Publié dans Recherches, vu, lu pour vous

Pratiques sportives : un accès encore trop inégalitaire

Y aura-t-il un effet coupe du monde de football entraînant un développement accru des pratiques sportives ? Pas sûr et de toute manière trop tôt pour le dire. Il faudra attendre les inscriptions dans les clubs à la rentrée pour le savoir.

En fait, la pratique sportive augmente régulièrement. Et, si ce sont les jeunes qui représentent la plus grande partie des pratiquants, l’augmentation, elle, est le fait des femmes et des seniors.

Des chiffre qui ne doivent pas masquer les grandes disparités existantes.

Une pratique de jeunes

Les jeunes de moins de 30 ans représentent environ 56 % des licenciés sportifs -71 % des licences dans les nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville,  contre 55 % dans les autres quartiers-, mais dès après 12 ans le pourcentage de licenciés diminue. L’âge augmentant éloigne des clubs et des pratiques compétitives.

Pour autant plus de neuf jeunes sur dix, âgés de moins de 25 ans, déclarent pratiquer une ou plusieurs activités sportives, 46 % des jeunes de 15 à 29 ans se livrent à une activité sportive plus d’une fois par semaine, contre 39 % pour  les 30-49 ans.

Natation, football, vélo, footing sont les sports les plus prisés par les jeunes. Et, si le vélo et la natation appartiennent également aux tranches d’âge plus élevées, la pratique du football et du footing régresse avec l’âge.

Enfin les chiffres (analysés par l’INJEP http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/ias1_le_sport.pdf) montrent qu’ « après 25 ans, un fort écart se creuse entre les hommes et les femmes, le taux de pratique étant de 93 % pour les hommes de 26 à 29 ans, contre 78 % pour  les femmes. »

Une augmentation chez les femmes et les seniors

Les pratiques sportives des Français sont à la hausse passant de 44 % à 47 % de pratiquants entre 2009 et 2015 et de 28 % à 32 % de pratiquants réguliers, c’est-à-dire au moins ayant une activité sportive une fois par semaine.

Bien entendu, le développement de la notion de « sport-santé » explique cette hausse chez les plus de 60 ans.

Mais, précise l’INJEP (http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/ias15_pratiques_sportives.pdf ) cette « embellie sur le front des pratiques sportives des femmes ne doit pas masquer une autre réalité : le genre et l’origine sociale restent encore des facteurs déterminants dans la pratique d’un sport. »

Si pour les hommes, le principal facteur d’arrêt d’un sport est l’âge, pour les femmes, c’est l’arrivée d’un enfant qui est un frein à la pratique.

De même les disparités sociales sont flagrantes : « plus de la moitié des cadres sont sportifs contre un tiers pour les ouvriers. Avoir un niveau de diplôme élevé, une bonne santé, ainsi qu’un niveau de vie élevé, augmente la probabilité d’être sportif tandis que le fait d’avoir au moins un enfant la diminue. »

Saisi par le gouvernement sur son objectif d’augmenter de 3 millions (soit de +10 %) le nombre de personnes pratiquant une activité physique et sportive (APS) d’ici à 2024, pour tous les publics sur tous les territoires, en particulier ceux en situation de carence, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu son avis le 10 juillet dernier (http://www.lecese.fr/travaux-publies/l-acces-du-plus-grand-nombre-la-pratique-d-activites-physiques-et-sportives-0 ). Il met en évidence les « décalages entre besoins et offres, qui nuisent au développement des pratiques d’APS, concernent notamment l’insuffisance mais aussi l’inadaptation des équipements sportifs, ainsi que le manque d’offre d’accompagnement et de pratiques adaptées accessibles au plus grand nombre. » Il précise que « les enjeux de l’accès du plus grand nombre aux pratiques d’APS sont importants : retisser des liens sociaux, lutter contre les inégalités d’accès, s’engager, se faire plaisir, se construire et inciter à se maintenir en bonne santé tout au long de sa vie. » Afin d’atteindre ces objectifs, il fait « des préconisations déclinées en cinq axes : mobiliser la population et co-construire un projet sportif de territoire ; favoriser le développement de la pratique d’APS à l’école et dans l’enseignement supérieur ; remédier aux principales insuffisances en matière d’équipements sportifs et améliorer leur utilisation ; conforter l’accompagnement à tous les âges de la vie, prévoir des stratégies renforcées pour certains publics et miser sur la formation ; renforcer la prise en compte durable des pratiques d’APS dans l’urbanisme et l’espace public. »

Comme l’étude de l’INJEP, le rapport du CESE montre l’effort qui doit encore être mené afin de permettre l’accès aux sports pour toutes et tous. Un chantier qui passe -entre autres- par une réflexion de fond sur la place des APS dans et hors le système scolaire.

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