Publié dans Aujourd'hui, Recherches

Pour une expertise partagée

« Éducation : 65 millions d’experts ? »

Telle était la question posée par France stratégie aujourd’hui, dans le cadre de son séminaire pluridisciplinaire « Paroles d’experts : pour quoi faire ? »

Question interrogée dans une double dimension :

  • « Comment mobiliser la connaissance pour la décision publique en matière d’éducation 

  • « Comment partager les connaissances pertinentes pour l’éducation ? »

Évidemment, c’est à des experts que France stratégie avait demandé d’éclairer (et donc d’orienter) le débat. Et parmi eux, pas d’enseignants « de base », pas de syndicalistes, pas de parents, pas d’élèves… Pas non plus d’acteurs éducatifs… il est traditionnel que lorsqu’on parle « éducation », il faut, de fait, comprendre « école ».

Pour autant, et sans présager de ce sur quoi débouchera l’ensemble des travaux du séminaire, les trois heures d’échanges ne furent pas sans intérêt.

D’abord pour rappeler avec l’intervention de Xavier Pons -que l’UNSA Éducation a déjà interrogé sur ce sujet- les limites du débat en Éducation, constater que les décisions relèvent essentiellement d’une sphère de haut-fonctionnaires et de politique qui ne sont pas, pour l’essentiel, formés à la recherche, déplorer que la complexité des questions et des enjeux servent trop souvent de prétexte pour ne pas entrer dans des explications et des échanges plus techniques.

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Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

Union ou mésentente ? Les relations entre la FEN et le Parti socialiste de 1971 à 1992

Aujourd’hui Ismaïl Ferhat, est l’invité des rencontres du Centre Henri Aigueperse. Il est l’auteur de Socialistes et Enseignants. Le Parti socialiste et la Fédération de l’Éducation Nationale de 1971 à 1992, aux Presses Universitaires de Bordeaux, 2018.

Présentation de son travail par Benoit Kermoal :

Cette étude historique arrive à point nommé pour aider à comprendre les liens actuels entre les enseignant.e.s, la gauche et le syndicalisme. On assiste en effet aujourd’hui à un désenchantement profond : la proximité entre les profs, souvent vus de l’extérieur comme obligatoirement syndiqués, et la gauche, incarnée par le Parti socialiste, n’est plus réelle. On peine à voir quelles reconfigurations pourront se mettre en place dans un avenir proche, tant le paysage syndical et politique semble morcelé et constitué d’organisations que l’on sait maintenant fragiles au point de risquer de disparaître. Le livre d’Ismaïl Ferhat, maître de conférences à l’Université de Picardie (ESPE d’Amiens) a pour ambition d’apporter un éclairage historique à la situation actuelle en étudiant les relations entre le Parti socialiste et la principale organisation syndicale du monde éducatif avant 1992, la Fédération de l’Éducation Nationale.

Les limites chronologiques choisies permettent de saisir au mieux cette proximité entre la gauche et le syndicalisme enseignant : 1971, date du congrès d’Epinay, marque la naissance du Parti socialiste sous la houlette de François Mitterrand qui lui insuffle un dynamisme nouveau et le conduit à la victoire électorale en 1981. L’année 1992, quant à elle, est marquée par une scission au sein de la FEN, qui donne naissance à l’Unsa Éducation d’un côté, et à la FSU de l’autre. Entre les deux dates, les relations entre ces deux structures sont étudiées avec brio par l’auteur. I.Ferhat a su utiliser pour mener à bien sa recherche de très nombreuses sources et des outils pertinents : archives socialistes et syndicales pour la première fois mobilisées par un historien, documents ministériels, entretiens avec les principaux acteurs, utilisation des outils de l’histoire savante, mais aussi des sciences sociales.

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La peur d’échouer

Les notes du conseil scientifique de la FCPE viennent de publier (n°9 de mars 2018) les résultats d’une étude conduite par Mathias Millet, professeur de sociologie, CITERES-CNRS, université François-Rabelais de Tours et Jean-Claude Croizet, professeur de psychologie sociale expérimentale, CERCA-CNRS, université de Poitiers, consacrée ) « la peur d’échouer : un vecteur des inégalités dès l’école maternelle ».

Si, une fois encore, ce travail met en évidence la manière dont l’école contribue, le plus souvent bien malgré elle, à la reproduction des inégalités sociales et à la production des inégalités scolaires dès l’école maternelle, l’axe privilégié ici s’appuie, pour l’essentiel, sur ce niveau scolaire peu investi scientifiquement, et pourtant essentiel qu’est l’école maternelle et croise l’analyse sociologique avec une approche psychosociale.

Les résultats obtenus montrent que l’école insuffle dès les premiers niveaux la peur d’échouer. Cette peur de ne pas savoir apprise à l’école conduit des élèves à se détourner des apprentissages scolaires contribuant ainsi à générer des écarts de « performance » : une des causes d’inégalités scolaires potentielles.

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l’Éducation à l’heure de l’Intelligence artificielle : favoriser la créativité

Aujourd’hui au Collège de France, Cédric Villani, mathématicien et député de l’Essonne présente son rapport « Donner un sens à l’intelligence artificielle. Pour une stratégie nationale et européenne« . Une partie importante de son rapport remis hier au Président Macron est consacrée à l’impact des transformations numériques sur l’Éducation. C’est la cas du « Focus n°1 : Transformer l’éducation », dans lequel sont développées deux pistes essentielles :

  • celle d’enseigner à l’heure de l’intelligence artificielle
  • celle de transformer les politiques éducatives grâce à l’intelligence artificielle

La partie 2 du rapport met également en évidence les transformations indispensables tant dans la formation initiale que continue avec la valorisation de la créativité, non comme « un supplément d’âme » mais comme un levier essentiel de développement de nouvelle manière d’apprendre.

« L’apprentissage de la créativité suppose une modification profonde des modes d’enseignement : il ne s’agit pas de cantonner la créativité, entendue comme capacité de « développement personnel » à des matières « artistiques» ou à des enseignements annexes/d’ouverture, comme c’est souvent le cas aujourd’hui. C’est la manière d’enseigner les matières fondamentales qui doit être modifiée pour des pédagogies nouvelles qui soient orientées davantage vers le développement de l’esprit critique et de la coopération. »

Aussi le rapport, plutôt que d’ajouter des injonctions nouvelles aux professionnels de l’Éducation, invite à rendre davantage de liberté aux pédagogies innovantes et créatives :

il s’agit de mettre au centre les capacités d’initiative des enseignants et leur donner les moyens d’être reconnus et d’agir lorsqu’ils innovent. Combien, en effet, d’enseignants, à tous les niveaux et même dans l’enseignement supérieur, qui innovent, s’investissent de manière importante dans la rénovation des méthodes pédagogiques et qui voient leurs efforts ignorés et leurs réussites minorées ?

Le Président de la République doit annoncer aujourd’hui sa stratégie de développement de l’intelligence artificielle en France. A suivre ce qu’il retiendra sur le plan éducatif.

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L’école maternelle à la source de la réduction des inégalités sociales

Alors que s’ouvre aujourd’hui les « assises de l’école maternelle », il n’est pas inutile de lire ou de relire le rapport « L’école maternelle à la source de la réduction des inégalités sociales : une comparaison internationale » publié en septembre 2016, dans le cadre du rapport scientifique du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco): comment l’école amplifie les inégalités sociales et migratoires.

( à retrouver ici : http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2016/09/west_solo_fr1.pdf )

Ce rapport analyse le lien entre les dispositifs d’accueil et d’éducation des jeunes enfants (Early Childhood Education and Care, ECEC) et les inégalités sociales de résultats scolaires dans une perspective de comparaison internationale, dans le but d’éclairer la prise de décision en France en matière d’enseignement pré-primaire.

De nombreuses études ont révélé que l’éducation pré-primaire permet d’améliorer le bien-être des élèves, de poser les fondations de l’apprentissage tout au long de la vie, d’accroître l’égalité des chances dans l’éducation, de réduire la pauvreté et de faire progresser la mobilité sociale d’une génération à l’autre.

La première partie du rapport analyse les politiques éducatives d’éducation pré-primaire à l’échelle européenne. Selon la Commission Européenne (2011), la « participation des enfants issus de milieux sociaux défavorisés, indépendamment de la situation professionnelle de leurs parents, doit être favorisée afin d’éviter la stigmatisation et la ségrégation ».

La seconde partie du rapport analyse l’influence des dispositifs d’accueil et d’éducation des jeunes enfants sur les résultats scolaires ultérieurs des élèves issus de milieux défavorisés notamment en se basant sur la littérature internationale récente.

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Enseigner dans l’enseignement agricole : passionnant et difficile à la fois

Aujourd’hui, le SEA-UNSA Éducation, syndicat de l’enseignement agricole public de l’UNSA publie les résultats d’une enquête menée auprès de 6.343 personnes titulaires enseignants dans l’Enseignement Agricole Public à l’automne 2017.

L’objectif était de connaître les attentes des enseignants sur l’évolution de leur métier.

Les 671 questionnaires reçu (soit un taux de réponses de 10,5 %), permettent de mettre en évidence le fait qu’enseigner dans l’enseignement agricole est un métier de transmission à la fois passionnant et difficile, qui génère stress et fatigue mais que les collègues jugent malgré tout intéressant et enrichissant.

Cette enquête était axée sur 5 thématiques:

1 – les conditions de travail;

2 – la pédagogie;

3 – les missions et services des enseignants;

4 – la fin de carrière;

5 – la formation initiale et continue des enseignants.e

Des données qui complètent de manière pertinente le Enquête métier enseignants.es SEA-UNSA éducation.

Retrouver les principaux résultats de l’enquête du SEA-UNSA Éducation dans le document joint

Enquête métier enseignants.es SEA-UNSA éducation

ou sur le site du SEA – UNSA Éducation http://sea-unsa.fr/index.php/home/430-enseignement-agricole-public-enquete-metier-enseignant-du-sea-unsa-education 

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Prêt d’un quart des dépenses d’éducation sont faites par les collectivités

Si les dépenses des collectivités territoriales ont été croissantes jusqu’en 2009, elles sont désormais stables, étant équivalentes en 2016 à celles de 2010. C’est ce qu’analyse la DEPP, direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du Ministère de l’Éducation nationale dans sa note d’information de janvier dernier.

Ce sont 35,7 milliards d’euros qui sont ainsi investis dans l’Éducation, pour une importante moitié par les communes qui en plus du fonctionnement des écoles assument une grande partie du temps péri et extra-scolaire (pour environ 10% de leur dépenses), à 30% par les régions qui ont la charge des lycées mais également de la formation professionnelle et à moins de 20% par les départements à qui reviennent les collèges et les transports scolaires.

Le document met en évidence que l’augmentation des frais de personnels et de fonctionnement entraîne une diminution de l’investissement : rénovations et nouvelles constructions d’écoles ou d’établissements.

Au-delà de ces données générales, il faudrait regarder le détail des chiffres afin de mettre également en évidence les disparités entre les territoires tant dans leur capacité financières que dans leur choix politique de faire ou non de l’Éducation une priorité.

depp-ni-2018-18-01-depense-d-education-des-collectivites-territoriales-35,7-milliards-d-euros-en-2016_882566

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LE PARTI SOCIALISTE et la FÉDÉRATION de L’ÉDUCATION NATIONALE de 1971 à 1992 par Ismaïl Ferhat

Pourquoi le Parti socialiste, longtemps qualifié de « parti d’enseignants », rencontre-t-il des tensions répétées avec ce milieu professionnel depuis la fin des années 1990 ? C’est l’analyse des racines de cette crise qu’Ismaïl Ferhat, maître de conférences à l’Université de Picardie (ESPE d’Amiens) et chercheur rattaché au laboratoire CAREF, a menée, dans sa thèse soutenue en 2013 et dorénavant dans un ouvrage intitulé Socialistes et enseignants Le parti socialiste et la fédération de l’éducation nationale de 1971 à 1992.
Ismaïl Ferhat interviendra dans le cadre des rencontres du Centre Henri Aigueperse en présentera ses travaux en deux temps :

  • Mercredi 4 avril de 10 à 12 heures (accueil à partir de 9h30, salle Soleilhavoup), sur le sujet des relations FEN-PS entre 1971 et 1981.
  • Mercredi 23 mai de 10 à 12 heures (accueil à partir de 9h30, salle Solheilhavoup), sur la période 1981-1991 (de la victoire de la gauche à la scission de la FEN).

FLYER-Socialistes et enseignants

Ces rencontres ont lieu au siège de l’UNSA Education 87bis avenue Georges GOSNAT à Ivry sur Seine (métro Mairie d’Ivry). Merci de confirmer votre présence auprès de celine.pourtier@unsa-education.org

 

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La 6ème édition du baromètre des métiers UNSA Education

Ce 20 mars l’UNSA éducation a rendu public les résultats de la 6ème édition de son baromètre des métiers de l’Education à laquelle plus de 33000 collègues ont répondu. L’occasion d’avoir une photographie précise du ressenti des professionnels de l’Education souvent tiraillés entre l’amour de leur métier et la non-adhésion aux choix politiques qui concernent leur secteur d’activité.

Retrouver tous les résultats sur le site de l’UNSA Education : http://www.unsa-education.com/spip.php?article3317