Finalement en 2019, [Quoi de 9 ?]

L’année 2019 en France aura d’abord était marquée, de bout en bout, par une importante contestation sociale. Bien que débuté fin 2018, le « mouvement des gilets jaunes » s’est longuement prolongé en 2019 et malgré les nombreux actes de violence qui l’ont entouré, il a longtemps été soutenu par une majorité de la population.

Depuis décembre, c’est à l’appel des organisations syndicales, que la contestation d’un nouveau régime de retraite, universel par points est massive, particulièrement à la SNCF et à la RATP. Si les syndicats mènent l’action cette fois, leur front est divisé entre ceux qui rejettent l’ensemble de la réforme et ceux qui souhaitent améliorer son contenu. Division qui globalement sépare les contestataires des réformistes mais se manifeste également au sein de certaines centrales.

Records de chaleur aussi pour l’été 2019. Les événements météorologiques (canicules, inondations, tempêtes…) auront été autant de manifestations rappelant l’urgence environnementale face au dérèglement climatique. Un contexte de nécessité absolu d’agir, et d’agir vite rappelé par de nombreux mouvements à travers le monde dont celles des jeunes et portée par Greta Thunberg devant l’assemblé générale de l’ONU en septembre 2019.

Un volontarisme du gouvernement français jugé insuffisant par Nicolas Hulot qui l’avait conduit, un an plus tôt, en août 2018 à démissionner de son poste de ministre de l’écologie. C’est une toute autre raison, sans lien avec l’environnement, qui contraint son successeur François de Rugy à démissionner le 16 juillet 2019, prolongeant ainsi l’instabilité de ce ministère qui a connu depuis une douzaine d’année pratiquement autant de ministres (11 en 12 ans).

Du côté politique, l’inquiétude démocratique vient des résultats des élections européennes en France qui place le parti d’extrême droite Rassemblement national (nouveau nom du Front national) en tête du scrutin avec 23,31 % des voix. Si faute d’accord entre eux l’influence des partis d’extrême droite au parlement européen reste faible, au niveau national, cette progression régulière est dangereuse.

Le gouvernement sous l’impulsion du président Macron cherche à instaurer des formes de démocratie participative. Ainsi de janvier à mars 2019 aura été initié un grand débat national sur quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, services publics et débat démocratique), Depuis octobre 2019, une convention citoyenne, constituée de 150 citoyen.ne.s tiré.e.s au sort, travaille avec le CESE sur des réponses à la transition écologique.

De très nombreux événements géopolitiques dans le monde auront aussi été marqué du sceau de l’inquiétude, témoignage d’une époque instable et de transformations. C’est le cas avec l’élection de Jair Bolsonaro, investi président du Brésil le 1er janvier 2019. Des troubles en Algérie ont conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et se continuent suite au simulacre de scrutin présidentiel qui vient d’être organisé en ce mois de décembre. Depuis juin 2019 de très importantes manifestations ont lieu à Hong-Kong contre une loi donnant plus d’emprise à la Chine continentale et pour réclamer davantage de démocratie. On peut également citer la crise au Venezuela. Ainsi que les fluctuants et difficiles accords commerciaux entre en les États-Unis de Donald Trump et la Chine. Sans oublier toutes les tensions au Moyen Orient : en Syrie, Iran, Irak, Israël, Palestine. Et la guerre menée par l’armée turque contre les Kurdes avec le soutien de Moscou.

Du coté européen la nouvelle commission s’installe avec le Brexit comme premier dossier d’importance, puisque la victoire électorale du premier ministre britannique Boris Johnson confirme une sortie possible du Royaume Uni de l’Europe dès le 31 janvier 2020.

Dans ce contexte d’une année 2019 agitée, en France, le ministre de l’Éducation nationale Blanquer, qui ne devait pas faire de nouvelle loi scolaire, a fait voté sa « loi pour une École de la confiance » (promulguée au Journal Officiel le 28 juillet 2019). Elle prévoit l’abaissement de l’instruction obligatoire à l’âge de 3 ans, l’obligation de formation jusqu’à l’âge de 18 ans, le pré-recrutement des enseignants, la création d’un service public de l’École inclusive, etc. Elle instaure dès son article 1 « l’engagement et l’exemplarité des personnels de l’éducation nationale » ce qui, inscrit ainsi, questionne sur le sens du mot confiance.

Une confiance en forte baisse d’ailleurs selon les résultats du baromètre UNSA des métiers de l’Éducation 2019 avec une chute de 10,2 points d’adhésion à la politique ministérielle chez les enseignants située à 6,5% d’opinion favorable, seulement 5,2%, chez les professeurs des écoles,

Une confiance qui serait pourtant bien utile à réellement reconstruire à tous les niveaux, afin d’éviter que les inquiétudes et les instabilités de 2019 ne se transforment en crises plus profondes voire en catastrophes dans les années futures.

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