5 ans après, où est (l’esprit) Charlie ?

C’était le 7 janvier. C’était il y a tout juste 5 ans.

C’était l’horreur d’un massacre.

Et la prise de conscience qu’en ce début de 21è siècle on pouvait encore être tué pour un mot, un dessin, une idée.

Tué pour sa liberté de conscience et d’expression.

5 ans après, 69 États dans le monde continuent à punir par la loi le blasphème alors que seulement huit pays l’ont retiré de leur cadre juridique,

Mais au-delà du seul cadre légal, la censure semble se développer. « Nouveaux censeurs » annonce le numéro de Charlie Hebdo de ce jour. «Rien n’a changé, ça ne peut que mal finir», affirme Richard Malka l’avocat du journal satyrique.

Pour Ahmed Shaheed, rapporteur spécial de l’ONU en charge de la liberté de religion ou de croyance, interrogé par Libération, « la peur l’a emporté», Et il cite des pays comme le Pakistan, l’Inde et le Bangladesh où la religion est instrumentalisée pour supprimer la liberté d’expression.

Une liberté qui semble faire peur.

Il est vrai que certains en ont profité pour tenter de l’instrumentaliser

Si « l’esprit Charlie», qu’il était de bon ton d’invoquer à tout propos il y a cinq ans, recule ainsi insidieusement sous le poids de ces «nouvelles censures» que l’hebdomadaire dénonce à juste titre dans le numéro anniversaire publié ce mardi » déplore l’historien du journalisme Alexis Lévrier, il dénonce également « une autre trahison, plus insidieuse » Celle d’utiliser « la tradition d’irrévérence de ce journal […] comme une caution pour autoriser l’injure, la diffamation ou l’appel à la haine. » Or rappelle-t-il, « il est donc impossible de mettre sur le même plan les dessins de Charlie moquant l’islam et les insultes d’un Eric Zemmour à l’égard des musulmans, lesquelles lui ont valu plusieurs condamnations judiciaires » ou d’un Gabriel Matzneff se présentant « comme un alter ego de Cabu ou Wolinski » car estimant « que les «artistes libertins» sont victimes des mêmes intolérances que les dessinateurs assassinés. »

A l’opposé, les arguments de «respect des sensibilités» ou des «minorités», peuvent apparaître comme les « oripeaux de la censure ou, plutôt, de «l’autocensure» comme s’en inquiète Richard Malka.

En effet renoncer à la caricature, revient non seulement à donner raison aux censeurs, mais à faire le deuil d’une liberté que la presse a su utiliser pour conduire à l’émancipation.

Un subtil équilibre à construire et qui devrait être au cœur de l’enseignement moral et civique comme de toute éducation à la citoyenneté.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :