Comment se façonnent les trajectoires scolaires des élèves ?

Publié par l’ENS de Lyon, le trentième numéro de la revue Édubref, rédigé par Léa Dousson, recense les mécanismes qui produisent les inégalités scolaires en France. Malgré une massification de l’accès aux diplômes, le système éducatif reste marqué par des disparités profondes qu’au bout du cursus de la scolarité, on retrouve dans nature des filières fréquentées.

L’origine sociale demeure la variable la plus structurante des parcours : en 2023, les enfants de cadres ont 87 % de chances d’obtenir le baccalauréat, contre 71 % pour les enfants d’ouvriers. Cette sélection sociale se durcit dans l’enseignement supérieur, où les classes supérieures s’approprient les cursus les plus valorisés, représentant par exemple 58 % des effectifs en écoles d’ingénieurs contre seulement 4 % pour les enfants d’ouvriers. Ces inégalités s’ancrent très tôt dans la scolarité En effet, les écarts de compétences significatifs en langage et en mathématiques sont déjà observables dès la maternelle, faisant de la France l’un des pays de l’OCDE où le déterminisme social est le plus fort.

Le document met également en lumière un paradoxe de genre persistant. Si les filles réussissent globalement mieux que les garçons et sont plus souvent diplômées (84 % contre 75 % au baccalauréat), elles restent largement sous-représentées dans les filières menant aux métiers les mieux rémunérés, comme les sciences de l’ingénieur. Par ailleurs, l’analyse de l’ascendance migratoire révèle que les difficultés de ces élèves découlent principalement de leur appartenance fréquente aux milieux populaires plutôt que de leur origine ethnique en tant que telle. À origine sociale comparable, les enfants d’immigrés affichent même des aspirations et des taux de réussite au baccalauréat souvent supérieurs.

La réussite scolaire est ainsi révélée comme étant le résultat d’un processus cumulatif complexe. Des facteurs variés tels que le mois de naissance, le lieu de vie ou le niveau d’études de la mère, s’articulent avec les stratégies familiales et les perceptions des enseignants pour façonner les trajectoires. Il est très intéressant de se plonger dans ces données pour appréhender les éléments qui entrent en jeu dans la réussite d’un parcours scolaire ; aussi pour se rappeler que ces statistiques relèvent de probabilités et non d’un destin figé, fort heureusement !

Il est à noter que cette synthèse compte de nombreuses références pour aller plus loin: ouvrages mais aussi des articles scientifiques, interfaces et rapports institutionnels récents.

Dousson, L. (2026). Les inégalités à l’école : Ce que révèlent les statistiques. Édubref, 30, mars. ENS de Lyon.


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