Publié dans Formation, Recherches, vu, lu pour vous

L’évaluation en questions… d’Educ.

Effet de mode ? L’évaluation est partout.

L’Éducation n’y échappe pas.

Évaluation des élèves, de leurs travaux ? De leur compréhension ? De leurs progrès ?

sommaire question educ

Évaluation des personnels à enseigner ? À éduquer ? À évaluer ?

Évaluation du système ? Des établissements ? Des politiques éducatives ?

Évaluation sommative ? Normative ? Formative ?

L’évaluation ne renforcerait-elle pas la compétition alors que c’est la coopération qui fait progresser ?

Faut-il avoir peur des erreurs ?

Une évaluation objective et universelle est-elle possible, alors la docimologie nous apprend qu’il a des biais dans tout acte de notation ?

Et que penser des QCM ? Pas forcément que du mal…

Le dernier numéro de « Questions d’Educ. » se penche sur la question de l’évaluation et ce demande Kévaluthon ?

Une vraie question… et pas mal de pistes pour y répondre.

A retrouver ici : https://nuage.unsa.org/index.php/s/iW41ircCNf9eUwa#pdfviewer

Publié dans Recherches, vu, lu pour vous

Accueils collectifs de loisir : d’autres apprentissages du vivre-ensemble

Voici une nouvelle période de vacances scolaires (en cours ou à venir selon les zones) et donc des accueils de loisirs ou des séjours de vacances collectifs pour de nombreux enfants et adolescents.

Occasion de savoir justement ce qu’elles et ils disent de ces accueils collectifs de mineurs qui leur sont destinés. L’Ovlej a mené l’enquête et produit les résultats de son étude dans son dernier bulletin (n°52 de février 2020).

« Plein d’enfants, plein d’endroits, tu vas beaucoup t’amuser, te faire beaucoup d’amis », voilà ce que retiennent les enfants et les adolescents qui fréquentent les centres de loisirs. De très nombreuses activités, des amis, des animateurs, de l’amusement mais surtout une socialisation qui se construit dans un entre-enfants qui porte tout autant sur le positif que sur le négatif. Interrogés sur le vivre-ensemble, les enfants fréquentant les centres de loisirs « parlent notamment d’amitié (le lien social étant ici restreint au lien amical), et du fait de devoir apprendre à vivre avec des personnes dont les actions dérangent parfois, de devoir gérer des conflits. Ils mentionnent également la plus-value du collectif: pouvoir être à plusieurs sur ces temps libres plutôt que seul chez toi est quelque chose de positif pour eux. » Ce collectif est déclaré comme un vécu épanouissant. Pour autant cet entre pairs, comme l’a analysé l’ethnologue Julie Delalande, «  est peu évoqué par l’institution scolaire, les parents ou les médias quand il est positivement vécu, mais presque toujours quand il dérange ou fait problème, à travers des faits de violence par exemple. Pourtant, en observant l’ordinaire de ces relations, on constate que celles-ci contiennent des éléments essentiels à la construction sociale des individus. (Delalande 2001 et 2009)»

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En colonies de vacances, les perceptions des enfants et des adolescents sont un peu différentes. Si là aussi apparaît l’abondance d’activités, l’éloignement et les éléments constitutifs de la vie quotidienne, partagée avec les « autres » prennent une place plus importante. « Interrogés [Ils] parlent eux de la manière dont ils vivent ensemble et/ou de ce qu’il faut faire pour bien vivre-ensemble. Le lien social est ici raconté de manière générale: ils vivent avec d’autres sans distinguer nominative-ment de qui il s’agit ou quel est le lien qui les relient entre eux. Ce qui semble important dans ces séjours collectifs, c’est de ne pas laisser ces «autres» seuls, de leur porter attention. » Cela se traduit par l’affirmation que ce contexte les emmène à vivre-ensemble et qu’ils doivent en tenir compte dans leur manière d’agir et dans leur attention aux autres.

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Des différences que les enfants et adolescents n’explicitent pas, mais qui se déduisent aisément des distinctions qui existent entre les centres de loisirs, espaces de proximité et d’amusement et les colonies de vacances, temps d’éloignement et de construction d’un nouveau quotidien collectif. Dans tous les cas, les participants expérimentent des manières de vivre avec les autres en dehors des cadres traditionnels de l’école et de la famille.

L’étude de l’Ovlej est à retrouver ici : http://www.ovlej.fr/wp-content/uploads/Bulletin-52-OVLEJ-Fevrier-2020.pdf

Publié dans quoi de 9 ?

Présent, passé, futur : [Quoi de 9?] de février se conjugue à tous les temps

Aujourd’hui, les 22 hommes les plus riches du monde le sont plus que toutes les femmes d’Afrique. C’est ce que nous apprend le rapport annuel d’Oxfam qui montre que les femmes sont les premières victimes de la pauvreté.

Demain, quels seront « les futurs de l’Éducation« . C’est à cela que travaille l’UNESCO.

Hier la Shoah. Et si son enseignement permettait de lutter contre tous les radicalisme…

Aujourd’hui, Florence Robine est ambassadrice de Bulgarie et elle nous en parle dans le Grand entretien du numéro 5 de la revue [R] qui vient de paraître.

L’Histoire est sur nos écrans grâce aux séries télévisées. Support pédagogique… Pourquoi pas ?

Difficile de choisir entre la tradition militaire d’hier et la formation citoyenne pour demain : le SNU apparaît comme un dispositif « hybride ».

Et si les inégalités scolaires sont réelles en Outre-mer, elles ne sont pas des fatalités. Des pistes existent et la mobilisation est au rendez-vous dès à présent pour construire l’avenir.

Toutes ces informations et d’autres, sont à retrouver dans le [Quoi de 9 ?] de février à lire ici : quoi-de-neuf février 2020

Publié dans La revue

Comme un [R] qui revient…

L’[R] de rien, la laïcité se réinvite dans le débat public … comme elle le fait depuis 30 ans et Ismaïl Ferhat nous aide à comprendre pourquoi.

Un [R] d’ailleurs nous viens de Bulgarie où Florence Robine est ambassadrice de France et nous parle de Culture et d’Éducation.

« Engagez-vous »… un [R] connu, mais que nous disent les travaux de la recherche sur l’engagement ? On regarde de plus près.

Un [R] nouveau soufflera-t-il sur la culture en donnant davantage de place aux femmes ? Béatrice Laurent invite à la réflexion.

PISA est de retour, comme un [R] de refrain. Et Jean-Philippe Laby nous guide pour mieux décrypter ce protocole d’évaluation international.

Comme un [R] du passé, Benoit Kermoal nous présente Renée et Joseph Rollo, un couple de militants. Une rencontre qui parle d’hier mais aussi de l’apport de l’histoire pour aujourd’hui.

Un [R] partenaire avec la présentation de la Jeunesse au plein air (JPA) et de ses actions au service des loisirs et de l’éducation.

Et toujours un [R] de rêve avec des respirations en mots et en images…

Comme un [R] de rien, voici donc la parution du n°5 de notre revue [R].

A lire dès maintenant et à garder dans sa bibliothèque…

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A commander ou à s’abonner auprès de celine.pourtier@unsa-education.org

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Les difficultés éducatives en outre-mer ne sont pas des fatalités

De Cayenne, le 1er février 2020

« Piste 17 : La scolarisation et la réussite scolaire doivent être les premières priorités. Le CESE appelle à une grande mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés pour mettre à niveau l’offre éducative. L’Etat doit donner les moyens nécessaires et corriger les sous-dotations au regard des besoins existants. A ce titre, il doit investir massivement dans les équipements afin de scolariser les élèves conformément aux normes nationales.

Piste 18 : Pour le CESE, l’Etat doit augmenter le nombre d’enseignants pour atteindre un maximum de 24 élèves par classe, appliquer la scolarisation obligatoire à 3 ans et le dédoublement des classes de CP et de CE1 des réseaux d’éducation prioritaire. La formation initiale et continue des enseignants doit être renforcée en prenant en compte les réalités sociales, culturelles et linguistiques des élèves. »

Telles sont parmi les 19 pistes proposées, celles qui concernent directement l’Éducation dans l’étude du CESE quant à «  L’ACCÈS AUX SERVICES PUBLICS DANS LES OUTRE-MER », rendue publique ce 29 janvier.

Comment en effet ne pas partager ce constat d’une très forte inégalité d’accès à l’Éducation dans l’ensemble des territoires ultramarins. Un déficit marqué par « des disparités [qui] restent très importantes non seulement avec l’hexagone, mais aussi entre les divers territoires d’Outre-mer et au sein même des territoires. Ainsi, la Guyane, Mayotte et Saint-Martin connaissent des difficultés particulièrement inquiétantes. »

Or la rapport du CESE rappelle que « l’éducation constitue un droit fondamental mais aussi un investissement pour l’avenir de la jeunesse dans les territoires. » Un investissement d’autant plus indispensable étant donné le fort taux de natalité et donc la croissance des effectifs scolaires extrêmement soutenue en Guyane, à Mayotte et Saint-Martin, « où la moitié de la population a moins de 30 ans.» Un progression démographique qui nécessite d’anticiper les besoins de postes d’enseignants et de construction scolaire. Ce que les pouvoirs publics ne font pas, « tant ils sont focalisés sur l’urgence »

Face à ces difficultés qui risquent de s’accentuer si rien est fait et alors que la dépense d’éducation par élève en 2013-2014 était de 3900 euros par élève à Mayotte et de 5831 euros pour la Guyane contre 7720 euros pour la moyenne nationale, le colloque organisé par l’UNSA Éducation à Cayenne ce 31 janvier, dans le cadre de son congrès régionale sur « éducation = réussite, en Guyane » n’a pas souhaité s’arrêter à des lamentations.

La lucidité sur les difficultés n’a pas empêché de mettre en avant l’enthousiasme et la détermination des acteurs éducatifs du territoire.

De véritable défis sont à relever et l’ensemble des intervenants ont soulignés qu’ils devaient l’être localement par une mobilisation de l’ensemble des acteurs territoriaux, même s’il est indispensable que l’État investisse (en postes, en constructions scolaires, en indemnités, en reconnaissance professionnelle, en formation et développement professionnel…) à la hauteur des ambitions éducatives pour les territoires d’outre-mer.

La jeunesse de la population guyanaise et son accroissement est une chance. Elle doit être vécue comme telle. La diversité des des situations géographiques (entre les villes du littoral et celles sur les fleuves), le multilinguisme, sont également des richesse. Dans ce contexte permettre la réussite de toutes et tous impliquent la coéducation avec une plus grande coopération entre service de l’État et collectivités territoriales, entre enseignants et animateurs, entre École et parents, entre chercheurs et professionnels éducatifs de terrain. La formation et la reconnaissance des personnels est indispensable afin de mieux impliquer chacune et chacun dans son rôle d’éducatrice et d’éducateur. Cela passe par une meilleure coordination avec le travail de l’INSPé, un véritable développement de l’observatoire de la scolarisation et de la réussite éducative, un rôle accru des comités techniques, la place essentielle des personnels non enseignants comme les administratifs, les assistants sociaux, les infirmiers, les médecins scolaires, une plus grand autonomie donnée aux équipes sous les impulsions pédagogiques des chefs d’établissements et des corps d’inspection, une inscription aussi dans les valeurs de laïcité, de lutte contre toutes les discriminations, d’égalité femme-homme.

L’Éducation n’est pas un élément isolé, elle s’inscrit dans une démarche de développement d’un territoire, d’émancipation des individus, d’épanouissement d’une population, de construction de capacités à vivre bien, et mieux, ensemble. Investir dans l’Éducation c’est donc investir dans l’avenir, tous les domaines. C’est ce que ce colloque de l’UNSA Éducation Guyane à monter, comme une première piste de réponse aux constatations et préconisations du CESE : l’assurance de professionnels qui ne baissent pas les bras, qui sont lucides mais engagés pour l’avenir de la jeunesse et de leur territoire.

Vous pouvez retrouver ici le rapport d’étude du CESE :

https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Etudes/2020/2020_03_services_publics_outremer.pdf

Ainsi que l’intervention du Centre Henri Aigueperse au colloque de l’UNSA Éducation Guyane : Guyane

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Enseigner la Shoah face à tous les radicalismes

Avec la commémoration de la libération du camp de concentration d’Auschwitz se pose une nouvelle fois la question de l’enseignement en France de la Shoah.

Une interrogation qui se pose d’autant plus qu’une étude, publiée mercredi 22 janvier par l’institut Shoen Consulting, montrerait que 57% des Français ignoreraient le nombre de juifs tués dans les camps d’extermination, et qu’un quart des personnes âgées de moins de 38 ans affirmerait ne pas avoir entendu parler de la Shoah. Selon cette même étude 10% des sondés penseraient que « soit l’Holocauste est un mythe, soit le nombre de juifs assassinés pendant l’Holocauste a été largement exagéré« .

Malgré les questions méthodologiques qui peuvent interroger cette étude, s’agit-il d’un échec de l’enseignement alors que la Shoah a été intégrée comme un objet à part entière, dans les programmes du secondaire depuis 1989 ?

Constat d’échec qui n’est pas amer, mais invite à un sursaut, pour Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie dans un collège en Seine-Saint- Denis, responsable des formations au Mémorial de la Shoah et directeur de l’Observatoire de l’éducation à la fondation Jean Jaurès. Il vient de publier Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse (Odile Jacob, janvier 2020), ouvrage dans lequel il écrit que « brandir la mémoire de la Shoah face à des populations dont l’histoire collective n’a rien à voir avec cet événement historique revêt une efficacité limitée.»

Il convient donc de l’incarner. Ce que de nombreux professeurs, mieux formés, tentent de faire. Démarche à laquelle Ruth Zilberman participe également avec la sortie de son livre 209 rue Saint-Maur, Paris Xe Autobiographie d’un immeuble (Seuil, janvier 2020) qui fait suite à son film documentaire Les Enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe (2018, Zadig Productions/Arte), qui restitue la vie des habitants de cet immeuble parisien dans toute leurs diversités de 1850 à nos jours : « Nous autres du 209, les pauvres, les morts et les vivants, les disparus et les revenants, nous autres les communards et les artisans, les résistants et les dénonciateurs, nous autres les jeunes filles amoureuses et femmes de mauvaise vie, nous autres les Kabyles et les Polonais, les Juifs, les Portugais et les Bretons, les Marocains et les Italiens, nous autres, Odette, Albert, Daniel, Henry, Charles et les autres.“Nous autres du 209”, c’était la forte et fière affirmation d’une patrie imaginaire dont l’étendard serait ce toit de ciel découpé en carré au-dessus de la cour. » On y vit la période de Vichy et les rafles dont celle du « vel d’hiv » en juillet 1942. Avec des familles juives, des collaborateurs, des Justes, aussi, de celles et ceux qui font comprendre « que l’histoire n’est jamais écrite d’avance » comme l’affirme Ianis Roder.

Donner à comprendre la Shoah passe en effet par la nécessité de re-contextualiser, mais aussi de situer le drame dans un conception du monde telle que la portait l’idéologie nazie, « afin, comme le souhaite Ianis Roder, de faire émerger une grille de lecture des discours radicaux, d’hier et d’aujourd’hui.»

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« Ouvrir la voie » : Hommage à Samy Driss, ami et camarade engagé

« Ouvrez la voie » affirme, dans le métro parisien, les affiches pour la ville de Chamonix.

Ouvrir la voie, une devise qu’aurait pu adopter notre ami et camarade Samy, lui qui aimait tant Chamonix et le Mont Blanc où il a encore pu y passer en famille, malgré la maladie, les fêtes de fin d’année.

Ouvrir la voie, c’est ce qui avait conduit Samy à participer à la « Marche pour l’égalité et contre le racisme » (dite « marche des beurs », lui dont la famille est originaire de Tunisie), à militer à « France plus », puis à s’engager en politique pour développer la présence des jeunes et de la diversité au sein des équipes. C’est ainsi qu’auprès Jean-Pierre Sueur, Samy fera partie de l’équipe municipale à la mairie d’Orléans de 1989 à 1995.

Mais c’est dans le syndicalisme que Samy s’est essentiellement engagé.

Secrétaire académique du SE-UNSA de l’académie d’Orléans-Tours, puis secrétaire régional de l’UNSA Éducation, il devient secrétaire national de la fédération de 2002 à 2012 en charge des questions liées aux personnels.

En 2012, Laurent Escure, nouveau secrétaire général de l’UNSA Éducation, fait de lui le premier chargé de mission national de la fédération et lui confie les dossiers des Greta et la coordination du secteur jeunesse et sports.

Luttant déjà contre la maladie, il avait décidé de prendre sa retraite à cette dernière rentrée.

Disponible, convivial, toujours prêt à l’échange, Samy avait une analyse politique fine, une sensibilité à fleur de peau contre toutes les injustices et un engagement fort pour toutes les actions contre les discriminations et le racisme

Professeur certifié en technologie, Samy était aussi précurseur dans l’utilisation des outils informatiques puis numériques, au service de l’action syndicale.

Avec le décès de Samy, nous pleurons la perte d’un ami et un camarade engagé. Tout notre soutien à sa famille et à ses proches.

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Les femmes premières victimes des inégalités

« Les inégalités économiques échappent à tout contrôle. En 2019, les milliardaires du monde entier, c’est à dire seulement 2 153 personnes, se partageaient plus de richesses que 4,6 milliards de personnes. Ce clivage profond s’appuie sur un système économique sexiste et injuste qui valorise davantage la richesse d’une minorité privilégiée, constituée d’hommes principalement, plutôt que les milliards d’heures de travail de soin – non rémunéré ou peu rémunéré – des femmes et des filles dans le monde. Prendre soin des autres, cuisiner, nettoyer, aller chercher de l’eau et du bois de chauffage sont des tâches essentielles au bien-être des sociétés et des communautés ainsi qu’au bon fonctionnement d’une économie. La responsabilité lourde et inégale du travail de soin perpétue les inégalités économiques et de genre.

Il est temps que cela change. Les gouvernements du monde entier doivent agir maintenant afin de construire une économie centrée sur l’humain qui défend des valeurs féministes et valorise ce qui est réellement important pour la société, plutôt que d’alimenter une course sans fin au profit et à la richesse. Des solutions existent et il y a urgence à les mettre en place : investir dans des systèmes de soin afin de répartir plus équitablement le travail de soin effectué aujourd’hui par les femmes et les filles et mettre en place une fiscalité plus juste et progressive qui taxe davantage les grandes fortunes et qui favorise les aidant-e-s. »

Ainsi commence le résumé du rapport annuel d’OXFAM international publié ce 20 janvier 2020 et intitulé « Celles qui comptent Reconnaître la contribution considérable des femmes à l’économie pour combattre les inégalités »

Deux éléments essentiels structurent ce rapport. Le premier consiste à mettre en évidence les immenses écarts de richesses entre les plus pauvres de la planète et les quelques milliardaires que compte le monde. Un écart qui ne cesse de croître si l’on en juge les chiffres d’augmentation des revenus. Ainsi si, de 2011 à 2017 les salaires moyens ont évolué de 3 % dans les pays du G7, les dividendes versés aux importants actionnaires ont progressées de 31 %.

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Le second point fort est celui du « sexisme ». En effet, le rapport montre clairement que les femmes sont les premières victimes des inégalités économiques. Leurs salaires sont plus faibles, leurs emplois plus précaires, souvent moins qualifiés et le travail ‘ménager » qui leur incombe pour l’essentiel n’est ni reconnu, ni rémunéré. D’après les calculs d’Oxfam, « le travail de soin non rémunéré assuré par les femmes apporte une contribution considérable à l’économie à hauteur d’au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, soit trois fois la valeur du secteur des technologies. » Les femmes sont ainsi moins riches que les hommes mais aussi moins représentées dans les instances de décisions, que ce soit au niveau économique (dans les conseil d’administration des entreprises) ou au niveau politique (dans les parlements et gouvernements).

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Des données négatives qui ne sont pas pour autant immuables. Des solutions existent.

Le rapport rappelle que « depuis des décennies, économistes féministes, société civile et défenseur-e-s du travail de soin proposent une série de solutions pour mettre le travail de soin au premier plan, sous la forme d’un cadre transformateur baptisé « 4R ».

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Oxfam propose les six mesures suivantes pour faire valoir les droits des aidant-e-s et pour commencer à combler le fossé entre les personnes qui assurent le travail de soin peu ou non rémunéré et l’élite fortunée qui bénéficie le plus de leurs efforts.

  1. Investir dans les services publics en charge pour rééquilibrer la responsabilité du travail de soin qui incombe de façon disproportionnée aux filles et aux femmes.

  2. Mettre un terme à l’extrême richesse pour éradiquer l’extrême pauvreté.

  3. Légiférer pour protéger les droits de l’ensemble des aidant-e-s et garantir des salaires décents pour les travailleuses et les travailleurs rémunérés pour leurs activités de soin.

  4. S’assurer que les aidant-e-s influent sur les processus décisionnels.

  5. Remettre en question les normes nuisibles et les croyances sexistes.

  6. Valoriser le travail de soin dans les pratiques et les politiques commerciales.

Des préconisations à débattre, mais qui permettent de réfléchir à la construction d’une société moins inégalitaire pour l’avenir.

Le rapport d’Oxfam est à retrouver ici : https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2020/01/Rapport-Oxfam-Inegalites-2020-COMPLET.pdf

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De la conscription au SNU : toute une histoire

« Le SNU, en tant que dispositif « hybride » encadré par des professionnels d’horizons différents (armée, éducation nationale et éducation populaire), fait donc aujourd’hui figure d’exception dans le paysage européen. »

Ainsi se conclut la Fiches Repères de l’iNJEP consacrée aux « services militaires et civils, panorama français et international » réalisée par Roxane Bricet et Samuel James, chargés d’études et d’évaluation, INJEP, et Hannah Gautrais, étudiante à l’ENS Lyon et publiée en décembre dernier.

Ce document inscrit le SNU dans la longue histoire allant de la conscription militaire au service civique.

Tout d’abord conçu par tirage au sort lors de son instauration en 1798, le service militaire en France remplit progressivement plusieurs fonctions. Il est d’abord créé pour fournir des ressources humaines à l’armée, mais le fait que celle-ci soit composée en partie d’appelés a vocation à rapprocher le peuple de l’armée et à légitimer l’action de cette dernière. Un objectif de cohésion national d’autant plus renforcé qu’il permet la rencontre de citoyens de tous milieux sociaux mais surtout participe à l’assimilation des « générations issues de l’immigration du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne » comme l’écrit Jacques Lanxade (« De la conscription à l’armée professionnelle ». 2005). Rite de passage à la vie adulte pour les jeunes garçons, le service devenu national devient progressivement une « institution républicaine » inculquant mesures d’hygiène, notions de discipline, éléments d’instruction…

Pour autant, en 1969, une enquête montre que 66 % des étudiants pensent que le service militaire est « inutile ». Régulièrement les législateurs le réforment avec « une multiplication des formes civiles du service national » selon Valérie Becquet (dans les Cahiers de l’action, no 34, « De la réforme du service national au service civique », 2011) et l’ouverture aux femmes à partir de 1970.

Comme une majorité de pays européens, la France suspend la conscription obligatoire en 1997 et se développent différents dispositifs de volontariat voient le jour, comme le « volontariat civil » en 2000, puis service civique volontaire en 2010 qui apparaît pour Valérie Becquet « comme “solution” appropriée pour intervenir auprès des jeunes » après les émeutes de 2005 dans les banlieues.

Les nombreuses expériences de services civils volontaires.en Europe s’inscrivent dans des objectifs de « développement personnel et formation de la jeunesse ; promotion du bénévolat et de l’action sociale au sens large ; renforcement de la cohésion nationale ; sécurité et prévention de l’extrémisme. […] Selon le contexte culturel et historique, l’accent est mis tantôt sur une finalité, tantôt sur une autre. », selon l ‘ « étude de législation comparée no 283, Recueil des notes de synthèse d’octobre à décembre 2017 » du Sénat, qui cite un service social volontaire aux Pays-Bas censé lutter« contre l’individualisme pour renouer le lien social, à la prévention de la radicalisation des jeunes et du terrorisme et au rassemblement de la communauté nationale

Reste que pour la plupart de ces initiatives, le volontariat reste la règle et l’encadrement est indépendant de l’institution militaire : deux grandes distinctions avec la grande différence avec le SNU, tout au moins dans son fonctionnement actuel et sa volonté de concerner tous les jeunes.

Retrouvez la fiche-repère de l’INJEP ici : https://injep.fr/publication/services-militaires-et-civils-panorama-francais-et-international/

Publié dans quoi de 9 ?

Un [Quoi de 9 ?] pour nous aider à bien commencer 2020

Nouvelle année et donc bonnes résolutions

Voici un [Quoi de 9 ?] pour nous y aider

Tout d’abord des vœux de bonne et belle année d’éclosion éducative et culturelle

Ensuite des pistes pour l’accompagner :

– en accueillant et accompagnement mieux les enfants allophones

– en s’inspirant des 19 préconisations du CESE pour redynamiser l’éducation aux médias et à l’information

– en prenant en compte le développement des pratiques artistiques et culturelles des jeunes

– en reconnaissant que l’interdisciplinarité est un levier pour construire des communautés d’établissements

– en faisant le pari de la pédagogie au quotidien

De nouvelles ressources à lire, écouter et regarder et les premiers rendez-vous seront aussi des aides

Mais en ces tous premiers jours de cette nouvelle année 2020 [Quoi de 9 ?] vous propose aussi de regarder l’année écoulée et de rester mobilisé.e.s dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Un nouveau [Quoi de 9 ?] donc pour bien commencer la nouvelle année en militant.e.s et citoyen.ne.s : quoi-de-neuf janvier 20