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S’accepter et accepter les autres

Difficile de vivre avec un handicap, entre plus quand celui-ci conduit au harcèlement. C’est le cas de Shoko Nishimiya. Elle est sourde et maltraitée par ses camarades dans sa nouvelle classe de CM2. Surtout par Shoya Ishida, leader puéril et malveillant qui se moque d’elle.

Quelques années plus tard, alors qu’ils sont devenus de jeunes adultes, la situation s’est retournée contre Shoya, qui subit à son tour l’exclusion par les autres élèves du lycée.

Il cherche alors à reprendre contact avec Shoko pour s’excuser de son comportement passé.

Telle pourrait être le résumé de « Silent voice » le film d’animation de Naoko Yamada qui vient de sortir en France mercredi 23 août et s’inspire d’un manga à succès.

Mais, l’histoire est plus subtile et ne tombe pas dans un manichéisme mièvre.

Car il s’agit de réactions collectives, de la responsabilité de tout un groupe de jeunes, tour à tour victimes et bourreaux, en difficulté avec sa propre violence.

Bien entendu, de manière sensible et profonde, le rapport au handicap et au harcèlement scolaire est au cœur de ce récit.

Mais l’analyse psychologique va au-delà. A la fois au niveau de chaque personnage, comme pour le fonctionnement du groupe. Chaque jeune tente de trouver sa place et de construire sa personnalité. L’amitié se cherche, se construit, s’échappe, se trouve.

L’acceptation de l’autre, des autres, implique l’acceptation de soi. Tel pourrait être l’enseignement du film.

S’il peut avoir des vertus pédagogiques, il s’adresse à toutes et tous et dépasse de loin un message pour adolescents.

Bien entendu, le film, comme la manga, montre la jeunesse japonaise et ses difficultés fasse à la violence, au handicap, ses rapports au suicide, au pardon, aux règles…

Mais, au-delà, l’analyse permet d’interroger la notion d’individuation : être soi dans un collectif. Une manière de dépasser l’égoïsme individuel, sans se perdre dans l’anonymat ou l’uniformité dans un groupe.

Une question d’actualité, qui se pose à toutes et tous.

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Sortir de la solitude, pour sortir de l’illettrisme 

« Il y a des solitudes qui ne se voient pas… »

Perdues devant un texte, une indication écrite, un formulaire papier ou en ligne… 2,5 millions de personnes âgées de 18 à 65 ans, en France, bien qu’ayant été scolarisées, ne savent pas ou plus lire, elles sont en situation d’illettrisme.

Une situation d’autant plus difficile dans un monde dominé par l’écrit et le numérique.

Une situation aussi difficile à avouer pour se faire aider à en sortir.

Et pourtant « Face à l’illettrisme vous n’êtes pas seuls » est le slogan retenu cette année pour la 5ème édition des Journées Nationales d’Action contre l’Illettrisme (JNAI fédérées par l’ANLCI) qui se tiendront du 8 au 15 septembre 2018.

Le message se veut double :

– inviter les personnes en situation d’illettrisme à sortir de leur enfermement, à prendre conscience qu’elles ne sont pas seules et peuvent être aidées par de nombreux acteurs de la formation, de l’entreprise, de l’action sociale, culturelle, citoyenne, éducative, etc.,

– valoriser les actions qui permettent d’agir contre l’illettrisme, mettre en avant la diversité des initiatives sur l’ensemble du territoire, promouvoir les acteurs, les partenariats, les projets ainsi que les personnes qui ont eu le courage d’agir pour sortir de l’illettrisme.

L’ensemble de ces initiatives sont à retrouver sur le site des journées nationales d’action

contre l’illettrisme : https://www.illettrisme-journees.fr/campagne-jnai-2018/ et toute l’actualité de la lutte contre l’illettrisme est à retrouver en permanence sur le site de l’agence national de lutte contre l’illettrisme http://www.anlci.gouv.fr/

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[Quoi de 9?]: les 9 infos « vacances » du mois d’août

Parce que mois d’août est souvent associé aux vacances, [Quoi de ?] s’est penché sur celles-ci et vous parle de :

  • ceux qui partent
  • ceux qui ne partent pas
  • ceux qui bronzent
  • ceux qui vont aux musées

mais aussi :

  • des animateurs
  • des congés payés
  • des colonies de vacances…

A lire durant les vacances, parmi les 9 infos de ce 9 août, dans [Quoi de ?] : quoi-de-neuf août 18

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« Réveil vert » : de l’attention, de l’intention, de l’action

« Plus rien ne nous menace…sauf nous »

« Si on ne réconcilie pas économie et écologie, on est foutus »

Difficile en ce temps en France de canicule et dans le monde de catastrophes naturelles, de ne pas songer aux paroles de l’astrophysicien Hubert Reeves.

Mieux que beaucoup, il sait mettre ses talents de conteur et de scientifique au service d’une alerte sur l’avenir de notre planète et de la vie humaine sur celle-ci, sur l’urgence à modifier nos comportements.

Parce qu’il est un grand observateur des étoiles, son nom revient en cette période de « nuit des étoiles ». Mais il « observe également l’évolution de la planète, le réchauffement du climat, l’acidification des océans, la biodiversité en danger et porte un regard sur les hommes qui se sont transformés en l’espèce la plus destructrice du monde et ont oublié la totale interdépendance de tous les êtres vivants », comme le montre un long entretien qu’il a accordé à France culture en juin dernier https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/entre-ciel-et-terre-la-voix-est-libre-avec-hubert-reeves.

Fataliste, Hubert Reeves ne l’ai jamais. Et c’est peut-être là sa grande force.

S’il alerte sur les dangers de ne pas prendre en compte la biodiversité, s’il s’alarme sur les prédations humaines, il n’appartient pas pour autant au camp des défaitistes. Il voit des raisons d’espérer, il est attentif à ce qu’il appelle « le réveil vert ». C’est le message essentiel à la fois de résistance et d’espoir, à retenir, du film-documentaire québécois de Iolande Cadrin-Rossignol « La terre vue du cœur » (film dont on peut lire un excellent commentaire dans la revue Sciences et avenir : https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/tele-cinema/hubert-reeves-la-terre-vue-du-coeur_124290 )

Il ne s’agit pas simplement de se lamenter sur les catastrophes écologiques en cours, mais comme le dit l’une des intervenante de ce film, savoir faire preuve « d’attention, d’intention et d’action ». Attention à ce qui se passe. Intention de changer. Agir autrement.

C’est certainement ce qui a guider Hubert Reeves a parrainer le projet de concours de films sur « cinéma et climat » proposé par la fondation de Ségolène Royal « Désirs d’avenir pour la planète », https://desirs-davenir-planete.com/.

Grand pédagogue, Hubert Reeves donne du sens à son double engagement de scientifique et d’écologiste, en affirmant qu’ « on peut voir l’astronomie et l’écologie comme les deux volets d’une même thème : notre existence. L’astronomie en nous racontant l’histoire de l’Univers, nous dit d’où nous venons, comment nous en sommes venus à être ici aujourd’hui. L’écologie, en nous faisant prendre conscience des menaces qui pèsent sur notre avenir, à pour but de nous dire comment y rester. »

Voir, comprendre et adapter son comportement…

Une véritable leçon d’écologie. Plus : une leçon de vie.

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Quand la radio parle de théâtre et d’éducation populaire

Il est des sujets qui ne trouvent une place dans la grille des médias que durant les vacances, lorsque l’actualité est moins dense.

Dommage car ces sujets ne sont pas moins importants… Chance sûrement, car durant l’été, nous avons plus de disponibilité pour y être attentifs et y réfléchir.

C’est ainsi le cas pour l’émission Le Mag de l’été présenté sur France Inter par Charlotte Lipinska et dont le sujet de ce mercredi 1 août 2018 était « Théâtre, territoires et éducation populaire ».

Trois invités : le metteur en scène Luca Giacomoni, la co-directrice du festival Paris l’été Laurence de Magalhaes et le comédien Robin Renucci. Trois « personne de théâtre », pour dire que plus que la diffusion, est venu le temps de l’infusion culturelle. C’est-à-dire de l’implication de publics. Qu’il est indispensable de ne plus les considérer comme des « consommateurs de spectacles », mais comme partie prenante de la construction des expressions artistiques.

Pas pour mener un travail social, de réparation, de pansement. Mais dans une approche inspirée des démarches d’éducation populaire. Pour mener un travail sur la personne afin qu’elle accepte de se penser autrement. Pour mener un travail collectif pour rêver, imaginer, construire le monde différemment. Pour inventer ou réinventer une nouvelle citoyenneté.

Par divers chemins. Mais avec une même volonté, celle de la qualité, comme un luxe, non pour une élite, mais proposée à toutes et tous, reconnu.e.s, chacune et chacun comme porteurs de culture(s).

La culture comme aventure humaine. Une aventure d’émancipation. Et d’utopie réalisable… en tant qu’objectif ou du moins de chemin : “L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne” affirmait René Char. Cette émission à (ré)écouter sur https://www.franceinter.fr/emissions/le-mag-de-l-ete/le-mag-de-l-ete-01-aout-2018 en est un témoignage.

 

 

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Les jeunes s’informent…et mieux encore quand ils y sont formés

Moins de télévision et de médias traditionnels, plus de numérique et de réseaux sociaux, mais un intérêt déclaré pour l’information : une étude de Médiamétrie pour le ministère de la Culture analyse et confirme l’évolution des comportements des jeunes de 15 à 34 ans vis-à-vis de l’accès à l’information et indique l’impact positif de l’éducation aux médias et à l’information.

En décalage avec certaines idées reçues, les jeunes s’intéressent beaucoup à l’information. L’étude montre ainsi que, chez les 15-34 ans :

  • ils sont 93 % à déclarer s’intéresser à l’information, selon une intensité plus ou moins élevée ;

  • 15 % d’entre eux se déclarent même « accros à l’information » ;

  • et ce ne sont que 7 % des jeunes qui affirment ne pas s’intéresser à l’actualité.

Les raisons de cet intérêt sont également éclairantes :

  • Pour 58 %, il s’agit de mieux comprendre le monde qui les entoure ;

  • Apprendre et découvrir de nouvelle choses, concerne 51 % des sondés

  • Pour 35 %, le but est de pouvoir discuter avec son entourage, intérêt qui passe à 42 % chez les 15-19 ans ;

  • 32 % considèrent qu’être informé.e.s leur permet d’être un.e citoyen.ne éclairé.e et de prendre part au débat public.

Par contre, l’analyse des supports d’information des jeunes est, elle, sans surprise. Les réseaux sociaux sont le premier moyen d’information des 15-34 ans, qui, pour 71 % d’entre eux les utilisent quotidiennement. Cette consultation régulière, se fait sur leur smartphone pour 69 %, davantage utilisé que le téléviseur (61%) et l’ordinateur (51%).

L’enquête relève ainsi un recul de fréquentation des médias traditionnels. Les jeunes regardent 14 minutes de moins par jour la télévision qu’il y a trois ans. Ils ne sont plus que 21 % en moyenne à regarder les JT (2016) alors qu’ils étaient 42 % il y a 10 ans. Durand ces dix dernières années, l’écoute de la radio a elle aussi baissé (de 7 points).

En résumé, 79 % des 15-34 ans vont sur internet tous les jours, 64 % regardent la télévision, 43 % écoutent la radio, 32 % consultent la presse papier ou en ligne et pour 71 % d’entre eux, accéder à des contenus d’information en ligne ne se fait pas directement mais passe prioritairement par les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche.

L’effet bénéfique de l’éducation aux médias et à l’information (EMI)

Si seulement 34 % des jeunes de 15 à 34 ans (majoritairement des enfants issus de familles CSP+) déclarent avoir bénéficié d’une action d’EMI dans le cadre scolaire (expérience de création de média, séances de visionnage et de décryptage de vidéos d’information, participation à la semaine de la presse et des médias à l’école…) l’étude montre que c’est parmi eux que se retrouve une majorité de jeunes « accros à l’information » : 22 % contre 12 % pour ceux n’ayant pas bénéficié d’une action d’EMI, qu’ils consultent davantage quotidiennement des contenus d’information en ligne (87 % contre 75%), qu’ils sont plus enclins que ceux qui n’ont pas bénéficié d’une action d’EMI à vérifier les informations auxquelles ils accèdent (65 % contre 42%).

L’éducation aux médias et à l’information produit donc des effets bénéfiques et pérennes sur les comportement informationnels des jeunes et semble même avoir une influence plus grande que le sexe, l’âge, les CSP ou le diplôme. Une raison supplémentaire, avec la nécessité de former à l’esprit critique, de renforcer et de développer cette éducation afin qu’elle profite à toutes et tous.

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La formation des professeur.e.s des écoles doit évoluer

Le rapport Filâtre http://cache.media.education.gouv.fr/file/2018/89/9/Rapport-Filatre-2018_985899.pdf sera-t-il au programme des lectures d’été de Madame Vidal et de monsieur Blanquer ? Des 12 propositions quelles seront celles retenues par les ministres pour améliorer -voire transformer- la formation des professeurs des écoles ? Réponses à la rentrée… En attendant, les éléments essentiels de ce rapport sont riches d’enseignements, même s’ils évitent la question brûlante de la place du concours de recrutement.

« L’ESPE doit préparer les professeurs des écoles à développer une école inclusive, juste, exigeante,bienveillante et apprenante. » Il convient donc « que chaque ESPE propose la même ambition pour ses étudiants apprentis professeurs : une ESPE inclusive, juste, exigeante, bienveillante et apprenante. Ainsi en serait-il des évaluations, des pratiques de classe inversée, de l’individualisation des parcours, des travaux interdisciplinaires, des usages du numérique éducatif... »

Tels sont les propos du rapport rendu par Daniel Filâtre au nom du Comité national de suivi de la réforme de la formation des enseignants qu’il préside. Intitulé « Améliorer la formation initiale des professeurs des écoles », ce document riche de 12 propositions a été remis le 24 juillet 2018 aux Ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Il constate que « le modèle de formation doit évoluer. » Et propose, davantage qu’une transformation du « schéma d’ensemble », de réfléchir à trois changements primordiaux dans paradigmes fondamentaux qui régissent celui-ci.

Le premier changement vise à respecter les principes des master dans la formation des professeurs des écoles, par : « une approche par compétences et une progressivité dans l’acquisition de celles-ci, une structuration modulaire, une capitalisation des modules acquis, une formation à la recherche et par la recherche, une dimension internationale. »

Considérant le futur professeur des écoles comme un professionnel acteur de sa formation, le second changement conduit à le placer à chaque fois au cœur de la formation. « Il doit donc en être ainsi dans la période de formation initiale et continuée : permettre au professeur débutant d’acquérir et de conforter en permanence ses compétences; lui proposer des parcours individualisés et différenciés ; développer les tests d’auto positionnement et les certifications lui permettant de mesurer l’acquisition de chaque niveau de compétences et de s’engager dans de nouveaux parcours… »

« Pour venir en aide aux élèves à besoins éducatifs spécifiques ou à ceux qui sont en difficulté face à certains apprentissages, le professeur doit non pas s’adapter mais changer de posture pédagogique en s’appuyant sur les savoirs scientifiques ainsi que sur les éléments de transfert et de mise en œuvre en situation de classe. » Le troisième changement conduit donc à proposer que « dans sa formation le professeur débutant apprennent à adopter une posture professionnelle permettant d’imaginer des interventions non dictées, non mécaniques mais élaborées à partir des premières difficultés ressenties par l’élève. » Cela suppose « une capacité à expérimenter et surtout à définir des interventions fondées sur des données probantes, le suivi des progrès des élèves et sur un travail collectif sur les manières de répondre à leurs besoins » et donc « que dans sa formation le futur professeur ait appris à développer des programmes, des supports et des interventions validées par la recherche, réinterrogés par le suivi systémique des progrès et adaptés selon les situations. »

Les 12 propositions du rapport

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Pratiques sportives : un accès encore trop inégalitaire

Y aura-t-il un effet coupe du monde de football entraînant un développement accru des pratiques sportives ? Pas sûr et de toute manière trop tôt pour le dire. Il faudra attendre les inscriptions dans les clubs à la rentrée pour le savoir.

En fait, la pratique sportive augmente régulièrement. Et, si ce sont les jeunes qui représentent la plus grande partie des pratiquants, l’augmentation, elle, est le fait des femmes et des seniors.

Des chiffre qui ne doivent pas masquer les grandes disparités existantes.

Une pratique de jeunes

Les jeunes de moins de 30 ans représentent environ 56 % des licenciés sportifs -71 % des licences dans les nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville,  contre 55 % dans les autres quartiers-, mais dès après 12 ans le pourcentage de licenciés diminue. L’âge augmentant éloigne des clubs et des pratiques compétitives.

Pour autant plus de neuf jeunes sur dix, âgés de moins de 25 ans, déclarent pratiquer une ou plusieurs activités sportives, 46 % des jeunes de 15 à 29 ans se livrent à une activité sportive plus d’une fois par semaine, contre 39 % pour  les 30-49 ans.

Natation, football, vélo, footing sont les sports les plus prisés par les jeunes. Et, si le vélo et la natation appartiennent également aux tranches d’âge plus élevées, la pratique du football et du footing régresse avec l’âge.

Enfin les chiffres (analysés par l’INJEP http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/ias1_le_sport.pdf) montrent qu’ « après 25 ans, un fort écart se creuse entre les hommes et les femmes, le taux de pratique étant de 93 % pour les hommes de 26 à 29 ans, contre 78 % pour  les femmes. »

Une augmentation chez les femmes et les seniors

Les pratiques sportives des Français sont à la hausse passant de 44 % à 47 % de pratiquants entre 2009 et 2015 et de 28 % à 32 % de pratiquants réguliers, c’est-à-dire au moins ayant une activité sportive une fois par semaine.

Bien entendu, le développement de la notion de « sport-santé » explique cette hausse chez les plus de 60 ans.

Mais, précise l’INJEP (http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/ias15_pratiques_sportives.pdf ) cette « embellie sur le front des pratiques sportives des femmes ne doit pas masquer une autre réalité : le genre et l’origine sociale restent encore des facteurs déterminants dans la pratique d’un sport. »

Si pour les hommes, le principal facteur d’arrêt d’un sport est l’âge, pour les femmes, c’est l’arrivée d’un enfant qui est un frein à la pratique.

De même les disparités sociales sont flagrantes : « plus de la moitié des cadres sont sportifs contre un tiers pour les ouvriers. Avoir un niveau de diplôme élevé, une bonne santé, ainsi qu’un niveau de vie élevé, augmente la probabilité d’être sportif tandis que le fait d’avoir au moins un enfant la diminue. »

Saisi par le gouvernement sur son objectif d’augmenter de 3 millions (soit de +10 %) le nombre de personnes pratiquant une activité physique et sportive (APS) d’ici à 2024, pour tous les publics sur tous les territoires, en particulier ceux en situation de carence, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu son avis le 10 juillet dernier (http://www.lecese.fr/travaux-publies/l-acces-du-plus-grand-nombre-la-pratique-d-activites-physiques-et-sportives-0 ). Il met en évidence les « décalages entre besoins et offres, qui nuisent au développement des pratiques d’APS, concernent notamment l’insuffisance mais aussi l’inadaptation des équipements sportifs, ainsi que le manque d’offre d’accompagnement et de pratiques adaptées accessibles au plus grand nombre. » Il précise que « les enjeux de l’accès du plus grand nombre aux pratiques d’APS sont importants : retisser des liens sociaux, lutter contre les inégalités d’accès, s’engager, se faire plaisir, se construire et inciter à se maintenir en bonne santé tout au long de sa vie. » Afin d’atteindre ces objectifs, il fait « des préconisations déclinées en cinq axes : mobiliser la population et co-construire un projet sportif de territoire ; favoriser le développement de la pratique d’APS à l’école et dans l’enseignement supérieur ; remédier aux principales insuffisances en matière d’équipements sportifs et améliorer leur utilisation ; conforter l’accompagnement à tous les âges de la vie, prévoir des stratégies renforcées pour certains publics et miser sur la formation ; renforcer la prise en compte durable des pratiques d’APS dans l’urbanisme et l’espace public. »

Comme l’étude de l’INJEP, le rapport du CESE montre l’effort qui doit encore être mené afin de permettre l’accès aux sports pour toutes et tous. Un chantier qui passe -entre autres- par une réflexion de fond sur la place des APS dans et hors le système scolaire.

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L’Éducation n’est pas une marchandise

L’éducation privée existe depuis longtemps dans de nombreux pays et elle se développe de manière rapide depuis ces vingt dernières années. Mais elle change également de visage. Aux écoles communautaires à but social, organisées et gérées localement afin de répondre temporairement à un besoin spécifique se substitue le développement de chaînes d’écoles privées à but commercial.

Cette marchandisation et la privatisation de l’éducation sont souvent le résultat du manque d’écoles publiques et de structures éducatives de qualité dans certaines régions. Mais elles sont aussi dues à des choix politiques qui encouragent ou soutiennent directement l’éducation privée, comme solution de remplacement de l’éducation publique.

Or, « les multinationales de l’éducation », pratiquent une sélection, directe ou indirecte, fondés sur des critères économiques, ethniques, sociaux, culturels, de genre, religieux ou autres et viennent s’inscrire en concurrence avec l’éducation publique, ses valeurs de gratuité et d’accueil de toutes et tous.

La privatisation actuelle de l’éducation crée ainsi une ségrégation socio-économique, culturelle et territoriale, remettant ainsi en cause la possibilité de créer une société ouverte, mixte, juste, et démocratique.

C’est pourquoi, depuis janvier, circule un « appel de la société civile francophone contre la marchandisation de l’Éducation », déjà largement signé (par 400 structures) mais dont l’écho doit être renforcé (au moins mille signataires) pour le prochain sommet de la Francophonie qui se tiendra en Arménie les 11et12 octobre 2018.

Il s’agit de rappeler les enjeux de l’Éducation pour la construction d’une société « du mieux vivre ensemble« , de l’émancipation individuelle et collective ; de dénoncer les méfaits de la marchandisation et de la privatisation de l’Éducation ; d’appeler les États et l’organisation internationale de la Francophonie à agir pour soutenir et développer l’Éducation publique et lutter contre sa privatisation par les « multinationales de l’Éducation » ; de prendre l’engagement de rester mobiliser pour le développement de l’éducation publique de qualité accessible à toutes et tous et pour une formation efficiente des enseignants et des travailleurs de l’éducation.

L’Éducation n’est pas une marchandise, elle est un investissement d’avenir. Cet appel entend le rappeler et agir pour que les politiques éducatives s’engagent à la hauteur de cette ambition.

Retrouver l’appel ici : Appel-fr.-contre-la-marchandisation-de-léducation-1

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État d’urgence éducatif pour la Guyane

Constat n°1 – Les difficultés que connaît la Guyane en matière éducative sont la conséquence d’une situation générale dégradée, de la pénurie d’enseignants qualifiés ainsi que d’une prise en compte insuffisante des réalités locales.

Constat n° 2 – Il y a urgence à agir en faveur d’un redressement du système éducatif en Guyane, qui se caractérise par des résultats particulièrement faibles ainsi qu’une difficulté à scolariser tous les enfants qui devraient l’être.

Constat n°3 – La Guyane illustre l’inadéquation de la transposition du modèle scolaire métropolitain et la nécessité de son adaptation, tant dans ses objectifs que dans ses moyens que les contenus de l’enseignement.

Constat n°4 – Les mesures phare du Gouvernement –dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, abaissement à trois ans de l’obligation d’instruction, apparaissent hors de portée.Plus qu’ailleurs, c’est à l’école primaire qu’il convient de donner la priorité.

Ces constats ne sont pas nouveaux, mais ils sont alarmants.

Ils sont ceux d’une délégation de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat qui s’est rendue en Guyane du 15 au 21 avril 2018 afin de dresser un état des lieux du système éducatif.

Les membres de la délégation en conclut à la nécessité de repenser le modèle scolaire guyanais et de l’adapter aux réalités locales.

Selon les rapporteurs cela devrait passer -entre autres- par le fait de « remédier à la pénurie d’enseignants et de mieux former ces derniers à la réalité du métier d’enseignant en Guyane », par une amélioration des conditions de vie scolaire, par une plus grande autonomie du recteur et une incitation à « l’innovation pédagogique », par un soutien à l’investissement scolaire, par une démarche de « contractualisation entre l’État et les collectivités territoriales », par un enrichissement de l’offre de formation et une facilitation de la mobilité des étudiants.

Le rapport insiste également sur la difficulté de l’acquisition et de la maîtrise des fondamentaux et en particulier du français alors qu’une part importante de la population n’est pas francophone. Il préconise « une formation des enseignants adaptée au contexte local, en particulier dans le premier degré, mettant l’accent sur l’enseignement du français aux élèves allophones et sur la connaissance des langues et cultures locales. »

Dans cette logique, , le Centre de Recherche, de formation et d’histoire sociale de l’UNSA Éducation a commandité une étude sur l’accueil et l’accompagnement des enfants allophones, dont une partie importante est consacrée à la Guyane. Fort des résultats de ce travail de recherche une formation sera proposée au premier trimestre de l’année scolaire prochaine sur le territoire guyanais.

Une manière pour le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation – même si nous ne partageons pas l’ensemble des conclusions des sénateurs – de prendre notre part dans le plan d’urgence éducatif indispensable pour la Guyane.