Publié dans Formation, Recherches, vu, lu pour vous

Toujours trop d’inégalités sociales et territoriales

Cette semaine est marquée par la publication de plusieurs études qui confirment le fait que le système scolaire français est largement inégalitaire.

L’équité sociale ne progresse pas en France

Un nouveau volume d’étude de l’enquête PISA 2015 « Regard sur l’éducation » place la France au deuxième rang des pays de l’OCDE, juste derrière le Japon pour les écarts de résultats entre les enfants issus des classes favorisés et ceux des familles défavorisées.

L’information n’est certes pas nouvelle. Elle est même générale. Partout dans le monde, « les enfants issus d’un milieu défavorisé sont d’autre part moins susceptibles de faire des études poussées. Au second cycle du secondaire, ceux dont les parents n’ont pas suivi d’études supérieures tendront à privilégier les cursus de l’enseignement professionnel à ceux de l’enseignement général, et la probabilité d’un abandon en cours de route est chez eux relativement élevée. Leur présence dans l’enseignement supérieur s’en ressent logiquement : la part de nouveaux étudiants qui n’ont pas un parent ayant lui-même atteint ce niveau d’instruction est faible. »

Mais si cette inégalité est généralisée, les écarts sont différemment importants selon les pays et donc les systèmes éducatifs. La moyenne pour les pays de l’OCDE en science par exemple correspond à 3 années d’école. En France, il est de 4 années d’école.

Si cette variation de la performance en sciences est caractérisée par les différences sociales pour 13% en moyenne dans les pays de l’OCDE, elles atteignent environ 20% en France alors qu’elles ne comptent que pour 8% en Norvège ou en Estonie (pays qui sont au-dessus de la moyenne des évaluations PISA).

Alors que plusieurs pays ont fait progresser de manière significative l’équité sociale dans les performances en sciences comme l’Allemagne et les États-Unis, faisant ainsi remonter légèrement la moyenne des pays de l’OCDE, la France stagne entre 2006 et 2015. Globalement ce ne sont que en France que 9% des enfants défavorisés qui parviennent « à briser ce plafond de verre social : contre 11% en moyenne dans l’Ocde (14% en Finlande). »

Les inégalités sont aussi territoriales

Alors même que PISA publie ce complément d’analyse, le CNESCO diffuse deux études (l’une consacrée à l’Ile de France et l’autre à l’ensemble du territoire national) qui mettent en évidence que « dans des contextes socio-spatiaux et démographiques inégaux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources (humaines, budgétaires, offres de formation…) qui s’avèrent très variables selon les territoires. Ces inégalités fortes de ressources éducatives se développent aux côtés de disparités importantes dans l’orientation et la réussite scolaire. »

Ainsi trois éléments majeurs s’imposent au niveau national :

Le taux élevé d’enseignants de moins de 30 ans et de non-titulaires est concentré sur les territoires défavorisés. Ainsi, « à la rentrée 2016, les 10 % de communes au revenu médian le plus faible ont un taux d’enseignants de moins de 30 ans dans les collèges publics qui est le double de celui des 10 % de communes au revenu médian le plus élevé. »

Une grande inégalité existe par rapport aux ressources scolaires selon les territoires. Ainsi en étudiant le cas des langues vivantes, l’étude montre qu’ « en 2015, au collège, l’offre de langues vivantes peut varier de 2 à 7 selon les établissements, alors que la moyenne nationale est de 3,1 langues proposées par collège. »

La réussite aux examens est également inégale selon les territoires. Ainsi « la réussite au DNB est inférieure de la moyenne de 10 points dans les 10 % des communes au revenu médian le plus faible, en 2016 (80,6 %, vs 90,7 % dans les 10 % de communes au revenu médian le plus élevé). »

Face à ce double constat : persistance des inégalités scolaires dues aux inégalités sociales et renforcées par les inégalités territoriales, des réactions s’imposent. Certes les solutions ne font pas de soi. Elles sont complexes et nécessitent de s’inscrire dans la durée. Nathalie Mons, présidente du CNESCO rappellent qu’ « elles ne peuvent être mises en place que dans la durée et de façon non autoritaire, ce qui ne signifie pas de façon non volontariste et sans orientation nationale. »  Déjà des dispositifs fonctionnent à l’étranger mais aussi en France. Elles s’appuient sur « une offre pédagogique attractive, des enseignants formés à l’hétérogénéité scolaire, un projet local partagé avec des parents bien informés, des enfants qui connaissent l’établissement même avant d’y être rentrés (par exemple en fréquentant un CDI de collège… dès le primaire). »

Comme le rapporte le Café pédagogique, l’OCDE ne dit pas autre chose, lorsqu’il conclut que les priorité sont « de diminuer la ségrégation scolaire », d’apporter « une aide aux enseignants par la formation à faire face à l’hétérogénéité des élèves » et de « donner des moyens plus importants aux élèves défavorisés et aux écoles défavorisées, alors que souvent les écoles défavorisées ont moins de moyens. »

Ces priorités auront-elles des réponses ambitieuses dans la future loi Blanquer ? Il faut l’espérer

Les liens pour retrouver les travaux :

de l’OCDE : http://www.oecd.org/fr/presse/de-nouveaux-efforts-s-imposent-pour-davantage-d-equite-dans-l-enseignement.htm

du CNESCO : http://www.oecd.org/fr/presse/de-nouveaux-efforts-s-imposent-pour-davantage-d-equite-dans-l-enseignement.htm

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