Si l’on se réfère aux données des années antérieures à la pandémie de Covid, un tiers des adolescent.es de 13-14 ans partent aux vacances de la Toussaint ou à celles de Noël (chiffres 2018). C’est le cas d’4 sur 10 pour les vacances d’hiver chiffres 2019) alors que 87 % partent au moins quatre jours lors des vacances d’été.
Une étude de l’INJEP montre qu’au total, 59 % des collégiens sont parti.es au moins une fois à l’une des petites vacances, mais seulement 18 % ont pu partir à chaque période de petites vacances.
Sans surprise, « les départs aux petites vacances scolaires varient fortement avec le milieu social : 79 % des enfants de cadres et de chefs d’entreprise sont partis au moins une fois au cours de celles de la Toussaint, de Noël 2018 ou d’hiver 2019, contre moins de la moitié des enfants d’ouvriers ou d’inactifs ». En revanche, « les départs aux petites vacances scolaires gardent une forte connotation familiale » : 71 % des 13-14 ans qui sont partis ont voyagé au moins une fois avec leurs parents et 45 % ont rendu visite au moins une fois à de la famille. Mais, si « les deux tiers des enfants de cadres et de chefs d’entreprise partent avec leurs parents, ce n’est le cas que de moins d’un enfant de professions intermédiaires ou d’artisans commerçants sur deux, de seulement un tiers des enfants d’employés et du quart des enfants d’ouvriers ou d’inactifs ».

Des disparités sociales qui semblent dépendre à la fois des différences de revenu et de capital scolaire. Plus la famille bénéficie de ressources financières et d’un capital scolaire élevés, plus les départs et les séjours avec les parents sont fréquents. Si le niveau de ressources est le premier facteur d’inégalité dans le départ en petites vacances, le niveau de diplôme des parents jouent également. L’enquête suggère un lien entre les deux, mais évoque également la possibilité que « les personnes exerçant les professions les plus qualifiées sont aussi souvent celles qui ont le plus de jours de congé (aménagement et réduction du temps de travail – ARTT –, jours de récupération…) et peut-être davantage de latitude pour fixer leurs dates de congés pendant les petites vacances scolaires ». L’exemple des adolescent.es dont au moins un des parents est enseignant illustrent cette situation : « à autres caractéristiques comparables, la probabilité de départ des enfants d’enseignants est supérieure de 8 points à celle des autres enfants ».
« Dis-moi ce que font tes parents, je te dirai où tu vas passer tes vacances de Noël » pourrait être une phrase résumant cette partie de l’étude de l’INJEP. Bien loin d’un droit au départ en vacances pour tous.
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Pour lire l’ensemble des résultats de l’étude de l’INJEP : https://injep.fr/wp-content/uploads/2023/12/IAS73_vacances-collegiens_web.pdf
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