Publié dans vu, lu pour vous

Pour un dialogue social de qualité dans la fonction publique

« Il y a, en France, un réel impensé politique sur les conditions de la conduite d’un dialogue social de qualité dans la fonction publique. Notre pays doit s’interroger et enfin avancer sur cette question. En effet, la majorité de nos concitoyens ne perçoivent l’existence d’une relation sociale que lorsqu’elle atteint son paroxysme, à savoir la grève ou la manifestation de rue et qu’ils en subissent alors les désagréments… »

Tel est le diagnostic d’un essoufflement du dialogue social dans la fonction publique que dresse Christian Chevalier dans le cadre d’un débat organisé par l’Observatoire du dialogue social de la Fondation Jean-Jaurès.

Trop souvent regrette-t-il le dialogue social « fonctionne trop par à-coups, injonctions, semonces ou provocations » ce qui crispe alors que des marges de progrès existent.

En fait, la caractéristique de la fonction publique est l’existence d’une double légitimité : celle de l’employeur public portée par le mandat politique des élus et celle des organisations syndicales. C’est donc un espace social de débat lors de la construction des lois, des réglementations, dans leurs mises en œuvre que l’expression de cette double légitimité doit trouver sa place et son équilibre.

Or « cette idée de coconstruire en s’appuyant sur des expertises croisées est encore loin d’être entrée dans une culture commune de la relation sociale en France. » déplore Christian Chevalier, qui revendique des procédures et des méthodes afin de rendre le dialogue social fluide et efficace.

Si le dernier mot revient aux responsables politiques, il convient qu’il soit éclairé. D’où la nécessité de mieux connaître les spécificités et les diversités des organisations syndicales et de respecter les missions des instances consultatives, trop souvent vécues comme des contraintes. « L’idée de formations communes entre décideurs et représentants des personnels mériterait d’être creusée. »

Certes, le jusqu’au-boutisme de certaines organisations syndicales ne facilite pas le dialogue, d’autant plus, dans un contexte de temps politique et temps médiatique sont de plus en plus resserrés. Mais a question de l’inscription des politiques publiques dans la durée est aussi interrogée. « Les effets « yoyo » des orientations, le changement trop fréquent des interlocuteurs déstabilisent la relation sociale. Lorsque l’on sait combien les liens interpersonnels de confiance et de respect pèsent sur la qualité des échanges, on mesure les effets de ces incertitudes sur les discussions. »

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