La carte géographique – Voyage dans l’imaginaire

Jusqu’au 19 juillet prochain, la BNF[1], bibliothèque nationale de France, vous propose de voyager jusque dans les confins à travers son exposition « Cartes imaginaires ».

Mêlant différentes archives, cette exposition retrace quatre siècles de représentations du monde à travers des archives issues des grandes explorations terrestres et maritimes mais également liées à des œuvres littéraires ou artistiques.

Tracer le monde pour mieux le contrôler

Depuis des millénaires, la plus ancienne carte connue ayant 2500 ans, l’être humain a cherché à représenter le monde l’entourant. En y fixant les éléments géographiques connus, tracés côtiers ou montagneux, et en y adjoignant des éléments plus folkloriques, monstres marins, îles imaginaires, paradis céleste, le cartographe participe d’une construction intellectuelle du monde principalement alors au service des puissants.

Ces représentations ont bien sûr évolué dans le temps, notamment grâce aux avancées techniques et technologiques ; cependant, nous sommes encore les héritiers d’une certaine représentation du monde. Pour autant, la Terre étant ronde, rien ne justifie de plus centrer le monde sur l’Europe que sur le continent Sud-Américain ou sur l’Antarctique.

A ce titre, l’apparition du globe terrestre fut une réelle avancée dans la représentation spatiale du monde, un exemplaire parmi les 300 du département des Cartes et plans de la BnF est d’ailleurs exposé, comme un clin d’œil à la thématique de la carte.

Tracer le monde pour mieux l’imaginer

En parallèle, l’exposition fait la part belle aux cartes issues du monde littéraire en présentant notamment des archives dessinées des mains mêmes d’auteur×es tel×les, Proust[2], Jansson[3] ou Tolkien[4].

Ces dessins traduisent l’importance, pour le narrateur ou la narratrice de proposer un monde imaginaire au service de l’histoire : la géographie y revêt une importance essentielle en permettant aux lecteurs et lectrices de suivre les déplacements des différents personnages ou de mieux visualiser les territoires cités.

En complément, la BNF expose un certain nombre d’objets issus de l’art contemporain : cartes anamorphiques, déconstruites, tissées, autant de propositions questionnant notre vision du monde représenté. Laissant libre cours à son imagination, le visiteur ou la visiteuse peut ainsi se projeter dans des espaces nouveaux, changer de repères et peut être même ressentir des envies d’ailleurs à inventer.

Sylvie Selig – Carte du Finistère – 2024-2025

Retraçant l’imagination cartographique au fil des siècles, l’exposition de la BNF nous invite à voyager aux confins du réels et à nous interroger sur nos représentations parfois trop académiques d’un monde en perpétuelle évolution.

Une exposition à explorer jusqu’au 19 juillet, Bibliothèque François-Mitterrand – Galerie 2.

Pour plus d’informations : https://www.bnf.fr/fr/agenda/cartes-imaginaires


[1] BNF : Bibliothèque Nationale de France

[2] Marcel Proust, Carte du train de Balbec, dans le manuscrit pour La Recherche du temps perdu, non daté

[3] Tove Jansson, Carte de la Vallée des Moumines dans Finn familly Moomintroll (Moumine le troll), 1961

[4] J.R.R Tolkien,illustrations pour The Hobbit, 1936 & 1917


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