Une vie d’engagement : hommage du Centre Henri Aigueperse à un de ses anciens responsables, Louis Astre

Dans la notice Wikipédia qui lui est consacrée, il est signalé que « Louis Astre n’a pas publié d’ouvrage particulier ». C’est pourtant à « son histoire de la FEN » qu’il travaillait très régulièrement et qu’il était sur le point de boucler à l’aide de ses souvenirs des des milliers de documents qu’il conservait dans son appartement parisien. Mais difficile de ne pas ajouter un détail, reprendre une description, préciser un événement, si minime puisse-t-il paraître. Cinquante ans de militantisme syndical, politique, humaniste ne se résument pas facilement et se laissent difficilement enfermer dans les pages d’un livre surtout lorsque leur auteur a la fougue, la colère parfois, l’énervement souvent, le discussion toujours de Louis Astre.

Né de parents instituteurs, le 20 juin 1924 à La Bastide-de-Besplas en Ariège, Louis Astre fut d’abord maître d’internat avant de devenir professeur de sciences et techniques économiques. Le dictionnaire Maitron des militant.e.s sous la plume de Jacques Girault propose ce résumé de sa vie d’engagement avant d’en faire le récit détaillé  (https://maitron.fr/spip.php?article10321) :

« membre du bureau national du Syndicat national de l’enseignement secondaire (1949-1953), secrétaire national (1959-1961), secrétaire général (1961-1966) du Syndicat national de l’enseignement technique, puis du SNES (classique, moderne, technique) (1966-1967), membre de la commission administrative nationale de la Fédération de l’Éducation nationale (1949-1954, 1959-1984), membre de son bureau (1961-1975, 1981-1984), de son secrétariat permanent (1970-1984), secrétaire général de son Centre Fédéral (1985-1989), président de l’Institut de recherches économiques et sociales (1982-1986), adhérent à la Fédération syndicale unitaire depuis 1993 et président de son Institut (1994-1998) ; Membre du Parti socialiste SFIO (1944-1958), de la commission exécutive du Parti socialiste autonome (1958-1960), du Parti socialiste unifié (1960-1961), du Parti socialiste depuis 1971 ».

Son implication pour le respect et le défense des droits humains lui était chevillée au corps au niveau national comme sur le plan international.

Mais c’est aussi dans la promotion des méthodes pédagogiques actives qu’il milita dans les mouvement d’éducation populaire les Ceméa, les auberges de jeunesse, la Ligue de l’enseignement.

Militant de l’école publique, il était aussi un ardent défenseur de la laïcité. Dans une de ses dernières interpellations publiques (2016), il rappelait avec énergie et véhémence à Jean-Michel Ducomte, alors président de la ligue de l’enseignement, combien le actions pour préserver la laïcité avaient été importantes et leur lien permanent avec la promotion de l’école publique (https://blogs.mediapart.fr/eddy/blog/151216/laicite-lettre-ouverte-de-louis-astre-au-president-de-la-ligue-de-lenseignement ). Il y écrit :

« LA LAICITE de la République n’est-elle donc, par elle-même, principe de liberté et foyer d’émancipation ? Fondée sur ses deux piliers, la Loi de 1905 avec les deux dispositifs distincts de son article premier : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public », que précédèrent les trois grandes lois scolaires de 1881, 1882 et 1886 qui ambitionnent précisément d’assurer à tous, l’instruction laïque condition de l’accès de chacun à la liberté de conscience et à son émancipation ? »

Il faudrait encore dire bien des choses sur les engagements et le militantisme de Louis Astre. Membre fondateur du Centre Henri Aigueperse, il en a été le responsable de 1984 à 1989. Le Centre l’avait invité à venir témoigner en 2013 de l’action « Solidarité-Chili », on retrouvera ici son témoignage http://cha.unsa-education.com/spip.php?article33.

Son décès, dont à 96 ans, dont il prévoyait l’imminence, vient mettre un point à son récit. Nul doute que celui-ci trouvera avec l’ensemble de ses documents une place de choix dans les archives du syndicalisme et éclairera à la fois les travaux de chercheurs et le chemin de militant.e.s. Le témoignage de sa vie d’engagement demeure, à défaut d’un modèle ou d’un guide, il est une lumière pour celles et ceux qui militent.

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