Publié dans Formation, Recherches, vu, lu pour vous

De quoi les « méthodes pédagogiques » sont-elles le nom ?

Alors qu’on nous annonce que les apports du numérique et des neurosciences vont profondément transformer l’enseignement, un récent ouvrage s’interroge1 PEUT-ON ENCORE PARLER DE MÉTHODES PÉDAGOGIQUES ?

Répondre à cette question signifie d’abord définir ce que sont les « méthodes pédagogiques ».

Déjà, Philippe Meirieu, qui constatait l’usage particulièrement « extensif dans la littérature pédagogique » de cette expression, propose dans son dictionnaire (https://www.meirieu.com/DICTIONNAIRE/methodepedagogique.htm) d’en distinguer « trois acceptions dominantes » :

– un courant pédagogique cherchant à promouvoir certaines finalités éducatives et suggérant, pour cela, un ensemble plus ou moins cohérent de pratiques (par exemple la « méthode Freinet »)

– un certain type d’activités visant à permettre certains apprentissages ou à développer certaines capacités  (comme la « méthode globale d’apprentissage de la lecture » de Decroly, la « méthode des projets » chez Dewey, la « méthode d’enseignement programmé » de Skinner…)

– un outil ou un instrument spécialisés dont les usages sont précisément codifiés et qui sont liés à des objectifs très exactement déterminés (on parle ainsi de « la situation-problème« …)

Le mythe de la « méthode pure »

Dans tous les cas, l’expression laisse entendre qu’il existerait une cohérence entre les pratiques d’enseignement et les finalités poursuivies par celui-ci. Et que donc l’enseignant mettrait en place des processus pédagogique correspondant au protocole induit par la « méthode » dans laquelle il s’inscrit.

Le constat de la réalité dans les cours et dans les classes est tout autre. Pour les auteurs de cette recherche, « adopter une méthode, c’est l’adapter ». Il n’y a donc pas de d’application d’une « méthode pure » qui demeure du domaine de la théorie et de l’idéal, il y a interaction entre des propositions pédagogiques et la manière dont les élèves y répondent. Ainsi, au travers d’analyses de situations d’enseignement et d’apprentissage en EPS, lecture, orthographe et géographie, l’ouvrage met en évidence que la notion de méthode doit être complétée par celles de pratiques et d’activités.

Une demande d’outils

Si l’on ne parle pas ou peu de méthodes pédagogiques dans les écoles ou établissements, où en parle-t-on ? Dans les Espé, répondent les auteurs de l’ouvrage. Pour eux, ce sont essentiellement les élèves enseignants qui, dans leur formation initiale, sont en demande, moins pour leur érudition que comme objet de réassurance. La « méthode » qu’ils recherchent est celle qui « fonctionne » et donc va les aider « à faire classe ». Il s’agit davantage d’un besoin d’outils, voire de recettes, pour savoir comment faire que de s’inscrire dans une démarche théorisée dont ils partageraient les objectifs et les finalités.

La nécessité d’une interaction avec la recherche

Comment répondre à cette demande impossible de méthode ? Par une coopération accrue entre enseignants et chercheurs. Afin d’observer les pratiques et construire des réponses plus adaptées. Pour se permettre, comme c’est le cas en Suisse romande, d’établir un compromis entre « rationalité de la méthode et pluralisme des pratiques ».

La présentation de l’ouvrage et de ses auteurs est à retrouver ici sur le site de l’éditeur : https://www.editions-harmattan.fr/livre-9782343167015

1. PEUT-ON ENCORE PARLER DE MÉTHODES PÉDAGOGIQUES ? Sous la direction de Richard Étienne, Serge Ragano et Laurent Talbot – L’Harmattan, février 2019

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