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Mobilisation dans la Fonction publique : quand l’approche historique aide à mieux comprendre les enjeux

Aujourd’hui 22 mai, toutes les organisations syndicales de la Fonction publique appellent à une journée de mobilisation et de grève. Au-delà des motifs de mécontentement et des revendications qui s’exprimeront durant cette journée, c’est une vision du service public et du rôle des fonctionnaires que défendent les syndicats dans un mouvement unitaire. Pour mieux comprendre les enjeux, un détour par l’histoire peut être très utile et éclairant.

Nous vous invitons donc aujourd’hui, si ce n’est déjà le cas, à découvrir les travaux de l’historien Émilien Ruiz, maître de conférences en histoire contemporaine et humanités numériques à l’Université de Lille-3.

Il a publié dernièrement dans le magazine de Sciences Humaines et Sociales en ligne Mondes Sociaux un article intitulé « Compter les fonctionnaires ou réduire les services publics ?» ( https://sms.hypotheses.org/11366 ) qui montre que les débats autour du nombre de fonctionnaires, de la réduction des effectifs et des missions de service public sont anciens et récurrents. Cet éclairage historique est particulièrement intéressant et bienvenu au moment où le gouvernement actuel adopte une politique pas toujours en faveur des fonctionnaires et du service public, en évoquant une réduction des effectifs, la révision du statut ou encore le recrutement de contractuels en plus grand nombre. Émilien Ruiz, fort de son analyse historique, nous prévient en conclusion de son article : « C’est donc bien à une aussi sévère que discrète remise en cause du modèle français de gestion de la fonction publique que nous assistons. »

Pour aller plus loin :

Afin de compléter cette analyse, nous vous conseillons également de lire deux autres textes de cet historien :

« Y-a-t-il trop de fonctionnaires ? » paru sur le site en ligne La Vie des idées en mars 2017 ( http://www.laviedesidees.fr/Y-a-t-il-trop-de-fonctionnaires.html )

Émilien Ruiz a également déposé en ligne sa thèse de doctorat soutenue en 2013, intitulée « Trop de fonctionnaires ? Contribution à une histoire de l’État par ses effectifs (France, 1850-1950) » (https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00863780/document )

Le site personnel de l’auteur : http://e-ruiz.com/

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Le parti socialiste et la Fédération de l’Éducation nationale (2nde partie)

Le parti socialiste et la Fédération de l’Éducation nationale par Ismaïl Ferhat

2nde partie : 1981 – 1992 : de la victoire de la gauche à la scission de la FEN

Mercredi 23 mai de 10 à 12 heures

(accueil à partir de 9h30, salle Solheilhavoup)

Ismaïl Ferhat, maître de conférences à l’Université de Picardie (ESPE d’Amiens) et chercheur rattaché au laboratoire CAREF, a menée, dans sa thèse soutenue en 2013 et dorénavant dans un ouvrage intitulé Socialistes et enseignants Le parti socialiste et la fédération de l’éducation nationale de 1971 à 1992.

Invité des rencontres du Centre Henri Aigueperse, il présentera sa seconde partie chronologique des son travail portant sur la période 1981 – 1992.

Ces rencontres ont lieu au siège de l’UNSA Education 87bis avenue Georges GOSNAT à Ivry sur Seine (métro Mairie d’Ivry). Merci de confirmer votre présence auprès de celine.pourtier@unsa-education.org

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Existe-t-il une école socialiste ?

Les questions sur l’école ne manquent pas.

Parmi celles-ci la Fondation Jean Jaurès a choisi d’interroger les liens entretenus entre les acteurs de l’École et le parti socialiste au cours des XIXème et XXème siècles et de se demander s’il existe l une conception de l’éducation propre au socialisme ?

Un débat animé ce soir à la Fondation Jean-Jaurès par Dominique Meurs, professeure à l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense et membre de l’Observatoire de l’éducation de la Fondation Jean-Jaurès autour de deux livres d’histoire récemment publiés.

 

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Le basculement du 13 mai 1968

Aujourd’hui 13 mai, célèbre l’anniversaire du début de la gréve générale et celui de la manifestation parisienne monstre (de la Gare de l Est à Denfert), qui marquèrent le basculement des événements de mai 1968.

James Marangé, le secrétaire général de la FEN de l’époque, commente, dans sa conférence de 1984, ce moment historique :

« A partir du 13 mai, face aux atermoiements (c’est le moins que l’on puisse dire), aux erreurs qui auraient pu être tragiques, à l’inconscience, à l’obstruction aveugle, en fait au mépris des plus hautes instances de l’État (rappelez-vous, le Président de la République parlant de « chienlit » à propos d’événements dont personne ne conteste qu’ils étaient l’expression d’un bouleversement profond, son refus de recevoir le ministre de l’éducation nationale le 11 mai), et à leur volonté systématique d’ignorer ce qui se passait (Pompidou en Afghanistan, De Gaulle qui maintient son voyage officiel en Roumanie), face à tout cela le souci principal de la FEN fut d’éviter que soient séparés, c’est-à-dire concurrent, le monde étudiant et le monde ouvrier dans un mouvement qui prend une ampleur exceptionnelle, inattendue et relativement incontrôlée, d’éviter, surtout, qu’il puisse être traités séparément, qu’on puisse « décrocher » les problèmes de l’Université et de l’enseignement des problèmes sociaux et de l’ensemble des préoccupations des travailleurs : en même temps pour tirer le maximum du possible dans le maintien une attitude ferme et lucide. Je dis bien ferme et lucide car nous ne cessions de mesurer les rapports de force en dépit des pressions contradictoires subies […] pour conserver libre arbitre et sens des responsabilité qui nous incombait. »

Il précise que le but de la FEN durant toute cette période aura été de « chercher toutes les ouvertures possibles du côté du Gouvernement pour éviter un affrontement dont nous craignons les conséquences dramatiques. »

Retrouvez ici l’ensemble de la conférence du 11 janvier 1984 de James Marangé sur mai 68 : FEN 68 M

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La crypte de la Sorbonne : en mémoire des « universitaires » victimes de la guerre et de la résistance

Le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale. En France, ce jour férié permet de commémorer la victoire et le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui ont participé au combat pour la liberté. De très nombreux enseignant.e.s ont agi entre 1940 et 1945 pour lutter contre le nazisme et l’occupation. Beaucoup y ont laissé leur vie. Pour leur rendre hommage, le 11 novembre 1947 est inaugurée la crypte de la Sorbonne : « Cette crypte a été dédiée aux dépouilles de 10 Maitres et deux élèves désignés par la Fédération de l’Éducation nationale pour symboliser l’héroïsme de tous les universitaires morts au service de la France et de la liberté. » Guy Putfin, qui a été responsable entre 2002 et 2006 du département Archives et Histoire sociale du Centre Henri Aigueperse de l’UNSA Éducation  est revenu sur l’histoire de la crypte de la Sorbonne lors d’un colloque le 25 janvier 2018 organisé par l’Himase (Association pour l’histoire des militants associatifs et syndicaux de l’éducation, http://www.himase.fr/ ) « Des personnels de l’éducation dans la résistance » Voici le texte de son intervention où vous retrouverez le parcours de résistantes et de résistants parfois méconnus issus du monde de l’enseignement : texte_Crypte_Putfin.

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D’où vient la fête du 1er mai ?

Le 1er mai est un jour férié officiellement depuis 1947. Mais c’était déjà depuis plusieurs dizaines d’années la date traditionnelle des revendications ouvrières et sociales. Vous souhaitez en savoir davantage ?

Le livre de Maurice Dommanget « Histoire du 1er Mai » aide à mieux connaître l’histoire de ce jour symbolique de la fête des travailleurs. L’auteur était un instituteur, féru d’histoire et auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire sociale de la Révolution française, du mouvement ouvrier ou encore de l’éducation. Militant syndical de l’enseignement dans la tradition du syndicalisme révolutionnaire, Dommanget (1888-1976) a été le premier à restituer les pages glorieuses de l’histoire de ce jour, dont l’origine se situe en 1886 à Chicago lors d’une manifestation qui fut durement réprimée. Quelques années plus tard, en 1891, une fusillade à Fourmies (Nord) met un terme à une manifestation pacifique d’ouvriers qui revendiquaient la journée de 8 heures. Ces deux événements douloureux incitent les organisations syndicales à faire du 1er mai un jour de revendications, symbole des luttes sociales jusqu’à aujourd’hui.

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1948 : La FEN maintient son unité et choisit l’autonomie

 

Il y a aujourd’hui 70 ans, la Fédération de l’Éducation Nationale, a fait le choix de l’autonomie dans un monde syndical en proie aux divisions et aux difficultés liées à la Guerre froide et aux tensions sociales dans la France de l’époque. Héritière de la Fédération Générale de l’Enseignement d’avant-guerre, la FEN naît en mars 1946 et rassemble tous les syndicats des personnels de l’éducation. Elle appartenait à la CGT qui connaît une scission en 1948, entre la CGT proche des communistes et les minoritaires hostiles au communisme qui se regroupent au sein de la CGT-Force ouvrière (que l’on connaît ensuite sous le nom de FO). Ces tensions se retrouvent au sein de la FEN : faut-il aussi créer deux groupes ou faut-il conserver à tout prix l’unité ? Les débats sont vifs et le SNI, qui constitue le syndicat le plus important de la FEN, propose un référendum auprès des adhérents, suivi rapidement par les autres syndicats de la fédération. Une large majorité s’exprime alors en faveur de l’autonomie par rapport aux confédérations CGT et CGT-FO.

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James Marangé : secrétaire général de la FEN en mai 68

 

Dans le cadre des commémorations de mai 68, le site du Maitron fournit en accès libre des notices biographiques d’acteurs de mai. On trouve ainsi la biographie de James Marangé, secrétaire général de la FEN au moment des événements de mai 68 . Nous aurons l’occasion de revenir sur la FEN et mai 68 dans les jours et les semaines qui viennent. En attendant, retrouver ici la biographie de James Marangé (réalisée par Guy Putfin) : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article140371

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Rapport Condorcet : l’anniversaire d’un acte mythique et fondateur de notre Éducation

C’est aujourd’hui l’anniversaire du rapport Condorcet.

Bien sûr les « Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique » présentés par Marie-Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de Condorcet à l’Assemblée nationale, les 20 et 21 avril 1792 n’ont jamais vraiment vu le jour. Ils portaient pourtant l’ambition d’une triple dimension d’éducation scolaire, populaire et permanente qui inspire la réflexion éducative moderne et progressiste.

On sait le projet d’organisation d’une école primaire et secondaire prônée par Condorcet, dont le caractère laïque était affirmé et pour laquelle les « enseignants » seraient indépendants des pouvoirs politiques, mais recrutés et formés par une société nationale des sciences et des arts. On dit moins la vision émancipatrice de l’instruction pour Condorcet, qui voyait là un levier d’égalité tant entre les sexes qu’entres tou.te.s les citoyen.ne.s. Débarrassés de tout dogmatisme et chargés de ne transmettre que des vérités, « les principes de la morale enseignée dans les écoles et dans les instituts seront ceux qui, fondés sur nos sentiments naturels et sur la raison, appartiennent également à tous les hommes. »

Et pour cela l’instruction ne peut se limiter à l’enfance. « Nous avons observé que l’instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où ils sortent de l’école, qu’elle devait embrasser tous les âges; et qu’il n’y en avait aucun où il ne fut plus utile et possible d’apprendre, et que cette seconde instruction est d’autant plus nécessaire, que celle de l’enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites », affirme Condorcet qui invente alors -anachronisme du vocabulaire mais pas de l’idée- la formation tout au long de la vie.

Enfin, il voulait « offrir à tous les individus de l’espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-être, de connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs ; assurer à chacun la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a le droit d’être appelé, de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature ; et par-là, établir entre les citoyens une égalité de fait et rendre réelle l’égalité politique reconnue par la loi » l’éducation est pour Condorcet, « un devoir de justice ».

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