Publié dans Histoire sociale

Le 9 novembre 1989 et la chute du mur de Berlin : « secoué par la joie d’événements heureux vraiment inattendus »

On célèbre actuellement la chute du Mur de Berlin et la disparition très rapide des démocraties populaires en Europe suivie de l’éclatement de l’URSS. Cet événement marque la fin de l’expérience communiste ouverte en 1917 par la Révolution russe. La rapidité de l’événement, ainsi que les profondes transformations qui en sont issues ont eu des répercussions multiples à la fin du XXème siècle.

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Quelques jours plus tard après la chute du Mur, le journal de la FEN du 17 novembre 1989 revient sur cet événement et le secrétaire général de l’époque, Yannick Simbron ( voir sa notice biographique dans le Maitron http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173243 ) écrit un édito intitulé «  C’est aussi une question d’éducation ». Il rappelle en premier lieu que le modèle de l’Allemagne de l’Est fut souvent valorisé dans les milieux de la gauche : « souvent cet effort [de la RDA] a été cité en exemple au sein même de la FEN. L’échec est aujourd’hui patent tant au plan économique qu’au plan éducatif. » Pour lui, il fallait avant tout développer l’esprit critique, la libre expression et la volonté d’entreprendre dans un système réellement démocratique, et non pas vivre dans un régime autoritaire qui muselait la population est-allemande depuis 1949. Il faut ici rappeler que la FEN était traversée par des luttes de courants, dont certains se réclamaient ouvertement du communisme. La tendance majoritaire profite dès lors de la chute du Mur pour affirmer la supériorité de sa conception du monde, davantage marquée par la social-démocratie que par le modèle communiste.

C’est le 1er décembre 1989 que l’on trouve dans FEN Hebdo, une analyse plus poussée écrite par Alain Mouchoux, secrétaire national à l’international ( voir des éléments biographiques ici http://cha.unsa-education.com/spip.php?article117) : «  Le formidable élan populaire qui bouscule les pouvoirs en place est un événement considérable bien sûr pour ces pays eux-mêmes mais pour toute l’Europe. » Il souhaite surtout que les organisations syndicales affichent leur soutien au vaste mouvement de démocratisation qui touche tous les pays de l’Est. Un dessin humoristique qui accompagne l’article est révélateur : il est temps de remiser le communisme au musée !

Il faut dire que cette actualité agite aussi les rangs de la FEN : lors du bureau national du 14 décembre 1989, on débat à propos de la situation nouvelle. Le compte rendu montre les oppositions fortes entre les tendances, majoritaire et minoritaire : «  Alors que lui, Jean -Paul Roux était du côté des opprimés, U.A [ la tendance Unité et Action, minoritaire à la FEN, proche des communistes] et PCF étaient derrière les chars russes à Budapest en 1956, vantaient les bienfaits du socialisme à l’est à Prague en 1968, disaient que c’était la démocratie qui venait à l’aide des Afghans à Kaboul en 1980 et faisaient le panégyrique du Général Jaruzelsky en Pologne. »

Jean Paul Roux est alors secrétaire national au secteur « revendications » (voir sa biographie http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article171185) . Il devient peu après un des principaux acteurs de la scission de la FEN, où la cohabitation entre les différents courants n’est plus possible. L’échec du communisme est une des raisons qui conduit à la création de nouvelles fédérations dans l’éducation, l’UNSA Éducation d’une part (qui rassemble les majoritaires) et la FSU d’autre part (rassemblant des courants toujours marqués par le communisme). C’est jean-Paul Roux qui devient quelques années plus tard le premier secrétaire général de l’UNSA Éducation. Mais pour l’heure, s’inscrivant dans un courant du syndicalisme où les libertés démocratiques sont fondamentales, il affiche son optimisme devant cette liberté nouvelle qui souffle sur les anciennes démocraties populaires, le compte rendu de cette réunion précisant : « C’est vrai que ce qui se passe à l’Est secoue. Jean-Paul Roux est secoué par la joie d’événements heureux vraiment inattendus ».

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