Publié dans Formation, vu, lu pour vous

L’école inclusive : au-delà de l’accueil des élèves en situation de handicap

L’école inclusive fait débat. Elle inquiète. Elle pose question. Elle interroge les pratiques pédagogiques. Elle demande de repenser l’articulation entre travail collectif et démarches individuelles d’apprentissage. Elle postule que chaque enfant a des besoins particuliers, sans nier la nécessité de faire avancer l’ensemble du groupe classe.

Exigence paradoxale ? Quadrature du cercle ? Schizophrénie éducative ?

Le dernier dossier de veille de l’IFÉ (n° 127, janvier 2019) est consacré à « Apprendre (dans) l’école inclusive ».

Faisant le détour par l’accueil des enfants en situation de handicap dans l’école en l’illustrant pas l’expérience italienne, ce riche dossier met en évidence l’évolution progressive des termes, mais aussi de la philosophie sous-tendue.

Le souci de non discrimination a conduit à étendre l’inclusion à l’ensemble des enfants à la fois pour qu’à l’inclusion scolaire corresponde une inclusion sociale et donc prenne en compte également les accès aux loisirs, à la culture… mais pour qu’au-delà de l’intégration dans l’école, elle se traduise par une démocratisation de la réussite scolaire : « La promotion de l’éducation inclusive constitue en quelque sorte la suite de l’«Éducation pour tous», car elle vise à limiter au maximum l’exclusion des élèves, mais également à leur apporter une éducation de qualité, au-delà d’une simple intégration, et au-delà des murs de l’école (activités extrascolaires, éducation non formelle…). C’est l’inclusion sociale qui est en jeu […] »

Une telle démarche implique donc une coopération renforcée entre tous les acteurs éducatifs : « l’enseignement à une diversité d’élèves ne repose pas uniquement sur l’expertise des spécialistes de l’adaptation scolaire, mais met plutôt à profit l’ensemble des expertises de l’ensemble des acteurs qui gravitent autour des élèves ». Un rapprochement des formations afin de développer une culture commune débouchant sur une plus grande facilité ultérieure à co-enseigner est donc nécessaire, de même qu’une plus grande centration sur le travail coopératif tant entre les acteurs éducatifs qu’entre les élèves. En effet, il ne s’agit pas de sacrifier le collectif au bénéfice du seul accompagnement individualisé. Le dossier cite Warnock (2005), pour qui il s’agit de valoriser l’engagement, dans « l’entreprise éducative commune d’apprentissage ». Pour Garel (2010), il faut « dépasser l’apologie de la diversité pour la traduire en action, mais en se gardant de la survalorisation actuelle de l’individu au détriment du collectif, donc en veillant à ce que la pédagogie différenciée se conjugue avec une pédagogie de groupe soucieuse de lien social.»

Nul doute que l’école inclusive fera encore couler beaucoup d’encre . Pour autant, son approche irrigue progressivement de très nombreuses pratiques pédagogiques. Et le dossier de l’IFé est une aide précieuse pour mieux la comprendre et l’aborder avec de nouvelles ressources.

Dossier à télécharger ici : http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/127-janvier-2019.pdf

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