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Focus PISA : le libre choix de l’école augmente, les inégalités scolaires s’aggravent

« Les pays où la ségrégation sociale s’est le plus accentuée sont ceux où l’utilisation du lieu de résidence comme critère d’admission a reculé », tel est le constat d’un focus, à partir de l’analyse des résultats des évaluations PISA, que l’OCDE vient de publier (mai 2019).

Il y a, selon l’étude, un lien indéniable entre l’utilisation du lieu de résidence comme critère d’admission dans les établissements scolaires et les caractéristiques socio-économiques des élèves qui y sont scolarisés.

Ainsi, dans la majorité des pays étudiés, le libre choix de l’établissement laissé aux parents conduit à une concentration des élèves défavorisés dans quelques établissements.

Inversement, l’attribution du lieu de scolarisation en fonction du lieu d’habitation entraîne un équilibre socio-économique entre tous les établissements ou une grande majorité d’entre eux.

En effet, l’enquête fait apparaître que « lorsqu’on les interroge sur les principaux critères qu’ils prennent en compte lors du choix de l’établissement de leur enfant, la majorité des parents, et en particulier ceux de milieux défavorisés, citent la distance parmi les facteurs les plus importants. »

A cela s’ajoute le fait que de nombreuses familles ne connaissent pas ou ne savent pas distinguer ou ne peuvent pas se permettre financièrement de profiter de l’offre pédagogique ou éducative différente pouvant être offerte dans des établissements mis en concurrence. Alors que les familles proches de la culture scolaire savent très bien utiliser ce marché scolaire concurrentiel.

Une carte scolaire stricte serait donc la solution à la mixité scolaire ?

Pas uniquement, puisque, lier le lieu d’habitation et l’établissement scolaire ne peut créer de la mixité scolaire que s’il y a mixité socio-économique sur son territoire de recrutement.

Par contre déréguler les périmètres scolaires revient à aggraver les inégalités socio-économiques entre les établissements.

Or, entre les successives évaluations PISA, particulièrement entre les résultats 2000 et 2015, le nombre d’élèves dont le critère d’attribution d’un établissement dépend de son lieu d’habitation, a fortement baissé. La liberté de choix scolaire est de plus en plus majoritairement laissé au parents. Les inégalités scolaires augmentent.

Pour en savoir plus sur les éléments de ce focus PISA :

https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/943456f0-fr.pdf?expires=1558703171&id=id&accname=guest&checksum=D34F37A600438F1CF85F51D118F105DB

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Éducation : « c’était mieux avant » pas vraiment , mais « peut (encore) mieux faire » c’est certain !

Qui n’a pas entendu (à l’image des « grands-pères ronchons de Michel Serres) l’idée que l’Éducation -ou du moins l’École- c’était mieux avant.

Pas vraiment, répond Denis Meuret (Professeur en sciences de l’Éducation à l’université de Bourgogne-Franche-Comté) dans le dernier numéro hors série de Sciences humaines consacré « aux enjeux de notre temps.

Par vraiment, d’abord parce que rien ne permet de mesurer ce (fameux) déclinisme. Dans les années 1960 « il était impossible de comparer sérieusement les systèmes éducatifs » affirme le chercheur, avant de préciser qu’« aujourd’hui, c’est un progrès, nous pouvons le faire, même si c’est d’une façon encore largement perfectible. »

Pas vraiment parce que si « un tiers des adultes en France souffrent d’un manque de compétences en numératie et/ou en littératie, ce qui représente cinq point de plus que la moyenne des pays de l’OCDE », cela concerne les plus âgés et est à mettre en relation avec leur moindre scolarisation. La France a en effet tardé à démocratiser l’école avec la mise en place du collège et du lycée, puis l’université.

Pas vraiment parce que c’est cette démocratisation scolaire qui a permis une élévation du niveau de compétence, mais aussi de salaire comme l’a montré l’économiste Eric Maurin. Ce qui fait dire à Denis Meuret que « tout ce qui tire vers le haut les qualifications de ceux qui entrent sur le marché du travail tend donc à diminuer les inégalités salariales. »

Quand aux inégalités sociales, en s’appuyant sur une récente étude du sociologue Louis-André Vallet, l’auteur déduit que « le système d’enseignement a joué un rôle majeur » dans la réduction des inégalité sociales dans la société française, à la fois « en réduire l’inégalité des chances face à l’école et en allongeant la durées des études. »

Ainsi donc, vraiment ce n’était pas mieux avant. Et l’on doit à la démocratisation scolaire puis universitaire le développement social, économique, intellectuel du pays.

Est-ce pour autant que tout va bien au royaume de l’Éducation ? Pas vraiment, non plus…

Pas vraiment parce la France est le pays de l’OCDE dans lequel l’effet de l’environnement familial (donc social et culturel) est le plus important par rapport au niveau d’acquisition des compétences des élèves.

Pas vraiment parce que les résultats des élèves issues de l’immigration (première et deuxième générations) demeurent (et même après correction des effet induit par le niveau sociale de leurs familles) bien plus faible que celui des enfants autochtones mais aussi bien mois élevés que celui de leurs homologues dans les autres pays de l’OCDE.

Pas vraiment parce que les « politiques ciblées sur les élèves en difficulté donnent des résultats décevants » ajoute le chercheur.

Le système scolaire français peut donc (encore) mieux faire. Il s’y emploi déjà. Mais si certaines réformes vont dans le bon sens, d’autres risquent de conduire à des reculs. Ainsi en est-il du redoublement, encore trop élevé mais dont la réduction a permis de réduire le taux d’échec scolaire. Qu’en sera-t-il de son retour ? De même pour la suppression des EPI en collège alors qu’il s’agissait là d’une piste intéressante.

La relation parents-enseignants est aussi une piste de (grande) amélioration possible, tout comme les évolutions pédagogiques (travaux de petits groupes, pédagogie de projet…)

Enfin reste le ressenti des enseignants qui impacte leur implication et la priorité faite à la politique éducative. 5 % des enseignants de collèges « estiment que leur métier est valorisé par la société contre 31 % en moyenne dans les 50 pays de l’enquête Talis de 2013 » rappelle Denis Meuret. A la question « Globalement, ressentez-vous de la reconnaissance et du respect dans votre pratique professionnelle ? » du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation 2019, seulement 28, 2 des enseignants répondent positivement soit 8 points de moins qu’en 2018. Sur ce point, vraisemblablement, ce devait être mieux avant !

(Bons points et fragilités du système scolaire par Denis Meuret, Sciences Humaine Hors-série, Mai-juin 2019)

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« L’Europe : un espace plutôt qu’un territoire » selon Arnauld Leclerc

Les élections européennes auront lieu dans 10 jours. Dans le cadre d’une réflexion/formation sur l’Europe, le [C@mpus] du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation a organisé un échange avec Arnauld Leclerc professeur des universités, directeur de la chaire de philosophie de l’Europe à l’université de Nantes

Cet article tente de mettre en évidence les points saillants de l’exposé et des riches échanges qui ont eu lieu entre notre intervenant et les militants fédéraux.

Pour débuter sa présentation Arnauld Leclerc a rappelé quelques données certes connues, mais que l’on oublie trop souvent.

L’Europe est

la 3ème zone démographique du monde,

la 1ère zone économique et d’investissement,

la 1ère zone commerciale du monde,

la 2ème zone monétaire du monde,

la 1ère puissance agricole mondiale mais aussi la 1ère pour les services,

la 1ère zone touristique (elle accueille 1 touriste sur 2).

Avec 7,8% de la population mondiale, elle concentre 30% de la richesse mondiale.

Dans les 6 mois qui viennent, toutes les instances de la communauté européenne vont être renouvelée (Parlement, Commission, Présidence du Conseil de l’Union, Présidence de la BCE).

Nous sommes donc à une période importante pour l’Europe qui s’est façonnée au fil de l’histoire et dont on peut mettre en lumière trois étapes, trois époques  de construction :

l’enfance de l’Europe : qui porte en elle une image un peu romantique, naïve mais qui symbolise l’espoir de paix (Kant)

l’adolescence de l’Europe (aux XIXè et XXè siècles) qui voit la montée des nationalismes et également une conception européenne portée par le nazisme

l’âge adulte de l’Europe, depuis la Libération qui construit une Europe économique, politique, culturelle.

Cette Europe politique s’inscrit dans une construction progressive reposant sur les notions :

d’État de droit

d’économie de marché…

• …à vocation sociale

de démocratie

Pourquoi faire l’Europe ?

Essentiellement pour la paix.

Et cet argument tient jusqu’au traité de Maastricht et la chute du mur de Berlin.

Face à la crise des années 1990, la paix n’est plus une justification. Apparaissent alors les premières réticences, voire résistances, longtemps masquées par un consensus permissif, mais renforcées par la crise de 2005, l’euro, les migrations.

2 grandes questions sont aujourd’hui en débat :

– L’Europe doit-elle avoir une fonction politique ou seulement une fonction économique ?

– Quelle doit être la place de l’union européenne face à la mondialisation et son flux de communication

Les réponses à ces questions entraînent quatre positionnements distincts que l’on peut représenter ainsi :

Pour une Europe politique

Contre une Europe politique

Contre la mondialisation

L’Europe forteresse (fédéralistes)

Repli sur l’Europe des Nations

Pour la mondialisation

Europe cosmopolite et transnationale (plus une vision intellectuelle que politique)

L’Europe du grand marché (Anglais)

L’enjeu des élections à venir est de voir quel est le modèle qui progresse, avec le risque d’une montée des partis populistes (des droites extrêmes), un affaiblissement des groupes majoritaires (le PPE à droite, les sociaux-démocrates à gauche). La question du poids du futur parlement se pose.

Quelques éléments du débat :

Le consensus permissif ?

De 1957 aux années 1980 la majorité de l’opinion publique est favorable à l’Europe même si c’est sous la forme d’un chèque en blanc aux élites qui soutiennent ce projet. L’Europe est encore mal connue et pèse peu sur le quotidien des européens.

Après les années 1980 : l’opinion devient critique alors que l’essentiel des lois nationales ont une origine européenne.

Construire un espace politique européen entraîne forcément des oppositions. L’absence d’une construction identitaire pose problème et interroge le développement de l’union européenne : doit-il passer par la monnaie ? Par la défense ?…

De fait un consensus de façade cache de véritables différences de points de vue qui finissent par éclater (Brexit)

L’Europe : un territoire ?

L’Europe, c’est moins une géographie physique qu’une géographie intellectuelle. L’Europe est davantage un espace, régulé et pacifié par des outils juridiques. Ce n’est pas un territoire avec un modèle vertical, mais plutôt des relations horizontales entre les différentes sociétés qui la composent.

L’identité européenne ?

Elle se construit dans le relationnel. Elle est donc dynamique et inscrite dans le temps. Dans la construction identitaire c’est la relation à l’autre qui permet de se construire soi (Ricoeur). Il est donc nécessaire pour se définir de chercher à l’extérieur, les choses qui viennent d’ailleurs.

L’identité renvoie aussi à la citoyenneté. Il s’agit de valeurs, de droits, de projets partagés. Or la citoyenneté européenne est au niveau zéro. Les droits européens sont ridicules. 5 % des européens vivent en dehors de leur État, mais seulement 50 % d’entre eux utilisent les droits européens.

La défense européenne ?

Un projet qui n’a pas marché ? Tant mieux… S’il s’agit d’un soft power, d’une zone d’influence qui se redéfinit en permanence alors oui l’Europe a un rôle à jouer. Mais construire une défense armée instaurée une fois pour toute, cela peut être dangereux. L’Europe n’a pas vocation à devenir une puissance sur le modèle de l’État.

La monnaie européenne ?

Les pères fondateurs de l’Europe avançaient avec une logique de petits pas. La création d’un espace économique unifié (mené par J. Delors) devant conduire à la monnaie unique. La Théorie de Robert Mundell impose que les économies soient homogènes au sein d’une même monnaie. Or en Europe du Nord il y a un fort investissement entrepreneurial lié à l’industrie alors que l’Europe du Sud connaît un déficit structurel avec un niveau de formation des salariés plus faible et une économie qui repose beaucoup sur le tourisme ou des services non exportables. Pour que la monnaie unique puisse être viable il faut une économie de transferts : des mécanismes de régulation et une démarche solidaire. Ce n’est pas le cas dans l’union européenne actuelle, sauf à la marge.

L’Europe à plusieurs vitesses ?

L’Europe se construit par strates. Il y a toujours eu plusieurs cercles avec des pays membres et des coopérations renforcées. L’Europe d’Erasmus (33 pays) n’est pas celle de la Recherche, de Schengen, de l’Euro (17 pays)…

L’Europe est un ensemble de politiques avec, à chaque fois, des tours de table différents qu’il s’agit de coordonner.

Espace politique européen ?

En fait il s’agit d’un espace démocratique transnational. Le cœur des politiques reste dans les États. On reproche souvent à la commission ce que l’on ne reprocherait pas à sa mairie, alors que le fonctionnement européen est très transparent et que c’est la Conseil de l’Union, c’est-à-dire la réunion des chefs d’État qui a de plus en plus le pouvoir. La difficulté est de trouver des compromis entre la Commission, le Parlement et le Conseil.

L’Europe politique repose sur une logique de compromis entre les groupes politiques au Parlement, entre les États au Conseil, entre la Commission, le Parlement et le Conseil. Ce système empêche la constitution d’un espace politique classique. Ainsi en 2000 tous les gouvernements des pays européens étaient à gauche comme le Parlement et la Commission, en 2010, ils étaient tous passés à droite. Or, les orientations politiques n’ont pas changé. Construire un espace politique européen suppose des lieux de débat, de critique dans les différentes sociétés européennes mais où les options politiques sont lisibles.

Quitter l’Europe ?

Avant le Brexit, beaucoup d’États se posaient la question et la tentation aurait été forte si cela avait positif. Mais les effets assez lourds du Brexit, même s’ils affectent peu l’économie, pour l’instant, et ont fait chuter la monnaie britannique de 15 %, refroidissent. Il faudra attendre le bilan, mais déjà l’impact politique en Angleterre est conséquent. Du coup, la plupart des partis populistes de droite ont renoncé à présenter la sortie de l’Europe comme une option (ex : le FN, le parti d’extrême droite suédois…). Il y peu de rêves de rupture aujourd’hui.

Plus d’Europe, mieux d’Europe ?

Il y a une demande de sens de la construction européenne. Il s’agit de retrouver un projet global. Il devrait être dans sa vocation sociale. Mais comment conserver une protection acquise il y a 70 ans et régulièrement remise en cause ? Il s’agit de faire que ces mécanismes sociaux ne se délitent pas alors que l’Europe a les plus fortes dépenses sociales du monde.

L’idée n’est pas de faire plus d’Europe à Strasbourg ou à Bruxelles, mais il faut surtout faire vivre l’Europe, l’idée européenne, parler de l’Europe dans les territoires nationaux. Pour se développer l’Europe doit occuper plus de place dans les médias, l’éducation, la réflexion quotidienne dans chaque pays membre de l’union.

Le point fort ?

C’est de ne pas raisonner à l’échelle d’une société mais d’un ensemble de 500 millions de citoyens qui pèse dans un monde globalisé.

Le point faible ?

Le risque de délitement des mécanismes sociaux.

 

Pour en savoir davantage sur Arnauld Leclerc et ses travaux : https://www.univ-nantes.fr/version-francaise/m-arnauld-leclerc-225989.kjsp

ainsi que sur la chaire de philosophie européenne de Nantes : https://alliance-europa.eu/fr/

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Contre les discriminations : dire et agir

1 634 actes LGBTphobes. C’est le nombre de « cas » que SOS homophobie relève pour l’année 2018 dans son baromètre annuel. Soit 9 % d’augmentation par rapport à 2017.

Un candidat perçu comme étant d’origine maghrébine a en moyenne un tiers de chances en moins de recevoir une réponse à sa demande de logement. C’est le constat d’une étude menée par SOS racisme.

Discriminations à l’embauche, au logement, dans le sport… Insulte, violence, harcèlement, agressions. Grossophobie, LGBTphobie, racisme, antisémitisme, sexisme…

La liste est longue.

Certes les actions de prévention et de lutte existent. Elle sont à saluer.

Alors que s’ouvre le festival de Cannes, il faut rappeler que c’est du monde du cinéma qu’est venue cette action d’ampleur visant à libérer la parole, combattre le sexisme et les violences faites aux femmes.

Le cinéma tente aussi de rompre le silence dans le sports. Ainsi sur le mode sérieux du documentaire avec « Footballeur et homo, au cœur du tabou », réalisé par Yoann Lemaire et Michel Royer ou avec l’humour de la comédie des « Crevettes pailletées » de Cédric Le Gallo, Maxime Govare, l’homophobie est dénoncée.

Une vague de haine a pourtant accompagné la Une du magazine l’Équipe qui dénonçait l’homophobie dans le sport…

Si les « professionnels du logement » cherchent à lutter contre les discriminations, ce sont les particuliers qui sélectionnent le plus sur le patronyme, l’origine, la couleur de peau…

Il est difficile de dire la souffrance d’être rejeté pour ce que l’on est et les discriminations peuvent conduire de la « tristesse, au repli sur soi, à l’inquiétude, l’angoisse, la dépression, aux conduites à risque et à des tentatives de suicide », comme le rappelle SOS Homophobie.

Alors que celle des agressé.e.s tente d’être libérée, celles des agresseurs se fait également plus entendre…au risque d’être banalisée.

Il s’agit donc de « ne baisser ni les yeux, ni les bras » pour reprendre l’éditorial du rapport de SOS homophobie.

De ne rien laisser passer. De dire et d’agir !

Le baromètre de SOS homophobie est consultable ici : rapport_homophobie_2019_interactif

L’enquête de SOS Racisme est à retrouver sur leur site : https://sos-racisme.org/discrimination-au-logement-un-rapport-edifiant/

illustration : https://education.francetv.fr/matiere/education-civique/premiere/video/lutte-contre-les-discriminations

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de mai

Un 9 mai particulier sur lequel revient [Quoi de 9 ?] puisque c’est aujourd’hui jour de grève dans la fonction publique.

C’est aussi la « journée de l’Europe », 69 ans après le discours fondateur de Robert Schuman.

Au sommaire de ce [Quoi de 9 ?] de mai 2019, vous trouverez aussi  :

le projet culturel algérien « L’art est public »

une réflexion sur la Recherche et l’Éducation

les résultats d’une étude sur l’éducation permanente au prisme d’un regard syndical

les risques de la marchandisation de l’Éducation au niveau international

un clin d’œil fleuri au 1er mai entre églantine et muguet

Ainsi, bien entendu, que quelques propositions à lire, écouter, voir et à noter dans votre agenda.

 

Retrouvez ici les 9 infos (et un peu plus) de ce [Quoi de 9 ?] de mai : quoi-de-neuf ma 19

Excellente lecture.

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Quelle fonction publique pour quelle société ?

Il y a dix ans, en introduction de son livre La fonction publique (La Découverte, 2009), Luc Rouban écrivait ces mots :

« Le principe même d’une fonction publique soumise aux règles rigoureuses d’égalité et d’impartialité traduit la recherche historique d’un ordre républicain et du règne de la loi. Il dépasse les exigences de la vie démocratique pour se revêtir des attributs de la scientificité propres à la République. Les idées de concours de recrutement, d’égal accès aux emplois publics, d’égal traitement des usagers (placés dans des situations identiques) font appel à une rationalité de nature scientifique où il est question d’intervenir sur le monde social de manière équitable parce qu’objective et reproductible suivant des protocoles réguliers. En ce sens, la routine, les formulaires, la paperasserie, qui semblent toujours accuser la fonction publique de quelque paresse intellectuelle, sont aussi les preuves de la systématicité et de la durée. La fonction publique ne constitue pas seulement un ensemble de moyens humains mis au service d’une gestion industrialisée du social. Elle forme aussi un univers humain riche de ses différences, complexe, constituant pour une bonne part la mémoire des temps modernes. On ne peut donc s’arrêter au constat du développement bureaucratique analysé par Max Weber [Weber, 1971]. Plus qu’un produit fonctionnel d’une société mécanisée, la fonction publique constitue en bonne part le tissu vivant de notre modernité.

Cette forte spécificité sociopolitique a toujours focalisé des débats intenses. Sujet d’opprobre ou d’indifférence pour les libéraux, vitrine de promotion sociale ou terrain d’expérimentation pour les socialistes, motif de dérision ou de scandale pour les versions multiples du populisme, la fonction publique donne l’impression d’être la partie la plus malléable, réformable, et donc accessible du système politique. Débats contradictoires qui dénoncent, alternativement, la gabegie d’un système irresponsable, l’inefficacité de l’intervention ou l’inefficience du fonctionnariat. Changer le système de la fonction publique est apparu comme le moyen le plus simple de transformer les règles du jeu politique sans trop toucher à l’équilibre des intérêts sociaux. La transformation de la fonction publique contemporaine est donc à la mesure des enjeux politiques liés à l’évolution de l’État et de la démocratie. »

Nul doute que l’analyse de la « fabrication » de la fonction publique française met en évidence une approche républicaine idéalisée, d’un fonctionnaire (à l’image des instituteurs, hussards noirs de la IIIème République) devant être protégé des pressions du politique afin de faire vivre, à la force de sa conviction et de son désintéressement personnel, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité au bénéfice de toutes les citoyennes et de tous les citoyens. D’où le recours à un statut pour les fonctionnaires, les protégeant contre l’arbitraire et le favoritisme toujours possible du pouvoir politique et leur permettant, en dehors de toute pression, d’assumer leurs missions, dans le seul souci de l’intérêt général.

Évidemment, la naissance de la fonction publique moderne doit d’abord être rattachée au dernier siècle de l’Ancien Régime. L’institutionnalisation qui sépare le politique de l’administration est renforcée par la Révolution et l’Empire et devient la marque d’un nouveau système politique. « Creuset où se rejoignent la tradition et le changement », la fonction publique est alors porteuse de « toutes les ruptures ou de tous les héritages » revendiqués par la République.

Quant au statut de fonctionnaire institué en 1946 « révisé à la baisse en 1959 puis élargi en 1983 » Luc Rouban montre dans un autre texte (Rouban, Luc. « Le statut des fonctionnaires comme enjeu socio-historique », Revue française d’administration publique, vol. 132, no. 4, 2009, pp. 673-687), qu’il est le fruit « de longues périodes de maturation politique où le jeu des acteurs a basculé sans cesse entre l’idée d’appliquer aux fonctionnaires un régime de droit spécifique et l’idée de les assimiler aux salariés du secteur privé, quitte à préserver quelques mesures spécifiques pour les corps participant directement à l’exercice de la puissance publique. »

Depuis, il n’a été de cesse de vouloir réformer la fonction publique. Pour adapter son fonctionnement aux injonctions du marché ? Pour lui donner les règle du management des entreprises privées ? Pour la rendre plus performante ? Pour diminuer ses coûts en personnel ?

Réate, lolf, RGPP… autant de sigles barbares qui ont voulu symboliser cette nécessaire transformation.

Aujourd’hui, il s’agirait de modernisation.

La fonction publique serait-elle malade de son statut ? comme l’interrogeait Jacques Caillosse dans le chapitre 3 de l’ouvrage qu’il dirigea La constitution imaginaire de l’administration (aux Presses Universitaires de France, 2008, pp. 113-144).

A moins que, comme le suggère Luc Rouban (dans la deuxième partie de l’extrait cité plus haut), s’attaquer à la réforme de la fonction publique, demeure la plus simple des manières de tenter d’agir sur le fonctionnement du système politique sans heurter les fragiles équilibres des institutions (et peut être aussi les intérêts du « personnel politique ».)

Moins , voire pas protégé, le fonctionnaire ne ferait-il pas un fusible facile en cas de crise ?

Alors que, dans bien des discours, sa culpabilité semble déjà acquise, il n’est certainement pas inutile de rappeler que la fonction publique correspond à un projet politique, celui de l’idéal de la République et de ses valeurs. Resterait alors à se demander à quelle nouvelle société, à quels enjeux démocratiques et citoyens correspondrait le fait de la « moderniser »…

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« En même temps», une tendance… dans l’air du temps

Il est peut-être le mot d’ordre d’une orientation politique dont il n’est pas toujours évident d’en voir la concrétisation dans les décisions présidentielles ou dans l’action gouvernementale. Mais le slogan « en même temps » est surtout un révélateur de la mentalité et des aspirations actuelles des Française.s.

En bons spécialistes de la communication, les conseillers d’Emmanuel Macron ne s’y sont pas trompés et ont bien ciblé leur public.

La nouvelle livraison de l’enquête « valeurs » qui vient de paraître confirme cet état d’esprit, au premier abord paradoxal, qui mêlent des revendications que l’on penserait plutôt contradictoires, parfois même antinomiques.

Que nous apprend la recherche sur les valeurs des Français.e.s ?

Depuis 1981 l’enquête de l’European Values Study met en évidence tous les 10 ans la mesure et l’évolution des valeurs et des croyances des Européen.ne.s. Si l’étude des résultats au niveau européen ne sera achevée qu’en 2020, l’ouvrage « La France des valeurs » présente les grandes tendances françaises.

Trois enseignements majeurs sont mis en évidence.

Tout d’abord, ce que les auteurs nomment « la progression du libéralisme des mœurs ». Pour eux, comme pour les autres, les Français.e.s entendent que chacun.e puisse vivre comme elle ou il l’entend, faire ses propres choix (sexualité, fin de vie…) et pour cela revendiquent davantage de liberté (« autonomisation, refus des contraintes, épanouissement personnel »). Ainsi en 40 ans la moyenne de l’indice de libéralisme des mœurs est passée de 4,3 à 6,4 (sur une échelle de 1 à 10).

On constate ainsi une montée significative des valeurs liées à l’individualisation.

Mais « en même temps », l’enquête met en évidence que les Français.e.s sont également plus sensibles aux autres. Ils « se disent de plus en plus concernés par les conditions de vie des personnes âgées, malades ou handicapées…mais aussi des chômeurs et des immigrés. » Ainsi, au lieu d’une disparition du lien social et d’un dissolution de la cohésion nationale, prédits par certain.e.s, on assiste à une forte progression, entre 2008 et 2018, de l’altruisme. Les jeunes étant ceux qui développent le plus cette valeur.

Epris.e.s de liberté individuelle, les Français.e.s se révèlent également partisan.ne.s de davantage de respect des règles collectives et réclament dans ce cadre plus d’autorité. Une tendance qui se traduit paradoxalement dans le domaine politique par une forte critique du fonctionnement actuel. Ainsi , « ils sont même très nombreux à penser que la France n’est pas gouvernée démocratiquement. » La moitié des personnes interrogées serait séduite par un gouvernement d’experts, un quart ferait confiance à un « leader fort ». Et « ne même temps », à près de 90 %, elles et ils reconnaissent l’importance « de vivre dans un pays gouverné démocratiquement.»

Comment expliquer ce « en même temps » ?

Les chercheurs tendent à mettre en évidence plusieurs éléments explicatifs. Ainsi l’élévation du niveau d’éducation permet « des formes de sophistication cognitive » qui intègrent « des valeurs à première vue opposées.»

Alors que « le développement économique, la sécularisation et le recul de l’influence des grandes institutions expliquent en partie la montée des valeurs liées à l’individualisation », les mutations de la société créent des incertitudes et des menaces qui paraissent justifier une demande de « plus de sécurité dans la sphère publique », devenue « la condition même de la liberté de choix au niveau individuel. »

Enfin, si « les différences de revenus, de diplôme, d’engagement dans la vie publique, d’intérêt pour la politique façonnent des préférences différentes en matière économique et sociale », dans nombre de domaines, « leur influence n’est pas plus forte aujourd’hui qu’il y a quarante ans. » C’est davantage les identités politiques au sens large (proximité ou non avec un parti, adhésion ou non à des idéologies partisanes…) qui semblent marquer les clivages « et organiser des appartenances multiples et parfois en tension. » Le mouvement des gilets jaunes a d’ailleurs été une parfaite illustration de ce « en même temps » des revendications contradictoires voire opposées, auxquelles le « en même temps » du Président a tenté de répondre…

La France des valeurs. Quarante ans d’évolutions, Pierre Bréchon, Frédéric Gonthier et Sandrine Astor, Presses universitaires de Grenoble, avril 2019

Article de présentation dans le Journal du CNRS : https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-france-de-2019-plus-critique-et-plus-altruiste

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Fleurs de mai

Blanches clochettes porte-bonheur ou révolutionnaire fleur rouge sang… si le 1er mai fête les travailleuses et les travailleurs, il est aussi lié aux fleurs. Et ce depuis fort longtemps.

Jean-Paul Coudeyrette sur le site Compilhistoire (http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/premiermai.html) indique que dès la Rome antique, cette période de l’année donne lieux à des fêtes l’honneur de Flora, déesse sabine des Fleurs et des Jardins et mère du Printemps. Et que l’apogée de ces agapes était atteinte le 1er mai. Ce nom même de mai, en latin « maius » « désignait le mois consacré à Maia, une des Pléiades, fille du titan Atlas et mère de Mercure, déesse romaine du Printemps et de la Croissance, dont le nom provient de la racine sanscrite « mah » (= croître, nourrir). »

Ovide (-43 à 17) évoque également l’instauration d’un culte, le 1er mai, à Rome, à la demande de la vestale Claudia, pour rendre hommage à Bona Dea (la Bonne Déesse). De même que plus tard, des moines au IIIe siècle font correspondre dans le Livre des Invasions de l’Irlande (Lebor Gabâla Erenn), qui raconte la préhistoire mythique de l’Irlande, le 1er mai avec la fête solaire celte de Beltaine, qui signifie feu du dieu Bel.

Renaissance et épanouissement de la nature, le début du mois de mai est ainsi traditionnellement célébré : grandes assemblées appelées « Champs de mai » chez les Francs, vertus curatives du « beurre de mai« , « Maiwein » vin aromatisé de la région d’Arlon en Belgique, « Nuit de Walpurgis » ou « Nuit des sorcières » pour la nuit du 30 avril au 1er mai « durant laquelle les sorcières mènent sabbat», « arbre de mai » en Allemagne…


Premier lien avec le monde du travail : au Moyen Age, pour de nombreuses corporations d’artisans, le 1er mai était l’une des grandes dates de démarrage des contrats d’apprentissage. Et il semble que ce premier jour mai était férié dans de nombreuses contrées.

Pour autant, lorsqu’il c’est agit de placer une fête des travailleurs ou du travail, de nombreuses autres dates ont tout d’abord étaient choisies : le 19 septembre puis le 20 janvier sous la révolution, le 4 mars en 1848 dans les colonies française en commémoration de la date de l’abolition de l’esclavage. C’est en fait la répression dans le sang de rassemblements organisés par les syndicats aux USA le 1er mai 1886 pour revendiquer la journée de 8 heures, qui décidera de consacrer cette journée aux travailleurs. Les ouvriers américains font encore grève les 1er mai 1887, 1888 et 1889.


Et pour revenir aux fleurs de mai… Le 1er mai 1890, les manifestants portent un petit triangle rouge symbolisant la journée idéale (les 3 x 8 : travail, sommeil, loisirs) ; triangle qui sera remplacé plus tard, par une églantine rouge symbole de la Révolution et fleur traditionnelle du Nord de la France Maurice Barrès (Cahiers, t. 11, 1917-18, p. 214) qualifiera ainsi les socialistes et les communistes « d’églantinards ».

On sait les blessés et les morts victimes des répressions des 1er mai suivants (1891 à Fourmies : 9 morts et une soixantaine de blessés ; 1894, près de Chicago, 2 morts ; 1906, à Paris,800 arrestations et beaucoup de blessés…


L’églantine est aussi le symbole de ce sang versé.

Mais dès le 1er mai 1907, apparaît également lors des rassemblements et manifestation, « le muguet de mai (Convallaria majalis), fleur traditionnelle de l’Ile de France, symbole du printemps et du renouveau.»

La vente du muguet se répand peu à peu dans les rues et surtout à partir de 1936 avec l’avènement des congés payés.

L’affiche ci-dessus de l’Humanité en 1936 montre d’ailleurs Marianne arborant un brin de muguet et recevant une églantine.. deux porte-bonheur : efficaces semble-t-il puisque le Front Populaire remporta l’élection et organisa une immense manifestation le 1er mai 1937.

Ainsi muguet et églantine, fleurs de mai, symbole de renouveau, furent réunis pour célébrer les travailleuses et les travailleurs dans leur revendication permanente pour l’émancipation, pour l’épanouissement, pour vivre décemment et pleinement.

Aujourd’hui, « le 1er mai est férié dans au moins 107 pays du monde, ce qui représente au moins 67% de la population mondiale. »


Le travail, c’est une belle invention, parce que tout le monde croit que c’est sacré. (Roger Fournier, Journal d’un jeune marié, 1967)

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Articuler le champ de la recherche et les pratiques de terrain en Éducation

L’actuel ministre de l’éducation nationale revendique le recours à la science pour comprendre et faire évoluer les enseignements scolaires. Il privilégie pour cela le recours aux neurosciences. Il s’appuie ainsi sur ce qui est traditionnel d’appeler « une science dure », par opposition aux sciences humaines ou « anthroposociales ». Cette distinction interroge en particulier les sciences de l’éducation qui appartiennent à cette seconde catégorie et qui souffrent d’une critique souvent assez sévère.

« Quoique souvent prises à partie par les uns ou prises à témoin par les autres, les sciences de l’éducation sont finalement assez mal connues. On leur prête beaucoup d’arrogance quand elles sont, en permanence, en interrogation sur leur identité et leurs méthodologies. On les imagine faisant la leçon alors qu’elles s’efforcent de problématiser la difficile articulation entre observations et prescriptions. On les croit limitées au domaine de l’École quand elles pénètrent tout autant le champ de la santé que celui de la formation professionnelle. » Ainsi est introduit l’ouvrage dirigé par Béatrice Mabilon-Bonfils et Christine Delory-Momberger intitulé  À quoi servent les sciences de l’éducation ? qui vient de paraître aux éditions ESF.

Paradoxalement, c’est essentiellement le rapport au « terrain » qui fait débat. Scientifiquement les sciences de l’éducation « sont remises en cause par les sciences de la nature pour leur manque de « netteté » épistémologique, leur incapacité à se donner un objet délimité et à produire des lois générales, en restant attachées à l’étude de singularités et de situations contextuelles. » On leur reprocherait ainsi leur analyses trop spécifiques des pratiques professionnelles. Mais justement dans ce domaine, les acteurs éducatifs regrettent qu’elles soient au contraire « trop « théoriques », « difficilement applicables », mettant en doute leur possible efficience. »

Dans le chapitre introductif de ce livre Brigitte Albero, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Rennes, précise qu’il convient de bien délimiter les « différents périmètres analysés comme des champs (scientifique, académique, de recherche, de pratiques) qui se traduisent localement par des configurations variées selon l’histoire, les types de regroupements d’acteurs et les évolutions d’un espace social particulier, institutionnalisé en section ».

Elle identifie pour les sciences de l’éducation, « un accord implicite plus ou moins partagé sur une triple exigence de production de connaissances, d’utilité sociale et de conduite éthique, produisant une identité disciplinaire qui fait de cet espace social un microcosme générateur de collectifs de pensée et d’action concernés par leur participation à la vie démocratique de la société. »

Mais surtout, elle met en évidence les enjeux de la construction des sciences de l’éducation par « les positionnements des acteurs du domaine concernant la production scientifique et les pratiques d’éducation et formation, qui peuvent être considérés non pas comme opposés, mais plutôt inscrits dans un continuum. »

Au-delà de « la variété des définitions et des délimitations attribuées aux sciences de l’éducation (SE), ainsi que le rôle des multiples instances qui en animent les activités », il, s’agit de repérer et d’analyser les caractéristiques et les fonctions des zones d’intersection voire de médiation que créent les sciences de l’éducation entre les activités de recherches et la pratiques professionnelle sur le terrain éducatif et social.

Lien entre « pratiques » et « recherches » est également le sujet au cœur du 200e numéro, de la Revue française de pédagogie, qui « a souhaité renouer avec l’une des interrogations fondamentales qui la caractérisent depuis sa création en 1967 : celle des rapports entre recherche, politique, administration et pratique professionnelle en éducation. »

Si le résultat est loin des ambitions très larges posées par l’appel à contributions, il n’en est pas moins riche et intéressant, puisqu’il réussit « la particularité de ne pas regrouper uniquement des articles émanant de chercheurs, mais de croiser ceux-ci avec des contributions d’acteurs aux profils divers. »

Ainsi de la loi sur l’ « école inclusive » tchèque à l’accompagnement scolaire en Suisse dans le canton de Vaud, de la construction de séances didactiques au Mexique aux rôle et fonctionnement de différents « Conseils supérieurs » en France ou au Québec… « les analyses présentées permettent ainsi de couvrir une grande diversité de situations nationales et institutionnelles » autour de deux axes qui « structurent le numéro : l’étude de divers espaces, supports ou acteurs assurant une fonction de médiation entre les univers étudiés ; l’analyse de la place et des transformations de la recherche en contexte non strictement académique (situations d’expertise ou de formation par exemple)

Ces deux contributions enrichissent la réflexion actuelle sur les articulations entre recherche et pratiques en éducation. Xavier Pons, invité du grand entretien dans le numéro 3 de notre revue [R] (mai 2019), témoignera également de cette question et interrogeant la diversité de la recherche en éducation qui ne peut être limité au seul apport des neurosciences.

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M@dos : Une formation pour les personnels d’encadrement de l’éducation

Approche stratégique des organisations scolaires, Les ressources humaines dans une organisation scolaire. Conduite du changement et gestion de projets. Management de la qualité des services. Droit de l’éducation. Les politiques publiques d’éducation. Sociologie de l’éducation : organisations scolaires et acteurs. L’évaluation des performances scolaires. Culture numérique…

Et si les personnels d’encadrement de l’Éducation nationale et, plus particulièrement, les chefs d’établissement, leurs adjoints ainsi que les personnels d’inspection des premier et second degrés avaient besoin de ces connaissances pour exercer au mieux leurs métiers ?

C’est ce que leur propose le dispositif de master professionnel M@DOS (Management Des Organisations Scolaires) dans un parcours de formation continue en e-learning.

Mené depuis 2009, s’appuyant sur un consortium de six universités ; universités de Angers, de Lille, de Poitiers, depuis 2013, les universités de Cergy-Pontoise et de Limoges et depuis 2017 l’université Versailles-Saint-Quentin, le master a déjà accueilli 250 étudiants et lance pour la rentrée 2019 le recrutement de sa 11ème promotion.

M@DOS offre un parcours original pluri-disciplinaire (management, droit, science politique, sociologie des organisations appliqués à l’éducation et vise un triple objectif pédagogique :

le renforcement des compétences métiers des personnels d’encadrement de l’éducation dans le pilotage stratégique et opérationnel des organisations scolaires, à travers des études de cas et des jeux de rôles,

une meilleure compréhension des enjeux sociétaux généraux du secteur de l’éducation, notamment grâce à une analyse comparative internationale

et l’appropriation et l’usage des technologies numériques par les apprenants.

La formation couple le présentiel et l’e-learning. Ainsi, en complément d’une plateforme de télé-enseignement riche en ressources numériques textuelles et audio-visuelles, les étudiants sont encadrés, entre autres, dans le cadre de classes virtuelles. Ils participent à des travaux collaboratifs et sont engagés dans des activités pédagogiques en lien direct avec leur quotidien professionnel.

L’équipe universitaire de M@DOS, enrichie d’une participation de l’université de Montréal a bénéficié d’un programme spécifique de formation à la pédagogie universitaire intégrant les nouvelles technologies, leur permettant de se centrer sur la pédagogie numérique et non sur la simple maîtrise des outils liés à l’univers des nouvelles technologies.

Les dossiers de candidatures pour le 11ème promotion (2019-2021) sont à remettre au plus tard le 18 juin 2019.

Vous trouverez une présentation plus complète ici :Communication Mados 2019 P11 recrutement-1

ainsi que des informations complémentaires sur la formation, le calendrier de recrutement pour la onzième promotion ainsi que les modalités d’admission sont accessibles à l’adresse suivante :

http://www.esen.education.fr/fr/enseignement-scolaire/offre-de-formation/formation-diplomante/master-professionnel-management-des-organisations-scolaires-mdos/