Les 100 ans du Syndicat national des institutrices et des instituteurs

Le 24 septembre 1920 s’ouvre le congrès de la fédération des syndicats d’instituteurs, basées sur des amicales professionnelles. Des militantes et militantes se sont rassemblés à la Mutualité à Paris, dans un congrès à huit clos, car on souhaitait garder les débats à l’abri d’oreilles indiscrètes. Il faut dire que le syndicalisme des enseignant.es n’est pas autorisé par la loi et que le ministre de l’Instruction publique, André Honnorat a donné jusqu’à la fin du mois de septembre de cette année pour dissoudre les syndicats locaux. Dans ce contexte troublé va naître une nouvelle organisation, le SNI qui aura une influence considérable sur la profession et sur le monde éducatif. 100 ans plus tard, le souvenir du SNI, devenu SNI-PEGC puis transformé en Syndicat des enseignants de l’UNSA en 1992, peut être rappelé et ravivé.

Un contexte trouble pour une naissance en catimini

Lorsque les militantes et militants se rassemblent pour un congrès de deux jours, la société française vit des temps troubles. Le pays se relève avec difficultés de la Première Guerre mondiale qui a bouleversé l’ensemble de la société. De nombreux instituteurs ont participé aux combats et ont des séquelles durables. Ils aspirent à de forts changements en France, attirés pour beaucoup par des idées révolutionnaires. Dans le monde éducatif et pédagogique, de nouvelles idées ont émergé, en particulier pour que l’école ne soit plus un lieu de ségrégation qui différencie à outrance les plus riches et les plus pauvres. Enfin, le monde politique connaît également des évolutions : le parti socialiste est divisé et 1920 est également l’année de la scission entre socialistes et communistes. L’ensemble de ce contexte troublé influence les syndicalistes du monde instituteur.

Une naissance pour se protéger de la justice

Le syndicalisme enseignant n’est pas autorisé par la loi, bien que les syndicalistes s’appuient sur une tolérance du pouvoir dans ce domaine. Mais localement la justice s’est intéressée à ces militantes et militantes parfois gagné.es par les idées avancées. Pour éviter une augmentation des conflits, le gouvernement a lancé un ultimatum : tout groupement syndical doit être dissous avant le 30 septembre. La réponse des institutrices et instituteurs ? Se regrouper en un syndicat national afin de faire face à la justice, et non plus de laisser les militant.es des départements en prise avec le pouvoir politique. C’est donc une naissance en forme d’affront pour le pouvoir politique.

100 ans plus tard : un projet toujours actuel

Lors des deux jours du congrès, le Syndicat national se constitue : on doit noter que le nom officiel, souvent résumé par l’acronyme SNI, est « syndicat national des institutrices et des instituteurs de France et des colonies ». Insister sur la présence des femmes n’est pas un hasard : beaucoup d’entre elles sont à l’initiative d’actions syndicales dans la profession et elles sont souvent très présentes dans les territoires. C’est pourquoi le SNI a toujours eu de nombreuses revendications féministes. Plus largement, le SNI va se développer peu à peu après cette naissance dans un contexte troublé, devenant totalement légal. Au milieu des années 1930, il syndique plus des trois quarts de la profession, devenant un acteur essentiel du monde syndical et politique. Ancré à la fois dans le mouvement ouvrier et fer de lance de la fédération générale de l’enseignement, le SNI ne cesse de croître son influence. Après 1945, il développe un projet pour une école plus juste et plus égalitaire. Mais il faut aussi noter la création de plusieurs organisations parallèles dans tous les domaines, comme dans le domaine mutualisme, des loisirs, de la banque même ! Quelle riche histoire de ces femmes et hommes qui ont construit un syndicat voulant changer l’école et changer la société ! C’est pourquoi pour fêter le centenaire du SNI, le SE-UNSA, son héritier direct, a décidé de se pencher sur l’histoire des 100 ans du SNI, de septembre 1920 à aujourd’hui. Le Centre Henri-Aigueperse participera à certaines actions menées dans ce cadre. L’année 2020-2021 sera en effet marquée par des événements en lien avec ce centenaire. Il est souvent nécessaire en effet de se pencher sur le passé afin de mieux comprendre le présent et d’anticiper l’avenir.

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