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L’évolution des métiers de la fonction publique vue par le CESE

«  […] qu’il me soit permis de conclure en vous proposant un petit exercice d’imagination.

Imaginons un pays en crise profonde du fait de ses fractures sociales, territoriales et économiques, au point qu’une fraction de ses citoyens en vienne à descendre dans la rue.

Imaginons que ce pays si divisé ait en même temps à faire face à des transformations écologiques, numériques et technologiques impératives, transformations qu’il ne pourra réussir sans la mobilisation et donc l’acceptation et le rassemblement de ses citoyens.

Imaginons que, pour faire face, ce pays ait la chance de disposer d’une sorte de bras armé, une Fonction publique de qualité fondée sur l’intérêt général, et, de surcroît, qu’il puisse s’appuyer sur un conseil représentant la société civile organisée qui lui indique des pistes d’évolution et, surtout, de consensus.

Et puis, faisons un dernier effort, et figurons-nous que ce pays imaginaire soit doté d’un gouvernement, en très grande difficulté du fait de la situation sociale, qui s’apprête à écrire une loi sur la Fonction publique.

J’arrête là cet exercice de pure fiction au meilleur moment , celui de la fin. Nous l’attendons tous mais ce n’est pas moi mais le gouvernement en question qui pourra véritablement l’écrire.

Souhaitons qu’avec cet avis il trouve la bonne inspiration car, si les contes de fées peuplent peu le réel, il est des histoires qui peuvent s’y finir très mal. »

Ainsi concluait Luc Berille, le 11 décembre dernier, l’avis de l’UNSA sur le rapport du CESE relatif à « l’évolution des métiers de la Fonction publique ». Une évolution qui concerne 5,4 millions d’agents publics au sein des trois versants de la fonction publique et que le gouvernement a décidé de mettre en réflexion jusqu’à l’aboutissement d’une loi qui devrait être proposée et débattue au premier trimestre 2019. La rapport du CESE, sous saisine gouvernementale, vient, dans ce contexte, éclairer les futurs débats.

A partir d’un état des lieux des disparités importantes qui existent au sein des différents métiers et des trois versants de la fonction public, les rapporteurs font une vingtaine de préconisations qui, s’appuyant sur les enjeux actuels de l’apport du numérique et de la question environnementale, concernent cinq leviers d’évolution :

– la gouvernance,

– les ressources humaines,

– la formation tout au long de la vie,

– la mobilité,

– les missions nouvelles.

Parmi les principales propositions, on retiendra :

– la mise en place d’un dispositif de pilotage en matière de gestion des ressources humaines comportant -entre autres, « une mission de prospective, visant une meilleure anticipation et une meilleure intégration des facteurs d’évolution dans les métiers de la fonction publique » ;

– l’élaboration, prévue dans la loi, d’un « plan pluriannuel sur la formation continue nécessaire à l’évolution des métiers de la fonction publique, répondant aux besoins en qualifications » ;

– la différenciation des entretiens annuels de formation de ceux d’évaluation ;

– la conception de « postes à profil destinés à l’expérimentation de projets innovants, sur des périmètres spécifiés, dans les différents corps et cadres d’emplois de la fonction publique » ;

– la mise en place d’un « réseau de conseillères et conseillers RH de proximité dans l’Éducation nationale » ;

– la garantie d’ « accès à la formation continue des effectifs contractuels dans les trois versants de la fonction publique et les orienter vers des concours adaptés, en proposant aux personnes concernées des dispositifs de valorisation des acquis de l’expérience (VAE), de reconnaissance de l’expérience professionnelle ou de certificats de qualification professionnelle adaptés au secteur public » ;

– l’encouragement à « toutes les mobilités en aménageant des conditions de retour favorables dans le corps ou cadre d’emplois d’origine, en tenant compte du gain d’expérience acquise et en prévoyant un temps de réadaptation nécessaire à l’emploi retrouvé » ;

– la garantie de « transparence des conditions de recrutement, de l’organisation des temps de travail et des régimes indemnitaires dans les différentes administrations pour faciliter les mobilités inter et intra-versants » ;

– l’intégration « dans la formation initiale et continue et dans les pratiques de travail collaboratif de l’ensemble des personnels de la fonction publique, quelle que soit leur spécialisation de base, la prise en compte des enjeux relatifs à l’environnement, en particulier ceux qui concernent les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité ».

Au travers de celles-ci, le rapport montre que le statut des fonctionnaires est loin d’être le carcan interdisant toute évolution, comme certains se plaisent à le dénoncer.

Reste donc, comme le préconise l’UNSA, au gouvernement de s’en inspirer.

Retrouver le rapport du CESE ici : https://www.lecese.fr/travaux-publies/levolution-des-metiers-de-la-fonction-publique

Le numéro 26 de décembre 2018 de la Newsletter du Groupe UNSA au CESE : Newsletter 26

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Expertise et démocratie. Faire avec la défiance

On pourrait croire qu’il s’agit d’une réaction aux « gilets jaunes ». Il n’en est rien.

Une réponse au slogan du Ministre Blanquer avec son « École de la confiance » ? Pas du tout !

Ce titre, en résonance avec l’actualité, est en fait celui d’un rapport que France Stratégie, après plusieurs mois d’étude (depuis mai 2017), vient de rendre public le 14 décembre et consacré à la défiance face aux experts.

Ce travail s’inscrit dans un contexte de méfiance voire de défiance des Français face aux politiques, aux médias et plus généralement aux institutions (comme le montre le baromètre de la confiance politique du CIVIPOF http://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/content/le-barometre-de-la-confiance-politique ). Celles et ceux qui apparaissent comme des « spécialistes » et son à ce titre sollicité pour leur « expertise » n’échappent pas à cette défiance, accusé.e.s de porter une parole « officielle » éloignée de la réalité, de ne pas être indépendant.e.s des pouvoirs (politiques, économiques, industriels…), d’être toujours les mêmes à être sollicité.e.s (par les décideurs, par les médias…)

A défaut d’éléments qui expliquent cette absence de confiance, le rapport avance plusieurs pistes d’analyse.

Bien entendu, il y a eu les « affaires ou scandales » décrédibilisant la parole d’expert.e.s.

Évidemment, il y l’absence d’efficacité des politiques publiques à résorber la (les) crise(s).

Surtout, il y a l’accès généralisé et non hiérarchisé à l’information via le numérique et les réseaux sociaux qui met sur le même plan les données scientifiques et les « fake news », permettant de tout lire, voir entendre… et son contraire.

Paradoxalement, il y aussi l’élévation du niveau d’Éducation qui conduit un plus grand nombre à s’intéresser à des sujets jugés jusqu’alors trop complexes et à faire davantage preuve d’esprit critique, ne prenant plus pour argent comptant l’affirmation de la première expertise proposée.

Que faire alors ?

« Faire avec la défiance, plutôt que de chercher à recréer la confiance », conclut le rapport qui précise « Faire avec, ce n’est pas s’y résigner ; c’est au contraire prendre appui sur certaines manifestations de défiance et les incorporer à la fabrique de l’expertise pour la rendre plus pertinente, plus robuste et plus convaincante. »

Comment ?

En ayant l’expertise modeste, tant pour celui qui est consulté comme expert, que pour celui qui fait usage de l’expertise.

Mais aussi en répondant mieux aux attentes des citoyens en les associant (par des jurys ou des comités citoyens) aux définitions et évaluations des politiques publiques et en mettant en œuvre la prise en compte de l’expertise d’usage.

Des réflexions qui seront certainement débattues dans la consultation en région annoncée par le président de la République suite au « mouvement des gilets jaunes ».

Des pistes dont il serait bien aussi que le ministre de l’Éducation nationale s’empare, alors que le baromètre Flash de l’UNSA Éducation montre que la précipitation dans les réformes et l’incompréhension globale ne reflète pas la confiance et confirme que « pour les personnels le slogan de l’école de la confiance n’était pas partagé par les personnels » comme l’analyse Frédéric Marchand.

 

Retrouver ici :

– le dossier complet de France stratégie https://www.strategie.gouv.fr/publications/expertise-democratie-faire-defiance

– les résultats du Baromètre Flash de l’UNSA Éducation : http://www.unsa-education.com/spip.php?article3702

 

 

 

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Bâtir des ponts, pas des murs

tel est le sous-titre du rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO consacré aux rapport entre migration, déplacement et éducation qu’il est intéressant de citer en cette journée internationale des migrants.

La rapport rappelle tout d’abord que « la migration est à la fois source d’ordre et de désordre ». Ainsi, migration volontaire et migration forcée coexistent dans les flux migratoires, mêlant celles et ceux qui décident de partir travailler ou étudier ailleurs à celles et ceux qui fuient (les guerres, les persécutions, les catastrophes climatiques, la famine, les maladies…). Ici, ces déplacements de population peuvent générer des clivages, là ils sont un apport de richesses (main d’œuvre, culture…)

Face à cet interminable dilemme entre chance ou menace, atout ou fardeau, « deux attitudes coexistent, l’accueil et le rejet. Les uns s’adaptent à leur nouvel environnement, les autres non. Les uns veulent aider, les autres veulent exclure » : pour le dire simplement « soit on construit des murs, soit on jette des ponts

Évidemment, la vocation même de l’UNESCO est d’agir pour la création de ponts afin d’ « instaurer la confiance, favoriser l’intégration, rassurer. »

L’Éducation apparaît comme un des levier essentiel pour construire ces ponts. Et cela dans une triple dimension :

– l’Éducation favorise l’intégration des enfants migrants ou déplacés dans les régions ou les pays d’accueil. Même lorsque leur scolarité apparaît comme difficile, elle est le plus souvent un facteur positif, limitant les marginalisations et les risques de délinquances ;

– le fait d’accueillir des élèves migrants ou déplacés influe également sur l’Éducation des autres enfants. La nécessité de mettre en œuvre une pédagogie adaptée, de prendre en compte des langues et des cultures différentes, de répondre à des difficultés spécifiques modifie la manière même d’éduquer tous les enfants. L’accueil est donc vecteur d’inclusion ;

– plus globalement, « l’attitude envers les immigrants est influencée par le niveau d’étude. Il apparaît que les personnes plus instruites sont moins ethnocentriques, qu’elles valorisent davantage la diversité culturelle et qu’elles considèrent les effets économiques de la migration sous un jour plus favorable. »

Si l’École est le lieu privilégié de cette éducation inclusive et tolérante, le rapport insiste sur les apports de l’éducation non formelle qui joue un rôle capital « dans l’édification des sociétés résilientes », rôle souvent négligé du fait que ne faisant généralement pas partie du système public, elle est peu étudiée. Or « l’art et le sport offrent à l’éducation non formelle des ressources très efficaces » pour « favoriser les échanges interculturels » et « mettre en valeur les contributions positives des étrangers dans le pays. »

Alors que tant de fausses informations circulent autour de l’accueil des migrants, exacerbées par les opposés au traité de Marrakech, le rapport de l’UNESCO permet, sans nier les difficultés, de réaffirmer les richesses dont les migrants sont porteurs et qui nécessitent d’être développées par les ponts que l’Éducation peut aider à construire et par les murs qu’elle peut contribuer à faire tomber.

Rapport à retrouver ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000265996_fre

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Pierre Mauroy, syndicaliste

Le 6 décembre dernier, l’Institut Pierre Mauroy organisait, au Sénat, dans le cadre de son colloque annuel, une rencontre autour de la passion syndical et associative de Pierre Mauroy.

Si l’on connaît,en effet, la carrière politique de Pierre Mauroy, premier ministre et maire de Lille, si son engagement associatif dans la création puis dans la direction de la fédération d’éducation populaire Léo Lagrange, son implication syndicale, à la tête du Syndicat national de l’enseignement technique dans les centres d’apprentissage (SNET-CA, puis SNET-AA de la FEN) est moins connu.

Le Centre Henri Aigueperse est intervenu pour rappeler cet engagement militant dans une période politique troublée (4ème République et Guerre d’Algérie), mais aussi dans une époque de démocratisation massive de la scolarité et donc de réflexion sur les nécessaires réformes du système éducatif.

Ci-dessous, l’intervention du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation :

On imagine souvent la FEN comme une puissante structure syndicale, une « citadelle enseignante », une armée de permanents capable de faire trembler le ministre de l’éducation nationale comme aimait à le raconter l’autre ministre qui en est issu, André Henry.

Mais la FEN du début des années 1950 n’est pas celle de la fin des années 1970. Et si l’on veut comprendre comment un jeune prof de l’enseignement technique a pu avant trente ans être secrétaire général de son syndicat, secrétaire des commissions fédérales culture-jeunesse, puis pédagogie, rapporteur d’une motion au congrès national de 1957, c’est bien entendu par l’engagement et les qualités du militant Pierre Mauroy que cela s’explique, mais cela doit aussi être compris dans le contexte de cette époque, tant pour la FEN que pour le syndicalisme de l’enseignement technique.

Lire la suite de « Pierre Mauroy, syndicaliste »

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Avenir environnemental : et si la leçon venait des plus jeunes…

Si on ne fait pas attention, seuls les riches pourront consommer et les pauvres en seront victimes. Il faut donc que l’argent leur revienne.”

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Stockholm., Sweden 2018-08-28.Greta Thunberg

 Cette parole n’est ni celle d’un « gilet jaune », ni celle d’un leader politique d’extrême gauche. Elle vient d’une adolescente suédoise de 15 ans. Elle s’appelle Greta Thunberg et depuis le 9 septembre dernier, tous les vendredis, elle fait la grève de l’école devant le Parlement suédois pour que les responsables de son pays prennent réellement au sérieux le changement climatique.

Bien qu’invitée à la COP 24 par l’association Scientist’s warning qui soutient son action et son cri d’alarme, la jeune fille est très critique sur ces « grands-messes » internationale : « C’est beaucoup de parlotte mais il ne se passe rien. Ça fait 24 ans et ça ne mène nulle part. Il faut qu’on se fâche, qu’on demande des comptes aux générations plus âgées pour le désordre qu’ils nous laissent et dans lequel ils s’attendent qu’on vive« . 

Aussi, ce jeudi 13 décembre, a-t-elle posté sur les réseaux sociaux, une vidéo qui invite d’autres adolescents à l’imiter : « Où que vous soyez, qui que vous soyez, on a besoin de vous maintenant. S’il vous plait faites la grève du climat avec nous. Mettez vous devant votre parlement ou votre représentation locale, même si c’est un court instant, pour leur dire qu’on veut de l’action pour le climat« .

Un grève de l’école pour alerter sur le réchauffement climatique ?

« Certains disent que je devrais plutôt être à l’école, mais pourquoi étudier pour un futur qui n’existera peut-être pas. Quand personne n’essaye de sauver ce futur ? » affirme-t-elle.

Une telle réaction ne peut qu’interroger. Si, en effet, l’essentiel des mesures à prendre en faveur de l’environnement dépend des responsables politiques et économiques du monde, l’avenir de l’humanité sur la terre nous concerne tous et sera l’héritage des jeunes générations.

Il ne peut y avoir d’alternative simpliste entre éducation et développement durable, pas plus qu’il ne peut y avoir opposition entre transition écologique et justice sociale.

Si le monde est devenu notre village, si un battement d’aile de papillon ici entraîne un tsunami là-bas, si le choix des uns interfère dans l’existence des autres, c’est parce que tout est lié, tout fait système. La réponse politique doit donc être à cette dimension, à cette hauteur, à cette ambition. Celle d’accompagner une transformation globale, mondiale, systémique, qui n’oppose pas mais relie, rassemble et permet d’agir ensemble.

Nul doute que les réponses actuelles ne sont pas satisfaisantes et que la responsabilités des dirigeants du monde est immense.

Nul doute non plus, que l’Éducation a sa part d’engagement à prendre. Elle est importante, essentielle même. Lieux d’expression des interrogations, des demandes, des attentes, des espoirs des enfants et des jeunes, elle doit en être également la caisse de résonance et se mobiliser tant dans la mise en œuvre de gestes du quotidien respectueux de l’environnement que dans la diffusion des savoirs qui transformeront les mentalités et les pratiques.

Et si pour une fois, la leçon venait des enfants, que l’école puisse la transmettre et les adultes l’écouter, l’entendre et en tenir compte…

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Éduquer à s’orienter : une priorité pour l’égalité et la réussite de toutes et tous

Un jeune sur deux déclare ne pas avoir été bien accompagné par son établissement au sujet de l’orientation dont les filles, les élèves hors éducation prioritaire et ceux qui ont poursuivi leurs études en voie générale.

18 % des 18-25 ans considèrent qu’ils n’ont pas eu le choix de leur orientation, particulièrement lorsqu’ils sont issus de l’enseignement professionnel.

Une minorité des personnels de direction (27% en collège et 36 % au lycée) déclarent avoir été formés spécifiquement à l’orientation en tant que chefs d’établissement.

Ces chiffres mis en lumière par les travaux du CNESCO interrogent la politique d’éducation à l’orientation scolaire en France.

Marquée par une multiplicité de réformes et donc par une confusion dans les objectifs politiques visés, l’orientation pâtit d’une difficulté de coordination entre les différents acteurs et par un manque de lisibilité de l’offre pour les élèves et leurs familles. Les enseignants y sont insuffisamment formés alors que les conseillers d’orientation (PsyEN), formés en psychologie puis spécialisés en orientation, sont inégalement répartis sur le territoire.

Le processus d’orientation est donc marqué par de fortes inégalités sociales et de genre se traduisant entre autres par des phénomènes d’autocensure.


Comment permettre aux jeunes d’ être en capacité de « savoir évoluer » sur le marché du travail ? Dans « les préconisations du Cnesco pour aider les élèves à construire leur parcours d’orientation » issues de la conférence de comparaison internationale conduite en novembre dernier, le conseil invite désormais à « viser non plus uniquement à aider à trouver une formation professionnelle mais apprendre à s’orienter dans le système de formation initiale puis tout au long de la vie pour ajuster au mieux ses compétences professionnelles. »

Pour ce faire, le CNESCO rappelle les principes suivants :

Apprendre à s’orienter plutôt qu’«être orienté»

Mettre en place un continuum de l’éducation à l’orientation de l’enseignement scolaire à l’enseignement supérieur afin de faciliter l’orientation tout au long de la vie et de lutter efficacement contre les inégalités

Mettre en œuvre certaines actions liées à l’orientation dans le cadre de classes entières pour limiter l’autocensure

Permettre des parcours individualisés plutôt que des orientations définitives et des parcours fortement séparés

Favoriser l’interaction de l’école avec les autres parties prenantes

Ils peuvent se traduire par plusieurs préconisations :

Dès le primaire, travailler la connaissance de soi et la compétence à prendre une décision pour lever tous les déterminismes

Dans l’enseignement obligatoire, faire découvrir les métiers de façon alternative pour pouvoir par la suite comprendre l’univers professionnel

Dès le collège, comprendre les voies et filières existantes et les perspectives qu’elles ouvrent

Dès le primaire, déconstruire les stéréotypes de genre chez les élèves, les parents et les enseignants pour limiter leur impact sur l’orientation

Accompagner les élèves en situation de handicap tout au long de leur parcours

Limiter les inégalités d’orientation dues aux caractéristiques sociales des familles

S’appuyer sur les spécificités du territoire pour mobiliser les acteurs et penser l’orientation jusqu’à l’insertion

Rendre possible la mobilité géographique au niveau national et international

Utiliser la formation des acteurs pour construire et partager une

vision commune de l’éducation à l’orientation

Coordonner les acteurs de l’orientation au niveau de l’établissement et inter-établissements

Mobiliser tous les acteurs, du monde l’éducation au monde du travail

L’éducation à l’orientation est une priorité dans l’évolution de la politique éducative. Elle est au cœur de la coéducation et un puissant levier pour l’égalité et la réussite de toutes et tous.

Retrouvez ici tous les travaux du CNESCO sur ce sujet de l’orientation : http://www.cnesco.fr/fr/education-a-lorientation/

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de décembre

En ce 9 décembre :

– les enjeux de la COP 24

– la publication officielle des résultats des élections professionnelles au CTMEN

– l’importance de la Loi de 1905 qui fête aujourd’hui ses 113 ans

sont dans [Quoi de 9 ?]

Mais aussi :

– le coût de l’Éducation

– la sortie d’un important ouvrage sur « Éducation et intérêt général »

– une étude qui montre que l’allongement de la scolarité réduit le taux de délinquance

– des enfants et leurs droits au cinéma

Et d’autres informations à retrouver dans ce [Quoi de 9 ?] de décembre : quoi-de-neuf décembre 2018

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L’avenir de l’Éducation : un intérêt général, mais des réponses divergentes (aussi en jeu dans les élections professionnelles)

Le CIRIEC-France* présentait ce 5 novembre au soir l’ouvrage collectif qu’il a initié, consacré à l’Éducation et l’intérêt général**. A sa demande le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation a rédigé le chapitre traitant du rapport des organisations syndicales face aux réformes.

Plusieurs conclusions s’imposent quand on analyse les réformes scolaires et éducatives.

Tout d’abord, le constat qu’il n’y a pas en France, contrairement à d’autres grands pays, de consensus politique sur la question éducative. Si l’état des lieux est assez partagé et conduit à envisager des évolutions profondes, l’identification de l’École comme élément constitutif de la République, en fait un objet polémique entre courants divergents et souvent opposés.

Ce clivage permanent, et parfois volontairement et artificiellement entretenu, se traduit par une permanence de « réformettes » se chassant les unes les autres au gré des alternances politiques et des nominations de ministres. Le rythme de ses « changements de pied » successifs ne permettent ni leur efficacité, ni leur évaluation. Ainsi se succèdent des injonctions contradictoires qui déstabilisent parents, élèves et personnels éducatifs.

L’élève au centre du système éducatif, comme le voulait la loi d’orientation de 1989 est finalement rarement une priorité. Quant à la prise en compte de l’enfant, elle est souvent oubliée, tant la coéducation n’est pas pensée, pas plus que l’articulation entre les temps, les acteurs et les actions éducatifs dans et hors l’École.

Dans ce contexte, les acteurs éducatifs et au premier rang de ceux-ci les enseignants, doutent des réformes, ne s’y investissent que peu, voire les refusent. Certain.e.s s’enferment dans la solitude de leurs classes, d’autres innovent loin des instructions hiérarchiques. Chacun.e tente de faire au mieux, dans un système qui ne satisfait personne. Ce que confirme une étude menée par Opinionway pour la MGEN ***, dans laquelle 63 % des Français (même 66 % des adhérents MGEN) estiment que l’école évolue moins vite que les transformations de la société, les grands enjeux du monde contemporain n’étant pas assez étudiés.

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Les élections professionnelles : agir sur le renouvellement des syndicats

Les résultats des élections professionnelles dans la fonction publique auront un impact fort sur l’avenir et l’évolution des organisations syndicales.

Évidemment, elles vont permettre de calculer leurs audiences respectives, mais aussi, grâce au taux de participation, leur poids collectif.

Dans le contexte de méfiance par rapport aux corps constitués – les syndicats ne recueillent que 27 % de confiance dans le baromètre du CEVIPOF https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/content/le-barometre-de-la-confiance-politique – et de mouvements non organisés comme les « gilets jaunes », c’est la représentativité des syndicats qui est en cause.

Sont-ils à l’image de la diversité de ceux qu’ils sont censés représenter ? Quelle est la part des femmes, des jeunes, des catégories de travailleurs modestes dans leurs instances ?

Si les études sur les militants syndicaux sont peu nombreuses, elles tendent à montrer souvent une domination masculine et une moyenne d’âge des dirigeants syndicaux autour de la cinquantaine.

Le rajeunissement et la promotion de la parité sont donc deux enjeux dans l’évolution des organisations syndicales, comme le montre bien Bastien Scordia dans son article « Le renouvellement des troupes, condition de survie du syndicalisme » publié le 29 nov. 2018 sur le site acteurs publics https://www.acteurspublics.com/2018/11/29/le-renouvellement-des-troupes-condition-de-survie-du-syndicalisme-4-6

Mais au-delà, et les revendications d’horizontalité et de participation accrue le renforce, c’est le travail même des syndicats qui est interrogé.

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Révision de la la loi de 1905 : une remise en cause inutile et dangereuse de la laïcité

La tentation n’est pas nouvelle. Régulièrement, la question est remise sur l’autel de l’égalité entre les cultes. Toujours une bonne âme pour trouver que le texte a vieilli ou est incomplet…et de jurer ses grands dieux, que c’est pour faire mieux…

Une fois (et non une foi, quoique) de plus la loi de séparation des églises et de l’État fait l’objet de débat, de velléité de révision.

Cette fois serait en question le financement des associations cultuelles et la lutte contre les dérives fondamentalistes.

Une modification de circonstance, qui sans le dire, ne viserait en fait que le culte musulman et ses supposés dérives.

Or la loi de 1905 a justement été pensée et écrite pour éviter ce type de réactions « d’actualité ». Ce qui fait sa force, c’est qu’elle est une loi de liberté. Liberté des cultes, certes, mais essentiellement liberté absolue de conscience. Elle est une loi d’équilibre et de justice, la neutralité de l’État est totale face aux religions.

L’arsenal juridique et réglementaire français est aujourd’hui suffisant pour agir contre les dérives sectaires ou les atteintes à la sécurité du pays.

Toucher à la loi de 1905, c’est ouvrir une brèche dans la capacité à « mieux vivre ensemble » : un danger inutile qui n’est ni raisonné, ni raisonnable.

Voir l’article de l’UNSA Éducation et le communiqué : http://www.unsa-education.com/spip.php?article3628