Publié dans Aujourd'hui, Histoire sociale

Se souvenir et enseigner

Chaque année a lieu le 27 janvier la journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité. Il s’agit d’une date symbolique car elle est identifiée à la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques le 27 janvier 1945. Le Ministère de l’éducation nationale propose, en collaboration avec plusieurs partenaires dont le Mémorial de la Shoah, de nombreuses ressources pédagogiques que l’on peut trouver sur le site en ligne « Enseigner l’histoire de la Shoah » http://www.enseigner-histoire-shoah.org

Cette année est également marquée par la publication d’un important rapport sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse, rédigé par Vincent Duclert en collaboration avec Stéphane Audouin-Rouzeau.

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Pierre Desvergnes : lorsqu’un ami s’en va

Inhumé aujourd’hui, Pierre Desvergnes nous a quittés le 10 janvier dernier

par Jean-Paul Roux

Ancien SG de la FEN puis de l’UNSA éducation

« Lorsqu’un ami s’en va, l’étreinte première de la tristesse surmontée, vient le moment de mesurer le temps parcouru…Et de comprendre pourquoi ce deuil est aujourd’hui partagé par l’ensemble de « L’Économie sociale partenaires de L’École de la République » (ESPER) qui nous rassemble au sein de l’Éducation nationale.

Pierre Desvergnes fut le Président de la CASDEN de juillet 2002 à Juin 2018 après s’y être engagé dès 1990. Mais cet engagement, ou plutôt ce corps de Valeurs et de Convictions qui en sont la source, Pierre les avaient d’abord nourries et investies en notre syndicalisme, dans la filiation naturelle de son père Jean Desvergnes. Il avait ainsi, dès son adolescence, été le spectateur et le témoin des assemblées syndicales où Jean officiait, pour ensuite, tout naturellement, en devenir un acteur connu et surtout reconnu de tous.

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Aurait-on oublié l’Éducation populaire ?

Jean-Michel Blanquer était l’invité lundi 14 janvier du grand entretien de la matinale de France Inter afin de parler du grand débat et de la lettre du président de la République aux Françaises et Français. Comme membre du gouvernement, c’est son rôle. En tant que ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse, en charge de l’éducation populaire, n’aurait-il pas dû rappeler que celle-ci propose justement une démarche de citoyenneté active… qui a peut-être été (un peu) oubliée ?

Un héritage

La seconde moitié et la fin du XIXème siècle sont marquées par de profondes évolutions sociales, économiques, culturelles… Elles s’accompagnent d’incertitudes politiques. La République est fragile et régulièrement menacée. Être citoyen.ne, ne va pas de soi. L’idée émerge, qu’en fait, il faut le devenir. Et que pour cela, il faut y être éduqué.e. Ainsi, pour Jean Macé, son fondateur, la Ligue de l’enseignement devait s’occuper de « l’éducation au suffrage universel, non pas pour faire des élections, mais des électeurs, non pas pour faire des candidats, mais des citoyens. » Une éducation qui postule que les citoyen.ne.s, au-delà du droit de vote, doivent être les actrices et acteurs de l’évolution et de la transformation de la société. Que pour agir, elles et ils ont besoin de comprendre le fonctionnement du monde et les leviers pour le changer. Que ce regard sur le monde s’acquiert par la culture, l’échange, le débat, le conflit aussi parfois. Que nul.le ne doit se sentir exclu.e de cette démarche dans laquelle chacun.e a des richesses à apporter. Que c’est, par cette éducation et cette action, que l’on fait peuple.

Ainsi naît l’Éducation populaire. Ainsi se développe-t-elle, se revendiquant des philosophies des Lumières, jusqu’à être au cœur de l’esprit qui anime le Conseil national de le résistance et la Libération.

Une actualité

L’histoire aura été maintes fois écrite sur les choix qui ont conduit à ne pas davantage développer l’éducation populaire après les années 1950-60. Ils auront fait dire à l’une de ses militantes, Christiane Faure « L’Éducation populaire, Monsieur ils n’en ont pas voulu » (phrase reprise par Franck Lepage comme titre de sa conférence gesticulée qui justement analyse cette histoire). Mais malgré le désengagement de l’État (qui n’aura de cesse de dénaturer les missions de ses agents en charge de l’Éducation populaire), la parfois trop forte institutionnalisation des grands réseaux associatifs, l’animation souvent considérée comme ne s’adressant qu’aux enfants dans des modes de garde (assez) peu chers et (un peu) éducatifs, les appels d’offre, mises en concurrences et baisses des subventions des collectivités territoriales…, l’Éducation populaire vit encore.

Elle agit au quotidien dans des milliers d’actions, de démarches, de projets. Elle émaille le territoire dans tous les domaines, de l’économie à l’environnement en passant par la culture. Elle propose des démarches éprouvées et innovantes. Jeu, théâtre-forum, débat mouvant, conférence de consensus, atelier de pratique, ciné-club, travail coopératif, échange de savoirs, numérique collaboratif… permettent la prise en compte de la dignité de toutes et tous à commencer par les plus démuni.e.s et donc de mieux faire société.

Un avenir

Alors certainement, les militant.e.s de l’éducation populaire n’en ont pas fait assez. Ou n’ont pas su suffisamment convaincre de la pertinence d’une telle approche. Si l’on analyse les éléments des « crises » d’aujourd’hui dans leurs dimensions sociales, culturelles, démocratiques, émerge de manière évidente, la volonté d’être écouté et entendu, d’être pris en compte et d’avoir une place dans la société, de savoir et comprendre pour pouvoir participer et agir. Autant de revendications qui composent les gènes originels de l’Éducation populaire, tant oubliée qu’on semble aujourd’hui la redécouvrir.

Il n’est pourtant pas trop tard.

Tous les ingrédients sont disponibles.

Si l’ambition politique est au rendez-vous de ce désir citoyen, l’Éducation populaire, loin d’être dépassée, est une réponse d’avenir.

Si seulement le ministre qui en est en charge s’en souvenait…

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L’esprit et la lettre

Aux grands maux, les grands remèdes. Face à la crise de confiance, le président de la République lance une grande consultation qu’il initie par une lettre aux Française et Français.

D’autres présidents se sont en leur temps livré à cet exercice d’écriture (François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, François Hollande) avec des objectifs différents et des succès différents.

Il ne nous revient ni d’anticiper sur les effets d’un tel courrier, ni d’en faire l’exégèse exhaustive, mais de regarder la place des sujets qui nous concernent.

Dans sa lettre Emmanuel Macron évoque l’école, la citoyenneté, la laïcité, la fonction publique.

Qu’en dit-il ?

L’École, l’Éducation ne font pas partie des questions posées par le président. Il n’y a d’ailleurs aucun axe proposé à la réflexion sur le domaine éducatif et culturel, pas plus d’ailleurs que sur la formation et l’insertion professionnelle.

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Vie démocratique : quand la méfiance s’installe…

Lassitude (32%) , morosité (31%) et méfiance (29%) sont les trois qualificatifs qui caractérisent le mieux l’état d’esprit actuel des Français loin devant sérénité (17%), bien-être (14%) ou confiance (11%), selon le baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, dont la dixième édition est parue aujourd’hui.

Il y a bien entendu un effet « gilets jaunes » dans les résultats de cette perception. Mais pas uniquement. Depuis plusieurs années déjà cette étude annuelle comme d’autres confirment une montée des craintes et une perte de confiance dans une grande partie des institutions.

Pour 70% des sondés, en France la démocratie ne fonctionne pas très bien, seuls 27 % ont une opinion positive sur son fonctionnement, même si comme Churchill, 86 % reconnaissent que la moins pire des solutions est d’avoir un système politique démocratique.

Le pouvoir actuel fait évidemment les frais de la contestation. La politique du gouvernement suscite de l’inquiétude pour 73 % des sondés, de la colère pour 64 %, de l’enthousiasme pour 17 %, alors que l’indice de confiance est de 23 % (en baisse de 13 point en 1 an) pour le président de la République Emmanuel Macron et de 25 % (moins 11 points) pour le premier ministre Édouard Philippe.

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Publié dans Aujourd'hui, quoi de 9 ?

[Quoi de neuf] : les 9 infos du mois de janvier

Évidemment, en ce premier 9 de l’année 2019, des vœux :

– ceux du Centre Henri Aigueperse-UNSA Éducation

– ceux de l’Internationale de l’Éducation

 

Mais ce nouveau [Quoi de 9 ?] propose aussi :

– de mieux connaître les Français à travers des statistiques illustrées dans le magazine Oblik

– d’aller à la rencontre de Robin Renucci, dont le grand entretien se trouve dans le numéro 2 de notre revue [R]

– d’interroger la sensibilisation des jeunes aux questions environnementales grâce à l’étude PISA

– de penser une Éducation à l’orientation à la suite des travaux du CNESCO

– de revenir sur la passé militant et syndical de Pierre Mauroy

 

Le tout avec quelques invitations à lire, à écouter, à voir et à noter dans son agenda…

Les infos de [Quoi de 9 ?] pour accompagner ce début d’année, à retrouver ici :  quoi-de-neuf janvier 2019

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Bâtir des ponts, pas des murs

tel est le sous-titre du rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO consacré aux rapport entre migration, déplacement et éducation qu’il est intéressant de citer en cette journée internationale des migrants.

La rapport rappelle tout d’abord que « la migration est à la fois source d’ordre et de désordre ». Ainsi, migration volontaire et migration forcée coexistent dans les flux migratoires, mêlant celles et ceux qui décident de partir travailler ou étudier ailleurs à celles et ceux qui fuient (les guerres, les persécutions, les catastrophes climatiques, la famine, les maladies…). Ici, ces déplacements de population peuvent générer des clivages, là ils sont un apport de richesses (main d’œuvre, culture…)

Face à cet interminable dilemme entre chance ou menace, atout ou fardeau, « deux attitudes coexistent, l’accueil et le rejet. Les uns s’adaptent à leur nouvel environnement, les autres non. Les uns veulent aider, les autres veulent exclure » : pour le dire simplement « soit on construit des murs, soit on jette des ponts

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Publié dans Aujourd'hui, quoi de 9 ?

[Quoi de 9 ?] : les 9 infos du mois de décembre

En ce 9 décembre :

– les enjeux de la COP 24

– la publication officielle des résultats des élections professionnelles au CTMEN

– l’importance de la Loi de 1905 qui fête aujourd’hui ses 113 ans

sont dans [Quoi de 9 ?]

Mais aussi :

– le coût de l’Éducation

– la sortie d’un important ouvrage sur « Éducation et intérêt général »

– une étude qui montre que l’allongement de la scolarité réduit le taux de délinquance

– des enfants et leurs droits au cinéma

Et d’autres informations à retrouver dans ce [Quoi de 9 ?] de décembre : quoi-de-neuf décembre 2018

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L’avenir de l’Éducation : un intérêt général, mais des réponses divergentes (aussi en jeu dans les élections professionnelles)

Le CIRIEC-France* présentait ce 5 novembre au soir l’ouvrage collectif qu’il a initié, consacré à l’Éducation et l’intérêt général**. A sa demande le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation a rédigé le chapitre traitant du rapport des organisations syndicales face aux réformes.

Plusieurs conclusions s’imposent quand on analyse les réformes scolaires et éducatives.

Tout d’abord, le constat qu’il n’y a pas en France, contrairement à d’autres grands pays, de consensus politique sur la question éducative. Si l’état des lieux est assez partagé et conduit à envisager des évolutions profondes, l’identification de l’École comme élément constitutif de la République, en fait un objet polémique entre courants divergents et souvent opposés.

Ce clivage permanent, et parfois volontairement et artificiellement entretenu, se traduit par une permanence de « réformettes » se chassant les unes les autres au gré des alternances politiques et des nominations de ministres. Le rythme de ses « changements de pied » successifs ne permettent ni leur efficacité, ni leur évaluation. Ainsi se succèdent des injonctions contradictoires qui déstabilisent parents, élèves et personnels éducatifs.

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