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« L’Europe : un espace plutôt qu’un territoire » selon Arnauld Leclerc

Les élections européennes auront lieu dans 10 jours. Dans le cadre d’une réflexion/formation sur l’Europe, le [C@mpus] du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation a organisé un échange avec Arnauld Leclerc professeur des universités, directeur de la chaire de philosophie de l’Europe à l’université de Nantes

Cet article tente de mettre en évidence les points saillants de l’exposé et des riches échanges qui ont eu lieu entre notre intervenant et les militants fédéraux.

Pour débuter sa présentation Arnauld Leclerc a rappelé quelques données certes connues, mais que l’on oublie trop souvent.

L’Europe est

la 3ème zone démographique du monde,

la 1ère zone économique et d’investissement,

la 1ère zone commerciale du monde,

la 2ème zone monétaire du monde,

la 1ère puissance agricole mondiale mais aussi la 1ère pour les services,

la 1ère zone touristique (elle accueille 1 touriste sur 2).

Avec 7,8% de la population mondiale, elle concentre 30% de la richesse mondiale.

Dans les 6 mois qui viennent, toutes les instances de la communauté européenne vont être renouvelée (Parlement, Commission, Présidence du Conseil de l’Union, Présidence de la BCE).

Nous sommes donc à une période importante pour l’Europe qui s’est façonnée au fil de l’histoire et dont on peut mettre en lumière trois étapes, trois époques  de construction :

l’enfance de l’Europe : qui porte en elle une image un peu romantique, naïve mais qui symbolise l’espoir de paix (Kant)

l’adolescence de l’Europe (aux XIXè et XXè siècles) qui voit la montée des nationalismes et également une conception européenne portée par le nazisme

l’âge adulte de l’Europe, depuis la Libération qui construit une Europe économique, politique, culturelle.

Cette Europe politique s’inscrit dans une construction progressive reposant sur les notions :

d’État de droit

d’économie de marché…

• …à vocation sociale

de démocratie

Pourquoi faire l’Europe ?

Essentiellement pour la paix.

Et cet argument tient jusqu’au traité de Maastricht et la chute du mur de Berlin.

Face à la crise des années 1990, la paix n’est plus une justification. Apparaissent alors les premières réticences, voire résistances, longtemps masquées par un consensus permissif, mais renforcées par la crise de 2005, l’euro, les migrations.

2 grandes questions sont aujourd’hui en débat :

– L’Europe doit-elle avoir une fonction politique ou seulement une fonction économique ?

– Quelle doit être la place de l’union européenne face à la mondialisation et son flux de communication

Les réponses à ces questions entraînent quatre positionnements distincts que l’on peut représenter ainsi :

Pour une Europe politique

Contre une Europe politique

Contre la mondialisation

L’Europe forteresse (fédéralistes)

Repli sur l’Europe des Nations

Pour la mondialisation

Europe cosmopolite et transnationale (plus une vision intellectuelle que politique)

L’Europe du grand marché (Anglais)

L’enjeu des élections à venir est de voir quel est le modèle qui progresse, avec le risque d’une montée des partis populistes (des droites extrêmes), un affaiblissement des groupes majoritaires (le PPE à droite, les sociaux-démocrates à gauche). La question du poids du futur parlement se pose.

Quelques éléments du débat :

Le consensus permissif ?

De 1957 aux années 1980 la majorité de l’opinion publique est favorable à l’Europe même si c’est sous la forme d’un chèque en blanc aux élites qui soutiennent ce projet. L’Europe est encore mal connue et pèse peu sur le quotidien des européens.

Après les années 1980 : l’opinion devient critique alors que l’essentiel des lois nationales ont une origine européenne.

Construire un espace politique européen entraîne forcément des oppositions. L’absence d’une construction identitaire pose problème et interroge le développement de l’union européenne : doit-il passer par la monnaie ? Par la défense ?…

De fait un consensus de façade cache de véritables différences de points de vue qui finissent par éclater (Brexit)

L’Europe : un territoire ?

L’Europe, c’est moins une géographie physique qu’une géographie intellectuelle. L’Europe est davantage un espace, régulé et pacifié par des outils juridiques. Ce n’est pas un territoire avec un modèle vertical, mais plutôt des relations horizontales entre les différentes sociétés qui la composent.

L’identité européenne ?

Elle se construit dans le relationnel. Elle est donc dynamique et inscrite dans le temps. Dans la construction identitaire c’est la relation à l’autre qui permet de se construire soi (Ricoeur). Il est donc nécessaire pour se définir de chercher à l’extérieur, les choses qui viennent d’ailleurs.

L’identité renvoie aussi à la citoyenneté. Il s’agit de valeurs, de droits, de projets partagés. Or la citoyenneté européenne est au niveau zéro. Les droits européens sont ridicules. 5 % des européens vivent en dehors de leur État, mais seulement 50 % d’entre eux utilisent les droits européens.

La défense européenne ?

Un projet qui n’a pas marché ? Tant mieux… S’il s’agit d’un soft power, d’une zone d’influence qui se redéfinit en permanence alors oui l’Europe a un rôle à jouer. Mais construire une défense armée instaurée une fois pour toute, cela peut être dangereux. L’Europe n’a pas vocation à devenir une puissance sur le modèle de l’État.

La monnaie européenne ?

Les pères fondateurs de l’Europe avançaient avec une logique de petits pas. La création d’un espace économique unifié (mené par J. Delors) devant conduire à la monnaie unique. La Théorie de Robert Mundell impose que les économies soient homogènes au sein d’une même monnaie. Or en Europe du Nord il y a un fort investissement entrepreneurial lié à l’industrie alors que l’Europe du Sud connaît un déficit structurel avec un niveau de formation des salariés plus faible et une économie qui repose beaucoup sur le tourisme ou des services non exportables. Pour que la monnaie unique puisse être viable il faut une économie de transferts : des mécanismes de régulation et une démarche solidaire. Ce n’est pas le cas dans l’union européenne actuelle, sauf à la marge.

L’Europe à plusieurs vitesses ?

L’Europe se construit par strates. Il y a toujours eu plusieurs cercles avec des pays membres et des coopérations renforcées. L’Europe d’Erasmus (33 pays) n’est pas celle de la Recherche, de Schengen, de l’Euro (17 pays)…

L’Europe est un ensemble de politiques avec, à chaque fois, des tours de table différents qu’il s’agit de coordonner.

Espace politique européen ?

En fait il s’agit d’un espace démocratique transnational. Le cœur des politiques reste dans les États. On reproche souvent à la commission ce que l’on ne reprocherait pas à sa mairie, alors que le fonctionnement européen est très transparent et que c’est la Conseil de l’Union, c’est-à-dire la réunion des chefs d’État qui a de plus en plus le pouvoir. La difficulté est de trouver des compromis entre la Commission, le Parlement et le Conseil.

L’Europe politique repose sur une logique de compromis entre les groupes politiques au Parlement, entre les États au Conseil, entre la Commission, le Parlement et le Conseil. Ce système empêche la constitution d’un espace politique classique. Ainsi en 2000 tous les gouvernements des pays européens étaient à gauche comme le Parlement et la Commission, en 2010, ils étaient tous passés à droite. Or, les orientations politiques n’ont pas changé. Construire un espace politique européen suppose des lieux de débat, de critique dans les différentes sociétés européennes mais où les options politiques sont lisibles.

Quitter l’Europe ?

Avant le Brexit, beaucoup d’États se posaient la question et la tentation aurait été forte si cela avait positif. Mais les effets assez lourds du Brexit, même s’ils affectent peu l’économie, pour l’instant, et ont fait chuter la monnaie britannique de 15 %, refroidissent. Il faudra attendre le bilan, mais déjà l’impact politique en Angleterre est conséquent. Du coup, la plupart des partis populistes de droite ont renoncé à présenter la sortie de l’Europe comme une option (ex : le FN, le parti d’extrême droite suédois…). Il y peu de rêves de rupture aujourd’hui.

Plus d’Europe, mieux d’Europe ?

Il y a une demande de sens de la construction européenne. Il s’agit de retrouver un projet global. Il devrait être dans sa vocation sociale. Mais comment conserver une protection acquise il y a 70 ans et régulièrement remise en cause ? Il s’agit de faire que ces mécanismes sociaux ne se délitent pas alors que l’Europe a les plus fortes dépenses sociales du monde.

L’idée n’est pas de faire plus d’Europe à Strasbourg ou à Bruxelles, mais il faut surtout faire vivre l’Europe, l’idée européenne, parler de l’Europe dans les territoires nationaux. Pour se développer l’Europe doit occuper plus de place dans les médias, l’éducation, la réflexion quotidienne dans chaque pays membre de l’union.

Le point fort ?

C’est de ne pas raisonner à l’échelle d’une société mais d’un ensemble de 500 millions de citoyens qui pèse dans un monde globalisé.

Le point faible ?

Le risque de délitement des mécanismes sociaux.

 

Pour en savoir davantage sur Arnauld Leclerc et ses travaux : https://www.univ-nantes.fr/version-francaise/m-arnauld-leclerc-225989.kjsp

ainsi que sur la chaire de philosophie européenne de Nantes : https://alliance-europa.eu/fr/

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Un regard syndical sur l’éducation permanente

Formidable levier possible d’épanouissement et de développement social et professionnel jamais réellement abouti, et/ou mécanisme au service des catégories les plus favorisées, inscrit dans des logiques concurrentielles et court-termistes ? L’éducation permanente est à la fois l’un et l’autre. Tels sont les résultats d’une recherche menée par Luc Bentz et Maxime Blanc au titre du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation dans le cadre de l’agence d’objectifs de l’IRES.

De manière rétrospective, l’étude analyse l’évolution du modèle de formation des adultes en France entre 1959 et 2014 au prisme de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN), puis, après 1992, de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA). En reprenant en détail la construction légale progressive qui a conduit à la loi de juillet 1971, le rapport met en évidence les approches syndicales très longtemps « scolaro-centrées » de la FEN, la prééminence que revêtaient pour elle les interactions avec les enjeux de formation initiale (notamment professionnelle), jusqu’au « choc » de l’accord national interprofessionnel du 9 juillet 1970. Il analyse ensuite la prise en compte du sujet dans le projet d’« École de l’éducation permanente » (1973-1981) et ses avatars successifs. Il montre également l’importance de la « formation des adultes » dans la construction de la dimension interprofessionnelle de l’UNSA. Enfin, la dernière partie du travail présente de manière thématique, à partir des caractéristiques et des enjeux repérés par les acteurs professionnels du champ de la formation, le basculement des logiques de formation qui s’opère, devenant progressivement une démarche de responsabilisation et d’individualisation de la formation dans une approche désormais pensée presque exclusivement dans une logique professionnelle.

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« Libres ensemble » : sociologie des militants de l’UNSA

Qui sont les adhérents et les militants de l’UNSA ? Qu’est-ce qui les fédère ? Quelles sont leurs valeurs ?

C’était il y a quatre ans, lors du dernier congrès de l’UNSA. Ces questions se posaient et le Centre Henri Aigueperse, dans le cadre de l’agence d’objectif de l’IRES, commanditait une étude à l’Orseu sur la sociologie de l’UNSA au prisme ou au miroir de ses militants. Visant à mieux comprendre l’organisation dans ses dimensions humaines, il s’agissait aussi d’interroger le défi de l’union dans le respect de l’autonomie.

A partir de l’exploitation d’un questionnaire et d’entretiens, « Libres ensemble » est le résultat de cette recherche. « Libres ensemble » parce que pour les auteurs de l’étude « le sens et la philosophie d’action de l’UNSA sont dans cette association complexe entre liberté et solidarité commune. »

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Les pactes sociaux en Europe. Déclin ou permanence ?

Conduite par Noélie DELAHAIE, Jean FANIEL, Annie JOLIVET, Udo REHFELDT, Catherine VINCENT, Marie WIERINK de l’IRES, la recherche étudie les pactes sociaux (conclus ou échoués) depuis les années 1990 dans sept pays européens. L’analyse comparative s’appuie sur sept monographies-pays détaillées. Ces pactes sont des accords bi- ou tripartites interprofessionnels nationaux d’une certaine complexité qui comprennent, d’un point de vue syndical, des avancées, mais aussi des concessions, le plus souvent salariales. Pour chaque pays, les monographies présentent les principaux pactes et analysent leur contenu, en les situant dans le contexte économique et dans le cadre des systèmes nationaux de négociation collective. Elles identifient les acteurs qui étaient à l’initiative des négociations, leurs objectifs, ainsi que les concessions et contreparties obtenues dans la négociation. Le cas échéant, les monographies expliquent également ce qui a fait échouer la négociation.

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La remise du Prix Maitron 2018

Le 5 décembre a eu lieu la journée Maitron 2018 avec trois temps forts : tout d’abord ce fut la présentation du site Internet qui a été totalement renouvelé avec une nouveauté majeure : l’accès libre de la très grande majorité des notices biographiques qui recouvrent une large période allant de 1789 aux années 1960. On y retrouve plus de 180 000 notices de militantes et de militants du mouvement ouvrier et du mouvement social. Dans ce corpus, la présence des enseignant.e.s est forte, et c’est toute l’histoire du mouvement syndical enseignant qui est illustré par le parcours de ces hommes et ces femmes connu.e.s ou inconnu.e.s. Plusieurs communications ont été présenté durant cette journée et on retiendra en particulier l’intervention d’Ismaïl Ferhat qui a porté justement sur le corpus enseignant. Le Maitron est une œuvre vivante et une nouvelle série de notices biographiques est en cours de réalisation : pour le monde enseignant, l’Association pour l’histoire des militants associatifs et syndicaux de l’éducation ( HIMASE http://www.himase.fr/ ) joue un rôle important dans l’écriture de ces notices.

Autre temps fort de la journée : la remise du Prix Maitron 2018, attribué cette année à Gaëlle Boursier pour son mémoire de M2, « ‘Nous ne resterons pas les bâtards de la métallurgie’. Histoire de la grève des Batignolles, janvier-mars 1971, Nantes » soutenu en 2017 à l’Université de Rennes 2 sous la direction de Gilles Richard. Le jury du prix, composé d’universitaires et de syndicalistes, a salué la grande qualité de ce travail. Chaque année le prix est doté d’une somme de 1500 euros financée par l’UNSA Éducation. Nous avons demandé à l’auteure de nous en dire davantage sur son travail de recherche.

Entretien avec Gaëlle Boursier, lauréate du Prix Maitron 2018.

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Pierre Mauroy, syndicaliste

Le 6 décembre dernier, l’Institut Pierre Mauroy organisait, au Sénat, dans le cadre de son colloque annuel, une rencontre autour de la passion syndical et associative de Pierre Mauroy.

Si l’on connaît,en effet, la carrière politique de Pierre Mauroy, premier ministre et maire de Lille, si son engagement associatif dans la création puis dans la direction de la fédération d’éducation populaire Léo Lagrange, son implication syndicale, à la tête du Syndicat national de l’enseignement technique dans les centres d’apprentissage (SNET-CA, puis SNET-AA de la FEN) est moins connu.

Le Centre Henri Aigueperse est intervenu pour rappeler cet engagement militant dans une période politique troublée (4ème République et Guerre d’Algérie), mais aussi dans une époque de démocratisation massive de la scolarité et donc de réflexion sur les nécessaires réformes du système éducatif.

Ci-dessous, l’intervention du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation :

On imagine souvent la FEN comme une puissante structure syndicale, une « citadelle enseignante », une armée de permanents capable de faire trembler le ministre de l’éducation nationale comme aimait à le raconter l’autre ministre qui en est issu, André Henry.

Mais la FEN du début des années 1950 n’est pas celle de la fin des années 1970. Et si l’on veut comprendre comment un jeune prof de l’enseignement technique a pu avant trente ans être secrétaire général de son syndicat, secrétaire des commissions fédérales culture-jeunesse, puis pédagogie, rapporteur d’une motion au congrès national de 1957, c’est bien entendu par l’engagement et les qualités du militant Pierre Mauroy que cela s’explique, mais cela doit aussi être compris dans le contexte de cette époque, tant pour la FEN que pour le syndicalisme de l’enseignement technique.

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Candidater au prix Maitron, c’est maintenant.

Le prix Maitron est décerné chaque année, à la mi-novembre par un jury présidé par le professeur  Antoine PROST et composé d’enseignants-chercheurs et chercheurs et de syndicalistes.

Maitron2018

Le prix Maitron couronne le mémoire de master d’un étudiant en sciences sociales dont les travaux prolongent l’œuvre de Jean Maitron dans les domaines du mouvement social, du mouvement ouvrier, du syndicalisme, etc., aux XIX° et XX‘ siècles, en France comme à l’étranger.

Jean Maitron (1910-1987), instituteur syndicaliste puis maître de conférences à Paris 1, a créé le Centre d’histoire sociale et fut notamment à l’initiative de la création du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. Le prix Maitron a été créé, pour honorer sa mémoire, sur l’initiative de la Fédération de l’Éducation nationale, aujourd’hui UNSA Éducation.

C’est le moment de candidater.

Le mémoire doit avoir été soutenu dans une université au cours d’une des deux années universitaires précédentes. Le montant du prix est de 1 500 euros.

 À qui s’adresser ?

Les mémoires sont à adresser en un seul exemplaire numérique (en format PDF) avant le 15 SEPTEMBRE 2018 à :

Thérèse Lortolary
Centre d’histoire sociale du XXe siècle
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Courriel : therese.lortolary [arrobe] univ—paris1.fr

 

 

 

 

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Du bon usage des téléphones portables

 » À l’exception des lieux où, dans les conditions qu’il précise, le règlement intérieur l’autorise expressément, l’utilisation d’un téléphone mobile par un élève est interdite dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges » tel est le texte déposé à l’Assemblée par Richard Ferrand, afin de satisfaire à l’engagement du président de la République et de son ministre de l’Éducation nationale, d’interdire les téléphones portables à l’école. Un projet de loi qui renvoie donc la responsabilité à chaque école et établissement, ce qui est exactement le cas actuellement.

Le point positif de cette annonce est donc que, si elles le souhaitent, les équipes pourront utiliser les téléphones portables à des fins pédagogiques.

Belle occasion pour rappeler la recherche menée en 2014 par Josie Bernicot, de l’université de Poitiers, pour le compte du Centre Henri Aigueperse, sur l’usage des SMS par les collégiens et les lycéens unsabernicotrapportfinal_161213.

La première partie fait référence à l’incidence -ou pas- de ce mode de communication sur le niveau d’orthographe des élèves de collège. La seconde analysent les formes et contenus des messages des lycéens.

Les deux approches montrent que la maîtrise des outils de communication modernes ne va pas de soi. Il n’y a pas de « miracle générationnel » pour les jeunes le plus en difficulté. Or ces technologies devenant usuelles, leur maîtrise apparaît comme un enjeu d’insertion sociale, dont l’École ne peut s’extraire.

A y réfléchir avant d’interdire.

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Même s’ils se resserrent, les écarts de retraite entre les femmes et les hommes demeurent importants

Réalisée à la demande du Centre Henri Aigueperse – UNSA Education et avec le concours financier de l’IRES, la recherche conduite par Carole Bonnet (Ined), Dominique Meurs, (Economix Paris Ouest, Ined et Cepremap), Benoît Rapoport (Paris 1 et Ined) intitulée « Ecarts de retraite entre les hommes et les femmes dans le privé et le public » (février 2018) met en évidence que les écarts de retraite entre les femmes et les hommes tendent à se réduire, mais qu’ils demeurent encore très importants. (retrouvez ici l’ensemble de la recherche : Rapport final unsa mars 2018 )

Quels enseignements nous apportent cette recherche ?

  • Tout d’abord que les écarts moyens se sont un peu resserrés entre 2008 et 2012, quel que soit le régime d’affiliation considéré. Mais « la pension moyenne des femmes au Régime Général (mono et polypensionnés) représente environ 50 % de celle des hommes en 2008 comme en 2012. Les écarts sont plus faibles dans la Fonction publique, que ce soit pour les agents de l’État (plus de 80%) ou des collectivités (autour de 75% pour les monopensionnés, plus de 80% pour les polypensionnés).

  • Ensuite que les distributions des pensions n’ont pas évolué de façon spectaculaire entre 2008 et 2012, ce qui n’est guère étonnant compte tenu du fait qu’un grand nombre de retraités observés en 2012 était déjà présents en 2008. »

      • Ainsi, la distribution des retraites des femmes reflète toujours nettement une plus grande fréquence des petites pensions, même si on observe une lente convergence vers la distribution des hommes.

      • Quant aux distributions de durée validée, elle font toujours apparaître de fortes différences entre hommes et femmes, celle des hommes étant beaucoup plus ramassée, avec un pic très fort autour de 160 trimestres, alors que celles des femmes est très dispersée, avec un grand nombre de retraitées ayant des durées inférieures à 50 trimestres.

      • Enfin une grande inertie, en défaveur des femmes, caractérise la distribution des salaires de référence servant au calcul du montant des retraites.

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