L’école inclusive : pour la réussite scolaire ? le bien-être des enfants ? l’insertion sociale ?

L’inclusion, est-ce garantir la même école pour tous, ou bien inventer une école qui s’adapte aux besoins de tous les enfants, ou bien encore une école qui s’adapte aux enfants ayant des besoins particuliers ? 

Ainsi s’interroge un rapport de Terra Nova consacré aux « dilemmes de l’école inclusive ». La question est d’actualité et suscite bien des débats. Car au-delà des ambitions affichées et des engagements chiffrés concernant prioritairement le nombre d’élèves en situation de handicap (ESH) accueillis en milieu scolaire ordinaire et d’AESH recrutés pour les accompagner, la question des objectifs se posent.

Or, les données manquent. Le rapport pointe « l’absence d’évaluation d’impact de l’école inclusive sur le niveau scolaire, la formation professionnelle des jeunes en situation de handicap et leur inclusion sociale, ainsi que l’absence de données statistiques rendent difficile d’appréhender l’objectif de l’école inclusive – qui semble être une fin en soi plus qu’un moyen ». L’unique évaluation réalisée par la DEPP en 2019 sur l’apprentissage des ESH à l’école ordinaire montre que 80% des ESH n’ont pas le baccalauréat et qu’ils sont souvent confrontés à une orientation scolaire forcée. Sans se soucier de leur réussite scolaire ni de leur inclusion sociale et professionnelle, l’école inclusive en France risque d’être limiter à seulement une intégration physique. Or celle-ci est variable à la fois selon le type de handicap et en fonction du milieu social des familles : une double source de discrimination.

Que faire alors pour « garantir les mêmes conditions de scolarisation à tous les élèves » avec équité et réelle différenciation ?

Terra Nova propose trois scenarii s’appuyant sur différentes préconisations en fonction des objectifs visés.

Le premier visant la réussite scolaire des ESH préconise « un rééquilibrage du système scolaire vers plus d’accessibilité, en favorisant la différenciation pédagogique, l’accès à un matériel adapté, et une meilleure formation des enseignants et accompagnants des ESH ».

Le second centré sur le bien-être des ESH en milieu ordinaire nécessite selon la rapport « une meilleure articulation entre le médico-social et l’Éducation nationale, et la priorisation du développement personnel de l’ESH » qui considère « cet objectif de bien-être comme prérequis à la réussite scolaire de l’élève ».

Dans le troisième scénario, « l’école inclusive aurait pour objectif central de favoriser l’inclusion des ESH en société, et représenterait ainsi la première étape d’un parcours d’inclusion ».

Si dans tous les cas, le rapport insiste sur les besoins en formation, il précise que « la résolution des multiples dilemmes posés par l’école inclusive » nécessite de préciser le sens donné à cette inclusion. Celui-ci est certainement à trouver dans « un meilleur équilibre entre les logiques de compensation et d’accessibilité », ce qui implique « d’assurer une meilleure articulation entre l’Éducation nationale et le médico-social, [ainsi que] de revaloriser les métiers de l’accompagnement des ESH ».

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https://tnova.fr/societe/education/les-dilemmes-de-lecole-inclusive/#l-rsquo-inclusion-nbsp-de-quoi-parle-t-on-8239 Retrouvez également une réflexion approfondie sur l’école inclusive dans Question d’éduc n° 48 https://www.unsa-education.com/revue/questions-deduc/


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