Une génération éco-anxieuse

La Fondation Jean-Jaurès et le Forum français de la jeunesse au travers d’entretiens d’individus âgés de dix-huit à trente ans, cherchent à mettre en évidence les préoccupations des jeunes éco-anxieux ainsi que « la manière dont ils perçoivent l’aspect personnel, intime, collectif et politique de l’imminence du réchauffement et de ses conséquences ».

L’étude met révèle plusieurs éléments intéressants.

Tout d’abord, il s’agit d’une génération qui vit avec les enjeux climatiques comme « bruit de fond latent depuis l’enfance ». Si pour quelques-uns un déclic est soudainement apparu, pour la majorité il s’agit d’une montée progressive d’une prise de conscience construite peu à peu, « depuis l’enfance dans leur cercle familial, leur parcours scolaire et l’actualité, sur les réseaux sociaux et les médias traditionnels ». Pour la moitié des répondants, leurs parents ont joué un rôle important « dans la sensibilisation aux enjeux environnementaux ».

Cette génération sensibilisée aux enjeux climatiques développe à la fois un sentiment d’urgence et un engagement personnel pour agri et d’autre part, le constat « d’une relative inaction à l’échelle collective, dans leur cercle proche, sur leur lieu de travail et dans la vie publique ».  De cette dichotomie nait une « éco-colère » essentiellement dirigée envers « ceux qui ont le pouvoir, décideurs publics et privés ».

Conscients des changements de comportements à opérer dans leur vie quotidienne mais également de « leur capacité à les mettre en œuvre selon leurs revenus, leurs fréquentations, leur activité professionnelle, leurs études et leur lieu de vie », les éco-anxieux organisent une hiérarchie et une planification des écogestes qu’ils sont en mesure d’adopter dans le temps. Les auteurs de l’étude ont désigné cette démarche de « développement d’une stratégie carbone individuelle ». Elle est massivement illustrée (par 70 % des répondants) par la pratique d’« un régime alimentaire réduisant ou restreignant les produits carnés, geste qui compte parmi ceux ayant le plus de répercussions sur la réduction de l’empreinte carbone ».

Pour les éco-anxieux, le projet d’avoir un ou des enfants s’interroge également. Si, en France, 37 % des 16-25 ans hésitent à avoir des enfants face à la perspective du changement climatique, l’indécision est fortement présente dans le panel de l’étude, avec trois arguments en faveur d’une renonciation au projet parental :

  • préserver « les générations futures » d’un monde aux conditions de vie incertaines ;
  • limiter sa propre empreinte sur le climat, la naissance d’un enfant étant perçue comme une contribution potentielle à la surpopulation ;
  • interroger les raisons qui amènent à souhaiter avoir des enfants : face aux conséquences du dérèglement, le désir de fonder une famille apparaît alors « égoïste », relevant de la satisfaction d’un besoin personnel.

Pour autant, seuls « 3 répondants du panel affirment renoncer à avoir des enfants pour des raisons climatiques ». Pour les autres « l’espoir d’un changement de situation sur le plan climatique ou encore l’espoir que leurs futurs enfants deviendront « des militants » en plus pour la cause environnementale », l’emportent sur le renoncement d’un projet parental.

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Pour aller plus loin : Dans la tête des éco-anxieux https://www.jean-jaures.org/wp-content/uploads/2022/10/jeunes-eco-anxiete.pdf

Illustration : © Sergey Nivens, Adobe Stock

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