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L’évolution des métiers de la fonction publique vue par le CESE

«  […] qu’il me soit permis de conclure en vous proposant un petit exercice d’imagination.

Imaginons un pays en crise profonde du fait de ses fractures sociales, territoriales et économiques, au point qu’une fraction de ses citoyens en vienne à descendre dans la rue.

Imaginons que ce pays si divisé ait en même temps à faire face à des transformations écologiques, numériques et technologiques impératives, transformations qu’il ne pourra réussir sans la mobilisation et donc l’acceptation et le rassemblement de ses citoyens.

Imaginons que, pour faire face, ce pays ait la chance de disposer d’une sorte de bras armé, une Fonction publique de qualité fondée sur l’intérêt général, et, de surcroît, qu’il puisse s’appuyer sur un conseil représentant la société civile organisée qui lui indique des pistes d’évolution et, surtout, de consensus.

Et puis, faisons un dernier effort, et figurons-nous que ce pays imaginaire soit doté d’un gouvernement, en très grande difficulté du fait de la situation sociale, qui s’apprête à écrire une loi sur la Fonction publique.

J’arrête là cet exercice de pure fiction au meilleur moment , celui de la fin. Nous l’attendons tous mais ce n’est pas moi mais le gouvernement en question qui pourra véritablement l’écrire.

Souhaitons qu’avec cet avis il trouve la bonne inspiration car, si les contes de fées peuplent peu le réel, il est des histoires qui peuvent s’y finir très mal. »

Ainsi concluait Luc Berille, le 11 décembre dernier, l’avis de l’UNSA sur le rapport du CESE relatif à « l’évolution des métiers de la Fonction publique ». Une évolution qui concerne 5,4 millions d’agents publics au sein des trois versants de la fonction publique et que le gouvernement a décidé de mettre en réflexion jusqu’à l’aboutissement d’une loi qui devrait être proposée et débattue au premier trimestre 2019. La rapport du CESE, sous saisine gouvernementale, vient, dans ce contexte, éclairer les futurs débats.

A partir d’un état des lieux des disparités importantes qui existent au sein des différents métiers et des trois versants de la fonction public, les rapporteurs font une vingtaine de préconisations qui, s’appuyant sur les enjeux actuels de l’apport du numérique et de la question environnementale, concernent cinq leviers d’évolution :

– la gouvernance,

– les ressources humaines,

– la formation tout au long de la vie,

– la mobilité,

– les missions nouvelles.

Parmi les principales propositions, on retiendra :

– la mise en place d’un dispositif de pilotage en matière de gestion des ressources humaines comportant -entre autres, « une mission de prospective, visant une meilleure anticipation et une meilleure intégration des facteurs d’évolution dans les métiers de la fonction publique » ;

– l’élaboration, prévue dans la loi, d’un « plan pluriannuel sur la formation continue nécessaire à l’évolution des métiers de la fonction publique, répondant aux besoins en qualifications » ;

– la différenciation des entretiens annuels de formation de ceux d’évaluation ;

– la conception de « postes à profil destinés à l’expérimentation de projets innovants, sur des périmètres spécifiés, dans les différents corps et cadres d’emplois de la fonction publique » ;

– la mise en place d’un « réseau de conseillères et conseillers RH de proximité dans l’Éducation nationale » ;

– la garantie d’ « accès à la formation continue des effectifs contractuels dans les trois versants de la fonction publique et les orienter vers des concours adaptés, en proposant aux personnes concernées des dispositifs de valorisation des acquis de l’expérience (VAE), de reconnaissance de l’expérience professionnelle ou de certificats de qualification professionnelle adaptés au secteur public » ;

– l’encouragement à « toutes les mobilités en aménageant des conditions de retour favorables dans le corps ou cadre d’emplois d’origine, en tenant compte du gain d’expérience acquise et en prévoyant un temps de réadaptation nécessaire à l’emploi retrouvé » ;

– la garantie de « transparence des conditions de recrutement, de l’organisation des temps de travail et des régimes indemnitaires dans les différentes administrations pour faciliter les mobilités inter et intra-versants » ;

– l’intégration « dans la formation initiale et continue et dans les pratiques de travail collaboratif de l’ensemble des personnels de la fonction publique, quelle que soit leur spécialisation de base, la prise en compte des enjeux relatifs à l’environnement, en particulier ceux qui concernent les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité ».

Au travers de celles-ci, le rapport montre que le statut des fonctionnaires est loin d’être le carcan interdisant toute évolution, comme certains se plaisent à le dénoncer.

Reste donc, comme le préconise l’UNSA, au gouvernement de s’en inspirer.

Retrouver le rapport du CESE ici : https://www.lecese.fr/travaux-publies/levolution-des-metiers-de-la-fonction-publique

Le numéro 26 de décembre 2018 de la Newsletter du Groupe UNSA au CESE : Newsletter 26

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Bâtir des ponts, pas des murs

tel est le sous-titre du rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO consacré aux rapport entre migration, déplacement et éducation qu’il est intéressant de citer en cette journée internationale des migrants.

La rapport rappelle tout d’abord que « la migration est à la fois source d’ordre et de désordre ». Ainsi, migration volontaire et migration forcée coexistent dans les flux migratoires, mêlant celles et ceux qui décident de partir travailler ou étudier ailleurs à celles et ceux qui fuient (les guerres, les persécutions, les catastrophes climatiques, la famine, les maladies…). Ici, ces déplacements de population peuvent générer des clivages, là ils sont un apport de richesses (main d’œuvre, culture…)

Face à cet interminable dilemme entre chance ou menace, atout ou fardeau, « deux attitudes coexistent, l’accueil et le rejet. Les uns s’adaptent à leur nouvel environnement, les autres non. Les uns veulent aider, les autres veulent exclure » : pour le dire simplement « soit on construit des murs, soit on jette des ponts

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Éduquer à s’orienter : une priorité pour l’égalité et la réussite de toutes et tous

Un jeune sur deux déclare ne pas avoir été bien accompagné par son établissement au sujet de l’orientation dont les filles, les élèves hors éducation prioritaire et ceux qui ont poursuivi leurs études en voie générale.

18 % des 18-25 ans considèrent qu’ils n’ont pas eu le choix de leur orientation, particulièrement lorsqu’ils sont issus de l’enseignement professionnel.

Une minorité des personnels de direction (27% en collège et 36 % au lycée) déclarent avoir été formés spécifiquement à l’orientation en tant que chefs d’établissement.

Ces chiffres mis en lumière par les travaux du CNESCO interrogent la politique d’éducation à l’orientation scolaire en France.

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Lutter contre toutes les formes de harcèlement, pas uniquement le premier jeudi de novembre

Toute forme de harcèlement qu’il soit produit par la violence ordinaire ou porté par les réseaux sociaux est inacceptable. Il n’a nullement sa place dans les lieux d’éducation. En parler et le combattre est donc indispensable. Et tel est l’objet d’une journée comme celle de mobilisation nationale de lutte contre toutes les formes de harcèlement entre élèves, qui se déroule dorénavant, depuis 4 ans, le premier jeudi du mois de novembre.

Car une journée ne peut être qu’une mise en lumière, un rappel, une invitation à conduire un travail éducatif de prévention et d’accompagnement tout au long de l’année.

Les chiffres sont plutôt encourageants.

Une enquête nationale du ministère de l’Éducation nationale parue en décembre 2017, estime que « le nombre de collégiens déclarant être victimes de plusieurs formes de harcèlement est en légère baisse : 5,6 % en 2017 contre 6,1 % en 2011. » Pour l’enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children), menée tous les quatre ans dans 42 pays auprès de collégiens, le harcèlement scolaire a diminué en France de 15 % au collège entre 2010 et 2014. La baisse atteint même 33 % en sixième. L’enquête Pisa de 2015 fait apparaître la France comme faisant partie des pays ayant le plus faible taux de harcèlement.

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Toujours trop d’inégalités sociales et territoriales

Cette semaine est marquée par la publication de plusieurs études qui confirment le fait que le système scolaire français est largement inégalitaire.

L’équité sociale ne progresse pas en France

Un nouveau volume d’étude de l’enquête PISA 2015 « Regard sur l’éducation » place la France au deuxième rang des pays de l’OCDE, juste derrière le Japon pour les écarts de résultats entre les enfants issus des classes favorisés et ceux des familles défavorisées.

L’information n’est certes pas nouvelle. Elle est même générale. Partout dans le monde, « les enfants issus d’un milieu défavorisé sont d’autre part moins susceptibles de faire des études poussées. Au second cycle du secondaire, ceux dont les parents n’ont pas suivi d’études supérieures tendront à privilégier les cursus de l’enseignement professionnel à ceux de l’enseignement général, et la probabilité d’un abandon en cours de route est chez eux relativement élevée. Leur présence dans l’enseignement supérieur s’en ressent logiquement : la part de nouveaux étudiants qui n’ont pas un parent ayant lui-même atteint ce niveau d’instruction est faible. »

Mais si cette inégalité est généralisée, les écarts sont différemment importants selon les pays et donc les systèmes éducatifs. La moyenne pour les pays de l’OCDE en science par exemple correspond à 3 années d’école. En France, il est de 4 années d’école.

Si cette variation de la performance en sciences est caractérisée par les différences sociales pour 13% en moyenne dans les pays de l’OCDE, elles atteignent environ 20% en France alors qu’elles ne comptent que pour 8% en Norvège ou en Estonie (pays qui sont au-dessus de la moyenne des évaluations PISA).

Alors que plusieurs pays ont fait progresser de manière significative l’équité sociale dans les performances en sciences comme l’Allemagne et les États-Unis, faisant ainsi remonter légèrement la moyenne des pays de l’OCDE, la France stagne entre 2006 et 2015. Globalement ce ne sont que en France que 9% des enfants défavorisés qui parviennent « à briser ce plafond de verre social : contre 11% en moyenne dans l’Ocde (14% en Finlande). »

Les inégalités sont aussi territoriales

Alors même que PISA publie ce complément d’analyse, le CNESCO diffuse deux études (l’une consacrée à l’Ile de France et l’autre à l’ensemble du territoire national) qui mettent en évidence que « dans des contextes socio-spatiaux et démographiques inégaux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources (humaines, budgétaires, offres de formation…) qui s’avèrent très variables selon les territoires. Ces inégalités fortes de ressources éducatives se développent aux côtés de disparités importantes dans l’orientation et la réussite scolaire. »

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50 ans de réforme dans l’enseignement supérieur

En 2018, 79 % d’une génération sont bacheliers. Ils étaient 20 % en 1968 (28 % en 1984, 63 % en 1995, 63 % en 2007).

Au début des années 1960, il y 310 000 inscrits dans l’enseignement supérieur dont 215 000 à l’université. Les prévisions pour 2020 annoncent de 2 766 000 inscrits dans l’enseignement supérieur dont 1 619 000 à l’université.

Ces seuls chiffres suffisent à dire la massification de l’enseignement supérieur en 50 ans, son accélération ces dix dernières années et donc la nécessité pour les structures du supérieur dont les universités de s’adapter, voire de se réformer.

Or c’est justement ce qu’elles ne cessent de faire.

Le dernier Edubref de l’IFé (octobre 2018) revient ainsi sur « 1968-2018 : 50 de réforme à l’université » et nous invite à suivre les différentes étapes de ces transformations : https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/464/files/2018/10/Edubref-octobre-2018.pdf

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Enfants allophones : une diversité à accueillir par l’ensemble de la communauté éducative

Nul besoin d’être grand clerc ou lecteur dans une boule de cristal pour envisager le fort développement des migrations dans les années qui viennent, pour des raisons économiques, écologiques, guerrières… Cet afflux de migrants apportera une augmentation des enfants allophones dans les écoles et établissements scolaires.

Mais l’allophonie, n’est pas uniquement une question de migration, ni seulement une difficulté scolaire.

C’est ce que nous apprend le recherche en cours commanditée par le Centre Henri Aigueperse – UNSA Éducation et qui vient de permettre trois jours de formation et d’échange sur le territoire de la Guyane, à Maripasoula, Saint-Laurent du Maroni et Cayenne.

Sans anticiper sur les résultats finaux de la recherche, ces rencontres guyanaises avec environ 200 collègues et l’intervention de le chercheuse Alexandra Vié, ont permis de mettre en lumière plusieurs éléments.

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Des enseignants formés, reconnus et experts dans les systèmes éducatifs en tête des évaluations PISA

Beaucoup a été dit sur les résultats des évaluations PISA et en particulier sur les modes d’apprentissage mis en œuvre pour les élèves dans les pays qui ont les meilleurs résultats. Ainsi, l’apprentissage du travail coopératif, le développement de la confiance en soi, le recours à des évaluations positives, la résolution d’enquêtes, le droit de se tromper et d’apprendre de ses erreurs… sont autant d’éléments qui favorisent la réussite des élèves.

Une autre approche est de se servir des résultats pour analyser les modes de recrutement, les formations, le développement professionnel des enseignants. La Chaire Franco-Chinoise sur les politiques d’éducation en Europe (CFCPE) vient de publier plusieurs articles dans ce sens (https://www.cfcpe-edu.org/les-pays-au-sommet-des-resultats-pisa-des-enseignants-experts-en-recherche-et-pedagogues )

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L’Éducation populaire : une exigence du 21ème siècle, pour le CESE

« Dans une société bouleversée par le renforcement des inégalités, des mutations comme la mondialisation, l’irruption des technologies de l’information, les bouleversements climatiques et les menaces sur la biodiversité, etc… »

« Face aux défis des politiques publiques, du modèle économique mais aussi de la gouvernance, de la formation, de la concurrence par d’autres actrices et acteurs, de l’évolution des attentes des populations, de l’engagement citoyen, etc… »

L’Éducation populaire avec « les moyens et les outils dont elle dispose » peut elle apporter des réponses « visant à favoriser la cohésion sociale et la citoyenneté » ?

C’est cette interrogation que le bureau du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a décidé de confier à la section de l’Éducation, de la culture et de la communication, la préparation d’un rapport et avis sur ce sujet qui sera présenté en assemblée plénière au deuxième trimestre 2019.

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Mieux évaluer l’École

Dans un rapport rendu public jeudi 27 septembre, le Comité de contrôle et d’évaluation des politiques publiques de l’Assemblée nationale propose un renforcement et une mise en cohérence de l’évaluation du système scolaire dans ses trois dimensions : les élèves, les personnels, les établissements.

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