Publié dans Histoire sociale, vu, lu pour vous

Les élections professionnelles : agir sur le renouvellement des syndicats

Les résultats des élections professionnelles dans la fonction publique auront un impact fort sur l’avenir et l’évolution des organisations syndicales.

Évidemment, elles vont permettre de calculer leurs audiences respectives, mais aussi, grâce au taux de participation, leur poids collectif.

Dans le contexte de méfiance par rapport aux corps constitués – les syndicats ne recueillent que 27 % de confiance dans le baromètre du CEVIPOF https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/content/le-barometre-de-la-confiance-politique – et de mouvements non organisés comme les « gilets jaunes », c’est la représentativité des syndicats qui est en cause.

Sont-ils à l’image de la diversité de ceux qu’ils sont censés représenter ? Quelle est la part des femmes, des jeunes, des catégories de travailleurs modestes dans leurs instances ?

Si les études sur les militants syndicaux sont peu nombreuses, elles tendent à montrer souvent une domination masculine et une moyenne d’âge des dirigeants syndicaux autour de la cinquantaine.

Le rajeunissement et la promotion de la parité sont donc deux enjeux dans l’évolution des organisations syndicales, comme le montre bien Bastien Scordia dans son article « Le renouvellement des troupes, condition de survie du syndicalisme » publié le 29 nov. 2018 sur le site acteurs publics https://www.acteurspublics.com/2018/11/29/le-renouvellement-des-troupes-condition-de-survie-du-syndicalisme-4-6

Mais au-delà, et les revendications d’horizontalité et de participation accrue le renforce, c’est le travail même des syndicats qui est interrogé.

Sont-ils présents sur le terrain, en dehors des périodes électorales ? Sont-ils à l’écoute ? Comment construisent-ils leurs revendications, prennent-ils leurs décisions ? Prennent-ils en compte les aspirations de la « base » ?

La demande de davantage de démocratie participative concerne également la démocratie sociale et donc les syndicats. C’est certainement aussi un critère pour attirer vers la militance un public plus féminin et surtout plus jeune.

En effet, comme le constate la sociologue Camille Dupuy « les jeunes cherchent moins à modifier une structure syndicale qu’à faire évoluer les pratiques, avec davantage d’écoute, davantage d’autonomie, davantage d’utilisation des réseaux sociaux » https://www.editions-legislatives.fr/actualite/-les-jeunes-n-eprouvent-pas-de-defiance-a-l-egard-des-syndicats-

Au lendemain du 6 décembre, avec l’analyse des résultats, les organisations syndicales auront à s’interroger et à envisager leurs évolutions pour correspondre à un syndicalisme du XXIème siècle. Les messages envoyés par les électeurs (ou non) devraient pouvoir les y aider.

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