formation ;

  • un investissement fort dans la formation des bénévoles en abondant significativement le Fonds de Développement de la Vie Associative (FDVA – Formation des bénévoles ou FDVA).

    FAVORISER L’ENGAGEMENT ET RENOUVELER LA GOUVERNANCE

    A cette fin, le CESE préconise :

  • de développer le Passeport Bénévole®, de le promouvoir dès le lycée pour le rendre accessible à tous et toutes et de renforcer les moyens d’accès aux services civiques dans les organisations d’éducation populaire ;

  • de populariser les articles 10 et 43 de la loi «Égalité et citoyenneté» de janvier 2017 et de faire une évaluation régulière de son application. Cette loi permet à tous bénévoles de bénéficier d’un congé pour siéger dans l’organe d’administration ou de direction d’une association. Elle permet aussi à des jeunes de 16 ans d’en assumer l’administration ;

  • d’expérimenter l’extension, au-delà de six ans, du crédit d’impôt permettant de couvrir les charges liées à la garde d’enfants afin de promouvoir la parité dans les instances statutaires des organisations de l’éducation populaire ;

  • d’inciter les structures de l’éducation populaire à limiter pour leurs dirigeantes et dirigeants à trois le nombre de mandats consécutifs ou à neuf ans, à favoriser l’accès des jeunes et à garantir la parité dans leurs instances statutaires. »

Retrouver sur le site du CESE la séance plénière du 28 mai : https://www.lecese.fr/content/le-cese-adopte-son-avis-sur-leducation-populaire

et ici l’ensemble du rapport : 2019_12_education_populaire

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M@dos : Une formation pour les personnels d’encadrement de l’éducation

Approche stratégique des organisations scolaires, Les ressources humaines dans une organisation scolaire. Conduite du changement et gestion de projets. Management de la qualité des services. Droit de l’éducation. Les politiques publiques d’éducation. Sociologie de l’éducation : organisations scolaires et acteurs. L’évaluation des performances scolaires. Culture numérique…

Et si les personnels d’encadrement de l’Éducation nationale et, plus particulièrement, les chefs d’établissement, leurs adjoints ainsi que les personnels d’inspection des premier et second degrés avaient besoin de ces connaissances pour exercer au mieux leurs métiers ?

C’est ce que leur propose le dispositif de master professionnel M@DOS (Management Des Organisations Scolaires) dans un parcours de formation continue en e-learning.

Mené depuis 2009, s’appuyant sur un consortium de six universités ; universités de Angers, de Lille, de Poitiers, depuis 2013, les universités de Cergy-Pontoise et de Limoges et depuis 2017 l’université Versailles-Saint-Quentin, le master a déjà accueilli 250 étudiants et lance pour la rentrée 2019 le recrutement de sa 11ème promotion.

M@DOS offre un parcours original pluri-disciplinaire (management, droit, science politique, sociologie des organisations appliqués à l’éducation et vise un triple objectif pédagogique :

le renforcement des compétences métiers des personnels d’encadrement de l’éducation dans le pilotage stratégique et opérationnel des organisations scolaires, à travers des études de cas et des jeux de rôles,

une meilleure compréhension des enjeux sociétaux généraux du secteur de l’éducation, notamment grâce à une analyse comparative internationale

et l’appropriation et l’usage des technologies numériques par les apprenants.

La formation couple le présentiel et l’e-learning. Ainsi, en complément d’une plateforme de télé-enseignement riche en ressources numériques textuelles et audio-visuelles, les étudiants sont encadrés, entre autres, dans le cadre de classes virtuelles. Ils participent à des travaux collaboratifs et sont engagés dans des activités pédagogiques en lien direct avec leur quotidien professionnel.

L’équipe universitaire de M@DOS, enrichie d’une participation de l’université de Montréal a bénéficié d’un programme spécifique de formation à la pédagogie universitaire intégrant les nouvelles technologies, leur permettant de se centrer sur la pédagogie numérique et non sur la simple maîtrise des outils liés à l’univers des nouvelles technologies.

Les dossiers de candidatures pour le 11ème promotion (2019-2021) sont à remettre au plus tard le 18 juin 2019.

Vous trouverez une présentation plus complète ici :Communication Mados 2019 P11 recrutement-1

ainsi que des informations complémentaires sur la formation, le calendrier de recrutement pour la onzième promotion ainsi que les modalités d’admission sont accessibles à l’adresse suivante :

http://www.esen.education.fr/fr/enseignement-scolaire/offre-de-formation/formation-diplomante/master-professionnel-management-des-organisations-scolaires-mdos/

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Un regard syndical sur l’éducation permanente

Formidable levier possible d’épanouissement et de développement social et professionnel jamais réellement abouti, et/ou mécanisme au service des catégories les plus favorisées, inscrit dans des logiques concurrentielles et court-termistes ? L’éducation permanente est à la fois l’un et l’autre. Tels sont les résultats d’une recherche menée par Luc Bentz et Maxime Blanc au titre du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation dans le cadre de l’agence d’objectifs de l’IRES.

De manière rétrospective, l’étude analyse l’évolution du modèle de formation des adultes en France entre 1959 et 2014 au prisme de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN), puis, après 1992, de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA). En reprenant en détail la construction légale progressive qui a conduit à la loi de juillet 1971, le rapport met en évidence les approches syndicales très longtemps « scolaro-centrées » de la FEN, la prééminence que revêtaient pour elle les interactions avec les enjeux de formation initiale (notamment professionnelle), jusqu’au « choc » de l’accord national interprofessionnel du 9 juillet 1970. Il analyse ensuite la prise en compte du sujet dans le projet d’« École de l’éducation permanente » (1973-1981) et ses avatars successifs. Il montre également l’importance de la « formation des adultes » dans la construction de la dimension interprofessionnelle de l’UNSA. Enfin, la dernière partie du travail présente de manière thématique, à partir des caractéristiques et des enjeux repérés par les acteurs professionnels du champ de la formation, le basculement des logiques de formation qui s’opère, devenant progressivement une démarche de responsabilisation et d’individualisation de la formation dans une approche désormais pensée presque exclusivement dans une logique professionnelle.

Lire la suite de « Un regard syndical sur l’éducation permanente »

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Mieux accompagner l’apprentissage des langues vivantes

1. Travailler sur l’oral de manière progressive, de la maternelle jusqu’au lycée

2. Guider les élèves vers l’autonomie, en s’appuyant notamment sur les outils numériques

3. Créer des ponts entre les différentes langues et cultures

4. Évaluation : reconnaître un « droit à l’erreur » et mieux cibler les compétences réelles des élèves

5. Proposer des cours de langues d’une durée plus courte mais plus régulièrement

6. Amplifier, sur le temps scolaire, l’exposition aux langues étrangères

7. Favoriser la mobilité internationale de tous les élèves et des enseignants

8. Redonner une place à l’enseignement explicite des langues

9. Construire un « programme lexical » national

10. Repenser le recrutement et la formation des enseignants en langues

Telles sont les 10 recommandations du jury de la conférence de consensus sur l’apprentissage des langues vivantes conduite par le CNESCO et l’Ifé les 13 et 14 mars dernier.

Le détails des mesures et du travail du jury est à retrouver ici : http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2019/04/190411_RecommandationsLVE.pdf

Il s’appuie sur de nombreuses études qui amène à un constat riche.

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Le développement professionnel : une preuve de confiance

« Des enseignants bien formés et satisfaits de leur formation sont des enseignants épanouis qui progressent et montent en compétences, qui considèrent leur professionnalité non pas comme un héritage, mais comme une promesse à venir, au bénéfice de la réussite des élèves qui leur sont confiés.»

Comment ne pas partager cette conclusion de Sophie TARDY et Philippe LHERMET dans leur rapport « La formation continue des enseignants du second degré. De la formation continue au développement professionnel et personnel des enseignants du second degré ? » de septembre 2018 (mais qui vient juste d’être publié en cet fin mars 2019 http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2019/78/8/Rapport_FC_enseignants_second_degre_1093788.pdf)? Elle rappelle évidemment la thèse développée par François Muller dans son livre « Des enseignants qui apprennent, ce sont des élèves qui réussissent : Le développement professionnel des enseignants » (ESF, avril 2017) et avec lequel l’UNSA Éducation a conduit un « colloque inversé » à l’Espé de Besançon.

Comme le montre l’article du 25 mars 2019 « Une formation continue des enseignant.e.s qui reste à asseoir ? » par Catherine Reverdy de l’IFé (https://eduveille.hypotheses.org/13608), la question du passage de la formation continue au développement professionnel se pose. Elle était présente dans les débats des Assises de la formation continue des enseignant.e.s des 14 et 15 mars 2019 comme dans ceux du colloque national organisé du 22 au 24 mars 2019 par l’Association française des acteurs de l’éducation (AFAE) sur la thématique « Existe-t-il une politique des ressources humaines à l’Éducation nationale ? »

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