Publié dans Aujourd'hui, vu, lu pour vous

Et si le collaboratif n’était pas qu’utopique

Les deux tiers des Français se disent désormais prêts à partager leurs objets plutôt que les posséder. C’est une augmentation de 11 points en 3 ans.

Un tiers a eu, au cours de l’année passée, des pratiques collaboratives non marchandes (covoiturage, échanges de services de jardinage, bricolage/recyclage, échange de livres, de jouets, petits cours, monnaies locales, etc.).

Lorsqu’on leur demande de décrire la société idéale, nos concitoyens évoquent plusieurs notions faisant écho à la société collaborative.

Bien au-delà du seul partage des objets, c’est le principe d’une plus grande implication des citoyens, salariés, consommateurs, usagers et d’une collaboration entre eux qui est revendiqué et valorisé.

« Participatif, collaboratif, coopératif, pair à pair, les mots se bousculent pour évoquer un univers en plein fourmillement » affirme le CREDOC dont les travaux montrent que « ces pratiques se développent notamment parce qu’elles font écho à de nouvelles aspirations : distance aux institutions et remise en cause des fonctionnements hiérarchiques, besoin de reconnaissance individuelle, valorisation de l’intelligence collective, attrait pour la figure de l’amateur et de l’artisan, etc. »

Si, pendant longtemps, « les utopies occidentales ont été fondées autour de croyances religieuses, philosophiques ou politiques », la société de consommation avait orientée les aspirations vers la possession d’objets et la croissance économique. Aujourd’hui, pour une partie importante de la population, le « faire ensemble » devient un nouvel idéal, un nouvel horizon utopique.

Dans ce retour au «co-laboratif» qui signifient « l’action de travailler en commun », l’espoir (réel, vain ou hypocrite ?) repose sur des relations fondées sur la solidarité et l’entraide, le partage, permettant la construction d’une société qui à la fois accorde une grande liberté aux individus et cherche à réduire l’égoïsme et l’isolement.

La survalorisation de la notion de fraternité dans le baromètre UNSA des métiers de l’éducation – 45,9 % des répondants la placent comme la valeur devant être renforcée ou plus défendue – va dans ce sens. Surtout, comme le met en évidence le CREDOC, lorsque les mots de la devise républicaine « s’accompagnent dans la bouche des Français de valeurs comme « l’entraide», « le respect », « la solidarité », « le partage » ou « le travail ». »

Reste, pour être fidèle à ses promesses et à l’imaginaire qui l’entoure, à cet univers collaboratif en plein essor à démontrer sa capacité à développer un renouveau démocratique et une finalité sociétale d’intérêt général pour l’avenir. Deux conditions pour que l’utopie puisse prendre corps.

Retrouvez ici les travaux du CREDOC sur ce sujet :

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Mobilisation dans la Fonction publique : quand l’approche historique aide à mieux comprendre les enjeux

Aujourd’hui 22 mai, toutes les organisations syndicales de la Fonction publique appellent à une journée de mobilisation et de grève. Au-delà des motifs de mécontentement et des revendications qui s’exprimeront durant cette journée, c’est une vision du service public et du rôle des fonctionnaires que défendent les syndicats dans un mouvement unitaire. Pour mieux comprendre les enjeux, un détour par l’histoire peut être très utile et éclairant.

Nous vous invitons donc aujourd’hui, si ce n’est déjà le cas, à découvrir les travaux de l’historien Émilien Ruiz, maître de conférences en histoire contemporaine et humanités numériques à l’Université de Lille-3.

Il a publié dernièrement dans le magazine de Sciences Humaines et Sociales en ligne Mondes Sociaux un article intitulé « Compter les fonctionnaires ou réduire les services publics ?» ( https://sms.hypotheses.org/11366 ) qui montre que les débats autour du nombre de fonctionnaires, de la réduction des effectifs et des missions de service public sont anciens et récurrents. Cet éclairage historique est particulièrement intéressant et bienvenu au moment où le gouvernement actuel adopte une politique pas toujours en faveur des fonctionnaires et du service public, en évoquant une réduction des effectifs, la révision du statut ou encore le recrutement de contractuels en plus grand nombre. Émilien Ruiz, fort de son analyse historique, nous prévient en conclusion de son article : « C’est donc bien à une aussi sévère que discrète remise en cause du modèle français de gestion de la fonction publique que nous assistons. »

Pour aller plus loin :

Afin de compléter cette analyse, nous vous conseillons également de lire deux autres textes de cet historien :

« Y-a-t-il trop de fonctionnaires ? » paru sur le site en ligne La Vie des idées en mars 2017 ( http://www.laviedesidees.fr/Y-a-t-il-trop-de-fonctionnaires.html )

Émilien Ruiz a également déposé en ligne sa thèse de doctorat soutenue en 2013, intitulée « Trop de fonctionnaires ? Contribution à une histoire de l’État par ses effectifs (France, 1850-1950) » (https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00863780/document )

Le site personnel de l’auteur : http://e-ruiz.com/

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Existe-t-il une école socialiste ?

Les questions sur l’école ne manquent pas.

Parmi celles-ci la Fondation Jean Jaurès a choisi d’interroger les liens entretenus entre les acteurs de l’École et le parti socialiste au cours des XIXème et XXème siècles et de se demander s’il existe l une conception de l’éducation propre au socialisme ?

Un débat animé ce soir à la Fondation Jean-Jaurès par Dominique Meurs, professeure à l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense et membre de l’Observatoire de l’éducation de la Fondation Jean-Jaurès autour de deux livres d’histoire récemment publiés.

 

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La crypte de la Sorbonne : en mémoire des « universitaires » victimes de la guerre et de la résistance

Le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale. En France, ce jour férié permet de commémorer la victoire et le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui ont participé au combat pour la liberté. De très nombreux enseignant.e.s ont agi entre 1940 et 1945 pour lutter contre le nazisme et l’occupation. Beaucoup y ont laissé leur vie. Pour leur rendre hommage, le 11 novembre 1947 est inaugurée la crypte de la Sorbonne : « Cette crypte a été dédiée aux dépouilles de 10 Maitres et deux élèves désignés par la Fédération de l’Éducation nationale pour symboliser l’héroïsme de tous les universitaires morts au service de la France et de la liberté. » Guy Putfin, qui a été responsable entre 2002 et 2006 du département Archives et Histoire sociale du Centre Henri Aigueperse de l’UNSA Éducation  est revenu sur l’histoire de la crypte de la Sorbonne lors d’un colloque le 25 janvier 2018 organisé par l’Himase (Association pour l’histoire des militants associatifs et syndicaux de l’éducation, http://www.himase.fr/ ) « Des personnels de l’éducation dans la résistance » Voici le texte de son intervention où vous retrouverez le parcours de résistantes et de résistants parfois méconnus issus du monde de l’enseignement : texte_Crypte_Putfin.

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D’où vient la fête du 1er mai ?

Le 1er mai est un jour férié officiellement depuis 1947. Mais c’était déjà depuis plusieurs dizaines d’années la date traditionnelle des revendications ouvrières et sociales. Vous souhaitez en savoir davantage ?

Le livre de Maurice Dommanget « Histoire du 1er Mai » aide à mieux connaître l’histoire de ce jour symbolique de la fête des travailleurs. L’auteur était un instituteur, féru d’histoire et auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire sociale de la Révolution française, du mouvement ouvrier ou encore de l’éducation. Militant syndical de l’enseignement dans la tradition du syndicalisme révolutionnaire, Dommanget (1888-1976) a été le premier à restituer les pages glorieuses de l’histoire de ce jour, dont l’origine se situe en 1886 à Chicago lors d’une manifestation qui fut durement réprimée. Quelques années plus tard, en 1891, une fusillade à Fourmies (Nord) met un terme à une manifestation pacifique d’ouvriers qui revendiquaient la journée de 8 heures. Ces deux événements douloureux incitent les organisations syndicales à faire du 1er mai un jour de revendications, symbole des luttes sociales jusqu’à aujourd’hui.

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Rapport Condorcet : l’anniversaire d’un acte mythique et fondateur de notre Éducation

C’est aujourd’hui l’anniversaire du rapport Condorcet.

Bien sûr les « Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique » présentés par Marie-Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de Condorcet à l’Assemblée nationale, les 20 et 21 avril 1792 n’ont jamais vraiment vu le jour. Ils portaient pourtant l’ambition d’une triple dimension d’éducation scolaire, populaire et permanente qui inspire la réflexion éducative moderne et progressiste.

On sait le projet d’organisation d’une école primaire et secondaire prônée par Condorcet, dont le caractère laïque était affirmé et pour laquelle les « enseignants » seraient indépendants des pouvoirs politiques, mais recrutés et formés par une société nationale des sciences et des arts. On dit moins la vision émancipatrice de l’instruction pour Condorcet, qui voyait là un levier d’égalité tant entre les sexes qu’entres tou.te.s les citoyen.ne.s. Débarrassés de tout dogmatisme et chargés de ne transmettre que des vérités, « les principes de la morale enseignée dans les écoles et dans les instituts seront ceux qui, fondés sur nos sentiments naturels et sur la raison, appartiennent également à tous les hommes. »

Et pour cela l’instruction ne peut se limiter à l’enfance. « Nous avons observé que l’instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où ils sortent de l’école, qu’elle devait embrasser tous les âges; et qu’il n’y en avait aucun où il ne fut plus utile et possible d’apprendre, et que cette seconde instruction est d’autant plus nécessaire, que celle de l’enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites », affirme Condorcet qui invente alors -anachronisme du vocabulaire mais pas de l’idée- la formation tout au long de la vie.

Enfin, il voulait « offrir à tous les individus de l’espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-être, de connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs ; assurer à chacun la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a le droit d’être appelé, de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature ; et par-là, établir entre les citoyens une égalité de fait et rendre réelle l’égalité politique reconnue par la loi » l’éducation est pour Condorcet, « un devoir de justice ».

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Le dialogue social, et si on en parlait !

Aujourd’hui avec un parterre de nombreux intervenants (Laurent Berger, Luc Bérille, Patrice Bondy, Jeau-Louis Brossard, Jean-Paul Coulange, Gilles Finchelstein, Jean Grosset, Philippe Louis, Guillaume Martin, Nadège Plou, Nadia Zenaf Mouloud) la fondation Jean Jaurès et son Observatoire du dialogue social invite à réfléchir et à débattre du dialogue social dans les entreprises.

Comment tirer parti des nouvelles règles du dialogue social ? Quelles sont les conditions de sa réussite en faveur de la qualité du travail, de l’emploi, de la compétitivité des entreprises vers un modèle de développement durable? telles sont les interrogations qui seront posées cet après-midi à la bourse du travail autour du thème : »Entreprise : comment réussir le dialogue social en France ?

Voir ici le programme complet : https://jean-jaures.org/nos-actions/entreprise-comment-reussir-le-dialogue-social-en-france

 

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L’orientation des jeunes : le rapport du CESE et l’avis de l’UNSA

Aujourd’hui, le Conseil économique, social et environnemental, a adopté à une large majorité son rapport sur « l’orientation des jeunes ».

L’orientation interroge les valeurs de la République parce qu’elle est une interface déterminante entre la formation et l’insertion dans la vie professionnelle et qu’à travers elle est posé l’enjeu de trouver sa place dans la société, de construire du sens à son avenir, de donner une réalité à ses rêves. Enjeu d’autant plus important dans un monde incertain où de nombreux métiers se transforment, disparaissent et se créent, où les besoins en qualification augmentent, où les statuts des activités professionnelles sont interrogés, la capacité à s’orienter et se former tout au long de la vie devient essentielle.

Aussi, les 29 préconisations portées par le rapport du CESE, visent à répondre à trois objectifs :

– garantir les conditions d’un véritable accompagnement ;

– passer de procédures ponctuelles à un parcours progressif ;

– réussir son orientation pour une bonne insertion professionnelle.

Elles s’inscrivent dans une recherche de cohésion sociale et de démocratisation, cherchant à en garantir à chacun jeune des réponses à ses aspirations et une maîtrise de son parcours. Elles valorisent une orientation active, basée sur la mobilité, la construction progressive des parcours, le développement personnel et les possibilités d’évolutions ultérieures s’inscrivant dans une démarche de formation tout au long de la vie.

L’objectif visé est donc « de donner du sens à l’orientation dans une logique d’accompagnement pour que chaque jeune devienne un.e acteur.trice informé.e, avisé.e et agile dans son parcours d’orientation, de formation et d’insertion, trouve sa place dans la société et s’y épanouisse tant professionnellement que personnellement ».

Retrouvez ici le rapport du CESE :

http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2018/2018_12_orientation_jeunes.pdf

Et la déclaration de Christian Chevalier au nom de l’UNSA : CESE Orientation déclaration UNSA

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