Les difficultés éducatives en outre-mer ne sont pas des fatalités

De Cayenne, le 1er février 2020

« Piste 17 : La scolarisation et la réussite scolaire doivent être les premières priorités. Le CESE appelle à une grande mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés pour mettre à niveau l’offre éducative. L’Etat doit donner les moyens nécessaires et corriger les sous-dotations au regard des besoins existants. A ce titre, il doit investir massivement dans les équipements afin de scolariser les élèves conformément aux normes nationales.

Piste 18 : Pour le CESE, l’Etat doit augmenter le nombre d’enseignants pour atteindre un maximum de 24 élèves par classe, appliquer la scolarisation obligatoire à 3 ans et le dédoublement des classes de CP et de CE1 des réseaux d’éducation prioritaire. La formation initiale et continue des enseignants doit être renforcée en prenant en compte les réalités sociales, culturelles et linguistiques des élèves. »

Telles sont parmi les 19 pistes proposées, celles qui concernent directement l’Éducation dans l’étude du CESE quant à «  L’ACCÈS AUX SERVICES PUBLICS DANS LES OUTRE-MER », rendue publique ce 29 janvier.

Comment en effet ne pas partager ce constat d’une très forte inégalité d’accès à l’Éducation dans l’ensemble des territoires ultramarins. Un déficit marqué par « des disparités [qui] restent très importantes non seulement avec l’hexagone, mais aussi entre les divers territoires d’Outre-mer et au sein même des territoires. Ainsi, la Guyane, Mayotte et Saint-Martin connaissent des difficultés particulièrement inquiétantes. »

Or la rapport du CESE rappelle que « l’éducation constitue un droit fondamental mais aussi un investissement pour l’avenir de la jeunesse dans les territoires. » Un investissement d’autant plus indispensable étant donné le fort taux de natalité et donc la croissance des effectifs scolaires extrêmement soutenue en Guyane, à Mayotte et Saint-Martin, « où la moitié de la population a moins de 30 ans.» Un progression démographique qui nécessite d’anticiper les besoins de postes d’enseignants et de construction scolaire. Ce que les pouvoirs publics ne font pas, « tant ils sont focalisés sur l’urgence »

Face à ces difficultés qui risquent de s’accentuer si rien est fait et alors que la dépense d’éducation par élève en 2013-2014 était de 3900 euros par élève à Mayotte et de 5831 euros pour la Guyane contre 7720 euros pour la moyenne nationale, le colloque organisé par l’UNSA Éducation à Cayenne ce 31 janvier, dans le cadre de son congrès régionale sur « éducation = réussite, en Guyane » n’a pas souhaité s’arrêter à des lamentations.

La lucidité sur les difficultés n’a pas empêché de mettre en avant l’enthousiasme et la détermination des acteurs éducatifs du territoire.

De véritable défis sont à relever et l’ensemble des intervenants ont soulignés qu’ils devaient l’être localement par une mobilisation de l’ensemble des acteurs territoriaux, même s’il est indispensable que l’État investisse (en postes, en constructions scolaires, en indemnités, en reconnaissance professionnelle, en formation et développement professionnel…) à la hauteur des ambitions éducatives pour les territoires d’outre-mer.

La jeunesse de la population guyanaise et son accroissement est une chance. Elle doit être vécue comme telle. La diversité des des situations géographiques (entre les villes du littoral et celles sur les fleuves), le multilinguisme, sont également des richesse. Dans ce contexte permettre la réussite de toutes et tous impliquent la coéducation avec une plus grande coopération entre service de l’État et collectivités territoriales, entre enseignants et animateurs, entre École et parents, entre chercheurs et professionnels éducatifs de terrain. La formation et la reconnaissance des personnels est indispensable afin de mieux impliquer chacune et chacun dans son rôle d’éducatrice et d’éducateur. Cela passe par une meilleure coordination avec le travail de l’INSPé, un véritable développement de l’observatoire de la scolarisation et de la réussite éducative, un rôle accru des comités techniques, la place essentielle des personnels non enseignants comme les administratifs, les assistants sociaux, les infirmiers, les médecins scolaires, une plus grand autonomie donnée aux équipes sous les impulsions pédagogiques des chefs d’établissements et des corps d’inspection, une inscription aussi dans les valeurs de laïcité, de lutte contre toutes les discriminations, d’égalité femme-homme.

L’Éducation n’est pas un élément isolé, elle s’inscrit dans une démarche de développement d’un territoire, d’émancipation des individus, d’épanouissement d’une population, de construction de capacités à vivre bien, et mieux, ensemble. Investir dans l’Éducation c’est donc investir dans l’avenir, tous les domaines. C’est ce que ce colloque de l’UNSA Éducation Guyane à monter, comme une première piste de réponse aux constatations et préconisations du CESE : l’assurance de professionnels qui ne baissent pas les bras, qui sont lucides mais engagés pour l’avenir de la jeunesse et de leur territoire.

Vous pouvez retrouver ici le rapport d’étude du CESE :

https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Etudes/2020/2020_03_services_publics_outremer.pdf

Ainsi que l’intervention du Centre Henri Aigueperse au colloque de l’UNSA Éducation Guyane : Guyane

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