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Une rentrée en chiffres (à confirmer)

Il n’aura échappé à personne que c’est aujourd’hui le rentrée scolaire, c’est-à-dire le rentrée d’environ 12,4 millions d’élèves, auxquels il faut ajouter 207.550 apprentis et 272.850 élèves des premier et second degrés des ministères en charge de l’agriculture et de la santé.

Si la rentrée scolaire est un moment important qui permet de rappeler les enjeux éducatifs, de faire le point sur les réformes en cours, d’interroger les choix politiques et pédagogiques en matière d’Éducation, elle est aussi une question de chiffres.

Ainsi ce sont 6,7 millions d’élèves qu’accueilleront les écoles, 3,4 pour les collèges et 2,3 pour les lycées.

871 000 enseignants répartis dans 61 900 écoles et établissements publics et privés leur feront cours. Mais se sont également près de 275 000 personnels (auxquels il faut ajouter environ 55 000 Atsem) dits « non enseignants » qui sont présents (majoritairement dans les établissements du second degré) pour faire fonctionner l’ensemble du système scolaire.

La scolarité a un coût. Il est évalué en moyenne à 6550 euros par élève et par an en primaire, à 8710 par collégien, à 11 060 euros par lycéen général et technologique et à 12.730 euros par lycéen professionnel.

Sommes auxquelles il faut ajouter les dépenses à la charge des familles en hausse de 0,17% comparé à la rentrée 2018 avec des disparités selon les niveaux, selon l’enquête annuelle de la Confédération syndicale des familles, qui affirme que les parents devront débourser :

  • 159 euros en moyenne pour un enfant entrant au CP contre 165 euros l’année dernière, soit une baisse de près de 4% ;

  • 361 euros pour les élèves de sixième, une hausse de 5,6% ;

  • 389 euros en seconde générale avec là aussi une baisse de près de 4 %.

Autre moyenne qui masque de très grandes disparités, celle du nombre d’élèves par classe. Officiellement elle est annoncée dans l’enseignement public à 24,3 élèves dans les écoles maternelles, 22,7 élèves par classe à l’école élémentaire, 25,4 au collège, 29,1 au lycée général et technologique ou encore 18,3 en lycée professionnel.

Mais en primaire, en REP et REP+ alors que 10 800 classes de CP et CE1 doivent être dédoublées, on imagine sans peine que les autres classes de ces écoles auront des nombres d’élèves bien plus importants.

En fait, ce n’est souvent qu’après coup, une fois la rentrée largement passée, que les véritables chiffres sont connus et peuvent être analysés. Ainsi faudra-t-il le faire pour l’impact de la scolarité devenue obligatoire dès 3 ans ou pour l’accueil des élèves en situation de handicap : 248.000 dans le premier degré et 160.000 dans le second degré sont attendus, 4.500 AESH supplémentaires ayant été recrutés pour les accompagner, selon le gouvernement.

Même si elle est tardive, la transparence existe dans la publication des données chiffrées de l’Éducation nationale. Ainsi est paru en août 2019 Repères et références statistiques la publication annuelle de la DEPP et de la SD-SIES, qui réunit en un seul volume toute l’information statistique disponible sur le système éducatif et de recherche français. Organisé en onze chapitres et 180 thématiques pour l’édition 2019, ce document apporte de nombreuses données et permet une lecture assez complète de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur en chiffres.

A retrouver ici : https://www.education.gouv.fr/cid57096/reperes-et-references-statistiques-2019.html

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Citéco : l’économie a dorénavant son musée

Est-ce comme le dénonçait Alphonse de Lamartine une mise au cimetière (Je suis las des musées, cimetières des artsdans le Voyage en Orient) ou au contraire un échappatoire à la mort tel que le prônait André Malraux (le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mortdans La Tête d’obsidienne? Toujours est-il que ce 14 juin l’ancien siège de la Banque de France à Paris devient la cité de l’économie, Citéco, un musée dédié à l’économie et à la finance.

Pourquoi un tel musée ?

Le site de Citéco répond :

« Parce que tout le monde est acteur de l’économie

Parce que chacune et chacun apporte sa pierre à l’édifice dans son territoire, dans un monde hyper-connecté et ouvert

Parce que tout le monde participe, peut apprendre et comprendre

Nous offrons un lieu de vie et d’expériences ouvert à toutes et tous

Pour découvrir les concepts et mécanismes de l’économie, de la finance et de la monnaie

Pour s’amuser, manipuler et expérimenter

Pour s’émerveiller des trésors d’ici et d’ailleurs

Pour s’éblouir d’un joyau architectural néo-Renaissance

Pour se détendre, se rassembler et vivre des expériences hors du commun

Pour offrir à toutes et tous l’opportunité de mieux comprendre le monde ; d’agir en citoyen éclairé. »

Un lieu éducatif donc et citoyen.

Évidemment, le risque d’une telle patrimonialisation de l’économie est d’en faire un lieu doctrinaire, d’y imposer une seule vision, d’être au service d’un dogme. Pire encore de faire de l’économie (comme ailleurs de l’art) une fin en soi. En un mot de déifier l’économie : le veau d’or aurait ainsi trouver son temple !

Bien entendu un projet porté par La Banque de France, voulu par son gouverneur Christian Noyer et soutenu par la patronne du FMI Christine Lagarde ne peut qu’interroger sur la possibilité de voir exposée dans ces lieux la diversité des approches et des alternatives économiques.

Les six thématiques du parcours permanent : l’échange, les acteurs, les marchés, les instabilités, les crises (« que les institutions cherchent à réguler ») et la fonction bancaire fond davantage penser à une approche classique de l’économie de marché.

Mais il s’agit d’un musée. Donc d’une mise en espace et en scène. Moins que la vérité « vraie », le musée donne à voir une réalité mise en spectacle, représentée. « Ceci n’est pas une pipe » indiquait Magritte sur son tableau « La trahison des images » rappelant qu’il s’agissait de sa représentation d’un objet appelait pipe. Citéco n’est donc pas l’économie, mais une manière de l’interpréter et de la montrer. Le visiteur, tout à son admiration, n’en est pas moins appelé à rester critique et à réfléchir.

Gageons que dans cette optique Citéco ne peut qu’être qu’un outil efficace à l’éducation économique des citoyen.ne.s. Et rappelons tout l’intérêt de développer une « pédagogie de l’argent » comme nous l’avons montré dans le n°1 de la revue [R] en septembre dernier.

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de juin

Non ce n’était pas mieux avant !

Évidemment c’est Michel Serres qui nous l’affirme en une de ce [Quoi de 9 ?] de juin qui célèbre la lucidité et l’optimisme du philosophe qui vient de nous quitter, mais nous laisse avec la richesse de sa pensée dans l’ensemble de ses ouvrages.

Mais les autres articles de ce [Quoi de 9 ?] ne disent pas autre chose.

  • Denis Meuret l’affirme retraçant les effets positifs de la démocratisation scolaire

  • L’OCDE démontrant l’abandon de la « carte scolaire » augmente les inégalités entre les élèves.

  • le rapport du CESE rappelant combien l’Éducation populaire est d’actualité et innovante.

  • L’Éducation artistique et culturelle, formidable levier de démocratisation si elle s’éloigne de la passéiste « idéologie du don ».

  • L’Europe, qui au lendemain des élection, demeure notre espace d’avenir à construire.

Autant d’invitation à abandonner le déclinisme ambiant et à regarder vers demain.

C’est aussi le cas du troisième numéro de notre revue [R] qui revient sur les mutations de notre monde pour mieux nous inviter à agir.

Bonne lecture de ce nouveau [Quoi de 9 ?] avec ces 9 (et un peu plus) infos du mois de juin : quoi-de-neuf juin 19

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« Petite Poucette » est orpheline

Ce matin « Petite Poucette » est triste. Ses doigts sont gourds sur le clavier. Ses messages remplis de larmes.

« Petite Poucette » est orpheline.

Michel Serres s’en est allé. Ultime voyage vers le grand large pour le philosophe navigateur.

Et nous voici nous aussi, un peu orphelins. Nous venons de perdre un ami de la famille.

Certes, nous ne le connaissions pas bien. Juste sa voix à la radio. Son image à la télévision. Mais surtout la profonde pensée, la réflexion éclairante, l’image juste et questionnante de chacun de ses livres.

A l’inverse de la pièce de Luigi Pirandello, Michel Serres, pédagogue, fut en permanence un auteur en quête de personnages. Un pour chaque concept développé, pour chaque idée exposée, pour chaque nouvelle réflexion. Et la galerie des portraits est longue. Celle des personnages qui peuplent ses plus de 80 livres et qui nous guident dans la compréhension d’une pensée complexe qui relient toutes les disciplines et s’appuie, comme le faisaient les philosophes antiques, au départ sur les avancées de la science.

Qu’on ne s’y trompe pas, Michel Serres n’est pas toujours facile à lire. Espiègle, il l’était aussi dans sa manière de nous conduire, sans toujours nous le dire, vers des abîmes de réflexion. Partis confiants pour un peu de canotage intellectuel, combien de fois, nombre d’entre nous, ses lecteurs, nous sommes nous retrouvés face à la houle des interrogations, au vent violent de la pensée, aux vagues des incertitudes. Mais le lieutenant de vaisseau Serres tient bon la barre et sait nous conduire à bon port.

Alors aujourd’hui, nous sommes un peu tristes et orphelins, comme « Petite Poucette ». Même les « grands-pères ronchons » ont une larmes à l’œil en marmonnant « C’était mieux avant » et ajoutant « quand Michel était encore là ». Mais Hermès, nous le rappelle : Michel Serres est immortel (au-delà du fait qu’il était académicien -sans épée). Le « gaucher boiteux » nous laisse ses livres et la richesse de sa pensée pour nous entraîner encore dans de nombreux nouveaux voyages.

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Et l’on reparle (enfin) d’Éducation populaire

En pleine revendication de plus de participation citoyenne, de la part des « gilets jaunes » et d’autres, nous avions poussé un cri d’alerte : aurait-on oublié l’Éducation populaire ? (https://centrehenriaigueperse.com/2019/01/16/aurait-on-oublie-leducation-populaire/)

Nous avons en effet en France une démarche, déjà ancienne (plus de 150 ans), mais loin d’être ringarde, d’implication des citoyens à la transformation de la société grâce à une éducation culturelle et politique partagée, portée par les pairs de manière transversale et bienveillante.

Une démarche certes qui a connu ses heures de gloire dans des temps passés (la fin du XIXème siècle, le Front populaire, la Libération…), mais qui depuis n’a cessé d’agir et d’innover au quotidien et dans la proximité.

Par chance, nous ne sommes pas les seuls à nous en être souvenus. Le Conseil économique social et environnemental s’est auto-saisi d’un rapport sur cette éducation populaire trop souvent méconnue et en a confié la rédaction à Christian Chevalier de l’UNSA et Jean-Karl Deschamps de la Ligue de l’Enseignement.

La séance plénière du CESE d’aujourd’hui se réunit pour entendre l’avis ainsi que les préconisations et les adopter.

L’objectif d’un tel rapport est triple :

– redonner de la visibilité à l’Éducation populaire, montrer la modernité de son ambition et de ses pratiques ;

– proposer un plan volontariste de soutien aux associations, mouvements et services de l’Éducation populaire souvent confrontés à la concurrence du privé commercial par les appels d’offres, l’absence de vision à moyen et long terme, l’absence de soutien des responsables politiques et du ministère qui en est en charge ;

– mais surtout, il s’agit de mettre en évidence que la fracture sociale, culturelle, citoyenne n’est pas une fatalité, que l’émancipation individuelle et collective est possible, que réconcilier la société commence par des actions du quotidien et de la proximité. Que cet apport est présent sur l’ensemble des territoires sous de multiples formes. Qu’il est déjà à l’œuvre et qu’une politique volontariste d’accompagnement permettrait la démultiplication de son engagement.

Le rapport du CESE sera à retrouver dans un prochain article, juste après la séance plénière de cet après-midi. Pour en savoir davantage, vous pouvez d’ores et déjà consulter le site du CESE : https://www.lecese.fr/content/leducation-populaire-une-exigence-du-21eme-siecle

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Contre les discriminations : dire et agir

1 634 actes LGBTphobes. C’est le nombre de « cas » que SOS homophobie relève pour l’année 2018 dans son baromètre annuel. Soit 9 % d’augmentation par rapport à 2017.

Un candidat perçu comme étant d’origine maghrébine a en moyenne un tiers de chances en moins de recevoir une réponse à sa demande de logement. C’est le constat d’une étude menée par SOS racisme.

Discriminations à l’embauche, au logement, dans le sport… Insulte, violence, harcèlement, agressions. Grossophobie, LGBTphobie, racisme, antisémitisme, sexisme…

La liste est longue.

Certes les actions de prévention et de lutte existent. Elle sont à saluer.

Alors que s’ouvre le festival de Cannes, il faut rappeler que c’est du monde du cinéma qu’est venue cette action d’ampleur visant à libérer la parole, combattre le sexisme et les violences faites aux femmes.

Le cinéma tente aussi de rompre le silence dans le sports. Ainsi sur le mode sérieux du documentaire avec « Footballeur et homo, au cœur du tabou », réalisé par Yoann Lemaire et Michel Royer ou avec l’humour de la comédie des « Crevettes pailletées » de Cédric Le Gallo, Maxime Govare, l’homophobie est dénoncée.

Une vague de haine a pourtant accompagné la Une du magazine l’Équipe qui dénonçait l’homophobie dans le sport…

Si les « professionnels du logement » cherchent à lutter contre les discriminations, ce sont les particuliers qui sélectionnent le plus sur le patronyme, l’origine, la couleur de peau…

Il est difficile de dire la souffrance d’être rejeté pour ce que l’on est et les discriminations peuvent conduire de la « tristesse, au repli sur soi, à l’inquiétude, l’angoisse, la dépression, aux conduites à risque et à des tentatives de suicide », comme le rappelle SOS Homophobie.

Alors que celle des agressé.e.s tente d’être libérée, celles des agresseurs se fait également plus entendre…au risque d’être banalisée.

Il s’agit donc de « ne baisser ni les yeux, ni les bras » pour reprendre l’éditorial du rapport de SOS homophobie.

De ne rien laisser passer. De dire et d’agir !

Le baromètre de SOS homophobie est consultable ici : rapport_homophobie_2019_interactif

L’enquête de SOS Racisme est à retrouver sur leur site : https://sos-racisme.org/discrimination-au-logement-un-rapport-edifiant/

illustration : https://education.francetv.fr/matiere/education-civique/premiere/video/lutte-contre-les-discriminations

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de mai

Un 9 mai particulier sur lequel revient [Quoi de 9 ?] puisque c’est aujourd’hui jour de grève dans la fonction publique.

C’est aussi la « journée de l’Europe », 69 ans après le discours fondateur de Robert Schuman.

Au sommaire de ce [Quoi de 9 ?] de mai 2019, vous trouverez aussi  :

le projet culturel algérien « L’art est public »

une réflexion sur la Recherche et l’Éducation

les résultats d’une étude sur l’éducation permanente au prisme d’un regard syndical

les risques de la marchandisation de l’Éducation au niveau international

un clin d’œil fleuri au 1er mai entre églantine et muguet

Ainsi, bien entendu, que quelques propositions à lire, écouter, voir et à noter dans votre agenda.

 

Retrouvez ici les 9 infos (et un peu plus) de ce [Quoi de 9 ?] de mai : quoi-de-neuf ma 19

Excellente lecture.

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Fleurs de mai

Blanches clochettes porte-bonheur ou révolutionnaire fleur rouge sang… si le 1er mai fête les travailleuses et les travailleurs, il est aussi lié aux fleurs. Et ce depuis fort longtemps.

Jean-Paul Coudeyrette sur le site Compilhistoire (http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/premiermai.html) indique que dès la Rome antique, cette période de l’année donne lieux à des fêtes l’honneur de Flora, déesse sabine des Fleurs et des Jardins et mère du Printemps. Et que l’apogée de ces agapes était atteinte le 1er mai. Ce nom même de mai, en latin « maius » « désignait le mois consacré à Maia, une des Pléiades, fille du titan Atlas et mère de Mercure, déesse romaine du Printemps et de la Croissance, dont le nom provient de la racine sanscrite « mah » (= croître, nourrir). »

Ovide (-43 à 17) évoque également l’instauration d’un culte, le 1er mai, à Rome, à la demande de la vestale Claudia, pour rendre hommage à Bona Dea (la Bonne Déesse). De même que plus tard, des moines au IIIe siècle font correspondre dans le Livre des Invasions de l’Irlande (Lebor Gabâla Erenn), qui raconte la préhistoire mythique de l’Irlande, le 1er mai avec la fête solaire celte de Beltaine, qui signifie feu du dieu Bel.

Renaissance et épanouissement de la nature, le début du mois de mai est ainsi traditionnellement célébré : grandes assemblées appelées « Champs de mai » chez les Francs, vertus curatives du « beurre de mai« , « Maiwein » vin aromatisé de la région d’Arlon en Belgique, « Nuit de Walpurgis » ou « Nuit des sorcières » pour la nuit du 30 avril au 1er mai « durant laquelle les sorcières mènent sabbat», « arbre de mai » en Allemagne…


Premier lien avec le monde du travail : au Moyen Age, pour de nombreuses corporations d’artisans, le 1er mai était l’une des grandes dates de démarrage des contrats d’apprentissage. Et il semble que ce premier jour mai était férié dans de nombreuses contrées.

Pour autant, lorsqu’il c’est agit de placer une fête des travailleurs ou du travail, de nombreuses autres dates ont tout d’abord étaient choisies : le 19 septembre puis le 20 janvier sous la révolution, le 4 mars en 1848 dans les colonies française en commémoration de la date de l’abolition de l’esclavage. C’est en fait la répression dans le sang de rassemblements organisés par les syndicats aux USA le 1er mai 1886 pour revendiquer la journée de 8 heures, qui décidera de consacrer cette journée aux travailleurs. Les ouvriers américains font encore grève les 1er mai 1887, 1888 et 1889.


Et pour revenir aux fleurs de mai… Le 1er mai 1890, les manifestants portent un petit triangle rouge symbolisant la journée idéale (les 3 x 8 : travail, sommeil, loisirs) ; triangle qui sera remplacé plus tard, par une églantine rouge symbole de la Révolution et fleur traditionnelle du Nord de la France Maurice Barrès (Cahiers, t. 11, 1917-18, p. 214) qualifiera ainsi les socialistes et les communistes « d’églantinards ».

On sait les blessés et les morts victimes des répressions des 1er mai suivants (1891 à Fourmies : 9 morts et une soixantaine de blessés ; 1894, près de Chicago, 2 morts ; 1906, à Paris,800 arrestations et beaucoup de blessés…


L’églantine est aussi le symbole de ce sang versé.

Mais dès le 1er mai 1907, apparaît également lors des rassemblements et manifestation, « le muguet de mai (Convallaria majalis), fleur traditionnelle de l’Ile de France, symbole du printemps et du renouveau.»

La vente du muguet se répand peu à peu dans les rues et surtout à partir de 1936 avec l’avènement des congés payés.

L’affiche ci-dessus de l’Humanité en 1936 montre d’ailleurs Marianne arborant un brin de muguet et recevant une églantine.. deux porte-bonheur : efficaces semble-t-il puisque le Front Populaire remporta l’élection et organisa une immense manifestation le 1er mai 1937.

Ainsi muguet et églantine, fleurs de mai, symbole de renouveau, furent réunis pour célébrer les travailleuses et les travailleurs dans leur revendication permanente pour l’émancipation, pour l’épanouissement, pour vivre décemment et pleinement.

Aujourd’hui, « le 1er mai est férié dans au moins 107 pays du monde, ce qui représente au moins 67% de la population mondiale. »


Le travail, c’est une belle invention, parce que tout le monde croit que c’est sacré. (Roger Fournier, Journal d’un jeune marié, 1967)

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[Quoi de 9 ?] : les 9 infos de ce mois de mars

Après le 8 mars vient le 9 et donc un nouveau [Quoi de 9 ?] avec à sa une, le long chemin encore à parcourir pour atteindre l’égalité femmes-hommes.

Mais aussi au sommaire de ce mois de mars 2019 :

– les pratiques d’information des jeunes

la culture qui s’invite dans le grand débat

– un certain décret du 9 mars 1852… quand le pouvoir faisait acte d’autorité sur les personnels éducatifs

– les méthodes pédagogiques mises en question

– une analyse du pilotage et des pilotes de l’Éducation nationale

– tout savoir sur la « Bildung » au cœur de la démarche éducative en Allemagne, ou presque

– et Michel Serres qui dans un petit livre nous invite à l’espièglerie douce…

Le tout, avec des propositions pour lire, écouter, voir et noter dans votre agenda.

 

Retrouvez sans attendre les infos du [Quoi de 9 ?] de ce mois de mars ici : quoi-de-neuf mars 2019

Bonne lecture.

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Égalité femmes-hommes : encore un long chemin à parcourir

Bonne nouvelle : 66 % des Français jugent insatisfaisant le niveau d’égalité entre les femmes et les hommes dans le milieu professionnel et 89 % aspirent à une égalité salariale obligatoire, selon la première édition du baromètre sur le regard des Françaises et des Français sur l’égalité entre les femmes et les hommes., réalisé par Kantar, pour La Fondation des Femmes.

Preuve d’une prise de conscience. Certes, et 59% des Françaises affirment que les droits des femmes ont progressé. Mais là où 40% des hommes pensent que l’égalité a progressé, elles ne sont que 20 % à le dire, 63% des femmes considèrent que la situation n’a pas changé, alors que pour 17% elle s’est dégradée. Ainsi 62% des femmes pensent qu’il leur est plus difficile de trouver un travail qu’à un homme et pour 79 % avoir plusieurs enfants est un frein à la carrière des femmes.

Alors que, selon l’OCDE, 73% des tâches ménagères sont encore réalisées par les femmes, 69 % des Français (76 % des hommes et 62 % des femmes) estiment satisfaisant l’égalité atteinte dans l’espace familial. Mais seulement 45 % jugent prioritaire d’éduquer les enfants à l’égalité. Preuves, s’il en fallait, que les schémas transmis traditionnellement sur les rôles genrés dans la famille ont la vie dure.

En réaction aux 225 000 femmes victimes de violences conjugales physiques ou sexuelles par an, aux 36% des femmes de moins de 35 ans déjà victimes de sexisme, aux 54% des femmes de moins de 35 ans ont déjà subi blagues et remarques à caractère sexuel, 57% des Français considèrent comme prioritaire la lutte contre les violences conjugales, 55% la lutte contre les violences sexuelles -loin devant les 33% mettant en priorité l’égalité salariale- et 63% des Français jugent prioritaire de punir plus sévèrement les auteurs de violences physiques et sexuelles. Pour 71% des femmes pourtant, il apparaît toujours difficile de porter plainte (63% pour viol, 76% pour injures, 73% pour harcèlement de rue, 68% pour violences).

Parmi les solutions : pour 90 % des Français, il est important de former les policiers et les gendarmes ; 95 % revendiquent une meilleure prise en considération des victimes de violences  et 85% estiment important de former les citoyens en tant que témoin ou victime.

Ainsi, l’Éducation reste le meilleur rempart pour construire une égalité femmes-hommes réelle au quotidien dans tous les domaines et lutter contre toutes les formes de violence et de discrimination sexistes ou sexuelles, même si, malgré quelques progrès, un long chemin reste à parcourir pour y parvenir. La journée du 8 mars sert avant tout à en prendre conscience et invite à agir.