Publié dans Aujourd'hui, Formation, vu, lu pour vous

Bâtir des ponts, pas des murs

tel est le sous-titre du rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO consacré aux rapport entre migration, déplacement et éducation qu’il est intéressant de citer en cette journée internationale des migrants.

La rapport rappelle tout d’abord que « la migration est à la fois source d’ordre et de désordre ». Ainsi, migration volontaire et migration forcée coexistent dans les flux migratoires, mêlant celles et ceux qui décident de partir travailler ou étudier ailleurs à celles et ceux qui fuient (les guerres, les persécutions, les catastrophes climatiques, la famine, les maladies…). Ici, ces déplacements de population peuvent générer des clivages, là ils sont un apport de richesses (main d’œuvre, culture…)

Face à cet interminable dilemme entre chance ou menace, atout ou fardeau, « deux attitudes coexistent, l’accueil et le rejet. Les uns s’adaptent à leur nouvel environnement, les autres non. Les uns veulent aider, les autres veulent exclure » : pour le dire simplement « soit on construit des murs, soit on jette des ponts

Évidemment, la vocation même de l’UNESCO est d’agir pour la création de ponts afin d’ « instaurer la confiance, favoriser l’intégration, rassurer. »

L’Éducation apparaît comme un des levier essentiel pour construire ces ponts. Et cela dans une triple dimension :

– l’Éducation favorise l’intégration des enfants migrants ou déplacés dans les régions ou les pays d’accueil. Même lorsque leur scolarité apparaît comme difficile, elle est le plus souvent un facteur positif, limitant les marginalisations et les risques de délinquances ;

– le fait d’accueillir des élèves migrants ou déplacés influe également sur l’Éducation des autres enfants. La nécessité de mettre en œuvre une pédagogie adaptée, de prendre en compte des langues et des cultures différentes, de répondre à des difficultés spécifiques modifie la manière même d’éduquer tous les enfants. L’accueil est donc vecteur d’inclusion ;

– plus globalement, « l’attitude envers les immigrants est influencée par le niveau d’étude. Il apparaît que les personnes plus instruites sont moins ethnocentriques, qu’elles valorisent davantage la diversité culturelle et qu’elles considèrent les effets économiques de la migration sous un jour plus favorable. »

Si l’École est le lieu privilégié de cette éducation inclusive et tolérante, le rapport insiste sur les apports de l’éducation non formelle qui joue un rôle capital « dans l’édification des sociétés résilientes », rôle souvent négligé du fait que ne faisant généralement pas partie du système public, elle est peu étudiée. Or « l’art et le sport offrent à l’éducation non formelle des ressources très efficaces » pour « favoriser les échanges interculturels » et « mettre en valeur les contributions positives des étrangers dans le pays. »

Alors que tant de fausses informations circulent autour de l’accueil des migrants, exacerbées par les opposés au traité de Marrakech, le rapport de l’UNESCO permet, sans nier les difficultés, de réaffirmer les richesses dont les migrants sont porteurs et qui nécessitent d’être développées par les ponts que l’Éducation peut aider à construire et par les murs qu’elle peut contribuer à faire tomber.

Rapport à retrouver ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000265996_fre

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