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L’Éducation n’est pas une marchandise

L’éducation privée existe depuis longtemps dans de nombreux pays et elle se développe de manière rapide depuis ces vingt dernières années. Mais elle change également de visage. Aux écoles communautaires à but social, organisées et gérées localement afin de répondre temporairement à un besoin spécifique se substitue le développement de chaînes d’écoles privées à but commercial.

Cette marchandisation et la privatisation de l’éducation sont souvent le résultat du manque d’écoles publiques et de structures éducatives de qualité dans certaines régions. Mais elles sont aussi dues à des choix politiques qui encouragent ou soutiennent directement l’éducation privée, comme solution de remplacement de l’éducation publique.

Or, « les multinationales de l’éducation », pratiquent une sélection, directe ou indirecte, fondés sur des critères économiques, ethniques, sociaux, culturels, de genre, religieux ou autres et viennent s’inscrire en concurrence avec l’éducation publique, ses valeurs de gratuité et d’accueil de toutes et tous.

La privatisation actuelle de l’éducation crée ainsi une ségrégation socio-économique, culturelle et territoriale, remettant ainsi en cause la possibilité de créer une société ouverte, mixte, juste, et démocratique.

C’est pourquoi, depuis janvier, circule un « appel de la société civile francophone contre la marchandisation de l’Éducation », déjà largement signé (par 400 structures) mais dont l’écho doit être renforcé (au moins mille signataires) pour le prochain sommet de la Francophonie qui se tiendra en Arménie les 11et12 octobre 2018.

Il s’agit de rappeler les enjeux de l’Éducation pour la construction d’une société « du mieux vivre ensemble« , de l’émancipation individuelle et collective ; de dénoncer les méfaits de la marchandisation et de la privatisation de l’Éducation ; d’appeler les États et l’organisation internationale de la Francophonie à agir pour soutenir et développer l’Éducation publique et lutter contre sa privatisation par les « multinationales de l’Éducation » ; de prendre l’engagement de rester mobiliser pour le développement de l’éducation publique de qualité accessible à toutes et tous et pour une formation efficiente des enseignants et des travailleurs de l’éducation.

L’Éducation n’est pas une marchandise, elle est un investissement d’avenir. Cet appel entend le rappeler et agir pour que les politiques éducatives s’engagent à la hauteur de cette ambition.

Retrouver l’appel ici : Appel-fr.-contre-la-marchandisation-de-léducation-1

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État d’urgence éducatif pour la Guyane

Constat n°1 – Les difficultés que connaît la Guyane en matière éducative sont la conséquence d’une situation générale dégradée, de la pénurie d’enseignants qualifiés ainsi que d’une prise en compte insuffisante des réalités locales.

Constat n° 2 – Il y a urgence à agir en faveur d’un redressement du système éducatif en Guyane, qui se caractérise par des résultats particulièrement faibles ainsi qu’une difficulté à scolariser tous les enfants qui devraient l’être.

Constat n°3 – La Guyane illustre l’inadéquation de la transposition du modèle scolaire métropolitain et la nécessité de son adaptation, tant dans ses objectifs que dans ses moyens que les contenus de l’enseignement.

Constat n°4 – Les mesures phare du Gouvernement –dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, abaissement à trois ans de l’obligation d’instruction, apparaissent hors de portée.Plus qu’ailleurs, c’est à l’école primaire qu’il convient de donner la priorité.

Ces constats ne sont pas nouveaux, mais ils sont alarmants.

Ils sont ceux d’une délégation de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat qui s’est rendue en Guyane du 15 au 21 avril 2018 afin de dresser un état des lieux du système éducatif.

Les membres de la délégation en conclut à la nécessité de repenser le modèle scolaire guyanais et de l’adapter aux réalités locales.

Selon les rapporteurs cela devrait passer -entre autres- par le fait de « remédier à la pénurie d’enseignants et de mieux former ces derniers à la réalité du métier d’enseignant en Guyane », par une amélioration des conditions de vie scolaire, par une plus grande autonomie du recteur et une incitation à « l’innovation pédagogique », par un soutien à l’investissement scolaire, par une démarche de « contractualisation entre l’État et les collectivités territoriales », par un enrichissement de l’offre de formation et une facilitation de la mobilité des étudiants.

Le rapport insiste également sur la difficulté de l’acquisition et de la maîtrise des fondamentaux et en particulier du français alors qu’une part importante de la population n’est pas francophone. Il préconise « une formation des enseignants adaptée au contexte local, en particulier dans le premier degré, mettant l’accent sur l’enseignement du français aux élèves allophones et sur la connaissance des langues et cultures locales. »

Dans cette logique, , le Centre de Recherche, de formation et d’histoire sociale de l’UNSA Éducation a commandité une étude sur l’accueil et l’accompagnement des enfants allophones, dont une partie importante est consacrée à la Guyane. Fort des résultats de ce travail de recherche une formation sera proposée au premier trimestre de l’année scolaire prochaine sur le territoire guyanais.

Une manière pour le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation – même si nous ne partageons pas l’ensemble des conclusions des sénateurs – de prendre notre part dans le plan d’urgence éducatif indispensable pour la Guyane.

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Universités moins chères : une bonne nouvelle ?

Après l’obtention d’un baccalauréat et l’affectation d’une place dans l’enseignement supérieur, voici donc venu le temps des inscriptions en fac. Bonne nouvelle, les frais de celles-ci sont en baisse…enfin en apparence.

En effet les montants des droits de scolarité dans les établissements publics d’enseignement supérieur pour l’année universitaire 2018-2019 sont fixés à :

  • 170 euros en licence : -14 € par rapport à l’année dernière (-7,6 %)
  • 243 euros en master : -13 € par rapport à l’année dernière (-5 %)
  • 380 euros en doctorat : -11 € par rapport à l’année dernière (-2,8 %)

Mais cette baisse est en fait un « trompe l’œil » puisqu’elle masque le retrait du Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) dont le montant était de 16 euros l’an passé. Celui-ci, comme les frais de médecine préventive (5,1 euros), est désormais intégré à la CVEC.

Cette Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) a été instituée par la loi ORE « Orientation et réussite des étudiants », promulguée le 8 mars 2018. Son montant est fixé à 90 euros. A l’exception des boursiers (et de quelques autres catégories spécifiques), elle est redevable par l’ensemble des étudiant.e.s de l’université.

La réelle économie n’est donc pas là, mais dans la suppression de la cotisation obligatoire à la sécurité sociale étudiante d’un montant de 217 euros.

Ainsi pour un.e étudiant.e en licence l’année universitaire 2018-2019 coûtera 260 € (170 € de droit + 90 € de CVEC) au lieu des 406,1 € (184 € de droits + 217 € de sécurité sociale étudiante + 5,1 € de médecine préventive) demandés l’an dernier soit une économie de 35,9 %.

Pour ce qui est de la sécurité sociale (suppression définitive du régime étudiant de sécurité sociale au 31 août 2019), les prochaines années montreront les évolutions et les reports de coûts ou non vers les assurés sociaux.

Quant à la CVEC, à qui la loi confie de nombreuses responsabilités puisqu’elle est « destinée à favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants et à conforter les actions de prévention et d’éducation à la santé réalisées à leur intention » (article L. 841-5 du code de l’éducation), la crainte de la CPU (conférence des présidents d’université) est qu’elle soit censée financer trop de chose. Ainsi la CPU voit d’un mauvais œil l’intégration du montant de la FSDIE dans la CVEC et parle d’un « rendez-vous manqué » dans la réforme des frais d’inscription universitaire.

La baisse des frais d’inscription à l’université est -pour les étudiant.e.s et leurs familles- plutôt une bonne nouvelle puisque ceux-ci avaient augmenté depuis la rentrée 2004, de 25,9 %, en euros courants (sans tenir compte de l’inflation), tous cycles confondus :

  • 13,3% en licence
  • 27,9% en master
  • 31% en doctorat

Il est vrai qu’ils ont baissé depuis 2014 et ont été gelés ces trois dernières années. Mais les universités, toujours en difficultés financières, ont souvent agité leur augmentation comme une solution à la faiblesse de leurs budgets.

Or la véritable question se situe là : comment maintenir une démocratisation de l’enseignement supérieur -et donc des coûts d’inscription faibles- tout en offrant un haut niveau d’enseignement et d’accompagnement des étudiant.e.s ?

Moins chères pour les familles et les jeunes, l’université est un investissement d’avenir qui doit être assumé par la Nation . Le budget de l’enseignement supérieur sera-t-il à la hauteur de cet enjeu ? Les arbitrages budgétaires, qui ne sauraient tarder, donneront une réponse pour l’année 2019.

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[Quoi de 9?] : les 9 infos du mois de juillet

  • le « plan mercredi »
  • le « pass  culture »
  • le « Service national universel »

mais aussi :

  • Georges Lapierre à Troyes au congrès de la JPA
  • un G20 consacré à l’Éducation
  • 23 % d’ « illectronistes » ?

A retrouver parmi les 9 infos de ce 9 juillet, dans [Quoi de ?] : quoi-de-neuf juillet 2018

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« Dis-moi quel est ton diplôme et je te dirai tes chances d’être riche ou pauvre »

ou

Quand le déterminisme social est avant tout une inégalité éducative

« Si les chances d’accès d’un individu à un niveau de vie élevé sont bien fonction de son origine sociale, ce déterminisme social s’explique d’abord par une inégalité des chances éducatives. »

A l’heure des premier résultats du baccalauréat 2018, les résultats publiés par France Stratégie et consacré à l’origine sociale et au niveau de vie en France résonnent de manière particulière

Il suffit de lire la conclusion du rapport pour s’en convaincre :

« Dans les générations qui ont aujourd’hui entre 30 et 45 ans, l’accès à un niveau de vie élevé comme le risque d’être en situation de pauvreté varient fortement selon l’origine sociale. Cet effet s’avère beaucoup plus déterminant que l’origine migratoire, le sexe ou l’âge de l’individu.

Cet effet s’explique largement par l’influence de l’origine sociale sur le niveau de diplôme atteint par les individus : l’inégalité des chances éducatives contribue pour moitié aux écarts de niveau de vie moyen entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres et pour moitié également à l’écart de chances entre eux de faire partie des 20 % des ménages les plus aisés.

D’autres effets « hors diplôme » sont à l’œuvre, notamment l’homogamie sociale qui, couplée à l’influence sur la réussite éducative, conduit à ce que les conjoints des enfants d’ouvriers sont significativement moins diplômés que ceux des enfants de cadres. À l’inverse, les écarts de structures familiales (nombre d’enfants, situation maritale) entre classes sociales sont faibles et ne semblent jouer aucun rôle significatif sur les écarts de niveau de vie. »

Ainsi, alors que grâce, entre autres, à son système de protection sociale, la France figure parmi les pays les moins inégalitaires en termes de revenus (après redistribution), elle « accuse paradoxalement un niveau élevé d’inégalité des chances ».

De récents travaux de l’OCDE viennent de mettre en évidence qu’il faut, en France, six générations pour que les enfants de familles modestes atteignent le revenu moyen. Preuve que l’ascenseur social en panne ou en tout cas en grave dysfonctionnement. L’étude de France Stratégie montre comment et dans quelle mesure l’origine sociale d’une personne détermine son niveau de vie. Elle apporte non seulement une mesure du déterminisme social mais montre également que l’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives.

Des données qui doivent certes interroger le fonctionnement de notre système d’Éducation et questionner tous ses acteurs, mais qui le dépasse largement pour devenir une responsabilité sociétale majeure : Dans quelle société voulons-nous vivre ?

Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie, le rapport de France Stratégie est à retrouver ici : http://www.strategie.gouv.fr/publications/nes-meme-etoile-origine-sociale-niveau-de-vie

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Par où « pass » l’accès à la culture ?

« La question de l’accès à la culture des jeunes est-elle d’abord un problème économique et technologique avant d’être un sujet éminemment symbolique, marqué des freins bien connus d’accès par les mécanismes généraux d’exclusion sociale, tel que semble le postuler, sans que cela ne soit débattu, le projet de pass culture du Gouvernement  ? »

Telle est l’une des interrogation qu’a soumise l’Union syndicale des entreprises publiques du spectacle vivant (USEP-SV) à Françoise Nyssen, ministre de la culture, dans un courrier le 10 juin dernier à propos du « pass culture », ce « projet phare » de la politique culturelle macronienne.

Les contours de cette application mobile qui réunira les offres culturelles à proximité et sera créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans, commencent à être connus et jusqu’en septembre, environ 400 jeunes volontaires, répartis dans cinq départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Hérault, Finistère, Guyane), vont la tester. A la rentrée, ils seront 10 000 à l’expérimenter, avant une généralisation prévue, « dans l’idéal », au premier trimestre 2019, mais qui dépendra du « temps d’analyse de l’expérimentation », indique le ministère de la Culture.

« Aucune offre ne sera exclue, insiste la ministre. Tous les acteurs culturels publics ou privés, physiques ou numériques, sont les bienvenus sur le Pass. » On devrait donc y trouver des propositions de sorties (places de concert, théâtre, musée, cinéma…), des cours de pratiques artistiques, des jeux vidéo, du tourisme culturel, des abonnements à la presse numérique ainsi qu’à des plates-formes de musique ou de vidéos en ligne.

Ce « pass » culture est inspiré d’une expérience italienne, le «Renzi Bonus» qui est loin d’avoir été un succès puisqu’il n’a pas réussi à résorber les inégalités culturelles mais a parfois suscité un marché noir d’achat de tablettes numériques et d’ordinateurs dissimulés sous de fausses factures de livres. Reprenant ce fiasco italien, Jack Lang n’a pas manqué de faire la critique du projet : «ça a profité surtout à la fréquentation de spectacles de pur divertissement (…) et pas nécessairement à l’élévation culturelle de la jeunesse. Ça n’a pas beaucoup encouragé la fréquentation ni des théâtres ni des musées ni des monuments».

«Et puis c’est une idéologie qui n’est pas la mienne», a ajouté l’ancien ministre interrogé sur France Inter. «C’est à partir de la création que doit s’établir une politique des arts. Qu’on fasse confiance aux institutions: quand vous voyez les opéras s’ouvrir aux jeunes, certains musées devenir de véritables écoles… qu’on les encourage à ouvrir largement les portes, au lieu de favoriser une sorte de mentalité consumériste. Je pense aussi qu’il est préférable d’organiser une entrée en masse de l’art à l’école ! »

Politique d’offre et d’accompagnement ou de demande et de consommation ? Par où passe l’accès à la culture, c’est bien la question qui est posée avec ce nouveau dispositif que le Président de la république avait promis, dès la campagne électorale des présidentielles.

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Histoire-géographie-EMC : le niveau (re)monte

L’enquête CEDRE (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon) de 2017 permet une comparaison du niveau des élèves en histoire, géographie, enseignement moral et civique, à onze ans d’intervalle, sur trois temps de mesure : 2006, 2012 et 2017.

Conclusion , après une forte baisse (-10 points) entre 2006 et 2012, les résultats pour les 5000 élèves de classe de troisième interrogés en 2017 enregistrent une remontée (+5 points).

Celle-ci est surtout sensible chez les filles qui, jusqu’alors avaient du retard sur les résultats des garçons. Ainsi, par rapport à 2012, pour les filles, le pourcentage d’élèves dans les groupes en difficulté connaît une baisse, de 21,5% à 16,8%. En revanche, leur part augmente dans les niveaux en réussite.

Si en 2017, on constate, une baisse de la proportion d’élèves dans les groupes les plus fragiles, concomitante d’un renforcement quantitatif des groupes davantage en réussite, comme toutes les autres études d’évaluation, l’enquête met une fois de plus en évidence la permanences des inégalités socio-scolaires. Le constat montre que le score moyen progresse à mesure que le niveau social augmente. Dans un contexte d’amélioration globale des résultats, on relève également que l’écart du score moyen entre les élèves des collèges défavorisés et ceux des collèges les plus favorisés apparaît toujours aussi important (34 points en 2012 contre 36 points en 2017).

Sans qu’une corrélation avec les résultats puisse être faite, une majorité d’élèves affirment consacrer davantage de temps de travail personnel à l’histoire, la géographie et l’enseignement moral et civique.

Une nouvelle question posée en 2017,, indique le travail prescrit indistinctement pour les trois matières. Selon les élèves , il leur est «souvent» ou «très souvent» demandé de «lire un document qui sera étudié en classe» (43%), d’ «apprendre une leçon pour la restituer en classe» (41%), d’ «élaborer un résumé, une carte ou un schéma» (37%). D’autres tâches, telles qu’«effectuer une recherche individuelle» (27%), ou «préparer un exposé» (8%) apparaissent en revanche comme des activités moins fréquemment demandées.

Retrouver l’ensemble des résultats de cette enquête du dispositif CEDRE ici : http://cache.media.education.gouv.fr/file/2018/69/0/depp-ni-2018-18-17-cedre-2006-2012-2017-histoire-geographie-enseignement-moral-civique-fin-de-college_974690.pdf

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L’obtention d’une licence se joue dès l’école

Le n° 499 de juin 2018 de la revue Économie et Statistique de l’INSEE publie un article intitulé « 50 % à la licence… mais comment ? Les jeunes de familles populaires à l’université en France », signé Yaël Brinbaum, Cédric Hugrée et Tristan Poullaouec, qui interroge la sociologie et le parcours scolaire des jeunes obtenant une licence.

Leur étude est sans appel, « toutes choses égales par ailleurs et une fois contrôlées les origines sociales et migratoires, les chances d’obtenir une licence sont plus de 5 fois plus élevées pour les bacheliers ayant un bac général sans mention et sans retard que pour ceux ayant un bac technologique ou professionnel. Mais surtout, les étudiants dont les résultats aux évaluations de 6ème se situaient dans la moitié inférieure des résultats ont moins souvent obtenu la licence. »

licence

Ainsi donc si l’écart est important entre ceux qui entrent à l’université et ceux qui obtiennent leur diplôme de fin de premier cycle universitaire (61% hors études de santé), une grande partie de cette réussite dépend de la scolarité précédente et de l’orientation.

Or la licence est devenue (avec le système LMD : Licence, Master, Doctorat) la « nouvelle clé de voûte de la politique scolaire française» puisque l’essentiel des concours se situe dorénavant à ce niveau de formation. Depuis 2015, la France a pour objectif de conduire 60 % d’une génération aux diplômes de l’enseignement supérieur, dont 50 % au niveau licence. La réalité actuelle en est encore assez éloignée puisque 44 % des élèves entrés en 6ème en 1995 sont diplômés de l’enseignement supérieur et 44.7 % des personnes de 25 à 34 ans en 2014 en France métropolitaine.

Un important travail de démocratisation de l’enseignement supérieur reste donc encore à mener. L’analyse suggère que cet objectif est indissociable de la lutte contre les inégalités scolaires dès l’enseignement primaire.

Retrouvez ici l’intégralité de l’article : 499_Brinbaum-Hugree-Poullaouec-FR

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Hommage à Georges LAPIERRE, fondateur de la JPA

« L’erreur humaine réside dans son impatience et dans la croyance à l’efficacité immédiate de tout effort. Le progrès humain n’est pas à la mesure d’une génération. Il est à l’échelle de l’Histoire. »

Georges Lapierre

Dans le cadre du Congrès national de la Jeunesse au Plein Air (JPA) dont il fut le fondateur, la ville de Troyes inaugure une rue Georges Lapierre, ce 27 juin.

Né dans l’Aube en 1886, instituteur, responsable national du SNI (syndicat national des instituteurs affilié à la CGT), résistant, déporté et mort à Dachau en février 1945, Georges Lapierre était un militant pédagogique.

Collaborateur de la Revue de l’enseignement primaire, il fonda, en 1923, une section pédagogique au sein de l’Association française pour l’avancement des sciences et en organisa les travaux au cours des congrès nationaux de 1923 à 1926. En juin 1926, il créa le Bureau pédagogique international.

Particulièrement sensible à l’idée de coopération internationale pour la paix, il fonda en septembre de la même année, avec Louis Dumas, la Fédération internationale des associations d’instituteurs et en 1934, il participa à la création du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Il siégeait à la Commission de l’enseignement et de l’éducation ouvrière de la CGT. A ce titre, il fut le commissaire général (en parallèle avec l’exposition universelle de 1937) du congrès international de l’enseignement primaire et de l’éducation populaire, qui rassembla, à Paris, salle de la Mutualité, quatre mille instituteurs de quarante-cinq pays.

Poursuivant son action dans le domaine para-scolaire et en rupture avec la Ligue française pour les auberges de jeunesse, présidée par Marc Sangnier, à qui il reprochait son manque de laïcité, George Lapierre fonda le 8 juin 1933 le Centre laïque des auberges de jeunesse, dont il fut le vice-président.

Dans cette même approche d’une éducation en dehors de l’école et complémentaire à l’enseignement scolaire, George Lapierre, après avoir approuvé la création des Centres d’entraînement aux méthodes de l’éducation active et de la Jeunesse au plein air (les Ceméa), organisa la Fédération nationale des œuvres laïques de vacances d’enfants et d’adolescents en 1938. Celle-ci devint « La jeunesse au plein air » (JPA) en 1947 et œuvre pour permettre le départ en vacances et en loisirs éducatifs du plus grand nombre d’enfants et de jeunes en aidant les plus défavorisés.

Sources : Notice de George Lapierre dans le Dictionnaire Le Maitron rédigée par Jacques Girault, Claude Pennetier et Guy Putfin

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La JPA : anniversaire et refondation

80 ans c’est l’âge de la Jeunesse au Plein Air (JPA) en congrès national à Troyes ces 26 et 27 juin.

Créée en associant les organisateurs de loisirs éducatifs associatifs, les organisations syndicales de l’éducation et des partenaires, la JPA a pour mission prioritaire d’aider les enfants à partir en séjours de vacances. Dans le cadre d’un partenariat avec « les chèques vacances », la JPA participe également à l’aide au départ en classe transplantée.

Les plus anciens se souviennent en tant qu’élèves, puis en tant qu’éducateurs de la vente des timbres et des vignettes de la JPA. Cette collecte qui constituait l’essentiel des ressources de la JPA, ne représente plus aujourd’hui qu’une part limitée, d’autant plus faible que la campagne elle-même coûte cher.

Les ressources actuelles sont essentiellement des fonds publics (74 % du budget) sous la forme de subventions régulièrement en baisse.

Une double interrogation financière et de missions se pose donc depuis plusieurs années quant à l’avenir de la JPA. Le chantier est donc ouvert.

Si le congrès n’en est pas l’aboutissement, il en est un élément important. En effet un projet d’orientation 2018-2023 y est travaillé et validé pour donner à la JPA une nouvelle ambition pour les 5 années à venir.

Ces grand axes de renouveau seront ensuite à mettre en œuvre, à partir de la création d’un fonds de dotation, de nouveaux partenariats à construire, de nouvelles formes de collectes.

L’objectif est unique : permettre le départ d’un maximum d’enfants et de jeunes en vacances et en loisirs éducatifs.

Retrouvez l’actualité de la JPA sur son compte facebook : https://www.facebook.com/jpa.asso.fr/