Publié dans vu, lu pour vous

Penser la Francophonie comme une ambition d’avenir

Il est trop tôt pour dire ce que le XVIIème sommet de la Francophonie, réuni à Erevan en Arménie les 11 et 12 octobre dernier a apporté. Trop tôt aussi pour condamner à priori et avant même qu’elle n’ait pu agir la nouvelle secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie), la rwandaise Louise Mushikiwabo.

Deux éléments essentiels interrogent la Francophonie. L’un est culturel et linguistique. L’autre est politique. Tous deux se rejoignent dans le thème qui avait été choisi pour ce sommet de la Francophonie « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : source de paix et de prospérité pour l’espace francophone ».

Or, pour ces deux dimensions, il n’est pas trop tôt. Au contraire, il y a urgence à agir.

En effet, la Francophonie, ne peut se limiter à la défense de la langue française (sorte de conservatoire d’un parlé entré en résistance), à un prolongement « culturel » et diplomatique de la France-Afrique ou à un club bien pensant des héritiers de la philosophie des lumières (dans lequel les pays du nord continuent -tout de même- à regarder avec condescendance ceux du su, au premier rang desquels les africains).

L’avenir de la Francophonie est ailleurs.

Il est dans la capacité de création, d’inventivité, de diffusion de la diversité de modes d’expression. Le rayonnement de la langue française, sa présence dans les cinq continents, son développement ne peuvent être limités à un héritage. Ils sont, aussi, le fruit d’une modernité, d’une manière de dire le monde d’aujourd’hui, de s’approprier la construction de celui de demain.

Confier le pilotage de l’OIF à une Africaine, au-delà des reproches qui, légitimes pour certains- accompagnent son élections, rappelle que c’est l’Afrique qui porte aujourd’hui le développement de la langue française et que la Francophonie doit donc accompagner l’aspiration de la jeunesse africaine à la démocratie, comme l’appelle de ses vœux Alain Mabanckou.

Évidemment, cet l’accompagnement vers plus de justice, plus de paix, plus de démocratie, plus de droits humains passe par l’inscription dans une histoire, dans une filiation dont la langue française est porteuse et rend compte. Mais, ils s’inscrit aussi dans la capacité à agir sur le quotidien et les mots doivent permettre de trouver des engagements face aux maux : migrations, pauvreté, dérèglement climatique, maltraitances faites aux femmes, fracture numérique…

Nul doute que l’Éducation possède une responsabilité essentielle.

Mais là encore, pas seulement dans l’enseignement du français.

Éduquer, dans l’espace francophone, France incluse, n’a de sens que s’il s’agit de permettre l’émancipation de toutes et tous.

L’Éducation doit construire des démarches éducatives qui rendent les apprenants acteurs de leurs apprentissages. Elle doit transmettre, mais surtout faire vivre les valeurs d’égalité, de solidarité, de justice, de paix. Elle doit être une éducation à l’humanisme.

C’est à ces conditions que la Francophonie est une chance, une ouverture aux autres, un passeport pour l’avenir. C’est la mandat que doit se donner l’OIF. C’est à l’aune de cette évolution que devront être jugés ses actions et ses dirigeants.

Pour prolonger cette réflexion, on lira avec intérêt la note « Pour une francophonie de l’action » rédigée par Kako Nubukpo et Caroline Roussy pour la Fondation Jean Jaurès qui organise un débat sur ce thème le 18 octobre prochain : https://jean-jaures.org/nos-productions/pour-une-francophonie-de-l-action

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