D’un baromètre à l’autre

Une confiance politique en trompe-l’œil

Chaque année depuis maintenant onze ans, le CEVIPOF, Centre de Recherches politiques de Sciences-Po, diffuse son “Baromètre de la confiance politique”. Or cette onzième vague semble marquée par une nette remontée de la confiance. Bonne nouvelle ? Pas vraiment explique Bruno Cautrès, chercheur au CNRS, qui a dirigé l’enquête et qui analyse les résultats 2020 comme étant une « hausse en trompe-l’œil ». En effet, selon lui, « cette remontée doit être mise en perspective afin de ne pas commettre d’erreur d’interprétation. Elle s’explique en large partie par simple contraste avec la dixième vague de l’enquête, réalisée l’an dernier en pleine crise des “gilets jaunes”, qui avait vu de nombreux indicateurs plonger fortement. »

Ainsi, ce sont les résultats 2019 qui faisaient exception, mais dans la durée les réponses sont constantes et elles marquent une forte méfiance des Français.e.s vis-à-vis des institutions et des responsables politiques. En comparant les données des cinq années du mandat de François Hollande à celles des trois premières années du mandat d’Emmanuel Macron, le Cevipof montre que les niveaux de confiance dans les institutions publiques nationales sont tous aujourd’hui de même niveau ou plus bas : dans l’institution présidentielle (31 % sous Hollande, 29 % sous Macron), dans le gouverne-ment (26 % sous Hollande comme sous Macron), dans l’Assemblée nationale (37 % sous Hollande contre 29 % sous Macron).

Plus grave, pour près des deux tiers des sondés, « la démocratie ne fonctionne pas bien en France », environ trois quarts jugent les hommes et femmes politiques « plutôt corrompus », et 80 %, qu’ils « ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens ». Et, fait nouveau, une forte baisse de 8 points de la confiance dans la police est à noter.

Une déception des promesses du macronisme qui se double d’un «accroissement des fractures et des clivages sociologiques en matière de confiance politique », note Bruno Cautrès. Ainsi, la confiance dans l’institution présidentielle est de 36 % chez les professions libérales et les cadres, mais tombe à 21 % chez les ouvriers ; elle s’établit à 35 % chez les diplômés à bac +2 minimum et à 23 % chez les moins diplômés. De même chez celles et ceux qui considèrent que « la démocratie ne fonctionne pas bien en France » : fin 2014, le différentiel entre les professions libérales ou les cadres et les ouvriers sur cette opinion était de 16 points, il est aujourd’hui de 23 points.

Les 41% des sondé.e.s qui se disent d’accord avec l’affirmation qu’« en démocratie, rien n’avance, il vaudrait mieux moins de démocratie mais plus d’efficacité », est un résultat surprenant pour le directeur de recherches au CNRS, Luc Rouban, interrogé par l’Obs, qui l’analyse comme le résultat de la crise profonde de la démocratie représentative. Il n’hésite pas à mettre en garde sur le fait que « la France n’est pas à l’abri d’une démocratie illibérale », démocratie illibérale qu’il définit « par trois composantes :

– un pouvoir central fort aux mains d’un dirigeant qui ne se préoccupe pas trop du Parlement ;

– une application systématique d’un pro-gramme majoritaire sans tenir compte des minorités;

– une critique populiste des élites en place, des partis politiques ou des syndicats. »

Son analyse le conduit à se demander si finalement, le macronisme n’est pas qu’une nouvelle expression du libéralisme autoritaire, qui existe déjà en France chez les Républicains ou au Rassemblement national ?

Qu’en est-il du monde de l’Éducation ?

Du 8 mars au 8 avril, invite les personnels de l’Éducation à participer à la 8ème édition de son « Baromètre des métiers de l’Éducation »

La société évolue, les politiques éducatives changent. Qu’en est-il de la reconnaissance, des évolutions de carrière, de la mobilité, du climat de travail, mais aussi de l’impact des changements sociétaux comme le numérique et l’écologie ? Comment les professionnel.le.s vivent les nombreuses réformes qui ont profondément bouleversé le fonctionnement du système éducatif : réforme des lycées et du baccalauréat, de l’Enseignement supérieur, mise en place du service national universel, de l’École inclusive… mais aussi, transformations de la Fonction publique, Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR), rattachement des personnels Jeunesse et Sport au ministère de l’Éducation nationale ou encore réflexion sur le métier d’enseignant·e du XXIe siècle et réforme de leur formation ?

L’an dernier, plus de 25 000 professionnel.le.s de l’Éducation ont répondu. Des contributions qui ont permis de mieux identifier leur souffrance professionnelle, leurs difficultés, leurs aspirations. Les résultats 2020 devraient permettre d’affiner cette perception dans une double dimension : les évolutions pour cette année et les grandes tendances analysées sur la durée des huit éditions et qui feront l’objet d’une étude menée par le Centre Henri Aigueperse.

Pour participer au « Baromètre des métiers de l’Éducation » : http://www.unsa-education.com/Barometre-2020-8-mars-8-avril

Pour retrouver les résultats complets du « baromètre de la confiance politique » du CEVIPOF : http://www.sciencespo.fr/cevipof/sites/sciencespo.fr.cevipof/files/OpinionWay%20pour%20le%20CEVIPOF-Barome%CC%80tre%20de%20la%20confiance%20en%20politique3-%20vague11%20-%20Comparaison.pdf

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