Il y a peu de temps, le 6 février 2024, Maïtena Armagnague soutenait son habilitation à diriger des recherches (HDR) intitulée À l’école des enfants migrants. Une sociologie de l’expérience scolaire en contexte migratoire. Cette chercheure, actuellement professeure associée au Département des Sciences de l’Éducation de l’Université de Genève, a dirigé pour le Centre Henri Aigueperse, avec Isabelle Rigoni, une étude consacrée à l’accueil et l’accompagnement scolaire des enfants allophones (https://centrehenriaigueperse.wordpress.com/2019/12/23/mieux-accueillir-et-accompagner-les-enfants-allophones/ ).
Cette soutenance, qui revient et met en perspective l’ensemble de ses travaux, est l’occasion d’approfondir la transition migratoire à l’école, élément peu étudié tant par la sociologie de l’éducation que par celle de l’immigration. La période d’accueil à l’école d’enfants issus d’une première migration est pourtant essentielle en termes de relations sociales et de rapports sociaux. Dans son travail Maïtena Armagnague interroge « comment l’enfant migrant reconfigure cette principale institution d’éducation qu’est l’école » et situe son approche dans la construction des hiérarchisations sociales et ethno-raciales. Il s’agit pour elle de proposer « une sociologie de l’expérience de ces rapports sociaux, d’une analyse des interprétations des structures – et leurs effets – par les acteurs ».
Trois composantes s’articulent ainsi pour faire sens et permettre une meilleure compréhension des mécanismes en jeu.
Tout d’abord, l’étude de la question scolaire en contexte migratoire : elle s’appuie sur des politiques publiques qui organisent la scolarité des enfants migrants et met en évidence la priorité donnée à la maîtrise de la langue – ce qui rejoint le travail mené sur l’allophonie à l’école.
Se pose ensuite la question des transformations des professionnalités des personnels en charge mettre en œuvre l’accueil et l’enseignement : elle interroge la notion de différenciation pédagogique et la qualification du travail des élèves migrants et/ou allophones par les enseignants.
L’expérience des enfants qui vivent cette scolarisation enfin est essentielle : elle se traduit par un «choc de socialisation » dû à l’immigration en ce qu’elle « réorganise les logiques d’action structurant l’expérience sociale » et donc dans ce qu’elle implique quant à l’appropriation des « ressources et contraintes scolaires » par les enfants migrants.
Cet ensemble permet d’envisager la pluralité des expériences et de mieux pouvoir appréhender les tensions dans les rapports sociaux structurels, ainsi que dans « les conditions des acteurs, comme [dans] leurs mises en sens ».
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Les travaux de Maïtena Armagnagne peuvent être consulté sur CAIRN :
https://www.cairn.info/publications-de-Ma%C3%AFtena-Armagnague-Roucher–60379.htm
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