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Pierre Mauroy, syndicaliste

Le 6 décembre dernier, l’Institut Pierre Mauroy organisait, au Sénat, dans le cadre de son colloque annuel, une rencontre autour de la passion syndical et associative de Pierre Mauroy.

Si l’on connaît,en effet, la carrière politique de Pierre Mauroy, premier ministre et maire de Lille, si son engagement associatif dans la création puis dans la direction de la fédération d’éducation populaire Léo Lagrange, son implication syndicale, à la tête du Syndicat national de l’enseignement technique dans les centres d’apprentissage (SNET-CA, puis SNET-AA de la FEN) est moins connu.

Le Centre Henri Aigueperse est intervenu pour rappeler cet engagement militant dans une période politique troublée (4ème République et Guerre d’Algérie), mais aussi dans une époque de démocratisation massive de la scolarité et donc de réflexion sur les nécessaires réformes du système éducatif.

Ci-dessous, l’intervention du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation :

On imagine souvent la FEN comme une puissante structure syndicale, une « citadelle enseignante », une armée de permanents capable de faire trembler le ministre de l’éducation nationale comme aimait à le raconter l’autre ministre qui en est issu, André Henry.

Mais la FEN du début des années 1950 n’est pas celle de la fin des années 1970. Et si l’on veut comprendre comment un jeune prof de l’enseignement technique a pu avant trente ans être secrétaire général de son syndicat, secrétaire des commissions fédérales culture-jeunesse, puis pédagogie, rapporteur d’une motion au congrès national de 1957, c’est bien entendu par l’engagement et les qualités du militant Pierre Mauroy que cela s’explique, mais cela doit aussi être compris dans le contexte de cette époque, tant pour la FEN que pour le syndicalisme de l’enseignement technique.

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Les élections professionnelles : agir sur le renouvellement des syndicats

Les résultats des élections professionnelles dans la fonction publique auront un impact fort sur l’avenir et l’évolution des organisations syndicales.

Évidemment, elles vont permettre de calculer leurs audiences respectives, mais aussi, grâce au taux de participation, leur poids collectif.

Dans le contexte de méfiance par rapport aux corps constitués – les syndicats ne recueillent que 27 % de confiance dans le baromètre du CEVIPOF https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/content/le-barometre-de-la-confiance-politique – et de mouvements non organisés comme les « gilets jaunes », c’est la représentativité des syndicats qui est en cause.

Sont-ils à l’image de la diversité de ceux qu’ils sont censés représenter ? Quelle est la part des femmes, des jeunes, des catégories de travailleurs modestes dans leurs instances ?

Si les études sur les militants syndicaux sont peu nombreuses, elles tendent à montrer souvent une domination masculine et une moyenne d’âge des dirigeants syndicaux autour de la cinquantaine.

Le rajeunissement et la promotion de la parité sont donc deux enjeux dans l’évolution des organisations syndicales, comme le montre bien Bastien Scordia dans son article « Le renouvellement des troupes, condition de survie du syndicalisme » publié le 29 nov. 2018 sur le site acteurs publics https://www.acteurspublics.com/2018/11/29/le-renouvellement-des-troupes-condition-de-survie-du-syndicalisme-4-6

Mais au-delà, et les revendications d’horizontalité et de participation accrue le renforce, c’est le travail même des syndicats qui est interrogé.

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Révision de la la loi de 1905 : une remise en cause inutile et dangereuse de la laïcité

La tentation n’est pas nouvelle. Régulièrement, la question est remise sur l’autel de l’égalité entre les cultes. Toujours une bonne âme pour trouver que le texte a vieilli ou est incomplet…et de jurer ses grands dieux, que c’est pour faire mieux…

Une fois (et non une foi, quoique) de plus la loi de séparation des églises et de l’État fait l’objet de débat, de velléité de révision.

Cette fois serait en question le financement des associations cultuelles et la lutte contre les dérives fondamentalistes.

Une modification de circonstance, qui sans le dire, ne viserait en fait que le culte musulman et ses supposés dérives.

Or la loi de 1905 a justement été pensée et écrite pour éviter ce type de réactions « d’actualité ». Ce qui fait sa force, c’est qu’elle est une loi de liberté. Liberté des cultes, certes, mais essentiellement liberté absolue de conscience. Elle est une loi d’équilibre et de justice, la neutralité de l’État est totale face aux religions.

L’arsenal juridique et réglementaire français est aujourd’hui suffisant pour agir contre les dérives sectaires ou les atteintes à la sécurité du pays.

Toucher à la loi de 1905, c’est ouvrir une brèche dans la capacité à « mieux vivre ensemble » : un danger inutile qui n’est ni raisonné, ni raisonnable.

Voir l’article de l’UNSA Éducation et le communiqué : http://www.unsa-education.com/spip.php?article3628

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Élections professionnelles : les résultats d’hier, les enjeux d’aujourd’hui

Le scrutin électronique pour les élections professionnelles dans la fonction publique ouvre aujourd’hui. Déjà, les votes par correspondances ont commencé. Et les bureaux de votes ouvriront dans les services le 6 décembre.

Enjeux 2018

Dans le contexte actuel de transformation de l’action publique et de mise en œuvre de la démarche Action publique 2022, il va de soi que les enjeux de ces élections sont particulièrement importants.

Évidemment, il s’agira de « se compter » pour connaître la force que représente chacune des organisations syndicales.

L’équilibre entre le camp réformiste et le camp contestataire sera également à analyser. IL aura un impact non négligeable sur la suite des négociations et le rapport avec l’État et les structures publiques employeurs.

Mais au premiers rangs de ces enjeux, se situe le taux de participation. En effet, la représentativité des élus sera relative au nombre d’agents publics qui auront voté. Plus cette participation sera forte, plus la légitimité des organisations syndicales, de leurs revendications, de leurs propositions sera reconnue.

Rappel 2014

Un petit retour en arrière permet de regarder le paysage syndical de la fonction publique à la veille de ces élections.

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11 novembre 1918 : enfin la Paix !

Alors que depuis quelques jours, les rumeurs de paix deviennent de plus en plus nombreuses, c’est chose faite le 11 novembre 1918. L’Allemagne signe l’armistice et cela entraîne la victoire des Alliés, après plusieurs années de terribles combats. La Grande Guerre a dévasté le continent européen et a bouleversé l’ensemble des sociétés en guerre. Les mondes scolaires n’y ont pas échappé : plusieurs dizaines de milliers d’enseignants ont été mobilisé, et près d’un quart meurent au feu entre 1914 et 1918. Les enfants eux-mêmes sont marqués par ce conflit durant les longues années des combats comme le montre le tout récent livre de Manon Pignon et Yann Potin sur Françoise Dolto, qui devient « veuve de guerre à sept ans. »

Alors qu’avant 1914, les instituteurs étaient soupçonnés d’être des antipatriotes influencés par le syndicalisme, ils ont participé à ce conflit en défendant le territoire mais aussi leur idéal marqué par l’espérance d’un monde meilleur. Ainsi, dans le numéro de juillet 1916 de la Revue des deux mondes, le recteur de l’académie de Bordeaux, Raymond Thamin, évoque la participation des enseignants dans la Grande Guerre. Il souhaite ainsi démontrer le rôle positif que jouent les instituteurs au combat : « À quelques-uns, qui connaissaient mal nos instituteurs, leurs vertus militaires ont causé une agréable surprise. On les jugeait d’après des manifestations tapageuses qui n’engageaient que ceux qui s’y livraient, et qui, eux-mêmes, étaient le plus souvent des esprits généreux grisés par le vin des idées. » Plusieurs leaders syndicaux comme André Chalopin, secrétaire du syndicat des instituteurs à Paris, meurent au combat.

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22 octobre 1941 à Chateaubriant : des syndicalistes enseignants parmi les 27 otages exécutés

Le 22 octobre 1941, les autorités allemandes décidèrent d’exécuter 27 otages pris parmi les détenus du camp de Châteaubriant en représailles de l’attentat contre un officier allemand à Nantes deux jours auparavant. En tout, près d’une centaine d’otages dans toute la France sont fusillés en représailles à cet attentat organisé par la branche armée de la résistance communiste. Ces otages sont pour une très grande majorité des communistes, ainsi Guy Môquet, et certains avaient été arrêtés avant l’occupation allemande. Parmi eux, on trouve également des syndicalistes enseignants comme Pierre Guéguin et Marc Bourhis, tous deux originaires du Finistère. Leur engagement dans le syndicalisme enseignant a parfois été passé sous silence, et nous souhaitons donc aujourd’hui le rappeler. Il faut dire que la mémoire des ces deux amis a parfois été maltraitée : Guéguin, ancien maire communiste de Concarneau, a quitté le PCF lors du pacte germano-soviétique, et Bourhis est partisan du trotskysme. Tous deux sont donc mis au ban dans le camp de prisonniers de Chateaubriant par les autres détenus communistes. Cette mise à l’écart a duré plusieurs années après leur disparition.

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« La jeunesse » ne serait-elle qu’un mot dans le titre des ministères ?

Le jeunesse a dorénavant un ministre et un secrétaire d’État.

En effet à l’Éducation Nationale, Jean-Michel BLANQUER, se voit chargé de la Jeunesse. Ce qu’il était déjà en fait, mais cette fois la dimension jeunesse est inscrite dans le titre de son ministère. Affichage complété par la nomination de Gabriel ATTAL, en tant que secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse et dont on comprend qu’il sera plus spécifiquement en charge de la jeunesse et de la mise en place du service national universel.

Si elle n’est pas inédite, cette configuration n’est pas si fréquente. Tant il est remarquable que le champ de la jeunesse est souvent difficilement à réduire à un seul portefeuille ministériel.

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« C’est chacun de nous qui est humilié en sa personne » : la FEN et le 17 octobre 1961

algerie

La répression des manifestations pour l’indépendance de l’Algérie organisées à Paris le 17 octobre 1961 a longtemps été occultée. Ce jour-là, le mouvement indépendantiste algérien souhaite montrer sa force en métropole en organisant une série de manifestations. La police parisienne sur ordre des autorités réprime très violemment les rassemblements parisiens, afin de dissuader les Algériens présents en France de rejoindre les rangs des indépendantistes. La violence systématique a causé plusieurs dizaines de morts et la presse fut muselée afin de ne pas rendre compte de ce climat de répression. Il a fallu attendre plus de trente ans pour que témoins et historiens puissent rendre compte des événements de ce 17 octobre sanglant. Pourtant des organisations syndicales et politiques, des médias également, ont bravé le silence et la censure, dès les premiers jours après cette violente répression. C’est le cas de la FEN (Fédération de l’Education nationale) qui regroupe la majorité des syndiqué.e.s du monde de l’éducation à l’époque. Le 1er novembre 1961 lors de son congrès, la FEN exprime sa condamnation des actes du 17 octobre en dénonçant le racisme contre les Algériens et en affirmant son soutien au mouvement indépendantiste.

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Octobre 1938 : une rentrée scolaire marquée par la peur

De nos jours, on a tendance à l’oublier : la rentrée scolaire s’est longtemps déroulée le 1er octobre de chaque année. Il y a 80 ans, en 1938, l’ouverture des écoles fut précipitamment repoussée au 10 octobre. Pourquoi un tel report ? Depuis plusieurs semaines, l’Europe est entrée dans une crise internationale qui fait craindre le déclenchement d’une guerre. Face à cela, de nombreux instituteurs sont mobilisés et on ne sait pas jusqu’à quand. De nombreux enfants ont trouvé refuge à la campagne pour les éloigner des centres urbains qui seraient les premiers visés en cas de guerre. C’est donc dans une certaine confusion que la rentrée scolaire de 1938 a lieu.

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Présenter l’autre ?

Il, elle est l’autre, l’étrangère, l’étranger, la différente, le différent.

Longtemps lointain, il ou elle a été mal connu.e. Par les adultes qui ont cherché à le ou la découvrir. Par les enfants à qui les adultes ont cherché à la ou le présenter.

C’est au travers des livres, de la presse, des jeux et des jouets, mais aussi des manuels scolaires que la figure de l’autre est parvenu aux enfants, invités à devenir explorateurs.

Ainsi du mage Balthazar au figurines Playmobil, en passant par les affiches publicitaires et les récits de « Robinson Crusoé » ou de « Paul et Virginie », s’est imposé un univers d’aventure, d’exotisme, de découverte, d’imaginaire.

Pour le meilleur, mais aussi -bien trop souvent- pour le pire. En effet, par méconnaissance d’abord, puis par clichés et lieux communs, dire l’autre fut souvent la ou le caricaturer, la ou  le rabaisser, l’enfermer dans des poncifs aux relents racistes.

Il faudra attendre le film de Robert Flaherty en 1922 pour qu’enfin un changement s’amorce et que « Nanouk l’esquimau » puisse se raconter lui-même.

Réfléchir à la manière dont on présente l’autre. Aux images et aux mots qui nous servent à parler d’elle, de lui. A l’influence de nos lectures et de nos jeux d’enfance sur notre inconscient… tel est le but de l’exposition « Le magasin des petits explorateurs » présenté jusqu’au 7 octobre au Musée du Quai Branly et disponible dans le riche catalogue de l’exposition de 368 pages.

Alors que les discours de rejet de l’autre se multiplient et que les propos racistes tendent à se banaliser, cette réflexion est la bienvenue. Elle nous rappelle à notre responsabilité d’éducatrices et d’éducateurs et plus largement à la manière dont nous sommes attentives et attentifs à la construction d’une société capable de reconnaître l’autre comme égal.e à nous quelque soit son mode de vie, son éloignement, la couleur de sa peau… Egal.e aux delà de nos différences.

Retrouver plus d’informations sur l’exposition ici : http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/le-magasin-des-petits-explorateurs-37728/