Publié dans Aujourd'hui, Recherches

L’école maternelle à la source de la réduction des inégalités sociales

Alors que s’ouvre aujourd’hui les « assises de l’école maternelle », il n’est pas inutile de lire ou de relire le rapport « L’école maternelle à la source de la réduction des inégalités sociales : une comparaison internationale » publié en septembre 2016, dans le cadre du rapport scientifique du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco): comment l’école amplifie les inégalités sociales et migratoires.

( à retrouver ici : http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2016/09/west_solo_fr1.pdf )

Ce rapport analyse le lien entre les dispositifs d’accueil et d’éducation des jeunes enfants (Early Childhood Education and Care, ECEC) et les inégalités sociales de résultats scolaires dans une perspective de comparaison internationale, dans le but d’éclairer la prise de décision en France en matière d’enseignement pré-primaire.

De nombreuses études ont révélé que l’éducation pré-primaire permet d’améliorer le bien-être des élèves, de poser les fondations de l’apprentissage tout au long de la vie, d’accroître l’égalité des chances dans l’éducation, de réduire la pauvreté et de faire progresser la mobilité sociale d’une génération à l’autre.

La première partie du rapport analyse les politiques éducatives d’éducation pré-primaire à l’échelle européenne. Selon la Commission Européenne (2011), la « participation des enfants issus de milieux sociaux défavorisés, indépendamment de la situation professionnelle de leurs parents, doit être favorisée afin d’éviter la stigmatisation et la ségrégation ».

La seconde partie du rapport analyse l’influence des dispositifs d’accueil et d’éducation des jeunes enfants sur les résultats scolaires ultérieurs des élèves issus de milieux défavorisés notamment en se basant sur la littérature internationale récente.

Ainsi, des études menées par des chercheurs américains (Burger, 2010 ; Cascio et Schanzenbach, 2013) ont révélé d’importants effets positifs à court terme sur le développement cognitif et les performances scolaires des élèves issus de milieux sociaux défavorisés. De même, des bénéfices éducatifs et économiques à long terme ont été constatés par Lloyd et Potter (2014) pour les élèves issus de milieux sociaux défavorisés.

D’autres études, notamment européennes, ont montré que l’influence de l’enseignement pré-primaire est d’autant plus positive que son degré de mixité sociale est élevé (évalué par le niveau d’éducation et la profession des parents, ainsi que par la proportion d’élèves issus de l’immigration).

D’ailleurs, des effets positifs de l’éducation pré-primaire, notamment en termes de réduction des difficultés de langage et de lecture, ont été constatés pour les élèves issus de l’immigration (Dustmann et al.,2013 ; Biedinger et al.,2008).

De même, Ruhm et Waldfogel (2012) ont constaté les effets positifs des dispositifs d’accueil et d’éducation des jeunes enfants en début du primaire, à l’adolescence et à l’âge adulte, et ce dans une plus large mesure pour les enfants issus de milieux sociaux défavorisés.

En outre, l’étude PISA (2012) a montré que dans la plupart des pays de l’OCDE, il existe une forte corrélation entre la fréquentation d’un établissement pré-primaire et la performance des élèves : en moyenne, les élèves de 15 ans ayant fréquenté un établissement d’enseignement pré-primaire pendant un an ou plus bénéficient d’un avantage de 35 points (73 points pour la France) par rapport aux autres, même après contrôle du milieu socio-économique d’origine des élèves.

À la lumière de ces comparaisons internationales, l’auteur dresse un état des lieux de l’éducation pré-primaire en France et de son lien avec la réduction des inégalités.

Les résultats de la recherche française permettent de suggérer que l’école maternelle a des effets positifs sur les résultats des enfants issus de milieux sociaux défavorisés mais pas sur ceux issus de milieux favorisés,ce qui montre que l’école maternelle peut constituer un outil de réduction des inégalités.

Selon le Conseil Supérieur des Programmes (2015), la maternelle est « ouverte sur la pluralité des cultures dans le monde et construit les conditions de l’égalité, notamment entre les filles et les garçons ».

De même, selon l’Inspection Générale de l’Éducation Nationale (2014), « une plus grande attention pour assurer la mixité sociale dans les écoles maternelles permettrait de réduire les inégalités » et d’améliorer les résultats scolaires. De nombreux efforts vont dans ce sens en France, notamment dans les crèches. En outre, en France, un accent particulier est mis sur l’augmentation de la fréquentation des écoles maternelles des enfants de deux ans issus de milieux sociaux défavorisés.

En effet, entre 1997 et 2012, l’accès à l’école maternelle des enfants âgés de deux ans a été considérablement réduit (de 34,6 % à 11 %), ce qui a engendré une augmentation des inégalités scolaires.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s