Publié dans Recherches, vu, lu pour vous

L’interculturel : d’un apprentissage communicationnel au développement d’une compétence

L’interculturalité est un phénomène d’altérité. Il s’agit de découvrir l’autre, ses différences. Il s’agit aussi de reconnaître que pour l’autre, l’étranger, la/le différent.e c’est moi.

Et au premier rang de nos différences se situe la langue.

Être en capacité de communiquer avec les autres, les habitants des pays voisins ou du bout du monde nécessite l’apprentissage des langues.

Oui mais comment faire ? Ou plus justement comment mieux faire ?

Car en effet comme le pose dès son introduction le récent rapport Manès/Taylor (septembre 2018) : « De l’avis de tous, le Plan de rénovation des langues vivantes, en application en France depuis 2006, a permis d’accomplir des progrès non négligeables en encourageant des méthodes d’enseignement plus actives et plus orientées vers le développement d’une compétence de communication. Les élèves se sentent aujourd’hui plus à l’aise pour s’exprimer à l’oral, sont plus motivés, perçoivent mieux le sens de l’apprentissage des langues, particulièrement de l’anglais, et comprennent plus facilement les locuteurs natifs et les documents authentiques à partir desquels ils travaillent. De l’avis de tous également, ces progrès ne sont pas suffisants et les évaluations nationales et internationales nous le démontrent sans ambiguïté. La France arrive bien au dernier rang des pays européens quant à la maîtrise des langues étrangères enseignées à l’école, que ce soit en première ou en deuxième langue. De plus, des inégalités perdurent entre différentes catégories d’élèves et la réussite reste beaucoup trop souvent liée à l’origine sociale ou au genre. Ce n’est pas acceptable. »

Ce constat et celui d’autres études d’origines variées qui « mettent en avant un faible niveau en langues des Français, élèves comme adultes, par rapport aux autres pays européens », même si, « comme dans le reste de l’Europe, une impulsion institutionnelle est observable en France depuis le début des années 2000 en faveur de l’apprentissage de plusieurs langues étrangères » liée en partie à l’apprentissage progressif puis obligatoire d’une première langue vivante dès le CP et bénéficiant surtout à l’anglais, est également fait par le CNESCO. La conférence consensus menée avec l’Ifé les 13 et 14 mars dernier interrogeait justement de la découverte à l’appropriation des langues vivantes étrangères : comment l’école peut-elle mieux accompagner les élèves ?

Une série de questions complémentaires « Pourquoi faut-il apprendre une ou plusieurs langues vivantes étrangères? Existe-t-il en France des difficultés spécifiques à l’apprentissage d’une langue étrangère? Apprend-on une langue vivante étrangère comme on apprend d’autres disciplines? Certaines pratiques pédagogiques sont-elles plus efficaces que d’autres ? Comment améliorer l’expression orale ?Quelle place pour la créativité dans cet apprentissage ? » étaient posées afin d’alimenter la réflexions et les échanges. On peut retrouver la présentation des travaux sur le site du CNESCO :

http://www.cnesco.fr/fr/anglais-espagnol-allemand-conference-de-consensus-sur-les-langues-vivantes-etrangeres

Sans anticiper les résultats et les conclusion du jury de cette conférence de consensus, il apparaît assez pertinent de considérer l’approche interculturelle dans une perception plus large que celle uniquement de la langue, ou tout au moins de la langue comme seule véhicule de communication.

C’est ce que montre le nouveau dossier de l’IFé (numéro 129 de mars 2019), rédigé par Claire Ravez et consacré à l’interculturel à l’école (à retrouver ici : http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/129-mars-2019.pdf ).

Au-delà des définition et d’une approche historique et comparative très riche, l’étude montre combien il est essentiel de développer chez les enfants et les jeunes, une compétence interculturelle qui inclut à la fois (selon Byram, 2017) « des connaissances (par exemple, la connaissance d’autres groupes culturels, de leurs produits et de leurs pratiques et des connaissances sur les manières d’interagir des personnes de cultures différentes) ; des attitudes (comme la curiosité, l’ouverture, le respect de l’altérité et l’empathie) ; des savoir-faire pour interpréter et mettre en relation des éléments (par exemple, interpréter une pratique d’une autre culture et la mettre en relation avec des pratiques de sa propre culture) ; des savoir-faire de découverte (comme la capacité à rechercher et à acquérir de nouvelles connaissances sur une culture, sur ses pratiques et ses pro-duits) et une sensibilité culturelle critique (à savoir la capacité à évaluer de manière critique des pratiques et des pro-duits de la culture et d’autres cultures) ».

Une démarche qui concerne évidement bien d’autres enseignements que les seules langues vivantes étrangères, mêmes si elles demeurent un levier essentiel de rencontre de l’autre.

Un manière d’ « Oser le monde » (titre du rapport Manès/Taylor) et d’en devenir citoyen.

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