La philosophie, fabrique de l’apprendre, du savoir, de la pensée, du « vivre ensemble »

« Le dessin peut être utile à la réflexion, […] la philosophie entretient des liens avec la métaphore, […] l’on peut philosopher à partir d’œuvres d’art, […] croiser philosophie et lecture en français et les gestes sont un véhicule important de nos pensées »…

Et si la philosophie resserrait les liens dans une communauté adolescente et aider à apprendre ?

Voici quelques éléments démontrés à partir de pratiques pédagogiques dans l’ouvrage Philosopher avec les enfants, fabrique de l’apprendre, fabrique du savoir*, consacré à l’étude de la conduite d’ateliers philosophiques en collège.

Dans différents scénarios pédagogiques, la recherche met en évidence à la fois les freins et les leviers des pratiques et met « en garde sur les dangers de l’idée que philosopher en classe irait de soi. Il existe des chausse-trappes dans le raisonnement humain. Il faut donc se former, car cette pratique bouscule les rapports entre savoir et pouvoir au sein de la classe, il faut en être prévenu, et comprendre la forme même des séances à pratiquer »

A l’heure où le débat, les échanges, les réflexions croisées sont plus qu’indispensables dans les établissements scolaires et dans les classes, l’apport de la philosophie est loin d’être marginal. Si elle permet de mieux accéder aux apprentissages et aux connaissances, si elle développe le désir de savoir, activé à l’oral et qui « se répercute dans des écrits où la qualité créative ou logique trouve un moyen de développement », la philosophie contribue également à la formation des citoyen.ne.s. Ainsi, comme le précisent de nombreuses expériences d’ateliers philosophiques dans le milieu scolaires, ceux-ci « visent entre autres, au développement de la pensée critique, des habiletés de pensée et des habitus démocratiques chez les enfants [et] les adolescents ». Le débat à visée philosophique qui peut être mené par les enseignant.e.s, les documentalistes mais aussi en partenariat avec des animateurs et des associations, parce qu’ils permettent de libérer la parole, et d’être écoutés, favorise l’acceptation de soi et des autres et le développement de l’empathie, tout en aidant à structurer la pensée.

Parce que « la philosophie s’enracine dans l’étonnement, la fascination, le sentiment immédiat de la complexité du monde tel qu’il est », sa pratique au collège (et plus généralement à l’École) nécessite de l’ancrer dans des démarches suivies et ajustées conduisant les élèves à se familiariser avec les rigueurs de la pensée rationnelle et de l’argumentation.

Cette double exigence de la liberté de parole et de la rigueur est la condition d’une pratique enrichissante et formatrice, fabrique de l’apprendre, du savoir, de la pensée, du « vivre ensemble ».

[Vous pouvez prolonger la réflexion avec l’article consacré à « l’apport de la philosophie » dans le numéro 2 de la revue [R], disponible en ligne ici : https://centrehenriaigueperse.com/2020/07/15/un-peu-dr-a-lire-cet-ete/ ]

* Philosopher avec les enfants. Fabrique de l’apprendre, fabrique du savoir, sous la direction de Anda Fournel, Jean-Pascal Simon, Sandra Lagrange-Lanaspre et Jean-Marc Colletta, Presses universitaires Blaise Pascal (PUBP), 2020.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :