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État d’urgence éducatif pour la Guyane

Constat n°1 – Les difficultés que connaît la Guyane en matière éducative sont la conséquence d’une situation générale dégradée, de la pénurie d’enseignants qualifiés ainsi que d’une prise en compte insuffisante des réalités locales.

Constat n° 2 – Il y a urgence à agir en faveur d’un redressement du système éducatif en Guyane, qui se caractérise par des résultats particulièrement faibles ainsi qu’une difficulté à scolariser tous les enfants qui devraient l’être.

Constat n°3 – La Guyane illustre l’inadéquation de la transposition du modèle scolaire métropolitain et la nécessité de son adaptation, tant dans ses objectifs que dans ses moyens que les contenus de l’enseignement.

Constat n°4 – Les mesures phare du Gouvernement –dédoublement des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, abaissement à trois ans de l’obligation d’instruction, apparaissent hors de portée.Plus qu’ailleurs, c’est à l’école primaire qu’il convient de donner la priorité.

Ces constats ne sont pas nouveaux, mais ils sont alarmants.

Ils sont ceux d’une délégation de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat qui s’est rendue en Guyane du 15 au 21 avril 2018 afin de dresser un état des lieux du système éducatif.

Les membres de la délégation en conclut à la nécessité de repenser le modèle scolaire guyanais et de l’adapter aux réalités locales.

Selon les rapporteurs cela devrait passer -entre autres- par le fait de « remédier à la pénurie d’enseignants et de mieux former ces derniers à la réalité du métier d’enseignant en Guyane », par une amélioration des conditions de vie scolaire, par une plus grande autonomie du recteur et une incitation à « l’innovation pédagogique », par un soutien à l’investissement scolaire, par une démarche de « contractualisation entre l’État et les collectivités territoriales », par un enrichissement de l’offre de formation et une facilitation de la mobilité des étudiants.

Le rapport insiste également sur la difficulté de l’acquisition et de la maîtrise des fondamentaux et en particulier du français alors qu’une part importante de la population n’est pas francophone. Il préconise « une formation des enseignants adaptée au contexte local, en particulier dans le premier degré, mettant l’accent sur l’enseignement du français aux élèves allophones et sur la connaissance des langues et cultures locales. »

Dans cette logique, , le Centre de Recherche, de formation et d’histoire sociale de l’UNSA Éducation a commandité une étude sur l’accueil et l’accompagnement des enfants allophones, dont une partie importante est consacrée à la Guyane. Fort des résultats de ce travail de recherche une formation sera proposée au premier trimestre de l’année scolaire prochaine sur le territoire guyanais.

Une manière pour le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation – même si nous ne partageons pas l’ensemble des conclusions des sénateurs – de prendre notre part dans le plan d’urgence éducatif indispensable pour la Guyane.

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