Jusqu’au 8 novembre 2026, le musée d’histoire de Nantes propose sa quatrième édition d’Expression(s) décoloniale(s).
Donner la parole au présent
Faisant dialoguer trois artistes et universitaires et les collections muséales autour de la période coloniale nantaise, cette exposition vise à interroger notre rapport à l’histoire et à la mémoire. Elle permet également de tisser des liens entre passé et présent. Ainsi, la plasticienne brésilienne Rosana Paulino, avec ses séries Bastidores (« Coulisses ») et Soldados (« Les Soldats »), interpelle sur la problématique des femmes afro-descendantes dans les sociétés post-coloniales d’Amérique du Sud.

Le photographe sénégalais Omar Victor Diop met en scène des personnages historiques d’importance dans l’histoire globale, mais peu connus. A partir de recherches documentaires, il propose une composition photographique mêlant références d’époques et objets contemporains, marquant ainsi le lien entre passé et présent.

Enfin, l’historienne béninoise Lilly Hougnihin, spécialiste de la religion vaudou, par ses textes nous propose de regarder différemment les objets exposés en apportant une interprétation parfois différente de celle proposée par le musée.
Rendre visible le passé
Au-delà de cette quatrième édition, le musée d’histoire de Nantes, associé au Mémorial de l’abolition de l’esclavage inauguré en 2012, cherche à rendre lisible aux générations actuelles le passé lié à la traite négrière. L’art est ainsi un médium permettant de questionner l’histoire : en donnant la parole aux artistes afrodescendants, permettre une autre lecture des évènements historiques, d’enrichir notre connaissance du passé dont l’écriture peut parfois souffrir d’un certain prisme ethno-européen. Relire le passé ne signifie pas le réécrire mais rendre plus visible la part occultée de l’histoire négrière nantaise. Cette démarche est le fruit d’un long travail mémoriel engagé depuis les années 1980, d’abord par le milieu associatif puis en partenariat avec la municipalité. Cette démarche témoigne d’une volonté, désormais partagée, de connaître et de reconnaître les évènements du passé pour construire ensemble un présent respectueux de chacun et de chacune. À ce titre, nous pouvons citer l’installation d’un mât de la mémoire et la fraternité, réplique de ceux présents sur les bateaux des armateurs. Porté par Dieudonné Boutrin[1] et Pierre Guillon de Princé[2], ce projet est un symbole important et nécessaire de réconciliation et de lutte contre le racisme.

Suivre le parcours mémoriel reliant l’exposition Expression(s) Décoloniale(s) #4 du musée d’histoire, situé au Château des Ducs de Bretagne, au mémorial de l’abolition l’esclavage, situé quai de la Fosse départ historique des navires négriers, est une plongée au cœur de l’histoire nantaise que nous vous recommandons vivement.
Pour poursuivre :
> Musée d’histoire de Nantes : https://metropole.nantes.fr/actualites/exposition-expressions-decoloniales-4-regards-sur-un-passe-douloureux
> Mémorial de l’abolition de l’esclavage : https://memorial.nantes.fr/
> Mât de la fraternité : https://coquenomade-fraternite.com/le-mat-de-la-fraternite/
[1] Dieudonné Boutrin est descendant d’esclaves et président fondateur de l’association La Coque Nomade
[2] Pierre Guillon de Princé est quant à lui descendant d’armateur esclavagiste
Les photos sont issues du site du Musée d’Histoire de Nantes : https://www.chateaunantes.fr/expositions/expressions-decoloniales-4/
En savoir plus sur Centre de Recherche, de Formation et d'Histoire sociale
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire