Le bien-être, c’est aussi celui des élèves…

La question du bien-être des personnels est un aspect essentiel de très nombreux travaux actuels qui mettent en évidence l’impérieuse nécessité de prendre en compte les conditions de travail des professionnels de l’Éducation et de viser à leur amélioration afin d’agir sur une meilleure qualité éducative.

Mais cette question doit également se poser pour les usagers du service public d’éducation et tout particulièrement pour les élèves et les étudiant.e.s. Même si cet aspect est moins bien renseigné par la recherche, plusieurs documents récents tentent de l’interroger.

Nous avons déjà évoqué le rapport de la médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur dans ce qu’elle dit des saisines des personnels en 2020 (https://centrehenriaigueperse.com/2021/09/14/le-bien-etre-cle-de-la-reussite/). Elle évoque également le bien-être des élèves et des étudiant.e.s. Si 31 % des saisines des usagers du système éducatif concerne le cursus scolaire ou universitaire (inscription, orientation, affectation, etc.), et 28 % concernent les examens et concours, 24 % sont relatifs à la vie quotidienne scolaire et universitaire (discipline, harcèlement, conflits interpersonnels, absence d’enseignants, modes de notation, non-respect du protocole sanitaire, stages, conflits familiaux, etc.). Un domaine dans lequel le nombre de saisines a connu une forte augmentation (21 %) et un quasi doublement en cinq ans. 16 % concernent des questions financières ou sociales (frais de scolarité, bourses, allocations, gratuité, cantine, etc.). Un domaine également en augmentation de 37 % cette année et de 93 % depuis cinq ans.

La pandémie a renforcé les questions de santé et de bien-être au sein du système scolaire et universitaire, déjà largement présentes et dont on sait « les liens étroits qui existent entre le bien-être et la réussite scolaire ». La médiatrice précise que « se sentir bien et heureux à l’École dépend de plusieurs facteurs qui ont pour la plupart déjà été identifiés : les plus importants sont liés à l’attention que portent les adultes à l’enfant ou à l’adolescent en tant que personne capable de progresser, à la confiance, la bienveillance et la disponibilité que les professeurs lui témoignent, à l’estime de soi, à la qualité de la relation avec ses pairs, à l’égale dignité de chacun, au sentiment d’appartenir à un collectif (la classe, l’école) et de s’y sentir en sécurité, à la cohérence et au lien de continuité qui s’établissent entre l’École et l’environnement familial. Or, les réclamations qui parviennent au médiateur montrent que le bien-être à l’École n’est pas toujours au rendez-vous, ni toujours considéré comme une affaire sérieuse ».

« Que ce soit à l’école ou de manière globale, le niveau de bien-être n’est pas aléatoirement distribué dans le monde social. Les garçons ayant un niveau scolaire (très) au-dessus de la moyenne déclarent un niveau de bien-être très supérieur à celui des filles, des jeunes qui ne se reconnaissent pas dans la bicatégorisation de sexe, ainsi qu’à celui des élèves estimant avoir un niveau scolaire (très) en dessous de la moyenne » note le dossier d’étude n°223 « Bien-être subjectif, communication avec les parents et visions du futur à la fin de l’adolescence » (CNAF / EHESP, septembre 2021, Microsoft Word – CNAF_DE_223 (caf.fr) ) .

Si l’étude montre la différenciation d’appréhension du bien-être des adolescent.e.s et des jeunes en fonction de leur genre et de leurs résultats scolaires, elle met aussi en évidence les relations liant les représentations de l’avenir avec les niveaux de bien-être. Celles et ceux qui ont « une vision incertaine ou pessimiste de l’avenir – et de leur avenir en particulier- » sont aussi celles et ceux qui vivent le plus grand stress et ont « une moins bonne satisfaction à l’égard de la vie, d’une manière générale mais aussi à l’école ». A l’inverse, celles et ceux qui « ne s’interrogent jamais ou presque sur le futur en général et sur leur futur en particulier, sont deux fois nombreuses et nombreux à indiquer un niveau de bien-être global élevé ».

Ainsi, le bien-être, la réussite scolaire et la projection dans l’avenir apparaissent comme étroitement liés, dépendant à la fois de l’environnement des jeunes, de leur genre, mais aussi de l’investissement de leurs parents dans leur accompagnement scolaire.

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