Notre République laïque et éducative naissait il y a 150 ans

Nous devons certes à la Révolution de 1789 l’idée même et le principe de République et avant son coup d’État et son instauration du second empire, Louis-Napoléon Bonaparte avait été élu président de la deuxième République. Mais le 4 septembre 1870, il y a cent cinquante ans, vient, avec la troisième République, la « naissance de l’idée de la France comme nation politique », comme l’écrit Vincent Duclert dans « La République imaginée : 1870-1914 » (Paris, Belin, 2010).

Ce « moment républicain », pour reprendre les mots de Philip Nord (The Republican Moment : Struggles for Democracy in Nineteenth-Century France, Harvard University Press, 1995) a été marqué par de grands débat et par des lois essentielles qui ont structuré notre démocratie jusqu’à aujourd’hui.

Ainsi de septembre 1870 à juillet 1940 ont été instauré le droit de grève, la liberté d’association et de réunion, la séparation des églises et de l’État, l’impôt sur le revenu, les congés payés…

Si de très nombreuses réalisations ont vu le jour dans cette période foisonnante, débutant dans la défaite de la guerre franco-prussienne, finissant dans la Seconde Guerre mondiale et fortement meurtrie par la première, deux nécessitent d’être davantage mises en évidence en ce jour anniversaire.

La République qui se développe alors est éducative. Déjà la révolution de 1789 avait compris l’importance de l’instruction et l’on connaît le contenu du rapport rédigé alors par Condorcet. Mais il faudra justement attendre la IIIe République pour que se concrétise une véritable transformation du système éducatif français avec les lois dites Jules Ferry qui instaure, selon la formule consacrée et un peu réductrice, que l’école soit gratuite, obligatoire et laïque. Si « Sedan était la victoire du maître d’école allemand » comme le rappelle Mona Ozouf dans « L’École, l’Église et la République » (Armand Colin, Paris, 1963 p. 22), la troisième République fait des instituteurs français, ses « hussards noirs » chargés de mettre en place une école républicaine qui réunisse sur ses bancs tous ses enfants et forme des citoyens éclairés : objectif citoyen de Jules Ferry partagé par celles et ceux qui sont convaincu.es que l’avenir de la République passe par l’Éducation ; en parallèle de cette école de la République se développe l’éducation populaire en s’appuyant sur la Ligue de l’Enseignement créée par Jean Macé dès 1866.

Pilier de cette République éducative, la laïcité en est une valeur constitutive fondamentale. Elle est la garantie de totale liberté de conscience et de la liberté d’expression qui lui correspond. En retirant l’Éducation aux clercs et aux clergés pour la confier à des enseignants laïques, la République assure le droit à l’esprit critique et instaure la distinction entre le savoir et la croyance. L’affaire Dreyfus en rappelle à l’époque l’impérieuse nécessité, comme de nombreux événements depuis dont de très récents, d’autant plus lorsque les questions religieuses tentent de quitter la sphère privée pour s’imposer dans l’espace publique.

Éducative et laïque, telle est la République qui se met progressivement en place il y a 150 ans et dont nous sommes les héritiers. Un héritage à ne pas oublier et à faire fructifier par les indispensables défense et valorisation de l’Éducation et de la laïcité.

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