Égalité femme-homme : une question d’Éducation

Certes, l’égalité entre femme et homme évolue en France et plus généralement dans le monde… mais lentement, très lentement, trop lentement.

Effet d’un ressenti féministe qui progresse ? Non, une réalité argumentée et chiffrée, comme le propose le n°5 de la revue Oblik (printemps 2021) titrée « Liberté, égalité, sororité. 50 raison de devenir féministe (ou de le rester)« *.

En 5 parties, il s’agit de scruter tous les domaines de la vie, des tâches quotidiennes, du monde du travail, du corps et des responsabilités.

Si les femmes ont une espérance de vie plus longue que celle des hommes : 81,7 ans contre 75,8 ans en Europe par exemple, elles sont moins riches, moins payées, davantage en charge des tâches ménagères.

Les femmes sont aussi victimes : 4 millions de filles ans le monde sont encore martyrisées par des mutilations génitales. L’espace public leur est également plus hostiles. 15 % d’entre elles ont ainsi été victimes de dragues importunes en France en 2015 alors que ce n’’était le cas que de 2 % des hommes. 14,5 % des femmes sont victimes d’agressions sexuelles (4 % pour les hommes), 4 % victimes de viols et tentatives de viol (0,8 % pour les hommes).

Les femmes sont également plus en difficulté pour atteindre des postes à responsabilité. Elles ne sont que 35 % a occuper des postes de responsable hiérarchique. 7,5 d’entre elles appartiennent aux équipes dirigeantes des 120 plus grandes entreprises françaises. Même lorsque la parité progresse en politique, les postes occupés par les femmes restent genrées : secrétaires d’état plutôt que ministres, ministères sociaux plutôt que régaliens…

Un déséquilibre d’autant plus injuste que les filles et jeunes femmes réussissent mieux à l’École. 45 % des femmes sont diplômées de l’enseignement supérieur contre 30 % des hommes. Mais là encore, les clivages sont forts. Au lycée 85 % des filles choisissent les spécialités littéraires et sociales, 13 % seulement préfèrent les mathématiques, l’informatique, la physique et la chimie.

Des inégalités genrées mises en évidence par Jacques Gleyse en 2020 dans son ouvrage « Le genre de l’école en France : de la mixité à l’inégalité occultée. Expérimentations et propositions de transformations » (édition L’Harmattan), qui rappelle que « Jules Ferry, dans une société très sexiste, a placé les filles et les garçons à égalité devant instruction : elle est obligatoire pour les deux sexes.  C’était très progressiste. L’École était en avance sur la société. Il est normal qu’elle continue à promouvoir l’égalité » (interview du café pédagogique).

L’égalité est une question d’Éducation. Si les familles y ont une très grande responsabilité, il revient au domaine éducatif, dans et hors l’École, de faire prendre conscience des inégalité, de déconstruire les stéréotypes, de construire les bases d’une société mixte et égalitaire, de faire progresser l’égalité entre femme et homme.

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* https://www.alternatives-economiques.fr/oblik5

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