Un été avec la famille Malaussène

Pour les vacances d’été, le Centre Henri Aigueperse vous conseille tout au long de cette semaine quelques lectures pour profiter du temps de repos bien mérité tout en s’accordant quelques pauses culturelles.

Aujourd’hui, le Centre Henri Aigueperse vous emmène à la rencontre d’une famille peu ordinaire : Les Malaussène, nés sous la plume de l’écrivain Daniel Pennac[1] au milieu des années 1980.

Une famille kaléidoscope

La famille Malaussène, c’est d’abord et avant tout le frère ainé : Benjamin. Bouc émissaire de métier, ça ne s’invente pas, il mène tant bien que mal sa troupe familiale à la composition multiple et loin des codes ordinaires. On pourrait avoir envie de parler de « famille dysfonctionnelle » mais finalement n’est-ce pas le propre de toute famille ?  Pour Daniel Pennac en tout cas, celle qui nait sous sa plume est l’occasion d’envisager d’autres regroupements filiaux, en écho à sa propre famille de cœur qu’il a construite avec Minne sa compagne[2].

Une Belleville haute en couleur

Cette tribu littéraire, Daniel Pennac l’installe dans son quartier de prédilection, là où il a lui-même vécu : Belleville. Ce coin de Paris où vivent les Malaussène est à ce titre un personnage à part entière des différents romans : il est tout autant le théâtre de leurs aventures que la matière au questionnement de l’auteur sur la modernisation effrénée d’une ville-capitale. Il permet aussi à l’auteur d’y convoquer une ribambelle de personnages à l’image de ce quartier « populaire ». Loin des clichés des « bobo » et des touristes, on y rencontre ainsi la famille Ben Tayeb, essentielle pour la fratrie Malaussène, ou bien encore Simon, Mo, Stojilkovicz, Semelle, Suzanne, et tant d’autres tous bellevillois et bellevilloise dans l’âme.

Un écrivain engagé

Car ne nous y trompons pas, sous des dehors romanesques, voire parfois burlesques, la sage Malaussène est avant tout une saga engagée et critique. Croisant petite et grande histoire, chaque tome est l’occasion pour Daniel Pennac de questionner notre rapport au monde et surtout notre rapport à l’Autre. A l’instar d’un Tardi faisant arpenter à son héroïne Adèle Blanc-sec les rues de Paris à la recherche de « la bête »[3], Pennac fait vivre à la famille Malaussène et surtout à son héros Benjamin des aventures où finalement le mal est bien plus proche qu’on ne le croit et surtout a un visage plus angélique que démoniaque. Et c’est bien là tout le génie de cet auteur : nous rappeler que bien souvent la monstruosité se cache dans l’ordinaire et le commun, loin du traitement médiatico-spectaculaire que servent abondamment les politiques extrêmes-droitistes.    

A n’en pas douter, si vous voulez voir le monde dans ce qu’il a de plus coloré et de plus surprenant, plongez dans la saga Malaussène sans détour !  


[1] La « saga Malaussène » de Daniel Pennac comporte huit tomes : Au bonheur des ogres, 1985 – La fée carabine, 1987 – La petite marchande de prose, 1990 – Monsieur Malaussène, 1995 -Des chrétiens et des Maures, 1996 – Aux fruits de la passion, 1999 – Le cas Malaussène, 2017 – Terminus Malaussène, 2023Tous disponibles aux Éditions Gallimard, collection Folio

[2] A ce sujet lire : Mon assassin Éditions Gallimard, collection Folio, 2024

[3] Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, bandes dessinées de Jacques Tardi, Éditions Casterman, 1976 : Adèle et la Bête, 1976 : Le Démon de la Tour Eiffel, 1977 : Le Savant fou, 1978 : Momies en folie, 1981 : Le Secret de la salamandre, 1985 : Le Noyé à deux têtes, 1994 : Tous des monstres !, 1998 : Le Mystère des profondeurs, 2007 : Le Labyrinthe infernal, 2022 : Le Bébé des Buttes-Chaumont


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