Publié dans Formation, vu, lu pour vous

Le développement professionnel : une preuve de confiance

« Des enseignants bien formés et satisfaits de leur formation sont des enseignants épanouis qui progressent et montent en compétences, qui considèrent leur professionnalité non pas comme un héritage, mais comme une promesse à venir, au bénéfice de la réussite des élèves qui leur sont confiés.»

Comment ne pas partager cette conclusion de Sophie TARDY et Philippe LHERMET dans leur rapport « La formation continue des enseignants du second degré. De la formation continue au développement professionnel et personnel des enseignants du second degré ? » de septembre 2018 (mais qui vient juste d’être publié en cet fin mars 2019 http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2019/78/8/Rapport_FC_enseignants_second_degre_1093788.pdf)? Elle rappelle évidemment la thèse développée par François Muller dans son livre « Des enseignants qui apprennent, ce sont des élèves qui réussissent : Le développement professionnel des enseignants » (ESF, avril 2017) et avec lequel l’UNSA Éducation a conduit un « colloque inversé » à l’Espé de Besançon.

Comme le montre l’article du 25 mars 2019 « Une formation continue des enseignant.e.s qui reste à asseoir ? » par Catherine Reverdy de l’IFé (https://eduveille.hypotheses.org/13608), la question du passage de la formation continue au développement professionnel se pose. Elle était présente dans les débats des Assises de la formation continue des enseignant.e.s des 14 et 15 mars 2019 comme dans ceux du colloque national organisé du 22 au 24 mars 2019 par l’Association française des acteurs de l’éducation (AFAE) sur la thématique « Existe-t-il une politique des ressources humaines à l’Éducation nationale ? »

En effet, si on en juge les premiers résultats de l’enquête conduite auprès des enseignants dans le cadre des assises de la formation :

– l’offre de formation est jugée insuffisante voire très insuffisante en quantité pour 75 % des enseignant.e.s et pour 65 % en qualité ;

– 14 % des enseignant.e.s auraient recours à l’autoformation plus de 20h par mois ;

– il y aurait peu de transmission des connaissances apprises en formation dans les équipes pédagogiques et très peu dans les réseaux personnels ;

– les compétences acquises en formation ne sont pas suffisamment prises en compte pour la suite de la carrière ou au niveau de l’établissement, selon trois quarts des enseignant.e.s interrogé.e.s ;

– alors qu’ elles et ils sont 80 % à souhaiter être consulté.e.s pour la définition de l’offre de formation, 83 % d’entre elles/eux ne l’ont pas été.

Autant dire que pour l’essentiel, la formation continue du ministère de l’Éducation nationale demeure une transmission descendante liée davantage aux injonctions ministérielles qu’aux demandes des professionnels, au premier rang desquels les enseignants. Un « concept de formation continue qui relève pour sa part davantage de la mise à jour et de l’entretien » souligne le rapport des inspections générales qui ajoute que « la formation initiale ne fait que prolonger la formation générale scolaire lorsque le concours, in fine, évalue certes des connaissances, mais aussi la potentialité d’un candidat à compléter et approfondir sa formation » et invite à « passer d’une formation générale à une formation professionnelle, du potentiel professionnel à sa réalisation » en considérant que « le développement professionnel et personnel, dynamique par essence, permettrait de dépasser les ruptures trop souvent constatées entre la formation académique puis la formation initiale professionnelle et la formation tout au long de la vie. »

Au-delà de cette réconciliation entre les différents niveaux de formation, le développement professionnel inclut dans sa logique celle de progression professionnelle. Elle implique à la fois un enrichissement des pratiques mais aussi la diversification et la multiplication de compétences qui peuvent être valorisées et mobilisées dans d’autres cadres professionnels. Ce potentiel peut prendre toute sa place dans une gestions des ressources humaines et des évolutions de carrières des personnels, sujet qui lui aussi est largement à travailler au sein des ministères éducatifs.

Enfin et surtout, le principe du développement professionnel repose sur la reconnaissance de l’autonomie et de la responsabilité des personnels pour construire leur parcours professionnels, en prenant mieux en compte leurs contextes d’exercice qui fondent leurs besoins. Il s’agit d’une démarche dynamique, qui valoriserait les carrières et s’appuierait sur la confiance faite aux personnels. Une confiance qui plus qu’un slogan pourrait ainsi devenir réalité.

(Image : fondation La main à la pâte : https://www.fondation-lamap.org/en/node/18009)

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