Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

Élections professionnelles : les résultats d’hier, les enjeux d’aujourd’hui

Le scrutin électronique pour les élections professionnelles dans la fonction publique ouvre aujourd’hui. Déjà, les votes par correspondances ont commencé. Et les bureaux de votes ouvriront dans les services le 6 décembre.

Enjeux 2018

Dans le contexte actuel de transformation de l’action publique et de mise en œuvre de la démarche Action publique 2022, il va de soi que les enjeux de ces élections sont particulièrement importants.

Évidemment, il s’agira de « se compter » pour connaître la force que représente chacune des organisations syndicales.

L’équilibre entre le camp réformiste et le camp contestataire sera également à analyser. IL aura un impact non négligeable sur la suite des négociations et le rapport avec l’État et les structures publiques employeurs.

Mais au premiers rangs de ces enjeux, se situe le taux de participation. En effet, la représentativité des élus sera relative au nombre d’agents publics qui auront voté. Plus cette participation sera forte, plus la légitimité des organisations syndicales, de leurs revendications, de leurs propositions sera reconnue.

Rappel 2014

Un petit retour en arrière permet de regarder le paysage syndical de la fonction publique à la veille de ces élections.

Le scrutin précédent a eu lieu en 2014. Et pour la première fois à une date unique pour l’ensemble de la fonction publique, le 4 décembre.

52,8 % de votants

Sur 5 212 957 d’inscrits sur les listes électorales, 2 753 540 avaient pris part au vote soit 52,8 % ( dont 52,3 % dans la fonction publique de l’État, 54,9 % dans la fonction publique territoriale et 50,2 % dans la fonction publique hospitalière).

Comparé au 42.8% de participation des inscrits aux élections professionnelles dans le secteur privé, ce chiffre demeure important surtout si l’on rappelle que seulement 19.4 % des agents de la fonction publique sont syndiqués, et même s’il est en baisse par rapport au scrutin précédent avec un taux de participation de 54,6 % (mais dans une autre configuration).

Avec respectivement 34,5% et 41,7% de votants, les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Éducation Nationale restaient les mauvais élèves de la classe avec les taux de participation les plus bas. Alors que la Culture était à 63,6% et Jeunesse et sports à 61,4 %.

CGT en tête, l’UNSA en forte progression

Du côté des résultats pour les organisations syndicales, sur l’ensemble de la fonction publique, bien qu’en baisse de 2,4 points, la CGT était arrivée en tête avec 23,1 % des voix suivie de la CFDT à 19,3 % en légère hausse de 0,3 point, Force ouvrière avec 18,6 % (+ 0,5 %) se situait en troisième position, l’Unsa à 10,4 % affichait la plus forte progression avec un gain de 1,1 point, alors que la FSU à 7,9 % perdait 0,3 point, Solidaires était en légère progression (+ 0,3 point) à 6,8 % , la CFTC à 3,3 % perdait 0,7 point), la CFE-CGC restait stable à 2,9 % comme la Fédération automne de la fonction publique (FA-FP) à 2,6 % (+ 0,1 point).

Dans la fonction publique d’État, les résultats des 5 premières centrales syndicales étaient serrés. FO arrivait en tête avec 17,0 % (+0,4 point),, devançant la FSU à 15,6 % (-0,3 point), en troisième position l’UNSA avec 14,8 % (+0,8 point)passait devant le CFDT à 14,0 % (-0,6 point) et la CGT 13,4 % (-2,4 point), venait ensuite Solidaires, la CFE-CGC et la CFTC.

Les organisation contestataires encore majoritaires

Malgré une baisse de la CGT et de la FSU (2,7 points à elles deux sur l’ensemble de la fonction publique comme dans la FPE), les organisations syndicales contestataires restaient majoritaires avec 55,4 % des voix si l’on additionne les résultats de FO, CGT, FSU et Solidaires (55 % dans la FPE).

Les organisations réformistes progressent grâce à la forte hausse des résultats de l’UNSA (+0,8 dans le FPE, +1,9 dans la FPT et à,7 dans la FPH) alors que la CFDT augmente très légèrement (+ 0,4 dans le Fpt et + 0 ,5 dans la FPH) mais recule dans la FPE (- 0,6).

Contexte syndical perturbé

En 2014, la CGT et son nouveau secrétaire général de l’époque Thierry Lepaon était dans une tourmente interne et médiatique. Cette fois, les tribulation de la succession de Jean-Claude Mailly à FO sont venues jeter un discrédit qui risque de rejaillir sur la centrale syndicales, mais plus largement sur l’ensemble du syndicalisme. Surtout, si l’on ajoute à cela, le peu de considération de l’actuel gouvernement pour le dialogue social et l’émergence de mouvements spontanés et non structuré comme celui des « gilets jaunes ».

Dans ce contexte, les élections professionnelles de la fonction publique apparaissent comme un indicateur majeur, à la fois de la capacité des syndicats à mobiliser les électeurs pour la défense et l’avenir des services publics mais également à faire la preuve de leur démarche d’évolution, afin d’être davantage reconnus et représentatifs.

Premières réponses, le 6 décembre au soir.

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