Accueils collectifs de loisir : d’autres apprentissages du vivre-ensemble

Voici une nouvelle période de vacances scolaires (en cours ou à venir selon les zones) et donc des accueils de loisirs ou des séjours de vacances collectifs pour de nombreux enfants et adolescents.

Occasion de savoir justement ce qu’elles et ils disent de ces accueils collectifs de mineurs qui leur sont destinés. L’Ovlej a mené l’enquête et produit les résultats de son étude dans son dernier bulletin (n°52 de février 2020).

« Plein d’enfants, plein d’endroits, tu vas beaucoup t’amuser, te faire beaucoup d’amis », voilà ce que retiennent les enfants et les adolescents qui fréquentent les centres de loisirs. De très nombreuses activités, des amis, des animateurs, de l’amusement mais surtout une socialisation qui se construit dans un entre-enfants qui porte tout autant sur le positif que sur le négatif. Interrogés sur le vivre-ensemble, les enfants fréquentant les centres de loisirs « parlent notamment d’amitié (le lien social étant ici restreint au lien amical), et du fait de devoir apprendre à vivre avec des personnes dont les actions dérangent parfois, de devoir gérer des conflits. Ils mentionnent également la plus-value du collectif: pouvoir être à plusieurs sur ces temps libres plutôt que seul chez toi est quelque chose de positif pour eux. » Ce collectif est déclaré comme un vécu épanouissant. Pour autant cet entre pairs, comme l’a analysé l’ethnologue Julie Delalande, «  est peu évoqué par l’institution scolaire, les parents ou les médias quand il est positivement vécu, mais presque toujours quand il dérange ou fait problème, à travers des faits de violence par exemple. Pourtant, en observant l’ordinaire de ces relations, on constate que celles-ci contiennent des éléments essentiels à la construction sociale des individus. (Delalande 2001 et 2009)»

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En colonies de vacances, les perceptions des enfants et des adolescents sont un peu différentes. Si là aussi apparaît l’abondance d’activités, l’éloignement et les éléments constitutifs de la vie quotidienne, partagée avec les « autres » prennent une place plus importante. « Interrogés [Ils] parlent eux de la manière dont ils vivent ensemble et/ou de ce qu’il faut faire pour bien vivre-ensemble. Le lien social est ici raconté de manière générale: ils vivent avec d’autres sans distinguer nominative-ment de qui il s’agit ou quel est le lien qui les relient entre eux. Ce qui semble important dans ces séjours collectifs, c’est de ne pas laisser ces «autres» seuls, de leur porter attention. » Cela se traduit par l’affirmation que ce contexte les emmène à vivre-ensemble et qu’ils doivent en tenir compte dans leur manière d’agir et dans leur attention aux autres.

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Des différences que les enfants et adolescents n’explicitent pas, mais qui se déduisent aisément des distinctions qui existent entre les centres de loisirs, espaces de proximité et d’amusement et les colonies de vacances, temps d’éloignement et de construction d’un nouveau quotidien collectif. Dans tous les cas, les participants expérimentent des manières de vivre avec les autres en dehors des cadres traditionnels de l’école et de la famille.

L’étude de l’Ovlej est à retrouver ici : http://www.ovlej.fr/wp-content/uploads/Bulletin-52-OVLEJ-Fevrier-2020.pdf

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