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« Ouvrir la voie » : Hommage à Samy Driss, ami et camarade engagé

« Ouvrez la voie » affirme, dans le métro parisien, les affiches pour la ville de Chamonix.

Ouvrir la voie, une devise qu’aurait pu adopter notre ami et camarade Samy, lui qui aimait tant Chamonix et le Mont Blanc où il a encore pu y passer en famille, malgré la maladie, les fêtes de fin d’année.

Ouvrir la voie, c’est ce qui avait conduit Samy à participer à la « Marche pour l’égalité et contre le racismes » (dite « marche des beurs », lui dont la famille est originaire de Tunisie), à militer à « France plus », puis à s’engager en politique pour développer la présence des jeunes et de la diversité au sein des équipes. C’est ainsi qu’auprès Jean-Pierre Sueur, Samy fera partie de l’équipe municipale à la mairie d’Orléans de 1989 à 1995.

Mais c’est dans le syndicalisme que Samy s’est essentiellement engagé.

Secrétaire académique du SE-UNSA de l’académie d’Orléans-Tours, puis secrétaire régional de l’UNSA Éducation, il devient secrétaire national de la fédération de 2002 à 2012 en charge des questions liées aux personnels.

En 2012, Laurent Escure, nouveau secrétaire général de l’UNSA Éducation, fait de lui le premier chargé de mission national de la fédération et lui confie les dossier des Greta et la coordination du secteur jeunesse et sports.

Luttant déjà contre la maladie, il avait décidé de prendre sa retraite à cette dernière rentrée.

Disponible, convivial, toujours prêt à l’échange, Samy avait une analyse politique fine, une sensibilité à fleur de peau contre toutes les injustices et un engagement fort pour toutes les actions contre les discriminations et le racisme

Professeur certifié en technologie, Samy était aussi précurseur dans l’utilisation des outils informatiques puis numériques, au service de l’action syndicale.

Avec le décès de Samy, nous pleurons la perte d’un ami et un camarade engagé. Tout notre soutien à sa famille et à ses proches.

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Finalement en 2019, [Quoi de 9 ?]

L’année 2019 en France aura d’abord était marquée, de bout en bout, par une importante contestation sociale. Bien que débuté fin 2018, le « mouvement des gilets jaunes » s’est longuement prolongé en 2019 et malgré les nombreux actes de violence qui l’ont entouré, il a longtemps été soutenu par une majorité de la population.

Depuis décembre, c’est à l’appel des organisations syndicales, que la contestation d’un nouveau régime de retraite, universel par points est massive, particulièrement à la SNCF et à la RATP. Si les syndicats mènent l’action cette fois, leur front est divisé entre ceux qui rejettent l’ensemble de la réforme et ceux qui souhaitent améliorer son contenu. Division qui globalement sépare les contestataires des réformistes mais se manifeste également au sein de certaines centrales.

Records de chaleur aussi pour l’été 2019. Les événements météorologiques (canicules, inondations, tempêtes…) auront été autant de manifestations rappelant l’urgence environnementale face au dérèglement climatique. Un contexte de nécessité absolu d’agir, et d’agir vite rappelé par de nombreux mouvements à travers le monde dont celles des jeunes et portée par Greta Thunberg devant l’assemblé générale de l’ONU en septembre 2019.

Un volontarisme du gouvernement français jugé insuffisant par Nicolas Hulot qui l’avait conduit, un an plus tôt, en août 2018 à démissionner de son poste de ministre de l’écologie. C’est une toute autre raison, sans lien avec l’environnement, qui contraint son successeur François de Rugy à démissionner le 16 juillet 2019, prolongeant ainsi l’instabilité de ce ministère qui a connu depuis une douzaine d’année pratiquement autant de ministres (11 en 12 ans).

Du côté politique, l’inquiétude démocratique vient des résultats des élections européennes en France qui place le parti d’extrême droite Rassemblement national (nouveau nom du Front national) en tête du scrutin avec 23,31 % des voix. Si faute d’accord entre eux l’influence des partis d’extrême droite au parlement européen reste faible, au niveau national, cette progression régulière est dangereuse.

Le gouvernement sous l’impulsion du président Macron cherche à instaurer des formes de démocratie participative. Ainsi de janvier à mars 2019 aura été initié un grand débat national sur quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, services publics et débat démocratique), Depuis octobre 2019, une convention citoyenne, constituée de 150 citoyen.ne.s tiré.e.s au sort, travaille avec le CESE sur des réponses à la transition écologique.

De très nombreux événements géopolitiques dans le monde auront aussi été marqué du sceau de l’inquiétude, témoignage d’une époque instable et de transformations. C’est le cas avec l’élection de Jair Bolsonaro, investi président du Brésil le 1er janvier 2019. Des troubles en Algérie ont conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et se continuent suite au simulacre de scrutin présidentiel qui vient d’être organisé en ce mois de décembre. Depuis juin 2019 de très importantes manifestations ont lieu à Hong-Kong contre une loi donnant plus d’emprise à la Chine continentale et pour réclamer davantage de démocratie. On peut également citer la crise au Venezuela. Ainsi que les fluctuants et difficiles accords commerciaux entre en les États-Unis de Donald Trump et la Chine. Sans oublier toutes les tensions au Moyen Orient : en Syrie, Iran, Irak, Israël, Palestine. Et la guerre menée par l’armée turque contre les Kurdes avec le soutien de Moscou.

Du coté européen la nouvelle commission s’installe avec le Brexit comme premier dossier d’importance, puisque la victoire électorale du premier ministre britannique Boris Johnson confirme une sortie possible du Royaume Uni de l’Europe dès le 31 janvier 2020.

Dans ce contexte d’une année 2019 agitée, en France, le ministre de l’Éducation nationale Blanquer, qui ne devait pas faire de nouvelle loi scolaire, a fait voté sa « loi pour une École de la confiance » (promulguée au Journal Officiel le 28 juillet 2019). Elle prévoit l’abaissement de l’instruction obligatoire à l’âge de 3 ans, l’obligation de formation jusqu’à l’âge de 18 ans, le pré-recrutement des enseignants, la création d’un service public de l’École inclusive, etc. Elle instaure dès son article 1 « l’engagement et l’exemplarité des personnels de l’éducation nationale » ce qui, inscrit ainsi, questionne sur le sens du mot confiance.

Une confiance en forte baisse d’ailleurs selon les résultats du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation 2019 avec une chute de 10,2 points d’adhésion à la politique ministérielle chez les enseignants située à 6,5% d’opinion favorable, seulement 5,2%, chez les professeurs des écoles,

Une confiance qui serait pourtant bien utile à réellement reconstruire à tous les niveaux, afin d’éviter que les inquiétudes et les instabilités de 2019 ne se transforment en crises plus profondes voire en catastrophes dans les années futures.

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Décès de Jean-Jacques Romero, ancien secrétaire général du SNPDEN (1995-2002)

par Jean-Paul ROUX

Le départ de Jean-Jacques Romero, c’est d’abord une perte militante irremplaçable.

Sept années à la responsabilité d’un grand syndicat de notre Fédération, le Syndicat majoritaire de la profession, impriment une mémoire durable en celles et ceux qui ont partagé son engagement dans ces temps difficiles et le souvenir d’un militant d’exception chez celles et ceux qui lui ont succédé…

Pour notre syndicalisme, le début des années 90, c’était le temps des déchirements. Ce fût aussi le temps des mutations et surtout celui des constructions, des conquêtes syndicales. Jean-Jacques fût au cœur de cet élan qui ancra à jamais son Syndicat dans sa Fédération et dans son Union qui se bâtissait alors. Pour lui, cette démarche s’appuyait d’abord sur la conscience claire que les Valeurs et la conception éducative, revendicative et syndicale que portait son Syndicat et sa Fédération étaient unes, donc indissociables. Mais cette conviction aurait-elle suffisamment pesé sans cette capacité hors du commun à la faire entendre, comprendre et partager par toutes et tous ? Lors du congrès de Nantes du SNPDEN, du 14 au 17 mai 2002, alors que Jean-Jacques passait le relais à Philippe Guittet, c’est ce que lui a dit Christiane Singevin, militante ancienne et respectée du Syndicat. C’est ce que je lui ai confirmé, au nom de la Fédération, alors que je terminais moi-même mon mandat quelques jours plus tard. Et l’assentiment unanime du congrès qui le saluait debout était la réponse que chacune et chacun attendaient et dont personne ne doutait…

Ainsi ce fils d’un Républicain espagnol, engagé lui-même dès sa jeunesse, mettait-il un terme à sa responsabilité syndicale sans abandonner une once de son engagement. Il devint alors Président de Touraine Inter-âge Université, adjoint au maire de Larcay (37), membre du CA de la Mission Laïque et du jury du Prix Maitron…

Mais pour lui et moi vint aussi le temps de l’amitié cultivée lors de rencontres, trop rares, en particulier lors des congrès de son Syndicat. Nous parlions certes de syndicalisme… Moins d’ailleurs de celui que nous avions assumé que de celui du présent et surtout de l’avenir que construisent celles et ceux qui nous ont succédé.

Nous parlions aussi de la vie quotidienne dans laquelle les nôtres ont repris la place centrale… C’est vers les siennes et les siens, Jeannine son épouse, leurs deux enfants, leurs six petits-enfants que se tournent aujourd’hui ma pensée et ma peine qui accompagnent leur chagrin.

 

Jean-Paul Roux

Ancien Secrétaire général de la FEN

puis de l’UNSA éducation (1997-2002)

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Assemblée générale. Bilan de l’année 2018, le choix d’une redynamisation

« Faire le bilan de l’année 2018, c’est avant tout rappeler le choix de notre assemblée générale extra-ordinaire du 13 mars 2018 : choix de redynamiser le Centre de Recherche, de Formation et d’Histoire sociale, de lui donner une nouvelle image, des moyens pour agir, des missions au service de l’UNSA Éducation et de ses syndicats et de mesurer le chemin parcouru depuis 18 mois. »

Vous pouvez consulter ici le document de l’Assemblée générale du 11 septembre 2019 faisant le bilan de l’année 2018 : AGO 2019-3

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« Nous sommes des travailleurs/euses de la sagesse » : les vœux de l’IE

En guise de « message de fin d’année adressé à l’ensemble des organisations membres, du personnel et des partenaires de l’IE », David Edwards secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation (IE) livre un extrait d’un texte écrit ces derniers mois et qui résume bien sa pensée en ce moment, alors que « nous avons indéniablement du pain sur la planche et des vents froids soufflent… » mais qui rappelle « qu’en restant uni(e)s, nous sommes plus fort(e)s. »

« Si nous examinons l’état actuel du monde, nous devons faire face à un creusement des inégalités au niveau global, à une crise climatique provoquée par l’Homme, à la résurgence d’un populisme autoritaire et d’une hostilité aux migrant(e)s, à des migrations massives, à l’automatisation et la numérisation, à la déformation des faits et à des attaques contre la presse libre, sans oublier des populations de plus en plus segmentées, isolées et ciblées par un flux incessant de messages destinés à influencer leur consommation et leur comportement et émanant d’acteurs transnationaux de plus en plus irresponsables.

Dire que le monde est complexe est un euphémisme. Dire que la démocratie et les sociétés ouvertes respectueuses des droits humains sont menacées est un euphémisme. Si seulement…

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Expertise et démocratie. Faire avec la défiance

On pourrait croire qu’il s’agit d’une réaction aux « gilets jaunes ». Il n’en est rien.

Une réponse au slogan du Ministre Blanquer avec son « École de la confiance » ? Pas du tout !

Ce titre, en résonance avec l’actualité, est en fait celui d’un rapport que France Stratégie, après plusieurs mois d’étude (depuis mai 2017), vient de rendre public le 14 décembre et consacré à la défiance face aux experts.

Ce travail s’inscrit dans un contexte de méfiance voire de défiance des Français face aux politiques, aux médias et plus généralement aux institutions (comme le montre le baromètre de la confiance politique du CIVIPOF http://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/content/le-barometre-de-la-confiance-politique ). Celles et ceux qui apparaissent comme des « spécialistes » et son à ce titre sollicité pour leur « expertise » n’échappent pas à cette défiance, accusé.e.s de porter une parole « officielle » éloignée de la réalité, de ne pas être indépendant.e.s des pouvoirs (politiques, économiques, industriels…), d’être toujours les mêmes à être sollicité.e.s (par les décideurs, par les médias…)

A défaut d’éléments qui expliquent cette absence de confiance, le rapport avance plusieurs pistes d’analyse.

Bien entendu, il y a eu les « affaires ou scandales » décrédibilisant la parole d’expert.e.s.

Évidemment, il y l’absence d’efficacité des politiques publiques à résorber la (les) crise(s).

Surtout, il y a l’accès généralisé et non hiérarchisé à l’information via le numérique et les réseaux sociaux qui met sur le même plan les données scientifiques et les « fake news », permettant de tout lire, voir entendre… et son contraire.

Paradoxalement, il y aussi l’élévation du niveau d’Éducation qui conduit un plus grand nombre à s’intéresser à des sujets jugés jusqu’alors trop complexes et à faire davantage preuve d’esprit critique, ne prenant plus pour argent comptant l’affirmation de la première expertise proposée.

Que faire alors ?

« Faire avec la défiance, plutôt que de chercher à recréer la confiance », conclut le rapport qui précise « Faire avec, ce n’est pas s’y résigner ; c’est au contraire prendre appui sur certaines manifestations de défiance et les incorporer à la fabrique de l’expertise pour la rendre plus pertinente, plus robuste et plus convaincante. »

Comment ?

En ayant l’expertise modeste, tant pour celui qui est consulté comme expert, que pour celui qui fait usage de l’expertise.

Mais aussi en répondant mieux aux attentes des citoyens en les associant (par des jurys ou des comités citoyens) aux définitions et évaluations des politiques publiques et en mettant en œuvre la prise en compte de l’expertise d’usage.

Des réflexions qui seront certainement débattues dans la consultation en région annoncée par le président de la République suite au « mouvement des gilets jaunes ».

Des pistes dont il serait bien aussi que le ministre de l’Éducation nationale s’empare, alors que le baromètre Flash de l’UNSA Éducation montre que la précipitation dans les réformes et l’incompréhension globale ne reflète pas la confiance et confirme que « pour les personnels le slogan de l’école de la confiance n’était pas partagé par les personnels » comme l’analyse Frédéric Marchand.

 

Retrouver ici :

– le dossier complet de France stratégie https://www.strategie.gouv.fr/publications/expertise-democratie-faire-defiance

– les résultats du Baromètre Flash de l’UNSA Éducation : http://www.unsa-education.com/spip.php?article3702

 

 

 

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État d’urgence éducatif pour la Guyane

Constat n°1 – Les difficultés que connaît la Guyane en matière éducative sont la conséquence d’une situation générale dégradée, de la pénurie d’enseignants qualifiés ainsi que d’une prise en compte insuffisante des réalités locales.

Constat n° 2 – Il y a urgence à agir en faveur d’un redressement du système éducatif en Guyane, qui se caractérise par des résultats particulièrement faibles ainsi qu’une difficulté à scolariser tous les enfants qui devraient l’être.

Constat n°3 – La Guyane illustre l’inadéquation de la transposition du modèle scolaire métropolitain et la nécessité de son adaptation, tant dans ses objectifs que dans ses moyens que les contenus de l’enseignement.

Constat n°4 – Les mesures phare du Gouvernement –dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, abaissement à trois ans de l’obligation d’instruction, apparaissent hors de portée.Plus qu’ailleurs, c’est à l’école primaire qu’il convient de donner la priorité.

Ces constats ne sont pas nouveaux, mais ils sont alarmants.

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